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 [Personnel]Un Message de regret comme dernier vol

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MessageSujet: [Personnel]Un Message de regret comme dernier vol   Sam 14 Déc 2013 - 18:49

Cette histoire se passe à Dùralas, plus précisément, elle parle d'un Humain, ou de préférence, une Humaine. C'était une adolescente de 17 ans, élancée, pas spécialement des plus belles, mais jolie tout de même. Elle avait de courts cheveux noirs et lisses qui dépassaient à peine ses épaules, doux au toucher, libres en permanence. Une frange couvrait une partie de son visage blanc et pâle, dont ses grands yeux gris acier entourés de longs cils noirs. Ah, j'oubliais : elle se nommait Evan Rozenblack. Cette jeune fille habitait à Stellaraë depuis sa naissance et n'en était jamais sortie, malgré son grand désir de franchir les grandes portes. Cette Humaine n'avait pas d'amis ; non, trop encombrants, de plus, elle avait appris à ne donner sa confiance à personne. Pas de parents, pas de famille de toute la ville, et encore moins dans les autres villes, vous auriez deviné qu'Evan n'avait pas de maison. Enfin si. Enfin, pas exactement. Elle vivait dans une maison abandonnée, au fin fond de la ville, sans lumière et sale. Evan était une orpheline. Comment ? Pourquoi ? Elle ne pouvait répondre à ces questions, d'ailleurs, elle s'intéressait très peu, si pas du tout aux réponses.
Au moment même où je parle, la jeune adolescente rentrait justement dans son "manoir". Car c'était tout de même une maison de 3 étages, sa seule richesse. Comme on dit, il n'y a que les mendiants qui puissent compter leurs richesses. Evan en faisait partie. Elle fit le tour de la maison et entra à l'intérieur par un trou bien caché dans le mur. Puis, elle lança un sac en tissu sur la vieille table poussiéreuse dans la pièce en soupirant. La journée avait été dure ! Le contenu roula jusqu'à tomber sur le sol couvert d'au moins 5 centimètres de poussière. Des pommes. Volées, bien évidemment. C'est comme cela qu'Evan survivait.
Elle était devenue un maître dans ce domaine. Seulement, les jours de marché étaient plus faciles pour dérober les objets et la nourriture sans se faire voir.
Malgré le fait qu'elle soit une voleuse, pauvre et orpheline, Evan avait toujours été d'un égoïsme monstre, accompagné d'un orgueil démesuré. Aider ne faisait pas partie de son vocabulaire, alors imaginez pour le mot "générosité". Chacun pour soi. Les plus faibles mourront, tandis que les plus forts lutteront pour survivre.
L'adolescente se laissa tomber dans le vieux canapé, retira de la poche de son vieux pantalon un paquet de cigarette, en alluma une avec le briquet venant de l'autre poche et ferma les yeux tout en la fumant.
Elle enviait tout de même les riches ; ils avaient tout ce qu'ils voulaient en un claquement de doigts ! Si seulement elle aurait pu avoir tout cela... Sa vie à elle aurait pu être tellement plus simple ! Mais non, personne ne s'occupait d'elle, personne ne s'était jamais intéressé à elle _ à part les habituels pervers que l'on rencontre partout _. Ce sera toujours comme ça.
Evan se leva, prit deux pommes et ressortit par le trou dans le mur. Naturellement, elle n'avait pas survécu toute ces années en volant uniquement des pommes. Elle aimait bien rendre des services de temps en temps, pour faire plaisir aux autres, et à elle en même temps. Parce que rien ne la rendait plus heureuse que l'argent. Evan était mercenaire également, elle volait pour les autres, en échange d'une ou deux bourses pleines de pièces d'or. La jeune fille n'était peut-être pas célèbre dans le monde cruel, pauvre et difficile, mais c'en était tout autrement dans le vaste monde impitoyable des crimes et autres. Je dirai même plus, Evan était crainte !
Elle entra dans une taverne aux allures lugubres, puis, après un échange de regard avec le portier qui avait ouvert une brèche dans la porte en métal, il la laissa entrer. Et c'est dans une série d'applaudissements qu'elle fut accueillie, lui arrachant un sourire de coin. C'était vraiment le maximum qu'elle pouvait faire. Elle alla s'asseoir dans un coin sombre de la pièce, seule, et se fit rapidement oublier. Enfin, pas vraiment oubliée, parce qu'après les gens évitaient de trop s'approcher de ce coin là, question de sécurité, voyez-vous ? Une chose surprenante arriva cependant : une personne vint intentionnellement vers sa table ! Était-il fou ? Apparemment non, il semblait bien savoir ce qu'il faisait. Il s'assit sans la permission de la jeune femme, échangea quelques mots avec elle, puis se leva, suivit d'elle-même.



