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 [Officiel]PlagenHust, Siège du Cauchemar - Tome II

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Le Livre
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MessageSujet: [Officiel]PlagenHust, Siège du Cauchemar - Tome II   Lun 20 Mar 2017 - 11:18


L'Académie de Lakeval, Institut Damné


L'ouvrage de la Garde Royale me parvînt en fin d'après-midi, dans les jours qui ont suivi ma demande. L'efficacité de nos comparses royaux n'était pas usurpée, et je remerciais sur le champ quiconque s'occupasse des archives de cette faction.

Le manuscrit, porté par un corbeau de belle taille et non une corneille (il est dit dans la noblesse que l'on distingue la plèbe de la Bourgeoisie par leur capacité à distinguer ces oiseaux souvent confondus), était somme toute assez fin, quelques pages à peine, mais suffisait déjà à attiser ma curiosité.

J'avais spéculé depuis des jours sur plusieurs points de la lettre trouvée en le temple de la Banquise ; qu'étaient ces "Dieux Astraux"  ? Cette "Pierre avec des yeux" ? Il est fait avéré que nul Dieu ne vient des étoiles, sauf peut-être Magnésie, et s'il faut considéré des entités d'un autre plan, alors elles n'ont rien à apporter à Dùralas par leur caractère étranger. Attention, je ne fais là qu'une constatation, une pure information factuelle et honnête intellectuellement, ne peut laisser présager qu'une soif de pouvoir de ces êtres des étoiles puisqu'ils n'ont pas d'intérêt autre en Dùralas là où nos Dieux veillent sur leurs créations.

Ainsi, je n'avais tiré qu'une conclusion assez sommaire et facile de ce manuscrit, mais je ne pouvais décemment traiter des termes aussi obscurs que ceux inscrits sur le papier de cette pauvre folle. Qu'était la "fièvre lunaire" ?
Qu'étaient les "yeux ouverts" ?

Ces deux choses semblaient liées d'après les dires de la femme. La fièvre lunaire avait été apportée par la Chose qui vivait dans la Lune rouge, et cette maladie, en plus de démangeaisons extrêmes, procurait l'ouverture des yeux de ceux qui la contractaient.
Que pouvons-nous déduire de cela sans spéculation aucune ? Si mes connaissances en médecine sont exactes, il semblerait que les symptômes décrits, démangeaisons, saignements, peuvent correspondre à des maux déjà avérés... Mais en présence d'une Académie en PlagenHust, n'auraient-ils pas eu connaissance de ce qui les frappait ?
Trop de questions se posaient à cet instant, et trop peu de réponses ne me parvenaient. J'ouvrais donc la missive des archives Stellaroises, et espérait trouver de quoi enrichir mon enquête.

Je ne fus pas déçue.



"Lettre d'Harold Paarl Luvekrat, profession inconnue, habitant présumé de PlagenHust, à un certain Père Wieldrich.

Bon Père,

Les Académiciens de Lakeval... une bien étrange institution si vous voulez mon avis, Père. Je ne dis pas que ces scolaires petits explorateurs sont un danger pour l'église, mais il va sans dire que depuis que le Directeur a accepté l'aide de ce Haut-Vampire venu de la Cour de Dame Bazthory, leurs méthodes ont quelque peu évolué.

J'ai séjourné en leur demeure, le gigantesque manoir trouvé aux abords de la ville, solidement séparé de celle-ci par un lac. (De là leur appellation de "Lakeval", du nom du hameau du Lac) L'ambiance y est très gaie, et le Directeur Laurent est un personnage fort charmant. Encore relativement jeune d'apparence, il est doté de connaissances séculaires et chaque discussion avec lui ouvre votre esprit un peu plus, si bien que je me surprends parfois à vouloir retourner à Lakeval. Mais là n'est pas la question, vous m'aviez demandé de savoir ce qui se tramait en l'Académie, et je vais vous le révéler.

Mais d'abord, permettez-moi de retranscrire les faits, car je ne sais si je puis parvenir à une déduction logique et ainsi serez-vous, mon Père, à même de tirer quelque conclusion qui vous plaise de ces lignes.

