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 Arcaneries diverses et variées

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Styx
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MessageSujet: Arcaneries diverses et variées   Lun 28 Sep - 23:05


Parmi les vampires, il y a de ceux qui considèrent les Dragons comme un symbole de la sagesse. Leurs écailles, dures et éternelles, représentent la longévité de la race sanguinaire, et les yeux des reptiles sont pour eux des images de la magie tant leur éclat est grand.

On raconte que les prêtres d'Adam, le premier des vampires, s'adonneraient à des marches le long de l'Immatériel dans l'expectative de dialoguer avec l'une de ces bêtes légendaires afin d'en apprendre les secrets.

Mais attention, les dragons immortels ne sont pas les seules choses à habiter le monde spirituel, et un accident est si vite arrivé.


Dernière édition par Styx le Jeu 20 Juil - 3:02, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Arcaneries diverses et variées   Jeu 22 Déc - 16:14


Le sang est pour les vampires vital, et en conséquent, ses associations ne sont nullement profanes ni même obscures. Nombreux sont ceux qui s'adonnent au raffinement par le sang, décuplant leurs forces grâce à l'absorption d'êtres inférieurs.

Certains hommes de foi, par des illuminations farouches, vont jusqu'à utiliser le breuvage de vie dans leurs déambulations spirituelles, afin que leurs yeux ne s'ouvrent plus grand encore sur les vérités pourtant à portée des obtus esprits mortels.
Les prêtres de haut-rang vont même jusqu'à devenir des amas de magie, immortels par leur race, demeurant éternellement informes, corrompus par le surplus d'âmes en leur sein.

Que voient les marcheurs dans les recoins de l'Immatériel ? Assez pour que parfois, dans des nuits silencieuses, certaines âmes vampiriques soient à jamais teintées des couleurs de l'au-delà. Ceux qui contemplent l'abysse doivent savoir qu'en retour, l'abysse les contemple.


Dernière édition par Styx le Mar 10 Jan - 17:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Arcaneries diverses et variées   Ven 3 Fév - 22:34

Terres Surveillées

Spelunca, Château-Rouge, demeure de la Rose.


Vous voilà parvenus en la demeure de la Rose, Château-Rouge, dominion du Vicomte Grey.

Un havre de culture, avec son théâtre Royal au cœur de la cité, est essentiellement bâtie en basalte noire dûe à sa proximité avec les mers -par delà le massif de Spelunca-. Entièrement planifiée par des esprits ingénieurs à l'identité tenue secrète, on voit en les murs et forts de l'endroit une finesse purement vampirique.
Beaucoup de statues typiquement d'or et ivoire - car le Vicomte affectionne ce type d'esthétique- ornent les rues pavées, et on s'émerveille souvent au-dessus des ponts destinés aux amoureux, perchés sur des courants d'eaux maîtrisés.

C'est là le travail des Laboratoires Fortune, dirigés par le Mestre Faust, qui régulent par de novateurs concepts de barrages et aqueducs les arrivées d'eau à Château-Rouge, tout ceci grâce au travail de nombreux technophiles et magiciens. Le système d'égouts, sera prévu lors de la sécurisation totale des cavernes de Spelunca, entreprise ambitieuse du Vicomte, mais les équipes de mercenaires de son aînée, Victoria Erzebet Grey, avaient déjà eu des percées conséquentes et on cartographiait en ce moment même le moindre recoin du dédale séculaire.
Quels secrets cachent ces couloirs insondés ?

Notez que les mesures de sécurité, revues à la hausse depuis la menace -heureusement fort molle- des "Frères Loup", exigent qu'après vingt-deux coups de clochers on dégage les rues. Les mesures et lois seront appliquées par la Garde personnelle du vicomte, avec à sa tête Nathanael Azhalred, fils de l'une des plus anciennes familles de vampires et Chevalier émérite. Il est également nécessaire de s'aquitter de toutes armes en endroit religieux, telles les Chapelles de la Dame, et bâtiment royal.
Les peines encourues sont fixées par le Seigneur ou ses affiliés.

Enfin, Château-Rouge propose un enseignement de qualité à tout jeune noble ; les Laboratoire Fortune offrent un complexe sous forme de manoir fonctionnel et luxueux dans lequel tout étudiant saura s'épanouir. Un prix en trois lingots d'or par année suffira, afin d'intégrer un centre de recherches comprenant études médicinales (herboristerie, alchimie, études des espèces) et scientifiques (mécanique, mathématiques, philosophie) !
L'acquisition du titre de Frelon -haut rang de distinction à Spelunca- nécessite l'approbation des Laboratoires, ainsi que de Sir Azhalred et du Vicomte. Les candidatures sont rédhibitoires, veillez à ne répondre qu'aux invitations.

"Le Savoir en la Beauté", la devise d'une ville moderne et sûre, est la promesse d'une terre d'accueil à tout désireux.

- Services du Tourisme.


Dernière édition par Styx le Jeu 28 Déc - 18:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Arcaneries diverses et variées   Jeu 20 Juil - 3:29


Les sciences vont de paire avec les magies pour les arcanistes vampires. Forts de leurs connaissances séculaires, il est coutumier de trouver en un laboratoire magique toute sorte d'instruments scientifiques. Autrefois associés à la sorcellerie noire, les vampires ont aujourd'hui appris à dissimuler leurs découvertes à ceux qu'ils jugent inaptes à saisir les complexités universelles.