Après de longues minutes de marches, l'homme mystérieux mena Evan dans une bouche d'égouts réputés pour être habités par des monstres, des fantômes et autres légendes de ce genre. Balivernes. Juste des histoires pour effrayer le peuple et le maintenir éloigné de cet endroit. A part si on considérait les centaines d'hommes et rares femmes qui se trouvaient là-bas comme des bêtes. Là se réunissait toute une société criminelle, surnommée les Ombres. C'était la plus active de la ville, celle qui réussissait aussi la majorité des plans. Ces derniers consistaient à l'assassinat, l'enlèvement, les menaces, la séquestration, l'esclavage, la torture, l'empoisonnement et j'en passe. Mais le motif de la visite d'Evan n'est pas dans cette liste n'est-ce-pas ? Le vol fait aussi partie de leur liste de crimes, mais pas une de leur spécialités. Pour cela, ils ont besoins d'autres voleurs. Et ça, c'était la raison de la venue de notre voleuse. Evan du se faufiler à travers plusieurs galeries, ne me demandez pas comment elle faisait savoir laquelle menait où. En fait, personne ne faisait vraiment attention à elle, tout le monde était occupé avec autre chose. Mais pour voir la personne qu'elle allait voir, elle ne passerait sûrement pas inaperçue. Elle arriva enfin devant deux portes en bois et au verrou de fer. Il lui suffit de faire un pas dans sa direction, un seul pas, qu'une la lame d'une épée moyenne de taille vint lui frôler la gorge.
- Identité et intention !
Deux exigences, simples, directes et accompagnées d'une lame fine au cou. Parfaite compréhension. L'épée était tenue par un gros-bras, sûrement un intégrant des Ombres.
- Rozenblack. Maître des Ombres.
- Laisse-la entrer ! brailla quelqu'un derrière la porte.
L'armoire à glace retira la lame de la gorge d'Evan. Cette dernière ouvrit la porte et pénétra dans la salle, uniquement éclairée par une faible lampe qui diminuait beaucoup sa vue, mais ne l'empêchait pas d'apercevoir un homme assis derrière une vieille table en bois. Un autre homme dont elle ne connaissait pas l'identité se trouvait debout dans un coin au fond de la pièce. Sans un seul échange de mot, l'adolescente s'assit à son aise sur une des deux chaises en face de l'homme, le "Maître des Ombres", comme il insistait qu'on l'appelle. Celui-ci avait le visage peint d'arabesques rouges avec un œil blanc dessiné sur le milieu de son front. Ridicule.
Une demi-minute se passa en silence. De longues secondes. Enfin, celui debout dans l'ombre prit la parole.
- Rozenblack ?
Pas de réponse. Il dut prendre ça pour un "oui", car il continua :
- Tu as emmené ?
Evan acquiesça sans rien dire ; elle ne se donna même pas la peine de dire un mot, d'ailleurs, dans les endroits de ce genre, on préférait les gens comme ça, puisque les plus utiles étaient ceux qui ne parlaient pas beaucoup, qui passaient inaperçus et exécutaient les ordres sans discuter. L'adolescente mit la main dans sa veste, la sortit et mit le contenu sur la table. Un diamant.
Il s'approcha et s'en empara.
- Hmm, bien petite. Difficile ?
- Un peu. Des chiens un peu partout, avec le chaos qu'il y avait dehors, les gardes se trouvaient dans tous les coins, mais la sécurité était moins efficace.
- Eh, ce n'est pas le diamant du Musée des Pierres ? réagit enfin le Maître des Ombres.
Evan ignora la question. Ah, elle trouvait que le surnom "Maître des Ombres" était la chose la plus ridicule qu'elle avait déjà entendu de sa vie. Elle se sentirait pathétique si elle faisait attention à un homme habillé de noir et avec la figure peinte, en plus d'avoir un gigantesque œil blanc dessiné.
- Bon travail. La prochaine sera peut-être un peu plus difficile. Un problème ?
- Je remercie pour mettre un peu de piquant dans les choses. Je commençais à penser que ma vie ne serait que de la routine.
Elle dit ceci, déclenchant un rire vibrant et sinistre qui retentit sûrement dans tout le sous-terrain. Cet homme en fait, était James Crochet, le pirate le plus redouter des mers. Evan lui avait déjà rendu service quelques fois, sans compter celle-là.
- Présomptueuse, n'est-ce-pas, gamine ? dit le Maître des Ombres, qui tentait un dialogue.
- Qu'est-ce-qu'il y a, bouffon ?
- C... Comment tu oses ? s'exclama celui-ci en se levant, nerveux.
- Eh, l'Ombre, assieds-toi ! dit calmement l'autre homme. Je t'ai déjà dit que ton déguisement ne le ferait pas, mais…
L'Ombre se rassit, irrité. C'était une chose de faire l'homme devant une adolescente impertinente ; c'en était une autre de le faire avec cet homme, qu'il craignait apparemment. Le gros-bras de tout à l'heure s'avança derrière Evan. Celle-ci, tout en regardant devant elle, manipula son poignard pour le placer tout juste entre l'assaillant et elle. Lui, qui venait en courant, s'arrêta brusquement en voyant la position du couteau. En un coup, plus petit qu'il soit, ou un seul pas en avant, et ses organes génitaux passaient dans la lame de la jeune fille. Coup bas ? Bien, en fait, c'était bien cela, l'idée. L'armoire à glace n'osa pas faire un seul geste, puisque s'il le faisait, Evan aussi en ferait un, et il passerait le reste de sa vie à parler avec une voix aigüe.
- Alors, c'est quoi la prochaine ? dit-elle comme si de rien n'était.
- Ah, oui. Tiens.
Il lui donna un parchemin, qu'elle déplia et lut avec une seule main.
- Ah, pour quand ?
- Le plus rapidement possible, conclut-il en prenant un gobelet de vin sur la table.
- C'est ok.
Elle se tourna vers le géant derrière elle, le poignard toujours à la même place.
- Et toi, tu me regardes pourquoi ? J'ai la face peinte par hasard ?
Crochet, involontairement, recracha tout le contenu de sa bouche en éclatant de rire. Il jeta un coup d'œil au Maître des Ombres et fit un signe, comme pour s'excuser de ne pas pouvoir se retenir.