Au moment où ma plume caresse le papier de cette lettre, PlagenHust est frappé d'une maladie du sang de degré "pandémique" selon les théoriciens de Lakeval ; c'est à dire, une maladie qui affecte une grande partie de la population, mais pour eux, le fait qu'elle ait du mal à passer de Basse-PlagenHust (la demeure des ouvriers et paysans) à PlagenHust central (quartiers de l'église et noblesse) est très intéressant. Ils pensent que les symptômes de la maladie ; narcolepsie aigüe, fièvre, vomissements et hallucinations, sont en lien direct avec les lieux contaminés. En d'autre termes, le mal qui frappe nos champs est lié aux terres où il se développe.

J'ai déambulé dans le manoir, curieux de savoir comment ils étaient parvenus à pareille conclusion puisque je ne les ai jamais vus sortir des murs de l'Académie pour aller à Basse PlagenHust malgré mon séjour qui dure depuis des mois. (Quatre pour être précis, et la maladie a été déclarée il y a de cela deux lunes) Continuons donc l'énumération de faits. Fait deuxième ; l'Académie a aménagé ses étages inférieurs, où je n'ai la permission d'aller en dépit de mes nobles origines, en ce qui semble être un Centre de recherches. Bien que comme je l'ai dit, je ne puis y avoir accès, j'ai cependant mis la main sur la lettre de commandes de Sir Laurent pour l'endroit fraîchement bâti la voici ;

"100 fioles de verre,
25 lits,
25 seringues,
5 Erlenmeyers,
10 ballons à décantation,
1 kit de runes de Corrompus, hémomancie de niveau Maître,
1 Deckecleon (Demander à Sa Majesté Bazthory),
30 tables de dissection,
20 conteneurs en verre (très solide), format 2 x 4m,
2000 Litres d'eau du Lac de Lakeval, livrés dans les conteneurs,
1 Statuette (passer la prendre à PlagenHust, à l'endroit convenu)
100 bougies à encens,
10 foreuses technophiles (pour grandes excavations)

Ne lésinez point sur la qualité, les moyens nous sont infinis,
Laurent Vicar, Directeur de l'Académie et Maître-Magicien de l'empire Ghermannien."

Je me débat encore à essayer de comprendre ce que la moitié des choses voulues par Laurent peuvent apporter à des fins scientifiques (une statuette pour décorer ?), mais le tout m'apparaît comme assez banal, et pourtant l'eau du Lac en pareille quantité m'inquiète. N'était-elle pas déclarée toxique jusque là ? Enfin, je pense qu'ils essayent de l'assainir, c'est la seule chose qui me traverse l'esprit.
Mais alors il reste les tables de dissection, le Deck, et les runes qui ne collent pas à pareille pratique.

En tout cas, les nouvelles installions académiques sont tenues aussi secrètes que leurs ouvrages. Personne ne me parle de ce qu'il se passe en bas, mais parfois, quand en sort le nouveau Mage de l'Empire arrivé ici, un certain Loch Legris, (un nom que je trouve très drôle à prononcer) il semble y avoir quelque expression dérangeante sur ses traits.
Loch est un personnage qui se tient en permanence aux côtés de Laurent, avec qui il forme un galant duo d'une excellence scientifique sans précédent, permettez-moi de l'affirmer, les ayant vu discourir au Lunarium à l'ensemble des élèves sur "Les Dangers des Arcanes dans la société moderne". Leurs esprits sont brillants, et leur vie si longue qu'il n'y a nulle chose qu'ils semblent ignorer, pourtant... il semblerait qu'ils aient découvert quelque chose.
Personne ne me dit rien, bien entendu, mais il est si facile de voir sur les traits d'un élève la satisfaction d'un travail bien fait, et celui-ci quelle que soit sa nature, a été réalisé avec la précision et la maîtrise d'un orfèvre.

En tout cas, nul besoin de forcer et de ruiner ma couverture en insistant sur ce qui se trame au Laboratoire des étages inférieurs, je vous livre donc mes faits, et continue ma lettre sur un sujet tout aussi intéressant ; le Lunarium.

