Bonjour Invité, et bonne visite sur Dùralas !
Contribuez en aidant et en faisant part de vos idées pour le forum ici
Bienvenue à notre dernier membre : Zirra
Le Monde de Dùralas a précisément 1449 jours !
Dùralas, le Mer 18 Oct 2017 - 9:22
Pour être à l’affût des dernières nouveautés, c'est ici qu'il faut aller !
Pour toute réclamation, visitez le Bureau des réclamations.
Envie de sensations fortes, de gloire ? Tentez le Championnat de BaldorHeim
La bibliothèque de Stellaraë regorge d'informations sur Dùralas.
Devenir Roi ? Prince ? Prêtre ? C'est possible dans le recrutement RP
La salle des trophées recense les plus grands héros de ce monde !

Partagez | 
 

 Bambou qui plie ne rond-point (PW Kānshǒu)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Athanasia Darkan
Nouvel(le) habitant(e)

avatar

Messages : 33
Expérience : 223
Féminin Âge RP : 20

♦ Politique : 01
Métier : Sculpteur - Novice (5)
Disponibilité : Disponible

Titres:
 


Stats & équipements
Vitalité:
110/110  (110/110)
Vitesse: 146
Dégâts: 40

MessageSujet: Bambou qui plie ne rond-point (PW Kānshǒu)   Mer 7 Juin 2017 - 10:07

La coque en chêne vernie de la barque laissa échapper un bruit sourd au contact de la berge. Ce son désagréable fût rapidement suivi par les clapotements de l’eau qui s’écrase contre les rames, désormais immobiles. Athanasia s’extirpa de l’embarcation en bondissant sur la plage de gravier qu’ils avaient repéré en s’approchant du village. Elle agrippa la corde et s’en servi pour faire un nœud solide à une branche de sureau qui surplombait le bord de la rivière. Son compagnon de voyage croisa les rames au fond de l’esquif et sauta, à son tour, sur la terre ferme. Cela ne faisait que quelques heures que la pluie avait arrêté de s’abattre sur l’ouest de Dùralas et l’humidité ambiante emplissait leurs sens d’un parfum de terres et de vases que la jeune Stellaroïse commençait à bien connaitre. Elle posa sa main sur un tronc pourrissant, la mousse parasitant le bois imbibé d’eau laissant une sensation étrange sur sa peau. Ses yeux se plissèrent pour percer l’épaisseur de la forêt à la recherche d’un repère visuel.

« Tu devrais longer la rivière avec moi pour regagner le village, de là tu pourras prendre une route sûr vers Endorial. » La voix de Liam brisa la linéarité du bruissement de l’eau.

Elle avait rencontré ce jeune elfe à Ishtar, où il cherchait un moyen de retourner à son village natal. Âgé d’à peine soixante-dix ans, il avait dû quitter les siens pour se mettre en quête d’une ressource rare ne se trouvant que dans les montagnes du Baldor, permettant au druide de son clan de guérir certaines maladies destructrices, dont celle qui rongeait son épouse depuis deux longues années. Le voyage avait permis à la jeune femme d’en apprendre beaucoup sur lui et sa culture durant les longues heures de discussion qu’ils avaient partagées.

« Je vais perdre encore deux jours de marche… Et… Je n’ai pas envie de te déranger avec ta famille. » La jeune femme pensait ce qu’elle disait. Plus que l’idée de perdre du temps, elle ne souhaitait pas débarquer alors même que Liam ignorait si sa femme était encore en vie. Elle se sentait trop fragile pour pouvoir aider son nouvel ami si celui-ci apprenait une nouvelle aussi désastreuse. Il sourit à ces mots. Son sourire était aussi complexe que les origines de son peuple, plein de sarcasme et de sagesse. Une façon pour lui de dire qu’il comprenait les raisons qui poussaient Athanasia et s’écarter de son chemin.

« Alors nos routes se séparent ici. » Constata-t-il. Ses yeux verts transpercèrent l’âme de la jeune femme.