Tous les pièges étaient désactivés. Tous les cadenas, ouverts. Et tous les gardes, semés.
Plus rien n'empêchait Evan Rozenblack d'ouvrir la dernière salle dans le manoir de riches corrompus, qui négociaient justement avec les Ombres sur la vente d'objets et substances interdits. Evan n'était aucunement une héroïne qui volait des riches pour donner aux pauvres, comme le célèbre Robin des Forêts ; c'était plus une voleuse qui volait pour elle-même, et seulement parce que chez les pauvres, il n'y avait rien à voler. Non, non, je ne me contredis pas, elle vole bien pour elle-même, car voler pour James Crochet est l'équivalent de voler pour survivre.
Le local était la maison du vice-maire. La porte déverrouillée devant elle, la dernière, elle l'espérait, donnait accès au bureau de celui-ci. Dedans se trouvait le collier de 100 perles d'une curieuse matière, considéré comme un des bijoux les plus chers du monde, exactement parce qu'elle était unique, sans répliques, ou du moins, pas de varies, et parce qu'il était réputé de posséder un pouvoir magique de 100 vies. Evan ouvrit la porte et entra dans la pièce. C'était sombre, la seule source de luminosité était la lune argentée sont les rayons passaient par la fenêtre. Evan sut d'office qu'elle n'aurait pas à désactiver d'autres pièges, ni même chercher l'objet, ce qui était surprenant. Avait-elle le don de du 6e sens ? Non, elle avait juste remarqué qu'elle n'aurait besoin de rien faire, car quelqu'un l'avait déjà fait.
Un homme.
Il vêtait des habits noirs, comme elle, sauf que les siens étaient collés contre son corps, pas lui. Cet homme avait la peau pale, aussi blanc qu'un Vampire, des cheveux lisses, noirs et coupés assez au hasard, ce qui lui faisait une coupe moyenne, avec une frange en bataille, lui donnant un certain charme. Sûrement 17, ou 18 ans.
La distance du coffret de bois au-dessus de la table entre Evan et l'autre adolescent, lui aussi surpris par l'entrée de cette dernière, était semblable. Tellement, que les deux individus se mirent à marcher calmement, synchroniquement. Ils s'arrêtèrent tout les deux, l'une devant, l'autre derrière le coffret entre eux.
- Ok, dit Evan. Pour qui tu travaille ? Les Fantômes ?
La société des Fantômes était une autre communauté criminelle, qui, contrairement à celle des Ombres, était en faillite, presque disparue, résultat de l'échec de tant de missions.
- Est-ce-que, par hasard, j'ai la tête d'un fantôme ? répliqua-t-il, les mains dans les poches de sa veste qu'il portait, un sourire ironique au visage.
- Le pire, c'est que tu l'as...
- Tu me traites de blanc-bec ?
- Bon, ce n'est pas ce que je voulais dire, mais-...
- Ok, si j'ai la tête d'un Fantôme, alors tu dois être une Ombre, n'est-ce-pas ?
- Est-ce-que, par hasard, j'ai la tête d'une Ombre ?
- Le pire, c'est que tu l'as..., répondit-il en souriant, transformant cette situation absurde en une situation encore plus absurde.
Evan retira la capuche noire qu'elle avait sur la tête, qui cachait son visage.
- Ah ! s'exclama le jeune homme. Tu as plus une tête de Fantôme, maintenant.
Il passa une main dans ses cheveux.
- Bon, j'admire le fait que tu sois arrivée jusqu'ici. Maintenant, ne le prends pas mal, c'est pas personnel, mais je dois emmener le contenu de ce coffret.
- Je pense que ce ne sera pas possible...
En fait, en vrai, il lui était impossible, ou mieux, ça ne lui passait même pas par la tête de revoir le Capitaine Crochet sans ce qu'il lui avait demandé.
- Petite, tu parles fermement. Mais tu devras être plus rapide et meilleure que moi dans ça. Et, puis... Bon. Personne n'est meilleur que moi.
- On va voir ça, conclut Evan, prenant le défi.
Les adolescents mirent chacun une main sur le coffret. Le jeune garçon déverrouilla le coffret. La jeune fille le lui avait permit. Leur regard se croisèrent.
Et un. Et deux. Et trois.