Situé sur les berges du Lac se tient ce bâtiment d'"astronomie", une science tout à fait novatrice qui consiste en l'observation des étoiles par le biais d'un cristal géant relié à un systèmes de lunettes grossissantes. En effet, lorsque vous posez vos yeux sur le toit du Lunarium, entièrement recouvert du verre spécial, ce dernier amplifie alors votre regard, décuple votre vision, et vous vous retrouvez dès lors perdu dans l'espace ! "Le Cosmos" comme m'a dit Loch.
Le Cosmos est ce qui nous entour, une sorte d'infini. Je ne puis saisir avec justesse l'étendu de ce terme, mais Legris en est fasciné. Pour le citer, et ce sans difficultés tant les mots m'ont soufflé, voici ses dires alors qu'il se tenait en observation béate face au "Cosmos" ;

"Il y a fort à parier que nous ne soyons que de simples fourmis dans un labyrinthe bien trop grand pour être envisagé, si envisagé il peut être cela dit. Regardez ! Comme les astres brillent en cette nuit... je théorise en ce moment la possibilité que ces brillances soient un reflet sempiternel de ce qui a été... la lumière, comme démontré par les magiciens de cette école, voyageant bien plus vite que la gravité elle-même... oh mais, vous ne devez pas saisir. Sans offense, vous êtes un homme de lettres, et j'ai le plus grand respect pour vous et en conséquent, permettez-moi de reformuler. Je postule que ce qui est au-dessus de nous n'est qu'une illusion, un reflet des choses qui meurent Là-Haut, et que ce qui s'y trame réellement nous est inconnu et ne pourra être perçu que dans des siècles. Permettez-moi également d'appuyer mes dires par les récentes découvertes de l'Académie. Mon éthique professionnelle, et les accords avec mon bien adoré Vicar, m'interdissent de discourir sur ces événements, mais en somme ils résultent en de brillantes excavations menées sous le grand Lac. Là où tombent les étoiles..."

Je ne saurais dire ce qui m'a le plus percuté dans les mots du Haut-Magicien pour que je puisse me remémorer ses paroles avec autant de clarté. Peut-être était-ce qu'en le regardant parler, je le voyais perdu dans l'immensité noire du ciel étoilé, quelque fois traversé par des étoiles filantes, ou alors était-ce son ton passionné et sa diction élégante ? Quoi que ce fut, je garde encore aujourd'hui, au moment de vous rédiger ce rapport, Mon Père, la plus haute admiration pour Loch Legris.
Toutefois, en retranscrivant ses paroles beaucoup de questions me viennent naturellement. Les excavations menées sous le Lac, le temps qu'il prétend illusoire, les découvertes... Tout est bien flou à mes yeux mais sans doute pour les vôtres il en ira différemment.

J'ai également questionné Legris lors de cette épisode a propos du remède au "Mal des Champs", suite à quoi il m'expliqua longuement les avancés dans le traitement, et comme quoi bientôt ils vous enverraient, à vous, Haut Représentant d'Adam en nos terres, des antidotes à l'étrange fléau.

"Cosmiquement" votre, Mon Père et dans la hâte de repartager quelque sang en votre compagnie,

H.P. Luvekrat"



Je prenais une pause suite à la lecture de pareil manuscrit.

Les évènements narrés sont de l'ordre chronologique antérieure aux choses décrites par la Noble Folle dans sa lettre. Mais combien de temps séparaient les deux ? Quoi qu'il en soit, j'avais obtenu une réponse partiel à mes interrogations sur la maladie ; l'Académie et les Champs semblaient déjà traiter avec la Fièvre Lunaire, alors dans ce qui semblait être un stade embryonnaire, sans les effets mortels dépeints par la précédente rédactrice. Une mutation possible ?
Quel immense bourbier semblait être PlagenHust.

Dans l'ensemble, je n'étais pas certaine de vouloir poursuivre ma lecture. Il y avait quelque chose de terrifiant dans tout cela... et bien que je ne puisse distinguer les ombres de ce qu'il se tramait dans cette ville, mon esprit s'adonnait à des pensées bien curieuses dont je me serais volontiers passée.

Ce fut accompagnée d'une coupe de vin que je prenais la deuxième lettre.



"Lettre d'Harold Paarl Luvekrat au même destinataire, le Père Wieldrich.