« Je crois. On se reverra j’espère… » Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase que l’elfe la coupa.
 
« C’est une certitude. » Son regard s’intensifia, comme pour porter ses propos sous forme de promesses.

Il n’y avait rien à rajouter à ces mots, elle acquiesça puis s’enfonça dans la forêt. Ne laissant à cette récente amitié qu’un subtil regard de compassion avant de disparaitre dans le brouillard naissant. La silhouette masculine resta plantée là, quelques minutes, sans bouger, comme pour porter les pas de l’étrangère en ces lieux par une prière silencieuse. Puis, armé de tout son courage, il se tourna et commença à suivre le littoral pour rejoindre sa bien-aimée.

Cela faisait à peine vingt minutes que la jeune femme progressait dans la broussaille et elle savait qu’elle avait déjà déviée de son chemin initial. Elle regarda vers le ciel pour prendre repère mais l’épaisseur des feuillages culminant à plus de vingt mètres de haut l’empêchait de percevoir un astre. Elle soupira brièvement. Les quelques heures d’excursion nautique avaient engourdies ses jambes, la reprise du déplacement terrestre était laborieuse.  Ils c’étaient relayés pour remonter le cours de la rivière et ses muscles étaient encore meurtris d’avoir été tant sollicité. Son corps céda à l’épuisement et elle décida de s’asseoir quelques minutes. Elle décrocha la gourde de sa ceinture et la porta à ses lèvres gercées. Elle s’en voulut de ne pas avoir pris le temps de boire à la rivière, l’eau se fera peut-être plus rare maintenant. La jeune femme se releva, préférant prendre de l’avant plutôt que de se lamenter sur son sort.

Ce n’est qu’au bout de ce qu’elle croyait être une demi-heure de marche, qu’elle perçut un grondement provenant des profondeurs du bois. Comme un bruit de craquement qui s’étouffa dans un écrasement de branches et de feuilles. Elle s’empressa de suivre la direction qui menait à ce bruit, à cette preuve de vie, qu’elle espérait « humaine », dans ces ténèbres naturelles. Son pas s’accéléra. Les mètres parcourus conservaient les vestiges de ce vacarme, mais le souvenir commençait à s’estomper et la vision de l’orientation à suivre était de plus en plus trouble. Son bras dégagea un buisson épais de son chemin quand, soudain, la lumière lui brouilla la vue. Elle porta rapidement son bras devant ses yeux et s’arrêta net dans sa progression. Ses pupilles se contractèrent pour s’adapter à ce changement brutal. La perception de son environnement commençait à revenir doucement.

Athanasia était dans une clairière, petite mais suffisamment large pour que l’espacement entre les cimes des arbres laissent pénétrer une lueur écrasante. Elle senti son corps se réchauffer face à l'ampleur des rayons du soleil. En projetant sa vue plus loin dans la plaine elle discerna une forme étrange, accroupi au sol. Elle s’approcha discrètement. À mesure que la distance qui les séparait se réduisait, elle arrivait à décrire ce personnage intriguant. La coiffe qu’il arborait ressemblait à celles que pouvaient porter certains marchands ambulants pendant la foire de Stellaraë, l’accoutrement qu’il portait devait provenir de la même influence culturelle d’ailleurs. Ce n’est qu’en voyant l’espèce d’origami en papier, accroché au bâton planté à côté de lui, qu’elle fut le plus perplexe. Au moment où elle put voir ce détail la silhouette lança son regard par-dessus son épaule, droit sur la jeune femme qui s’immobilisa.

Ils restèrent comme ça quelques minutes, à s’observer l’un l’autre. Du moins, elle se sentait observée, les yeux de l’individu étant camouflés par un jeu d’obscurité lié à son couvre-chef. Cet étrange personnage devait être en train de cueillir les plantes à ses pieds mais l’interruption féminine l’avait, lui aussi, coupé dans son action. Il ne semblait pas vindicatif, il y avait quelque chose d’apaisant en lui. Une aura de bienfaisance mêlée à une délicate odeur de fleur, dont la provenance lui était inconnue.