Evan ouvrit la boîte, et, à peine ceci fait, elle avait déjà frappé le couvercle du coffre, manquant d'écraser les doigts du jeune, qui les avait retiré rapidement par pur réflexe !
- Idiote ! Mes doigts...
- Mon garçon, grandis d'abord avant de venir jouer avec les plus grands, dit Evan en se retournant pour partir.
- T'as abandonné n'est-ce-pas ?
Le jeune homme avait dit ça en tressaillant un peu, encore sous le choc d'avoir presque perdu ses doigts.
- Pour moi, c'est une sage décision.
Evan s'arrêta, se tourna vers lui avec un air ennuyé et cynique :
- C'est d'accord, gamin. Vas-y, j'ai envie de voir ta tête après. Ouvre.
L'interpellé frémit. Cela, parce que la fille devant lui parlait avec une conviction impressionnante. Lui-même savait qu'il était impossible qu'elle ait réussi à prendre le joyau dans cet espace minime de temps qu'il avait ouvert, et qu'elle même avait fermé en broyant presque ses doigts. Et, nous dirions même plus, sans qu'il ne l'ait vu ! C'était impossible. Ça ne pouvait être qu'impossible.
Il ouvrit le coffret, fébrile.
Et il découvrit que l'impossible n'existait pas.