Peut-être que la connaissance est un lourd fardeau à porter, ou peut-être que les canines dissimulent une avidité égoïste. Ce qui est certain, c'est que les magies des buveurs de sang sont fortement inspirées de mixtures et potions, de formules arithmétiques et mathémagiques, et que même chez le plus excentrique d'entre eux se cache un magicien curieux.
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MessageSujet: Re: Arcaneries diverses et variées   Mar 6 Mar - 12:20


De la figure de l'arlequin en Dùralas



Ce document est l’œuvre de Sir Jonathan Crane, premier diplômé des Laboratoire Fortune dans le cadre de la validation de ses acquis en matières d'Analyse Militaire et Philosophies Politiques (AMPP) ;

Il y a dans la manière de représenter les arlequins une certaine exagération ; souvent vus comme une classe de soutien égoïste, tant par sa tendance à l'auto-amélioration qu'à ses dons de conjuration, la figure du Vicomte se détache du cadre habituel en sa construction. Nous nous intéresserons ainsi à l'évolution d'une unité singulière, en comparaison à l'avènement du mage royal Grey.

Appréciation : 20/20 dès la problématique, la flatterie mène loin ❤️

Apparus des contrées mystérieuses au delà des terres de la Jarl Selsya, les arlequins sont des manieurs de magies illusoires, plus ou moins tournées vers les tours proches de ceux que l'on retrouve aux spectacles théâtraux de type Fantasmagoriques, ces mages sont aussi énigmatiques que fragiles.
On retrouve peu d'arlequins de combat sachant vivre plus de quelques années sans un entraînement rigoureux et permanent ; leur résistance étant problématique face aux guerriers et assassins et leurs dégâts insuffisants en ce qui concerne les classes les plus défensives. On notera que le Vicomte, dans ses débuts a subi une défaite contre deux Stryge en raison de sa pauvre vitalité. La magie des arlequins étant tournée vers la manipulation de leur environnement ainsi que de leurs cartes, ils ne sauraient maintenir un équilibre suffisant des flux pour renforcer leurs capacité. -Avant un niveau avancé, tout du moins-

Ce qui constitue l'intérêt d'avoir à ses côtés un arlequin semble rééquilibré cette description peu envieuse d'une voie qui ne saurait être aussi divertissante que mortelle.


Appréciation : 28/20 Sans fautes! Je suis très rigolo!

On peut noter dès les premiers signes de maîtrise arlequine des déplacements bien plus vifs que la moyenne, ce qui couplé à des cartes aux effets multiples peut engendrer de grands dégâts en peu de temps ou temporiser au maximum les actions au bénéfice des alliés. Les arlequins par leur nature originale se voient contraint à développer des stratégies plus défensives que la moyenne, soignant peu à peu l'équipe et la renforçant par la même occasion. Les branches plus offensives de la classe font danser les cartes autant que les couteaux pour occasionner des poisons redoutables, en prenant soin de se dissimuler sous divers doubles ou pièges de paralysie.
On recommande à tout aventurier désireux de se tourner vers les joies des magies arcaniques de solides connaissances alchimiques ; attention à ne pas consommer les drogues d'illusions, hautement addictives. humpf... fragile L'utilisation des poisons et drogues est nécessaire à la distraction des adversaires sans quoi même l'agilité probante des arlequins ne saurait leur éviter la lame d'un maître d'armes.

On notera l'accompagnement très bénéfique d'un compagnon sachant reproduire ses effets pour une confusion générale appréciable. En plus de dégâts soutenus, les dégâts offerts sont appréciables. Mestre Faust rpz. L'équipe gagne toujours des farces mortelles des arlequins, qui voient leur force émerger des sabotages qu'ils infligent plutôt que de leur force pure.
Néanmoins, grâce au port d'un équipement renforçant les capacités à manier plusieurs objets comme la ceinture légendaire qu'arbore le Vicomte, l'arlequin devient capable de faire appel à une quantité astronomique d'effets et comble la capacité de tenir une fois ses effets affaiblissants estompés par une attaque dévastatrice. Sir Grey démontre à plusieurs reprises être capable de se déplacer efficacement, assez pour prendre un avantage sur les plus lents c'est pas moi qui le dit et asséner des coups souvent mortels pendant la fenêtre d'action offerte.

Attention, il convient de bien entourer l'arlequin face à l'équipe adverse, mais surtout de chercher à équilibrer ses constructions d'équipement ; celui-ci représente le plus grand atout de l'illusionniste ! Chapeaux où se terrent d'insidieux maléfices, cartes empoisonnées ou poignards dissimulés sont autant de possibilités que d'heures d'amusement.
Les trésors légendaires offrent toujours un avantage monstrueux et le choix du compagnon doit aussi être envisagé avec prudence ; les acrobates du champ de bataille demeurent des cibles de priorités peu tenaces.
Le Vicomte se distinguera ici par une maîtrise des magies d'illusion lui permettant d'échapper temporairement à la vision adverse, gagnant une attaque et se protégeant par la même occasion. Le sort n'est pas infaillible pour autant, nombreux étant les opposants sachant percer l'invisibilité grâce à un coup critique. JE VEUX ÊTRE UP SVP, MERCI ❤️

Le Deckécléon offert par Père Tungstène au Vicomte représente une arme de choix dans l'arsenal d'une unité presque assassine autant que manipulatrice (paralysie, empoisonnement, soins ou affaiblissements) est un objectif à tout prétendant voulant se distinguer parmi les siens. Il faut chercher à renforcer sa longévité, par un choix pondéré, sage aussi, de son équipement et maléfices, tout en ayant la rigueur de veiller à conserver une offensive suffisante pour éliminer tout ennemi dangereux.
La présence d'un Ensorcelleur peut poser problème, la fusion peut éventuellement atténuer la perte d'un unique effet, tentez de répartir au maximum vos forces au travers des différents decks afin de profiter de bonus en toute circonstance. Un entraînement de faction, ainsi qu'un objet de faction profite grandement aux arlequins, ne les négligez pas non plus.