Père,

Avec tout le respect que je vous dois, qu'avez-vous fait ?! Les exactions de l'église ne peuvent demeurer impunies ! Sans réponse de votre part, je me dois de vous rappeler que j’œuvre avant tout pour Notre Impératrice, et non pour votre Sainteté. Il y a plusieurs points vis à vis desquels je me dois d'exprimer mon plus ferme désaccord avant de poursuivre ce rapport dont une copie sera transmise à Sa Majesté Bazthory :

Premièrement, fermer les portes de PlagenHust aux paysans est un acte hérétique, voire punissable de mise à mort. Que faîtes-vous de vos serments, de vos allégeances aux valeurs d'Adam, premier et Saint Père de tout vampire ?! Ces paysans, avant d'être des Bêta étaient des ouvriers et des personnes de fois que vous condamnez à une mort certaine ! Je suis bien conscient de la délicate tâche qui vous incombe, c'est à dire d'éradiquer une maladie dont vous n'avez que de maigres connaissances et dont la prolifération est abominable,  mais tout de même ! En dépit de l'accroissement et des multiplications des symptômes en une diabolique mutation, il n'est EN RIEN votre responsabilité de veiller sur la ville ! Ce devoir revient aux forces militaire de PlagenHust, dirigé par Le Condottiere Maria Rouge, et non à vous, Père Wilhelm Wieldrich.

Les Académiciens ont peut-être échoué dans la mise au point du sérum, voire aggravé la situation, en toute honnêteté intellectuelle, mais ils redoublent chaque jour d'efforts afin de mettre au point une nouvelle version des ampoules qui vont été livrées dans une noble intention. Sachez cependant que ce qui se passe ici n'est pas non plus exempt de reproches, à commencer par l'isolement de Legris et Vicar dans le Lunarium duquel ils ne sortent presque jamais. (Je soupçonne, d'après quelques déambulations auditives, l'existence d'un tunnel reliant le Lunarium au Laboratoire des étages inférieurs, il se peut donc que les deux dirigeants naviguent sans être vus entre les bâtiments) Cette disparition, datant d'il y a quelques semaines suite à la chute de cette mystérieuse pierre que je n'ai toujours pas vue, fait planer un vent froid et austère sur les couloirs de l'Institut. On parle de sombres choses, de curieuses expériences, et plusieurs étudiants de première année qui n'ont pas non plus accès aux étages inférieurs, relatent avoir aperçu de bien singulières formes errer dans les jardins du Lunarium, désormais scellé et gardé par de redoutables Armagiciens mercenaires.

L'académicien en question affirme avoir aperçu un petit humanoïde, pâle et à la silhouette luisante, tendre les bras en direction de la Lune en un rituel étrange. Il a longtemps érigé ses bras, tandis que le guetteur d'un jour se tenait dans les ombres de la nuit, puis s'est mis à marcher en direction des eaux du Lac sans jamais cesser de regarder la Lune, alors dans son cycle plein.
Une fois parvenu aux berges de l'étendu d'eau, l'être apparu clairement au jeune vampire ; c'était une abomination d'une beauté très singulière. Son crâne était démesuré, telle une excroissance de type encéphale mais à une apogée totale, et ses membres, longs et fins, rendaient son petit corps maigrelet encore plus ridicule.
En soi, la créature n'était pas "abominable", mais plutôt... a-t-il dit et je cite ; "étranger". Il lui semblait que la chose en question agissait en toute conscience d'âme, et se livrait à une routine de sacerdote qui pouvait être comparée à celle de nos religieux. Je ne fais que citer, loin de moi l'idée de vous associer à pareille description.

Que se passe-t-il dans ce Lunarium ?! Je ne crois pas l'élève fou, comme le décrivent certains professeurs et chercheurs, pas l'espace d'un instant son attitude ou regard n'a laissé perler l'ombre d'un mensonge. Et pourtant, son récit est invraisemblable.

Lorsque je lui ai demandé ce qui est arrivé ensuite, il m'avoua avec une gêne à peine dissimulée avoir oublié. Tout simplement. Il s'était réveillé dans son lit, trempé et fiévreux.
Depuis, il semble être un brin absent, et il est vrai que quelques fois, alors que je l'observe au loin (surtout le soir) je peux admirer son faciès se teinter d'un livide tissu et ses iris se dilatent alors qu'il lève les yeux sur la Lune.

J'ai bien sur cherché à contacter d'urgence Sir Laurent Vicar et/ou Legris en inventant toutes les excuses dans le spectre du possible et du crédible, mais à chaque fois les Armagiciens me toisent d'un regard étrange en m'expliquant que les ordres sont les ordres.
Je demande donc une permission d'autorité supérieure (un sceau royal, ou un laisser-passer) afin de pouvoir avoir le fin mot sur cette histoire, je n'ai pas signé pour être au cœur d'une intrigue qui semble dépasser le domaine de mes connaissances, et je dois avouer craindre pour ma personne.