- Satisfait ?
- Tu me prends pour un crétin, n'est-ce-pas ? C'est évident que le coffret était déjà vide, et tu le sais. Tu es en train de partir les mains vides, aussi bien que moi.
C'était peut-être un bluff, mais la provocation avait fonctionné.
- Ah, oui, bien sûr. Et ça…, dit Evan en tirant de sa poche un magnifique collier de 100 perles. Ça ne peut être qu'une invention de ma tête.
- Merci beaucoup de me le donner avec autant de bonne volonté, Mademoiselle. Vous savez qu'il faut rendre aux gens ce qui ne vous appartient pas...
Evan Rozenblack ne comprit pas ce qu'il voulait dire. Elle se trouvait à quelques mètres de lui, avec leur désir dans sa main droite, levé au-dessus d'elle ; c'était impossible que le jeune homme arrive à s'approcher d'elle et prendre le collier, même si c'était la personne la plus rapide au monde.
Ce serait impossible.
Sur ce, il étira le bras droit dans sa direction, ouvrit la main, et... Tout changea. Le bijou... Il... Il partit en s'envolant, comme s'il avait reçu le droit de choisir à qui il voulait être. Et, de la main d'Evan, il lévita jusqu'aux mains de l'autre voleur.
Et elle découvrit que l'impossible n'existait pas.



- SORCIER !
Une main tenta d'attraper la veste du voleur, mais rata.
Le jeune homme sourit en entendant les vociférations de la jeune femme. Il avait profité de la surprise d'Evan pour filé à côté d'elle, sans qu'elle esquisse le moindre geste, et sortir par l'unique porte du bureau.
La pauvre voleuse mit du temps à réagir. Pour elle, ce qui venait d'arriver était de vraie et pure sorcellerie, le plus proche qu'elle eut jamais vu. Et là s'en allait le voleur. Evan, aussi rapide, partit avec la grâce de la dame d'elle était, derrière lui. Elle s'attendait presque à ce qu'il se transforme en chat noir et disparaisse à jamais. Mais Evan pouvait le retarder. Dans sa veste, elle gardait quelques lames de réserve pour ce genre de situation.



Le "sorcier" se trouvait sur le bord d'une fenêtre ouverte. Devant lui, Evan Rozenblack, le regard dur, le souffle coupé. Derrière lui, le vide total.
- Je crois que c'est le moment de se quitter, mignonne !
- D'accord ! N'oublie pas de te frapper la tête là en-bas !
Evan avait toutes les conditions d'attaquer, la vue était parfaite, elle n'aurait qu'à effectuer un simple geste, mais ne le fit pas, déclenchant des suspicions en lui. Au lieu de s'enfuir en sautant en arrière, il regarda la main gauche de son adversaire. Un collier de 100 perles s'y trouvait, le même qui devait se trouver avec lui, dans la poche de sa veste !
- Mais, elle est quoi cette fille ? se demanda-t-il silencieusement.
Il dit alors à voix haute :
- Tu as quelque qui ne t'appartiens pas !
- Ouais, c'était ça l'idée…
- Bon, ça, jusqu'à ce que le propriétaire arrive, ce qui devrait arriver dans… 17 secondes.
- Ne commence pas, je sais que c'est un bluff ! Je ne tomberai pas dans celui-là, gamin.
- Nan, ne me dis pas que tu ne l'entends pas ? Attention, plus que 13 secondes...
Evan voulait regarder derrière elle. Si ce n'était pas un bluff du jeune homme, si c'était vrai, alors le vice-maire apparaitrait juste derrière elle. L'adolescente en avait des sueurs froides, rien que d'y penser. Mais elle ne pouvait pas quitter le sorcier des yeux, sinon il lui reprendrait le collier des mains avec sa magie. Ne pas...
La porte derrière elle s'ouvrit.
Elle sentit quelqu'un la tirer vers l'avant, puis tomber vers le vide.



