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 Bambou qui plie ne rond-point (PW Kānshǒu)

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Athanasia Darkan
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MessageSujet: Bambou qui plie ne rond-point (PW Kānshǒu)   Mer 7 Juin 2017 - 10:07

La coque en chêne vernie de la barque laissa échapper un bruit sourd au contact de la berge. Ce son désagréable fût rapidement suivi par les clapotements de l’eau qui s’écrase contre les rames, désormais immobiles. Athanasia s’extirpa de l’embarcation en bondissant sur la plage de gravier qu’ils avaient repéré en s’approchant du village. Elle agrippa la corde et s’en servi pour faire un nœud solide à une branche de sureau qui surplombait le bord de la rivière. Son compagnon de voyage croisa les rames au fond de l’esquif et sauta, à son tour, sur la terre ferme. Cela ne faisait que quelques heures que la pluie avait arrêté de s’abattre sur l’ouest de Dùralas et l’humidité ambiante emplissait leurs sens d’un parfum de terres et de vases que la jeune Stellaroïse commençait à bien connaitre. Elle posa sa main sur un tronc pourrissant, la mousse parasitant le bois imbibé d’eau laissant une sensation étrange sur sa peau. Ses yeux se plissèrent pour percer l’épaisseur de la forêt à la recherche d’un repère visuel.

« Tu devrais longer la rivière avec moi pour regagner le village, de là tu pourras prendre une route sûr vers Endorial. » La voix de Liam brisa la linéarité du bruissement de l’eau.

Elle avait rencontré ce jeune elfe à Ishtar, où il cherchait un moyen de retourner à son village natal. Âgé d’à peine soixante-dix ans, il avait dû quitter les siens pour se mettre en quête d’une ressource rare ne se trouvant que dans les montagnes du Baldor, permettant au druide de son clan de guérir certaines maladies destructrices, dont celle qui rongeait son épouse depuis deux longues années. Le voyage avait permis à la jeune femme d’en apprendre beaucoup sur lui et sa culture durant les longues heures de discussion qu’ils avaient partagées.

« Je vais perdre encore deux jours de marche… Et… Je n’ai pas envie de te déranger avec ta famille. » La jeune femme pensait ce qu’elle disait. Plus que l’idée de perdre du temps, elle ne souhaitait pas débarquer alors même que Liam ignorait si sa femme était encore en vie. Elle se sentait trop fragile pour pouvoir aider son nouvel ami si celui-ci apprenait une nouvelle aussi désastreuse. Il sourit à ces mots. Son sourire était aussi complexe que les origines de son peuple, plein de sarcasme et de sagesse. Une façon pour lui de dire qu’il comprenait les raisons qui poussaient Athanasia et s’écarter de son chemin.

« Alors nos routes se séparent ici. » Constata-t-il. Ses yeux verts transpercèrent l’âme de la jeune femme.

« Je crois. On se reverra j’espère… » Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase que l’elfe la coupa.
 
« C’est une certitude. » Son regard s’intensifia, comme pour porter ses propos sous forme de promesses.

Il n’y avait rien à rajouter à ces mots, elle acquiesça puis s’enfonça dans la forêt. Ne laissant à cette récente amitié qu’un subtil regard de compassion avant de disparaitre dans le brouillard naissant. La silhouette masculine resta plantée là, quelques minutes, sans bouger, comme pour porter les pas de l’étrangère en ces lieux par une prière silencieuse. Puis, armé de tout son courage, il se tourna et commença à suivre le littoral pour rejoindre sa bien-aimée.

Cela faisait à peine vingt minutes que la jeune femme progressait dans la broussaille et elle savait qu’elle avait déjà déviée de son chemin initial. Elle regarda vers le ciel pour prendre repère mais l’épaisseur des feuillages culminant à plus de vingt mètres de haut l’empêchait de percevoir un astre. Elle soupira brièvement. Les quelques heures d’excursion nautique avaient engourdies ses jambes, la reprise du déplacement terrestre était laborieuse.  Ils c’étaient relayés pour remonter le cours de la rivière et ses muscles étaient encore meurtris d’avoir été tant sollicité. Son corps céda à l’épuisement et elle décida de s’asseoir quelques minutes. Elle décrocha la gourde de sa ceinture et la porta à ses lèvres gercées. Elle s’en voulut de ne pas avoir pris le temps de boire à la rivière, l’eau se fera peut-être plus rare maintenant. La jeune femme se releva, préférant prendre de l’avant plutôt que de se lamenter sur son sort.