« Vouuuus… Vous savez comment allez à Endorial ? » Les mots tranchèrent le silence malgré la douceur et l'hésitation de la voix d’Athanasia.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kānshǒu
Néophyte

avatar

Messages : 19
Expérience : 303
Masculin Âge RP : ?

♦ Politique : 01
Métier : Bûcheron - Apprenti
Disponibilité : Disponible

Titres:
 

(Chat commun +50, v+25)

Stats & équipements
Vitalité:
194/194  (194/194)
Vitesse: 125
Dégâts: 33

MessageSujet: Re: Bambou qui plie ne rond-point (PW Kānshǒu)   Ven 9 Juin 2017 - 10:04

Les premiers rayons du soleils se levaient, et l'Hybride, assis en tailleurs en la cime d'un arbre, contemplait l'astre se lever d'une mine réjouie.

Le silence total qui régnait sur les lieux depuis quelques heures, fut progressivement rompu par des chants d'oiseaux, des cours d'eau, et même quelques insectes qui s'éveillaient. Ainsi commençait une nouvelle journée en Endorial, et ainsi se concluait sa méditation matinale, commanditée par quelque soucis narré par son Père en une lettre d'hier.
Les affaires décrites dans la missive ne regardaient que le Marchand, et il préférait longuement réfléchir à comment tailler un buisson plutôt que de faire confiance à quelque sentiment du moment. La perfection résidait dans les détails, après tout.

Tout aussi calmement que s'éveillait l'immense opacité de jade qu'était la forêt de Sylfaën, des oiseaux en papiers, aux couleurs aussi variées que leurs plissures n'étaient exactement les mêmes, sortirent des branches de l'arbre où siégeait Kānshǒu, une expression sibylline figée sur ses traits dans la pénombre de son énorme chapeau.
Tout aussi docilement que la rosée du matin, ses émissaires de papier se déployèrent en une armada fragile et dédiée à ses Dieux.

Alors que les oiseaux atteignaient une distance relativement avancée ils s'embrasèrent, un par un, en tout autant de couleurs que ne représentait leur spectre global d'origine, et ne fut laissé des origamis que de fines particules de cendres, très vite dispersées aux vents, offertes à Inari.


- Par les renards, et les grandes cornes.

Se contenta-t-il de dire, tandis que tombaient tout autour de lui ses créations.

De la destruction venait le renouveau, et aucune eau stagnante ne pouvait espérer une bonne finalité. Il fallait sans cesse déconstruire pour réinventer, auquel cas, si les choses demeuraient figées, elles gagnaient une teinte morose et l'empoisonnement ne tardait jamais.
Un perpétuel et constant changement, voilà ce qu'était la vie, pensa Kānshǒu, qu'un petit sourire ornait désormais les lèvres.

Ainsi après son offrande du matin, il se laissa tomber en bas des arbres, se réceptionnant étrangement agilement pour un homme de sa carrure. Peut-être était-ce là l'effet de ses singuliers vêtements, ces tissus qu'il nommait "kimono" et qui semblaient amortir ses chutes et permettre à son corps de bouger, presque comme un pantin, guidé par quelque force supérieure ?

En tout cas, lorsqu'il eut terminé sa folle descente, l'homme à l'énorme chapeau continua de marcher comme si de rien était, déployant son sceptre à lanterne, même si la lumière du jour éclairait suffisamment les alentours, afin de s'en servir comme d'un bâton de marche.
La lampe en papier, par quelque curieux sortilège s'agita plusieurs fois, alors qu'il passait à côté d'un terrier -qu'il pensa d'abord être celui d'un lapin-, et Kānshǒu stoppa net sa marche.


- Qu'avons-nous là ?