Evan ouvrit les yeux. Elle se trouvait dans une maison _ il faisait jour, c'était à noter _. Elle reconnaissait... Chez elle ? Elle s'assit et regarda autour d'elle. Ses yeux se posèrent automatiquement sur… Le voleur de la nuit, assis sur le rebord d'une fenêtre, observant dehors. Elle se mit dans la seconde suivant en position de combat, chercha ses couteaux mais ne les trouva pas. En fait, elle n'avait plus sa veste. Le "sorcier" remarqua qu'elle était réveillée et sourit. Il se leva, prit la veste qui appartenait à l'adolescente et la lui jeta dans la figure.
- Je m'appelle Soren.
Un silence s'installa entre les deux, gênant et perturbateur à la fois.
- Tu... Vas mieux, Evan ? On a fait un saut plutôt géant, la nuit dernière.
- Pourquoi tu m'as tirée ? Où est le collier ?
- Il est en lieu sûr. Pour ce qui est de toi, je me suis dit... Enfin... Tu es une voleuse professionnelle, ça, il n'y a pas de doute.
- Et ? A part le fait que tu sois un sorcier ?
- MAGE. Je suis un mage. Un don comme le tien ne se perd pas comme ça. Tu es très douée, rusée, rapide et intelligente, combien de personnes voudraient avoir tout ça ?
- Euh... Bah, merci.
La situation devenait de plus en plus gênante. Non seulement Soren venait de parler trop vite, mais Evan n'avait pas l'habitude de recevoir autant d'éloge en un coup ; on pouvait très bien voir la rougeur qui apparaissait sur plus de la moitié de son visage. Celui de Soren aussi. Le cerveau de la jeune fille perçu un défaut dans tout ça.
- Comment tu connais mon prénom ?!
- Hein ? Ton... Quoi ?
- Tu m'as appelée Evan. Je ne me suis même pas présentée.
- Ah... Je crois que je te dois quelques explications.
- Je pense aussi.



Ca ne se pouvait pas. Non, impossible. Soren ne pouvait pas être son frère jumeau ! Pourtant, tout se raccrochait : leur ressemblance physique, leur rapidité et agilité similaires… Leur date de naissance.
Mais alors, pourquoi Soren la connaissait-il et pas elle ? Simple. Monsieur était un mage, donc ressentait les liens. Pas elle. Il avait passé pratiquement sa vie à la suivre, le protéger quand il fallait, lui donner un coup de main… Tout cela, sans qu'elle s'en aperçoive. Ou presque. Il lui était arrivé _ à Evan _ se sentir un regard posé trop longtemps sur elle ; un sens que les voleurs développaient avec le temps.
Evan Rozenblack avait donc... Un frère ?
Evan se leva, enfila sa veste et se dirigea vers la sortie. Soren s'élança derrière elle.
- Eh ! Où tu vas ?
- Prendre l'air. Je ne te connais pas, je ne t'ai jamais vu. D'un coup, tu débarques de je-ne-sais-où en me disant que tu es mon frère ? J'ai toujours vécu toute seule. Pourquoi n'es-tu jamais venu me voir, rester avec moi, quand j'en avais besoin ?
- Je-...
- Je ne veux pas le savoir. Je ne veux plus le savoir. Continue ta vie, je continue la mienne, sans rancunes, on ne s'est jamais vu, tu n'es pas mon frère, je ne suis pas ta sœur. Oublie-moi.
- Juste pour que tu saches...
- Au fait, ou se trouve le collier ?
- C'est ce que j'allais dire. Le collier... Est brisé.
Ces mots là frappèrent Evan comme jamais elle n'avait été frappée. Le collier aux 100 perles. Le collier que le Capitaine James Crochet lui avait ordonné de chercher était… Cassé ? Abîmé ? Elle voyait déjà la mort venir la chercher.
Avant qu'il ne s'en rende compte, Soren Rozenblack était contre le mur, tenu par le col de sa chemise par sa sœur, furieuse.
- COMMENT ÇA, BRISÉ ?? Comment tu as pu laisser une chose pareille arriver ??!
- Je te l'ai dit, je suis ton gardien, je te protège toi, pas un fichu collier-…
- Me sauver ? ME SAUVER ?? Tu viens de déclarer ma mort en laissant ce bijou se casser ! Crochet va m'achever sur le champ rien qu'en voyant que je n'ai pas son collier !
- Calme-toi ! On va trouver une solution !
- Non, il n'y en a pas ! Je vais crever !
- N-...
- Sors d'ici ! Je ne veux plus te voir !
Soren ne se le fit pas dire deux fois. Le jeune homme se dirigea vers le trou dans le mur _ la "porte" d'entrée-sortie, apparemment _ avec un air triste sur le visage. Avant de passer, il jeta un dernier coup d'œil à sa jumelle, qui lui tournait le dos. Il soupira et disparut.
Pour Evan, il ne restait plus qu'à attendre la nuit. Ses heures étaient comptées.