Car bien s'entourer est au final la clé de tout arlequin qui veut profiter de son plein potentiel. La manipulation du champ de bataille tout en maléfices offre un divertissement sans égal lors des grandes guerres et on a vu moult décès en raison des poisons de Sir Grey.
Mais le choix d'une orientation offensive ne tient qu'à l'individu, les embranchements proposés par les decks demeurant très vaste ; on peut imaginer l'arrivée d'arlequins aux soins surpuissants et à la vitalité colossale, ou de fins invocateurs abyssaux, pour les plus kikoos... oups ! autant de possibilités devraient plaire aux stratèges dans l'âme.
C'est par son équipement que se définit l'arlequin, et rien d'autre. Celui-ci reflète souvent leurs pouvoirs, allant des enchantements merveilleux aux toxines ravageuses, des spectacles candides aux farces rusées, mais profitant toujours à une stratégie collective. Soit-elle voulue pour les autres ou tournée uniquement au profit de l'utilisateur, le collectif peut être écarté afin d'accroître exponentiellement l'arlequin.



Appréciation : 42/20 Alors là, je te suis plus moi.
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MessageSujet: Re: Arcaneries diverses et variées   Lun 2 Avr - 11:31

L'étrange cas Galhaad-Grey des îles Vierges

par Harold P. Larsat

Il faisait un temps maussade lorsque j'embarquais à bord du navire qui me mènerais de Draksburg, capitale du Saint Empire Ghermanique, et siège de l'Impératrice vampire, jusqu'aux îles récemment colonisées par le clan Galhaad-Grey à qui je vouais une amitié aussi sincère que profonde. Je m'étais lié d'amitié avec Drake Grey, Mage Impérial, lors de nos études en magies arcaniques suivies sous l'enseignement du même tuteur ; un dénommé Abdul Kavhi, homme d'une culture exceptionnelle et d'un savoir plus vaste encore.
C'est donc par cette matinée brumeuse, sur les quais pavés du fief de la Couronne où régnait une odeur saline, que je répondais à l'invitation de mon cher compagnon d'autrefois. Grey m'informa dans une missive que suite à la poursuite de ses recherches il était détenteur d'une grande découverte sur les îles et souhaitait mon avis sur cette mystérieuse trouvaille. Je répondais tout aussitôt à sa requête, et même si j'ignorais totalement la nature de la chose, ma curiosité et surtout mon respect pour l'intellect de celui que j'avais souvent vu se donner corps et âme à la science me poussaient à accepter ce voyage sans sourciller.

Une fois installé dans ma cabine, à bord du "Gloire d'écume", un messager m'informa de l'arrivée d'une nouvelle épistole adressée en mon nom par Sir Drake Grey.
Je remerciais le garçon d'une pièce d'or, ouvrait d'un coup de griffe l'enveloppe et scrutait avec joie l'écriture élégante de mon ami.

C'était en grande partie, et car nos deux esprits se ressemblent par bien des façons, une lecture le temps d'un voyage plutôt qu'une lettre personnelle. Dans celle-ci, celui qui dirigeait avec Sir Galhaad les territoires en bordure de l'Empire m'expliquait comment leurs familles avaient opté pour une vie outre-mer.
Voici ce que j'ai appris ; après le couronnement de l'Impératrice -sous le désir de la régente de marquer les générations- Sa Majesté déploya des flottes considérables afin d'étendre l'influence du Saint Empire, les clans Galhaad et Grey, ayant déjà fait leurs preuves sur les champs de bataille, furent naturellement désignés pour diriger une entreprise de cet acabit.

Quelques mois après l'énonciation des souhaits de Sa Majesté, les deux clans s'unissaient pour former un nom qui leur permettrait de convaincre banques et troupes avec aisance ; ainsi naissait la dynastie Galhaad-Grey. Dans le fond, rien ne changeait, et les familles conservaient toute leur indépendance (même si les rumeurs prêtaient à des relations on ne peut plus intimes aux deux clans) mais dans la forme l'union des groupes symbolisait une addition de leurs forces et fortunes, et cela leur octroya moult libertés quant aux préparatifs de l'expédition.

Je lisais avec peu d'étonnement qu'on avait embauché des guildes expertes et des maîtres-ouvriers, et qu'on élaborait déjà avant le départ pour l'inconnu des plans de villes sauvages, dont l'architecture et la disposition seraient entièrement adaptées aux forêts. Ma surprise fut de découvrir l'aveu d'inspiration de Grey qui puisa dans les savoirs Elfiques pour mettre au point ses schémas.
Il affirmait avoir été épaulé par des esprits ingénieux dont Maître Abdul Khavi aurait été fier, et qu'à l'occasion son fils aîné démontra des prédispositions prometteuses en ce qui concernait l'architecture.