Le Marchand se baissa, se réduisant à une sorte de petite colline ornée d'un gros chapeau, et à l'aide de la lumière fantomatique d'une lampe qui tanguait littéralement sur son bâton, observa la fleur qui se trouvait là, dans ce petit coin d'ombres sous-terrain.

- Du calme, mon ami, du calme.

Il passa bien quelques heures à se préparer à l'extraction de la chose, de ce petit brin d'herbe fleuri, qui nécessitait tout le soin du monde. Il connaissait bien ce genre de plantes, et savait pertinemment d'où elles venaient, et même si lui n'en avait aucun usage particulier, il connaissait des personnes qui seraient prêtes à bien des sommes astronomiques pour s'emparer d'un de ces bulbes rougeâtres, comme un oignon, et dont les fleurs exhalaient un parfum doucereux et envoûtant.
Au bout de quelques heures, alors qu'il avait finalement extrait la flore convoitée et qu'il cherchait des indices de comment elle était arrivée là, une voix vînt l'interrompre dans son exercice.


- Vouuuuus... savez comment aller à Endorial ?

Il tendit la main, coupant court à l'agitation de sa source de lumière qui arrêta tout mouvement en même temps qu'elle ne suspendit sa brillance fantomatique. Puis, très doucement, il extirpa son bras du trou dans lequel il était terré, et porta son attention sur la fleur plutôt que sur la fille.
Il fallait d'abord sécuriser la... voilà. Il contempla le bulbe dans son couvercle de verre à socle, et le rangea méthodiquement dans son sac, avant de nouer rapidement deux bandes de cuir qui serviraient à maintenir l'objet en place et à empêcher qu'il ne se renverse.

Il porta ensuite son attention sur celle qui lui avait parlé, rajustant son chapeau et en essuyant son front, légèrement trempé après cet effort durable.


- Bien sur, c'est par là-bas après ce bouleau blanc, il y aura un sentier marqué de pierres.

Il répondit en se tournant vers son bâton planté au sol, dont il tapota la lampe en papier de l'index, afin de l'éveiller de nouveau.
Comme si la brillance, par sa radiance toute singulière, était un signal quelconque, au bout de quelques minutes une charrue ornée de milles clochettes s'engagea doucement au travers des fourrées. Le véhicule roulait avec une infinie lenteur, sans doute pour ne rien détruire sur son passage, et ne s'arrêta que lorsque Kānshǒu interrompit de nouveau sa lanterne.

Il déposa le sac en toile qui contenait la précieuse plante dedans, et s'assit sur le bord de la charrue.
Pourquoi diable, même après lui avoir indiqué la direction d'Endorial, l'humaine ne partait pas ?

Il la regarda en souriant poliment.




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Athanasia Darkan
Nouvel(le) habitant(e)

avatar

Messages : 33
Expérience : 223
Féminin Âge RP : 20

♦ Politique : 01
Métier : Sculpteur - Novice (5)
Disponibilité : Disponible

Titres:
 


Stats & équipements
Vitalité:
110/110  (110/110)
Vitesse: 146
Dégâts: 40

MessageSujet: Re: Bambou qui plie ne rond-point (PW Kānshǒu)   Lun 26 Juin 2017 - 9:54

Elle hausse les sourcils en regardant cet étrange personnage remettre en place son imposante coiffe. A priori, il n’était pas très pressé de lui donner réponse mais l’information était primordiale si elle ne voulait pas perdre de précieuses heures dans la forêt. Après qu’il eut délicatement essuyé son front, il répondit enfin à la question de la jeune Stellaroise en se tournant vers l’espèce de bout de bois orné d’une lanterne qui devait lui servir de bâton de marche ou d’arme.

« Bien sur, c'est par là-bas après ce bouleau blanc, il y aura un sentier marqué de pierres. »

Sans plus d’indication sur la direction à suivre, Athanasia parcouru le bord de la clairière du regard afin de repérer ce fameux bouleau. Ce n’était pas un arbre courant en Stellaraë, mais elle devrait pouvoir le reconnaitre. L’aube était passée depuis quelques minutes, le soleil commençait déjà à entreprendre sa longue course journalière. La fraicheur de la pluie nocturne s’estompait pour laisser place à un doux parfum de bois et de mousse. Cette odeur typique de la nature se mêlait aux différentes senteurs exotiques qui se dégageaient de son guide provisoire.
 