Evan était tranquillement assise devant la moitié de miroir, dans l'obscurité. Ce n'était qu'une question de minutes. D'un instant à l'autre, un envoyé de Crochet viendrait la voir, sur ordre de la tuer. Elle laissa échapper un long soupir en se frottant de visage de ses mains.
Elle sentit une lame se poser sur sa gorge, et une voix familière lui susurra dans l'oreille :
- Comme on se retrouve, gamine...



Evan était épuisée. Malgré tout ses efforts, elle n'avait pu se défendre du Maître des Ombres, semblablement, l'envoyé de Crochet. C'était donc ce bouffon qui allait l'achever ? Pathétique. Elle aurait préféré mourir dans sa chute la nuit d'avant, ou alors croupir en prison pour tentative de vol d'un des bijoux les plus chers du monde.
- Alors, on fait moins sa maligne, hein ?
L'assassin se tenait devant Evan, un poignard dans chaque main. La fille, elle, était assise contre le mur, couverte de blessures ouvertes par les couteaux de son agresseur. Ce ne serait pourtant pas dur de l'éliminer, mais s'il ne la tuait pas, si elle le tuait plutôt, d'autres homes viendraient dans le même but, et cela, jusqu'à ce qu'elle meure enfin. Autant en finir maintenant. Le Maître des Ombres tira une épée de sa cape et la leva bien haut. Evan fixa des yeux la belle lame, puis, au moment où elle commença sa chute, elle ferma les yeux, attendant le choc.
Qui ne vint pas.
La jeune fille ouvrit les yeux et vit Soren Rozenblack se tenir accroupi devant elle, un bouclier en bois tenu dans le dos, où s'était l'arme du Maître des Ombres.
- Contente de me revoir ?



Soren et l'individu au visage peint menait une danse où valsaient couteaux et coups de poing, accompagnés de coups bas et provocations verbales. Evan, trop fatiguée de sa précédente lutte, se contentait de regarder, assise à la même place. C'était incroyable comme un combat vu de loin pouvait vous sembler aussi rapide.
Le Maître des Ombres avait beau être un assassin d'expérience, Soren, mage qu'il était, l'envoya basculer dans un coin de la salle avec deux coups bien placés. Il ne bougeait plus. Ensuite, il se tourna vers sa sœur, qui sursauta légèrement en le voyant couvert de sang.
- Ah, je t'ai effrayée. Désolé.
Il passa à nouveau une main dans ses cheveux. Ça lui donnait définitivement un charme total.
- Il vaut mieux qu'on s'en aille.
Il tira la fille et l'emmena vers la fenêtre menant à la rue déserte. Le saut n'était rien, aussitôt, aussitôt fait. Il leur suffit de faire un pas, un seul pas en avant, que des hommes sortirent de leur cachette, armes brandies, visage dur.
Il fallait fuir.
Encore une fois, les deux adolescents reprirent leur course, sauf qu'ils étaient du même côté à présent.
Seulement, ils savaient une chose : ils ne pourraient pas fuir longtemps ; ils étaient trop fatigués. Ils allaient mourir de toutes les manières…
Soren mena Evan dans un labyrinthe de ruelles, sûrement dans le but de semer leurs attaquants. Puis, ils se faufilèrent dans une maison en sautant par une fenêtre.
- Enlève tes habits, dit le jeune homme en enlevant les siens, sous les yeux d'Evan, qui rougissait à vue d'œil.
- Hein ?!
- On va échanger nos vêtements, allez, fais vite.
Evan s'exécuta sans un mot de plus, mais curieuse tout de même. Une fois l'échange effectué, Soren détacha ses cheveux en se regardant dans un miroir. On aurait dit la sœur jumelle d'Evan. Et cette dernière commençait à comprendre.
- Attends… Non ! Je ne-...
- Je suis ton gardien, Evan. Si tu aimes quelque chose, protège-le, même si tu dois y mettre ta vie pour ça. Maintenant, pars.
Il mit ses mains sur les épaules de sa sœur et ajouta en souriant :
- Nous sommes jumeaux après tout, personne ne fera la différence. Je suis sûr que, si un jour tu rencontres quelqu'un qui te reconnait très sincèrement... Cette personne deviendra pour toi l'être le plus cher au monde.
Il donna une cape noire avec capuche à Evan, déposa un baiser sur son front et la regarda s'enfuir. Au moment où celle-ci disparut, des gros-bras apparurent derrière lui.