Les Galhaad de leur côté préparaient déjà des prototypes technophiles afin de pallier aux dangers qu'offre un territoire dont on ignore tout. De ce côté, ils n'avaient plus rien à prouver, et Alphonse Galhaad, jusque là timide vampire éclipsé par les génies militaires de son aînée Minerva Galhaad, pu opérer un tour de force considérable en établissant les premiers croquis de poulies et engrenages qui serviraient les ouvriers et maximiseraient l'efficacité de tout chantier.
Ce fut avec stupeur que je découvrais cette information tant l'usage des rouages était aujourd'hui prisé en les murs du Capitole et tout cela grâce à l'esprit d'un tout jeune élément. Décidément, il n'y avait pas de meilleur sentiment que de voir les générations suivantes raviver les flambeaux du progrès, et je notais dans un coin de mon esprit qu'il faudrait impérativement rencontrer ce jeune Alphonse.

La lettre présentant son dernier paragraphe, je décidais d'interrompre ma lecture, montais sur le pont, et profitais du paysage.
Nous avions déjà atteint les limites du territoire gardé par les forces de l'Impératrice, et alors que la mer calme laissait apercevoir au loin les premiers motus exotiques, mon âme fut grandement apaisée par le voyage qui s'offrait à mon corps ; quelle beauté que celle que l'on découvre pour la première fois.
Après avoir passé une sorte d'isthme, au quatrième jour, le Capitaine informait les passagers présents sur le pont que l'on pouvait déjà voir les rivages du territoire de la noble famille Galhaad-Grey (pour ceux qui maîtrisaient la magie et pourraient ainsi décupler leur vision). Pour ma part je constatais avec admiration un panorama unique ; les sables des îles étaient blancs comme le sel, et la silhouette d'une ville où trônait une tour gargantuesque, toute en basalte, était discernable. Cette vision m'inspira un sentiment mitigé, car si la construction demeurait indéniablement exquise, l'espace occupé par l'édifice dégageait quelque chose que je ne pouvais identifier ; un sentiment de puissance, destiné à effrayer les tribus locales qui avaient survécu à la soif des vampires, mais à cela s'ajoutait une impression impérieuse et je décidais de ne plus prêter attention à mes sens. Après tout une semaine en mer a de quoi modifier un organisme au point d'en fausser l’empirisme.

J'entreprenais à la fin de la semaine, alors que le débarquement se résumait désormais à une question d'heures, de conclure les écrits de Drake. Dans sa dernière partie je découvrais deux informations cruciales ; la première et la plus banale, faisait état d'un cocher sur les quais ainsi que quelques esclaves nains qui porteraient ma personne tout comme mes bagages jusqu'à destination de Fort-Salin, siège des clans dirigeants -dont la Tour que j'avais aperçue était le joyau visuel-. La seconde, bien plus croustillante, concernait cette fameuse découverte ; selon ce que je lisais, il y avait un phénomène propre à ces îles, et Fort-Salin rendait son observation fascinante ; une fois par mois, lors de la vingt-septième lune, l'astre lunaire s'érigeait couvert d'un voile rouge.

Mon compagnon, surement par précaution, ne s'étendait nullement sur le sujet à mon grand regret, mais cette simple description me suffisait à entrer dans un état de réflexion intense tandis que ma curiosité était piquée à vif. Jamais, et j'insiste sur ce point, on n'avait répertorié de pareille singularité dans les archives royales si bien que la simple mention d'une nouvelle (sens premier) curiosité scientifique m'excitait particulièrement !

Comme je ne pouvais que fabuler sur cette lune rouge, je décidais de mettre de l'ordre dans mes affaires et d'appeler les garçons afin qu'ils ne déménagent mes bagages jusqu'au pont. Selon les dires de mon illustre hôte la prochaine apparition de l'astre cramoisi se tiendrait deux jours après mon arrivée -en supposant que je ne serais retardé- ce qui permettrait une analyse sans attente de la chose pour moi. Dans cette mi-vérité (car une nuit me séparait tout de même d'une découverte majeure) mon esprit trouvait un peu de réconfort, et je me laissais porter jusqu'à la voiture par mon corps en proie à la rêverie qui ne s'achevait qu'une fois dans l'enceinte de Fort-Salin et à la vue du visage aquilin de Drake Grey qui se tenait impatiemment à l'entrée de sa demeure.

On but beaucoup ce soir-là, et on discuta avec ferveur des possibilités et causes, des familles et loisirs de chacun. Frieda Grey, femme somptueuse dont la beauté aurait été fatale à la Cour, me fut présentée pour la première fois -lors de nos études Drake demeurait à marier- et je fus heureux de voir que son épouse était à la hauteur du personnage. La diction de Dame Grey était soignée, et son chant égayait grandement les moments, tout autant que ses peintures, qui décoraient chaque pièce commune de la résidence.
En ce qui concernait l'aîné, Lachlan Grey, je ne le découvrais pas tout de suite, car il était en excursion avec Alphonse Galhaad au coeur des forêts locales, en revanche j'observais longuement le portrait de l'aîné affiché dans le salon principal. C'était un jeune homme à l'apparence soignée, bien que de frêle constitution, trait qui s'avérait encore plus flagrant aux côtés de la carrure militaire de son paternel. Toutefois il fallait reconnaitre à Lachlan les traits élégants hérités de sa mère, ce qui conférait à son visage une allure rieuse quoiqu'un brin espiègle. Du tableau je retenais essentiellement les couleurs du blason familial -une rose pourpre- représentés avec discrétion en quelques touches de rouge dessiminées dans la peinture. Le fauteuil de Drake, les gants de Friede, et les yeux de leur unique enfant.