Ce n’est qu’au bout de ce qu’elle croyait être une demi-heure de marche, qu’elle perçut un grondement provenant des profondeurs du bois. Comme un bruit de craquement qui s’étouffa dans un écrasement de branches et de feuilles. Elle s’empressa de suivre la direction qui menait à ce bruit, à cette preuve de vie, qu’elle espérait « humaine », dans ces ténèbres naturelles. Son pas s’accéléra. Les mètres parcourus conservaient les vestiges de ce vacarme, mais le souvenir commençait à s’estomper et la vision de l’orientation à suivre était de plus en plus trouble. Son bras dégagea un buisson épais de son chemin quand, soudain, la lumière lui brouilla la vue. Elle porta rapidement son bras devant ses yeux et s’arrêta net dans sa progression. Ses pupilles se contractèrent pour s’adapter à ce changement brutal. La perception de son environnement commençait à revenir doucement.

Athanasia était dans une clairière, petite mais suffisamment large pour que l’espacement entre les cimes des arbres laissent pénétrer une lueur écrasante. Elle senti son corps se réchauffer face à l'ampleur des rayons du soleil. En projetant sa vue plus loin dans la plaine elle discerna une forme étrange, accroupi au sol. Elle s’approcha discrètement. À mesure que la distance qui les séparait se réduisait, elle arrivait à décrire ce personnage intriguant. La coiffe qu’il arborait ressemblait à celles que pouvaient porter certains marchands ambulants pendant la foire de Stellaraë, l’accoutrement qu’il portait devait provenir de la même influence culturelle d’ailleurs. Ce n’est qu’en voyant l’espèce d’origami en papier, accroché au bâton planté à côté de lui, qu’elle fut le plus perplexe. Au moment où elle put voir ce détail la silhouette lança son regard par-dessus son épaule, droit sur la jeune femme qui s’immobilisa.

Ils restèrent comme ça quelques minutes, à s’observer l’un l’autre. Du moins, elle se sentait observée, les yeux de l’individu étant camouflés par un jeu d’obscurité lié à son couvre-chef. Cet étrange personnage devait être en train de cueillir les plantes à ses pieds mais l’interruption féminine l’avait, lui aussi, coupé dans son action. Il ne semblait pas vindicatif, il y avait quelque chose d’apaisant en lui. Une aura de bienfaisance mêlée à une délicate odeur de fleur, dont la provenance lui était inconnue.

« Vouuuus… Vous savez comment allez à Endorial ? » Les mots tranchèrent le silence malgré la douceur et l'hésitation de la voix d’Athanasia.
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Kānshǒu
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MessageSujet: Re: Bambou qui plie ne rond-point (PW Kānshǒu)   Ven 9 Juin 2017 - 10:04

Les premiers rayons du soleils se levaient, et l'Hybride, assis en tailleurs en la cime d'un arbre, contemplait l'astre se lever d'une mine réjouie.

Le silence total qui régnait sur les lieux depuis quelques heures, fut progressivement rompu par des chants d'oiseaux, des cours d'eau, et même quelques insectes qui s'éveillaient. Ainsi commençait une nouvelle journée en Endorial, et ainsi se concluait sa méditation matinale, commanditée par quelque soucis narré par son Père en une lettre d'hier.
Les affaires décrites dans la missive ne regardaient que le Marchand, et il préférait longuement réfléchir à comment tailler un buisson plutôt que de faire confiance à quelque sentiment du moment. La perfection résidait dans les détails, après tout.

Tout aussi calmement que s'éveillait l'immense opacité de jade qu'était la forêt de Sylfaën, des oiseaux en papiers, aux couleurs aussi variées que leurs plissures n'étaient exactement les mêmes, sortirent des branches de l'arbre où siégeait Kānshǒu, une expression sibylline figée sur ses traits dans la pénombre de son énorme chapeau.
Tout aussi docilement que la rosée du matin, ses émissaires de papier se déployèrent en une armada fragile et dédiée à ses Dieux.

Alors que les oiseaux atteignaient une distance relativement avancée ils s'embrasèrent, un par un, en tout autant de couleurs que ne représentait leur spectre global d'origine, et ne fut laissé des origamis que de fines particules de cendres, très vite dispersées aux vents, offertes à Inari.