La foule criait, excitée par les événements. On disait qu'une jeune fille, une voleuse, allait se faire exécuter. La raison ? On l'ignorait. Tout ce qui intéressait était l'exécution de la novice, qui avait échoué à sa mission.
Deux hommes emmenèrent enfin la fille, déclenchant un des huées. On se trouvait actuellement dans un quartier mal famé, rempli entièrement de malfrats et compagnie.
Dans cette foule surexcitée, se trouvait une silhouette enveloppée d'une cape qui ne bougeait pas. Immobile, elle suivait des yeux la "fille" condamnée. On la mit à genoux, posa sa tête sur un rocher, tandis que le bourreau, portant une capuche qui cachait son visage, s'avançait avec une grande hache. D'un coup, tout était silencieux. Le bourreau prit son temps, se positionna, leva la hache au-dessus de lui, tandis que la fille souriait ironiquement en fixant un point de la foule. Son regard doux et calme croisa celui affolé et terrifié de la personne encagoulée.
Enfin, la hache tomba.
Une vie enlevée.
Tandis que les gens partaient tranquillement, le spectacle était terminé, la silhouette immobile resta de marbre, des flots de larmes coulant sur ses joues.



Dans un petit port, en bordure de ville, seule, une fille attendait. Une fille aux courts cheveux noirs, lisses et doux au toucher, avec des yeux gris argenté. Dans ses mains, elle tenait une petite bouteille en verre, contenant une feuille de papier.
Pourquoi se trouvait-elle là ?
Il a été dit, il y a longtemps, le secret caché de la mer :
Écris ton vœu sur un papier, et place-le dans une petite bouteille.
Si elle est lance dans la mer, alors le vœu se réalisera.

Elle se baissa, lâcha la bouteille dans l'eau et la regarda dériver au loin, un petit sourire sur le visage. Les flots transportaient la bouteille de verre, avec à l'intérieur, le vœu sur un papier. Au-delà de l'horizon, disparaissait lentement de toute vue.
Son regard était triste, une larme coula sur son doux visage. C'en était trop, elle ne pouvait plus résister. Les larmes suivirent, impossible à arrêter. Dans ses larmes se trouvait un sentiment de regret qui lui brisait le cœur.
La jeune fille se laissa tomber dans l'eau, abandonnant toute fierté, toute dignité, tout ce qu'elle avait en elle, laissant tout simplement les larmes couler à leur aise.
- Je suis désolée…
Le vent se mit à souffler plus fort dans son dos. Elle leva la tête et cria de toute ses forces :
- Je suis désolée !!!
Les flots qui portaient son vœu au loin, portaient dans ses larmes un grand regret.
- Si seulement... Si seulement je pouvais naître encore...
- ... Ce serait bien, si nous pouvions redevenir jumeaux.
Elle se redressa et regarda autour d'elle. Il n'y avait personne à part elle-même. Elle se leva ; ses larmes s'étaient enfin arrêtées. Elle sourit en regardant le soleil couchant.
- C'est vrai... N'est-ce-pas ?
Evan regarda ensuite les nuages au-dessus d'elle et se rappela :
- Je suis sûr que, si un jour tu rencontres quelqu'un qui te reconnait très sincèrement... Cette personne deviendra pour toi l'être le plus cher au monde.
- Je l'avais déjà rencontrée, cette personne. C'était toi.



Morale:
 


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[Personnel]Un Message de regret comme dernier vol

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