Je questionnais ce choix, bien entendu, puisque les dynasties vampires ont pour coutume de se fournir en descendants tout au long de leur existence ; l'opulence marquait le pouvoir des clans pouvait-on dire simplement. Ayant décidé d'interroger mon ami à ce propos, j'attendais la fin du souper afin de profiter de l'intimité de son bureau privé pour ne pas offusquer son épouse.

Drake Grey livra une réponse métaphysique à mon interrogation ; Lachlan Grey était d'une formidable constitution magique et avait selon les médecins hérité des meilleurs traits de ses deux parents. Dans cette plénitude le couple trouvait grandeur suffisante à leur nom et souhaitait attendre la fin de la formation du jeune homme afin d'agrandir le foye, car si les parents ont toujours un amour inconditionnel envers leurs petits, ces derniers se montrent bien souvent jaloux et le caractère  que Grey décrivait comme "territorial" de Lachlan n'aiderait pas au sain développement d'une autre personnalité tant qu'il occuperait avec autant de zèle son rôle d'aîné.
Il se montra néanmoins plus nuancé dans les descriptions qu'il livra par la suite. Lachlan avait les dispositions mais semblait préférer les charmes de la vie aux joies de l'apprentissage, ainsi il n'était pas rare de devoir le disputer pour manquement à ses leçons, ou lorsqu'il il daignait se montrer à ses professeurs il arrivait bien souvent que son état soit altéré, voire tout à fait incompatible aux exercices. Une fois même, Drake l'ayant privé des herbes récréatives, le jeune vampire s'était jeté sur son tuteur suite à une remarque qu'il avait jugé déplacée et avait violemment lacéré l'homme.
On avait prit soin de faire taire l'incident avec une coquette somme à l'intention du précepteur, mais depuis l'épisode Drake avouait porter une attention inquiète à son fils.

Voyant l'amertume dans les dires -et regard- de mon ami, je préférais ramener la discussion à ce phénomène de Lune Rouge qui nous excitait tant. On allumait une pipe et je laissais l'hôte émerveiller mon esprit scientifique par ses descriptions ; l'événement avait commencé à survenir après l'arrivée des flottes Galhaad-Grey, quelques mois suite au débarquement alors que Fort-Salin entrait dans sa dernière phase de construction l'astre d'argent avait montré sa première mutation. Et depuis, chaque mois possédait sa Nuit Rouge, durant laquelle l'horizon s'embrasait de lumières cramoisies et l'obscurité gagnait une teinte presque joviale sous cette couleur unique. Dès la première apparition, Drake avait bien entendu analysé et retourné l'occurence de ses instruments, allant même jusqu'à  cartographier les étoiles qui pourraient influencer l'astre mais toutes ses hypothèses s'étaient avérées fausses ou inexactes. La Lune Rouge n'avait aucun impact observable sur les habitants, la faune ou la flore, et pour seule piste il avait mesuré les marées et constaté une inversion des flux et reflux durant les heures où l'astre sanguin brillait.
Car il n'omettait aucun détail en sa qualité d'arcaniste, et Maître Abdul avait toujours insisté sur une collecte totale des données avant même de songer aux causes et conséquences, Grey avait de suite tenté d'interroger les locaux quant à cette phase lunaire et le résultat fut navrant ; les nains -car la race répugnante peuplait ces îles comme les rats peuplent les maisons- s'étaient vexés de l'interrogation et avaient préféré détaler en maugréant de leurs hideuses bouches plutôt que d'avoir une conversation civilisée.
Cette courte interaction avec les indigènes avait motivé les expéditions d'élimination menées par le clan Galhaad-Grey dans les mois qui suivirent l'incident. J''approuvais, tant on ne pouvait décemment trouver un trait aimable à une race aussi laide et à l'intellect visiblement limité.

Face aux assauts vampires, entraînés et précis, les tribus naines avaient vainement tenté de résister mais on eut tôt fait d'entasser leurs cadavres trapus dans des barques succintes auxquelles on planta des flèches enflammées, on éviterait ainsi que les petits êtres répandent leurs maladies dans les eaux des îles (comme préconisé par l'Empire en cas de rencontre hostile avec la race naine). J'étais conscient du jugement que pourraient porter les autres races, voire certains de nos confrères, quant au traitement destiné aux nains, mais ceux qui défendent ces derniers n'ont clairement jamais vu leurs manières grossières qui offusqueraient le plus honnête des gentilhommes. Par Adam, on rendait là un fier service que d'occir ces abjectes expériences des dieux !
Drake, puisque déclaration de meurtre appelle tout homme raisonné à interroger ses valeurs, riait en déclarant qu'Alphonse Galhaad avait fortement désapprouvé ces actes. La fougue de la jeunesse n'a d'égale que sa candeur.  De son côté, Lachlan participa aux assauts mais ne se montra nullement excité à l'idée de faire couler leur sang, justifiant sa présence par l'intérêt qu'il portait aux étranges temples érigés par ces païens.
Dans cet aveu, j'entendais une pointe de fierté d'un père qui voit son fils manifester un intérêt certain pour l'anthropologie, soit-elle dirigée envers une race inférieure.