Dans les jours qui suivent aura lieu la Profession de foi à la Tour Astrale à laquelle les Académiciens se préparent (pour ceux qui ne sont pas enfermés au Lunarium et dans les bas-étages, bien entendu) et je pourrais alors vous rencontrer, Mon Père, afin que nous résolvions certaines affaires qui ne peuvent décemment être repoussées.

En ce qui concerne le cailloux tombé dans le lac, il y a de cela quatre nuits, j'ai pu par chance, alors que je marchais avec un étudiant avec qui je dissertais métaphysique, admirer l'évènement. Alors que la nuit, silencieuse et presque poétique, ne déversait sur le monde un pâle rayon lunaire, un éclair a alors déchiré le ciel. (L'avez-vous vu ?)
Des étoiles se sont mises à briller si intensément que l'on aurait pu croire à la fin des temps alors que le vent hurlait de lourdes menaces à toute oreille intrusive ! Et de la Lune, de cette belle et élégante courbe céleste, a été projeté un rayon.
Dans ce rayon se trouvait la Pierre, j'en suis certain. Toutefois, malgré ma relative proximité au Lac, je n'ai eu qu'un vague instant de contemplation de l'objet en lui-même tant la mise en scène baroque m'a distrait. Mais ne perdant pas le nord, je fonçais en sa direction, ignorant les inquiétudes de mon ami, et voyait sa chute lente, quasi divine, dans une queue blanche et lactée.

Ô sa forme était majestueuse et grandiose ; une boule légèrement ovale, parsemée de trous fut tout ce que je pus voir avant que l'on ne me rattrape.
A y repenser, je suis heureux de ne pas avoir été jusqu'à nager pour me saisir de la chose.

Lorsqu'elle tomba dans l'eau du Lac, il y eut une détonation d'une telle fureur que même à plusieurs mètres de distances, nous fûmes projetés au sol et éclaboussés de vagues d'assez belle taille. Ensuite, et avec une fascination toujours entière, je restais jusqu'à ce que les Mercenaires ne fassent leur première apparition et m'emmène à l'infirmerie pour me faire observer suite à ce curieux épisode.
J'eus le temps d'entendre la voix de Vicar dans la nuit. Il riait je crois, à moins que ce ne fut de vifs sanglots qui me parvinrent... et pire encore, je crois avoir capté le mot "échec" dans ce qu'il avança à ses chercheurs d'ores et déjà en scaphandres et barques.

Le reste fut hors de ma portée d'observation, mais le lendemain, alors que j'allais en fin d'après-midi sur les berges du Lac, je constata avec stupeur qu'aucun arbre ou buisson ne présentait de dégâts visibles. Encore une fois, c'est inconcevable étant donnée la puissance de la chute de la pierre. Encore un détail à expliquer...
Ma tête me renvoi des maux atroces depuis quelques nuits, ceci dit... je crains que la projection ne me fut douloureuse.

La Pierre vous sera livrée si j'ai bien compris, lors de la Profession de foi ? Pourrais-je l'examiner ?

L'expression de mes sincères respects, et en l'attente de vous retrouver
H.P. Luvekrat."


Je buvais une nouvelle rasade et tournait avec un léger tremblement la lettre, pour en découvrir la dernière reliure ; un morceau de parchemin raturé et à l'écriture si différente qu'il ne me fut difficile à croire qu'il s'agissait du même auteur. Et pourtant...
N'arrivant à réfléchir, je bondissait sur la suite sans me préoccuper du reste, en me servant un énième verre.



"Dernière lettre au Père Wieldrich par Harold Paarl Luvekrat,

Traître. Traître, enfant de catin ! Vous saviez ! Vous saviez tout ! Vous et cette damnée de Barzthory !

Quel idiot je fais ! Si ignorant, si aveuglé par une lueur dont j'étais bien trop proche tout ce temps ! Tout fait sens ! JE VOIS TOUT !
MES YEUX SONT OUVERTS !