Le sentier se trouvait vers le nord-ouest de la plaine, à quelques dizaines de mètres d’eux, et alors qu’elle allait remercier son informateur, son regard se bloqua sur la lanterne. Celle-ci brillait, étrangement d’ailleurs et lorsqu’elle voulu détacher son attention de la lumière de l’origami une petite charrette s’extirpa de la forêt, accompagnée d’un bruit de roulement et de clochette. Elle resta bouche-bé devant ce spectacle déroutant. Elle prit le temps d’observer l’étrange véhicule s’arrêter à côté de son propriétaire. Ce n’est qu’après avoir chargé son sac et s’être installé convenablement que le regard de l’homme se fit plus insistant.

« Excusez-moi, je vous remercie pour l’indication. » Elle hocha discrètement la tête pour accompagner ses mots. Elle aurait voulu lui demander de l’accompagner vers Endorial. Cela semblait être une évidence qu’il se dirigeait lui aussi vers la cité elfique. Mais l’idée de faire le voyage en sa compagnie l’effrayait un peu, elle hésita quelques secondes avant de prendre sa décision.

« Je vous souhaite une bonn... » Elle interrompit son discours subitement. Quelque chose, un bruit, l’avait dérangée. Trop concentré sur ce qu’elle allait dire, elle n’avait pas réussi à percevoir l’origine ni la direction de cette manifestation auditive.

« Vous avez entendu ? » Elle l’interrogea sans le regarder. Ses yeux étaient tournés vers les cimes des arbres, mais elle ne regardait pas vraiment, elle tendait l’oreille au maximum afin d’entendre à nouveau ce bruit.  Grâce à cet exercice, elle retrouva dans sa mémoire des fragments de ce son, celui-ci lui faisait penser à une espèce de rire suraigüe et pas très agréable.

Liam lui avait parlé de la faune de la forêt de Sylfaën, notamment de petits êtres malins qu’il appelait « farfadets ». Ces humanoïdes miniatures se faisaient un étrange plaisir à gâcher la vie des voyageurs perdus dans les bois et riaient du malheur de leurs victimes. Au bout d’une courte minute de silence, un bruit de clochette inhabituel retentit dans la clairière, accompagné d’un petit « Chuuuut » aigüe. Les yeux des deux compères se dirigèrent vers la charrette. Il semblerait bien qu’elle accueille d’autres passagers.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kānshǒu
Néophyte

avatar

Messages : 19
Expérience : 303
Masculin Âge RP : ?

♦ Politique : 01
Métier : Bûcheron - Apprenti
Disponibilité : Disponible

Titres:
 

(Chat commun +50, v+25)

Stats & équipements
Vitalité:
194/194  (194/194)
Vitesse: 125
Dégâts: 33

MessageSujet: Re: Bambou qui plie ne rond-point (PW Kānshǒu)   Mar 18 Juil 2017 - 17:00

Voilà. La fleur avait été extraite et placée en sûreté, et il avait ainsi terminé son travail journalier. La variété cueillie, sorte de mutation magique de la flore alentour, inspirait convoitise à bien des sires, faisant la joie du Marchand.

Lorsqu'il se décida à placer l'étui en verre dans son charriot, celui-ci émit une série de bruits aigus, car les carillons furent comme bercés par une brise invisible. Sa lampe avait cessé sa brillance, mais elle recommençait à présent à luire de plus belle.

Même si ses connaissances magiques étaient somme toute relatives, les enchantements prodigués par les chamanes de sa tribu et appliqués sur ses divers clochettes étaient éveillés par quelque chose.
La majestueuse fleur, rouge et incandescente, qui libérait d'ores et déjà des spores psychédéliques dans son bocal était un facteur de cette agitation, mais il y avait autre chose. Une chose à laquelle il ne s'était pas préparé.