Il s'avérait que les idoles et fétiches trouvées en les temples -plutôt des amas de bois et feuillages- étaient singulièrement élégantes et finement travaillées ; mon compère en possédait un exemplaire en guise de presse-papier qu'il s'empressait de me montrer pour illustrer son compliment. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir un objet curieux, sorte d'humanoïde féminin. L'idole représentait une femme à la taille fine et allure svelte que les mains des nains avaient taillé à l'aide de bois des arbres locaux mais c'était dans le voile qui couvrait son visage que l'on s'apercevait du soin apporté à l'objet : le tissu était matérialisé par une fine couche d'or et de pierres précieuses variées, si bien que l'expositon du fétiche à la lumière en faisait varier les couleurs. Le voile passait par le rouge du rubis au bleu profond du saphir en une fraction de secondes lorsqu'on le déplaçait ce qui me fascina totalement. Comment des nains pouvaient-ils détenir un savoir manuel aussi étendu ? L'opinion de Drake à cet égard était qu'une civilisation plus avancée avait peuplé ces îles avant les sauvageons, laissant aux chétifs humanoïdes les vestiges d'un culte trop complexe qui suscita chez eux un sentiment divin. On pouvait imaginer que la femme représentée était une sorte de figure pieuse, et que l'esprit limité des détenteurs inopinés en avait déformé le sens pour l'ériger au rang de divinité.

Lachlan s'amusait d'ailleurs à essayer de traduire les pictogrammes trouvés sur les murs des temples, usant de techniques linguistiques et d'interprétations déductives afin de parvenir à des résultats encourageants. C'était là le pourquoi de son absence en cette soirée, et Alphonse duquel il était inséparable l'aidait souvent dans son travail, car il savait extraire des morceaux de bois à l'aide de ses machines technophiles sans en abîmer la matière. On pouvait ainsi analyser les échantillons en toute sérénité en Fort-Salin plutôt que dans les forêts luxuriantes des îles dont la plupart demeurait à explorer.
Jusqu'ici les avancées avaient révélé le nom de la supposée divinité qui répondait à l'appelation dont l'orthographe variait mais dont la prononciation était toujours similaire ; Dhanatotep, ou Danvatothep que l'on pouvait traduire par "Reine du Hasard" ou plus poétiquement "Celle qui connaît ce qui n'existe pas".

Lorsque l'on terminait de converser sur les éventualités concernant la provenance d'un tel culte, on remarqua que le soleil se levait et nous allions nous coucher sans plus tarder, car il faudrait être pleinement opérationnel pour l'observation de la Lune Rouge. Je proposais par ailleurs que l'on expose la statuette aux rayons astrales, sait-on jamais, les nains pouvant parfois compenser leur ignominie par un esprit singulièrement farouche. Une fois dans le couloir une domestique, vampire bêta, tout à fait charmante, me montrait la voie jusqu'à mes appartements et j'embrassais le sommeil avec délice. Sans m'en rendre compte, le voyage m'avait épuisé, si bien que je sombrais presque instantanément dans une profonde torpeur.
Je ne puis me souvenir des songes auxquels je me suis adonné cette nuit là, toutefois, le souvenir que je garde de la nuit passée en Fort-Salin est désagréable au moins, sinistre au plus. Mon esprit fatigué semblait en proie à de puissantes suggestions télépathiques, terribles et effrayantes, si bien que je sursautais souvent durant mon repos, baignant dans la sueur et le coeur battant à tout rompre. Quel sentiment étrange pour quelqu'un qui n'y était nullement habitué ; pareil aux tambours que frappaient les indigènes, mon esprit était parcouru de battement violents, sauvages, carnassiers, et l'idée de fermer les yeux terminait finalement par me quitter. Encore aujourd'hui, je me demande d'où provenait cette sensation, et le lecteur comprendra par la suite que les raisons de ces terreurs pourrait provenir de bien des sources et qu'une association hâtive aux cultes primitifs des îles serait une facilité déductive.

Je passais ainsi le restant de ma courte nuit à regarder par la fenêtre, anxieux que quelque chose puisse m'observer en contrebas de ces murs pourtant gardé par de vaillants soldats. J'en étais persuadé durant les heures où le soleil ne brillait pas ; une force psychopompe agissait en Fort-Salin, mais comment mon ami arcaniste ne l'avait-il jamais ressentie lui aussi ? Je ne pouvais concevoir qu'il oublia de mentionner pareil fait, et m'accordait à penser que mes appartements, habituellement déserts et réservés aux invités d'honneur, devaient être les seuls endroits affectés par cet étrange frisson dans l'air. Au bout d'un moment, alors que j'essayais en vain de distraire mon âme en lisant, je décidais de sortir pour me diriger vers le salon, où je fumerais un peu d'opium pour apaiser mon corps parcouru de frissons.
Ce fut en route que je rencontrais pour la première fois, Lachlan et Alphonse Galhaad-Grey (désormais). Les deux semblaient tout juste rentrer de leur expédition en les forêts, et je les croisais dans les escaliers en bois qui menaient à l'étage inférieur du château.

Alphonse était un jeune homme à la tête couronné d'une chevelure blonde et bouclée, à la mâchoire carrée et allure entrenue. On aurait plutôt attribué ses compétences à un domaine physique plutôt qu'intellectuel si on méconnaissait ses inventions, et je constatais qu'aux côtés de Lachlan, et bien qu'ils partageaient sensiblement le même age, le Technophile était bien plus masculin que l'arcaniste. Lachlan, qui tenait alors en ses mains une grenouille -ou bien un crapaud-, était sobrement vêtu d'un ensemble rouge et noir qui rendait sa silhouette longiligne encore plus prononcée. Ses cheveux, redressés en arrière comme l'exige la moderne nouveauté des styles, faisaient ressortir des pommettes saillantes en une maigre mine qui me fit grimacer. On discernait clairement un abus de substances, même s'il demeurait agréable au regard.
Comme je m'approchais d'eux, ils me dévisagèrent un court instant.