Vous qui lisez ces lignes, sombre chien ayant bu le Sang qui n'était pas celui d'Adam, vous condamnez toute votre pitoyable culte dans ce geste ! Toutes vos maisons brûlerons, tous vos hommes se changeront en monstres ! Ô comme le prix à payer pour la quête de pouvoir est grand, n'est-il pas ?! N'EST-IL PAS ?!
Autant de points que je n'arrivais pas à relier... et pourtant... c'est si simplement incohérent que s'en devient limpide ! Par le Lac et l'Académie, je vous maudis tous ! Vicar, Legris, Barzthory et surtout vous Wieldrich vous goûterez à votre propre remède tandis que mes yeux se teinteront du doux rouge de la vengeance !

Mais suis-je impoli ! Voici mon rapport au rejeton bâtard que vous êtes ;
Je suis entré dans le Lunarium balayé par le courroux des faux Dieux, il y avait là-bas une plantation de fleurs lunaires, vous savez, ce sont comme des tournesols, sauf qu'ils se tournent en direction de la lune ! Elles ont une couleur si... Sanguine... si... extatiquement palpables ! AHAHAHAHAH ! Le miroir déformant du plafond, donnant sur l'univers et le "Cosmos" m'enivrait de ses visions prophétiques dans un mélodrame curieusement alléchant de déception et de destruction totale. Je voyais les émissaires de la Lune arriver.

Ils viennent, Père Vers, Ils viennent pour vous ! Et pour les Académiciens ayant joué avec le feu de Prométhée jusqu'à endosser le rôle du voleur de feu lui-même ! Et pour les habitants passifs de cette ville ! Et pour les pécheurs ! Et pour TOUT LE MONDE !
La grande étendue astrale m'a montré ce qui allait vous arriver ! Ô la terrible chute d'une cité prospère est l'un des fruits les plus juteux qu'il m'a été interdit de manger ! Ô les pierres pleuvront sur vos têtes dans lesquelles naîtront les Yeux !
C'est Lui qui me l'a dit, celui-là même qui est amoureux de Notre véritable Reine ! La Reine du Noirsang vis, et elle a terriblement faim !

Alors priez, mettez-vous à genoux et sucez le savoir des Astres car dans l'ouverture de vos yeux réside la seule solution à votre inextricable condition. Sucez le Sang que vous avez engendré, donnant à Adam un prétexte de déchaîner l'univers entier sur votre sort ! VOUS ÊTES COUPABLES DE TOUT CECI !
Ah, comme le Maux des Champs était une terminologie de tout humour pour désigner ce que vous connaissiez depuis... depuis... depuis l'aube de la Lune n'est-il pas ?

Vous ne me trompez plus, car mes yeux sont ouverts.

Maintenant et à tout jamais, je suis un fils de la Lune. Maintenant et à tout jamais, je suis un fils de la Lune. Maintenant et à tout jamais, je suis un fils de la Lune. Maintenant et à tout jamais, je suis un fils de la Lune. Maintenant et à tout jamais, je suis...
Je deviendrais...
La Lune !

H.P Lunekrat"


Alors que je terminais de lire ces missives, je devenais blême, et l'alcool n'aidait pas à ma surprise. Les temps se rejoignaient finalement et concordaient en cette fin de lettre, mais rien de tout ceci ne faisait sens.

Il me fallait envoyer au plus vite une copie de ces documents à Kastalinn, et à Stellarae. Il fallait que d'autres ne se penchent sur l'affaire, et qui sait, peut-être aurais-je droit à un témoignage ? Après tout, si ces écrits arrivent à se retrouver de nos jours, il n'était pas impossible que quelques habitants de PlagenHust ne vivent encore ? Le problème de ces ouvrages étant qu'il me demeurait impossible de savoir à quelle étendue s'appliquaient la maladie lunaire, il se pouvait très bien que personne ne me réponde, où que de fumeux charlatans ne soient ma seule découverte, mais je sens que quelques déductions peuvent s'obtenir de ces lignes, en croisant les lettres de la Folle et de Lu(n)vekrat.
Mais je suis bien trop atterrée, et le vin n'aidant pas, je préfère aller me reposer après ces lectures morbides plutôt que de méditer fatiguée. Après tout, il était dangereux de supputer, mais encore plus de ne point reposer son esprit. Je n'ai pas envie que mes yeux ne s'ouvrent.


Sceaux déverrouillés : 2/3. Plus qu'un avant l'ouverture du coffre irisé.
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[Officiel]PlagenHust, Siège du Cauchemar - Tome II

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