- Par les renards, et les grandes cornes.

Se contenta-t-il de dire, tandis que tombaient tout autour de lui ses créations.

De la destruction venait le renouveau, et aucune eau stagnante ne pouvait espérer une bonne finalité. Il fallait sans cesse déconstruire pour réinventer, auquel cas, si les choses demeuraient figées, elles gagnaient une teinte morose et l'empoisonnement ne tardait jamais.
Un perpétuel et constant changement, voilà ce qu'était la vie, pensa Kānshǒu, qu'un petit sourire ornait désormais les lèvres.

Ainsi après son offrande du matin, il se laissa tomber en bas des arbres, se réceptionnant étrangement agilement pour un homme de sa carrure. Peut-être était-ce là l'effet de ses singuliers vêtements, ces tissus qu'il nommait "kimono" et qui semblaient amortir ses chutes et permettre à son corps de bouger, presque comme un pantin, guidé par quelque force supérieure ?

En tout cas, lorsqu'il eut terminé sa folle descente, l'homme à l'énorme chapeau continua de marcher comme si de rien était, déployant son sceptre à lanterne, même si la lumière du jour éclairait suffisamment les alentours, afin de s'en servir comme d'un bâton de marche.
La lampe en papier, par quelque curieux sortilège s'agita plusieurs fois, alors qu'il passait à côté d'un terrier -qu'il pensa d'abord être celui d'un lapin-, et Kānshǒu stoppa net sa marche.


- Qu'avons-nous là ?

Le Marchand se baissa, se réduisant à une sorte de petite colline ornée d'un gros chapeau, et à l'aide de la lumière fantomatique d'une lampe qui tanguait littéralement sur son bâton, observa la fleur qui se trouvait là, dans ce petit coin d'ombres sous-terrain.

- Du calme, mon ami, du calme.

Il passa bien quelques heures à se préparer à l'extraction de la chose, de ce petit brin d'herbe fleuri, qui nécessitait tout le soin du monde. Il connaissait bien ce genre de plantes, et savait pertinemment d'où elles venaient, et même si lui n'en avait aucun usage particulier, il connaissait des personnes qui seraient prêtes à bien des sommes astronomiques pour s'emparer d'un de ces bulbes rougeâtres, comme un oignon, et dont les fleurs exhalaient un parfum doucereux et envoûtant.
Au bout de quelques heures, alors qu'il avait finalement extrait la flore convoitée et qu'il cherchait des indices de comment elle était arrivée là, une voix vînt l'interrompre dans son exercice.


- Vouuuuus... savez comment aller à Endorial ?

Il tendit la main, coupant court à l'agitation de sa source de lumière qui arrêta tout mouvement en même temps qu'elle ne suspendit sa brillance fantomatique. Puis, très doucement, il extirpa son bras du trou dans lequel il était terré, et porta son attention sur la fleur plutôt que sur la fille.
Il fallait d'abord sécuriser la... voilà. Il contempla le bulbe dans son couvercle de verre à socle, et le rangea méthodiquement dans son sac, avant de nouer rapidement deux bandes de cuir qui serviraient à maintenir l'objet en place et à empêcher qu'il ne se renverse.

Il porta ensuite son attention sur celle qui lui avait parlé, rajustant son chapeau et en essuyant son front, légèrement trempé après cet effort durable.


- Bien sur, c'est par là-bas après ce bouleau blanc, il y aura un sentier marqué de pierres.

Il répondit en se tournant vers son bâton planté au sol, dont il tapota la lampe en papier de l'index, afin de l'éveiller de nouveau.
Comme si la brillance, par sa radiance toute singulière, était un signal quelconque, au bout de quelques minutes une charrue ornée de milles clochettes s'engagea doucement au travers des fourrées. Le véhicule roulait avec une infinie lenteur, sans doute pour ne rien détruire sur son passage, et ne s'arrêta que lorsque Kānshǒu interrompit de nouveau sa lanterne.

Il déposa le sac en toile qui contenait la précieuse plante dedans, et s'assit sur le bord de la charrue.
Pourquoi diable, même après lui avoir indiqué la direction d'Endorial, l'humaine ne partait pas ?

Il la regarda en souriant poliment.




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