Alors qu'Alphonse semblait ignorer qui j'étais, son ami lui expliqua rapidement le pourquoi de ma venue et me laissa le soin de décliner mon identité à Galhaad. Son visage passa de l'incompréhension à l'émerveillement, et il m'intima avoir lu mes essais sur l'énergie bleue et les arcanes, ouvrages qui l'avaient fortement aidé au développement des systèmes mécaniques qu'il avait conçu.
Nous nous dirigeâmes donc de bon coeur tous ensembles vers le salon, Alphonse et moi-même discutant rouages et technophilie, et Lachlan caressant son crapaud domestique qu'il expliqua se nommer Sparky. Je soupirais intérieurement et imaginais la difficulté de Drake à élever pareil esprit si singulier, néanmoins il fut assez élégant pour ne pas interrompre nos discussions et se plongea dans la suite de ses travaux de traduction en un petit bureau aménagé dans une pièce juxtant la notre. Je notais avec curiosité qu'Alphonse s'inquiétait souvent de son état, allant jusqu'à s'absenter pour s'enquérir des avancées de son ami, je ne m'en offusquait pas, et lors de l'une de ses escapades, il m'invitait même à le suivre, ce que je fis avec grand plaisir.

Lachlan oeuvrait dans une pièce de modeste taille, plongée dans une semi-obscurité contrebalancée par des torches brûlant doucement autour de son bureau sur lequel une véritable armée de fétiches, fresques, et bouts de bois trônaient. Il y avait là un véritable musée de culture tribale, et je découvrais tout ceci avec grand étonnement. Sparky, de son côté, croassait de temps à autres dans son vivarium empli de lichen.

Le jeune Grey, sans abandonner une plaque de bois sertie de petits dessins énigmatiques, m'expliqua que tout ceci prenait lentement forme, et qu'il était même capable de reproduire la phonétique des nains pour communiquer avec eux. Alphonse confirmait ses dires, et m'avouait qu'ils avaient même établi contact avec une tribu qui s'était exilée suite aux attaques vampires, bien que la révélation provoqua chez Lachlan un regard incendiaire qui suscita les excuses de Galhaad. Lachlan me fit promettre de ne rien révéler de cette dernière partie à son père, qui usait de moyens peu habiles et contreproductif selon ses pensées. Il fallait apprendre à connaître un peuple plutôt que chercher à l'exterminer pour en percer les secrets, continua le jeune vampire dont les yeux s'exaltaient de brillances rouges sous l'excitation, une évidence que Drake se refusait à accepter sous couvert de directives dépassées.
Je ne savais quoi lui répondre car je ne voulais m'opposer à un père mais trouvait sensée la réflexion du fils. Dans le doute, je préférais me taire et laisser le soin à mon interlocuteur de poursuivre ses explications en le questionnant plutôt sur Dhanatotep et les mystères tribaux des îles.

Sur ce point, Lachlan et Alphonse échangèrent un regard complice et je compris de suite que ce que j'entendrais pourrait être un mensonge complet mais ne laissait rien paraître de mes impressions et laissait le garçon continuer en feignant l'innocence. Il m'expliqua que Dhanatotep occupait une place centrale quant au mystère de la Lune Rouge, de son point de vue, mais que pour l'heure il n'avait pas de nouvelles informations quant à la Reine du Hasard. J'acquiesçais, mais relevait tout de même que pour quelqu'un qui n'en savait rien le vampire possédait là une collection impressionnante, ce à quoi il rétorqua que son génie n'était pas celui d'Alphonse et que des mois supplémentaires s'avéraient nécessaires pour trouver d'autres pistes. Je décelais néanmoins grâce à mon âge plus avancée une accélération cardiaque chez Alphonse mais rien chez Lachlan. Ce qu'ils cachaient inquiétait le blond technophile, c'était certain, et je décidais de poursuivre mes questions une fois le binôme séparé. Je demandais ainsi au plus vieux des deux de me désigner les cabinets, ce qu'il fit avec toute la courtoisie d'un gentilhomme en devenir.

Une fois dans le couloir, il marcha avec moi au travers des couloirs et j'en profitais pour l'interroger discrètement, mais sans succès, il demeura évasif tout du long allant même jusqu'à se montrer impatient lorsque j'évoquais la Lune Rouge. Face à pareil comportement, je prenais un ton paternel et lui expliquait qu'il mettait en danger tout le monde s'ils occultaient quoi que ce soit concernant les secrets des îles. Gentil garçon qu'il était, il me fit la confidence que Lachlan avait recueilli, pas plus loin qu'en cette soirée, une idole différente qui "brillait étrangement". Le jeune Grey l'avait dérobée avec habilité alors que les nains auxquels ils s'étaient liés d'amitié s'en allaient chasser, et dès lors Alphonse s'était senti crispé, nerveu, car la statuette émettait un éclat sanguin permanent. Pire encore, selon lui, le voile de cette statue là pouvait être retiré, et il craignait que Lachlan ne franchisse le pas. En bon ami il m'affirmait alors qu'il savait son compagnon raisonné et qu'il était toujours prudent quant à ses recherches, mais redoutait, sans base rationnelle, que lever le voile de l'idole puisse être un sacrilège qui déclencherait la colère de la Déesse, à la manière des tragédies antiques.
Avec la même irrationnalité, je me remémorais la présence obscure ayant hanté ma nuit et frissonnait sans rien dévoiler à Alphonse, car il venait de trahir la confidence de son plus proche ami , mais surtout car un jeune esprit ne doit jamais être effrayé en excès et rien qu'à le voir parler de l'affaire j'entendais littéralement sa peur.

J'allais donc me poser aux latrines pour réfléchir à la question l'espace d'instants. Si les dires d'Alphonses étaient exacts, alors Lachlan détenait probablement la clé du secret Lunaire ou tout du moins une porte qui mènerait plus loin dans l'exploration des secrets locaux. Drake ignorait tout de cela, et le mettre dans la confidence me brouillerait sans doute avec le duo de jeunes. J'étais dans une impasse, et ma fatigue rendait la sensation si épuisante que je décidais finalement de conquérir la confiance de Lachlan pour espérer approcher sa trouvaille.
Alphonse était déjà impliqué, qu'il le veuille ou non, et je lui faisait donc part de mon désir de voir l'objet.

Alphonse, sur le chemin du retour, proposait d'emmener Lachlan dehors sous prétexte de vouloir passer un moment plus intime, ce qui me laisserait le temps de me pencher sur son trésor sans crainte de le voir revenir. Il faudrait toutefois que le jeune anthropologue ne se doute de rien, car il était perspicace à défaut d'ingénieux, et le moindre geste vendrait nos intentions -il en était convaincu-. J'acceptais la comédie, en dépit de la tromperie mesquine qui sied peu à des valeurs éduquées, et comme on entrait de nouveau dans le petit bureau et que je tentais de dissimuler mon excitation on découvriait avec efffroi que peu devrait être fait pour contempler l'artefact.
Lachlan était à terre, frappé de convulsions violentes qui rendaient son visage exsang tandis que ses mains se crispaient horriblement autour de ce que je devinais être l'objet tant discuté. Alphonse se retînt d'hurler en fonçant sur son son camarade dont il posa la tête sur ses cuisses après lui avoir fermement retenu les poignets, et m'ordonna avec une maturité déconcertante de lui apporter la malette qui se trouvait dans le salon de toute urgence.
Encore abasourdi par cette vision de crise, mais porté par un instinct forgé par des années d'études médicinales, je partais, laissant Alphonse s'occuper d'arracher des mains du souffrant la statuette. Lorsque j'ouvrais la porte qui menait au salon, je fus surpris de tomber sur un couloir qui ne se trouvait pas là auparavant.

Ce que je vis, sortant de l'angle de ce chemin exigü, je n'ose même pas le décrire et même si je m'y essayais, mes seuls souvenirs de ce moment sont horriblement confus. Il y a néanmoins quelque chose que je suis certain d'avoir vu ; dehors, par une fenêtre de ce couloir mystérieux qui devait s'agir d'une illusion enfantée par la même sinistre présence nocturne qui m'avait terrifié dans mes appartements, il y avait une ombre immense et écrasante de puissance. Des ténèbres opaques, grouillantes et rieuses, qui se riaient de mon impuissance ; et, dans cet amas de forces irrésistibles, quelque part au sein de ce chaos dissonant de moqueries Lachlan Grey hurlait désespérement.
L'espace d'un instant, je fus certain de l'entendre à côté de moi, lui aussi en proie aux griffes de cette chose mystérieuse.
Je m'évanouissais dès lors avec la certitude qu'Alphonse ne serait arrivé à rien avec cette malette médicale. Personne ne serait arrivé à rien.

Et lorsque je me réveillais de ce que j'espérais être un cauchemard terrible, je découvrais avoir été transporté à l'extérieur de Fort-Salin. Il faisait noir, et je devinais avoir été inconscient toute la journée.

Dehors la Lune Rouge brillait de sa lumière perverse sur les ruines de Fort-Salin tandis que des cendres pleuvaient tout autour de moi. L'astre lunaire portait dans ses couleurs effroyables la destruction des constructions de la famille Galhaad-Grey, les pilliers qui avaient soutenu encore hier le château se trouvaient en morceaux, et j'apercevais en hurlant frénétiquement des restes humains déchiquetés au milieu des pierres de basalte.
Et, au sommet de cette montagne de débris, trônait un être qui avait autrefois été l'enfant de Drake et Frieda Grey. Un vampire aux traits rieurs qui agitait un doigt en ma direction, en signe de désapprobation, tandis qu'il tenait sur ses épaules le corps inanimé d'Alphonse Galhaad.

- N'essayez plus jamais de voler ce qui m'appartient, Harold Plarton Larsa, car j'ai entrevu ce qui est, ce qui a été et ce qui sera, et les Hommes, tous autant qu'ils sont, tomberont dans les mêmes complots que vous fomentiez contre ce pauvre Lachlan... ô comme la tragédie plaît à la Reine ! Elle rit !

Alors qu'il était clair que la personnalité de l'héritié de la Rose s'était trouvée anéantie par ces songes incompréhensibles que l'on avait partagé, et qu'il déclamait ses dires en un rire sardonique, une horde de nains difformes et hirsutes s'extirpait des fourrées entourant feû Fort-Salin. Une véritable armée qui s'inclinait devant la puissance palpable d'un rituel dément et clamait en choeur :

- Dhanatotep, Dhamee Fortvana ! Dhanatotep, Ama'nt ! Lili'Dhana-t !

Face à ce que je savais être bien trop réel pour être supportable, je décidais de me saisir d'un surin que je gardais sur moi au cas de mauvaises rencontres et le pointait vers mes yeux.
Si vous aviez vu les ombres qui dansaient sur la Lune de Sang, si vous aviez entrevu ces visages boursoufflés de nains démoniaques, vous auriez fait la même chose !
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