Alors que l'humaine mentionnait quelque chose, que le nomade ne capta pas tout de suite, puisque les mots de sa nouvelle amie étaient comme filtrés par son inquiétude, il pivota sur lui-même en guettant les environs.

Les arbres, le vent, la faune et la flore, même la délicieuse senteur boisée de l'endroit avait été perturbée par une présence capricieuse et espiègle. Dans la région de laquelle il était originaire, on vénérait les créatures du genre, ces petits êtres farceur mais dociles si on prenait soin de laisser quelques gâteaux à la fenêtre de chez soi le soir. (Ils étaient adorablement gourmands).

Mais, là tout de suite, il suspecta que sa nouvelle acquisition florale ne soulève quelques vents mauvais, en partie à cause de la nature profondément maléfique de la plante. Les farfadets étaient des gardiens des bois pour certains, et quoi qu'ils veuillent à Kānshǒu, ce ne serait aucunement de nature amicale. Un éclair crispé passa sur son visage, car le bouc n'aimait nullement infliger de violence à de pauvres créatures -et l'effort du combat lui était bien étranger- et ses doigts allèrent s'agripper à son bâton.
La présence coquine en étaient à les lorgner, et ainsi ils avaient encore un peu de temps pour agir.

Il tapota le sol de sa lampe, répandant des étincelles bleutées un peu partout, et se tourna vers l'humaine en une voix toute sympathique ;


- Je viens de me rendre compte de mes piètres manières, chère amie. Quel est donc votre nom ? On pourrait peut-être se tutoyer, si tel n'est pas offensant pour vous, humaine.

S'inquiéter ne servirait à rien, d'autant que les farfadets sont loin d'être dangereux, alors autant parler un peu en attendant que l'insaisissable petite créature ne se dévoile. Il garda toutefois un regard posé sur la fleur attachée dans son chariot, pour rien au monde elle ne devait être dérobée, et il espérait que le bois qu'il transportait dissimulerait la chose, ou au mieux, ralentirait des mains baladeuses de la lui prendre.





Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Athanasia Darkan
Nouvel(le) habitant(e)

avatar

Messages : 33
Expérience : 223
Féminin Âge RP : 20

♦ Politique : 01
Métier : Sculpteur - Novice (5)
Disponibilité : Disponible

Titres:
 


Stats & équipements
Vitalité:
110/110  (110/110)
Vitesse: 146
Dégâts: 40

MessageSujet: Re: Bambou qui plie ne rond-point (PW Kānshǒu)   Mar 15 Aoû 2017 - 16:11

La main de la jeune femme se referma sur le pommeau de sa dague, faisant blanchir la chair dominant les phalanges. Son regard quitta quelques instants la charrette pour se glisser vers son interlocuteur. Sa question était perturbante car pas vraiment adaptée à la situation actuelle. Elle ne pouvait tirer que deux conclusions : soit il était vraiment confiant et devait être un guerrier intrépide, soit il était complètement fou. Dans un cas comme dans l’autre, ce n’était pas à son avantage de révéler son identité.

Le regard de l’homme était mystérieusement attiré par la plante qu’il manipulait depuis le début de leur rencontre. Elle n’y connaissait rien en herboristerie, mais pour attacher autant d’importance à une cueillette c’est qu’elle devait avoir une certaine valeur. « Une plante médicinale, peut-être ? » réfléchissait-elle. Elle pourrait, sans aucun doute, la revendre à Endorial quand elle y sera. Il fallait qu’elle arrive à lui extirper pendant le combat. « En voilà un défi excitant… »

« J’aurais préféré de meilleurs circonstances pour faire connaissance. Dans ces contrées, on m'appelle Théria. Et vous ? »

Elle s’en voulu de donner ce pseudonyme, tant il avait une signification particulière à ses yeux. « C’est trop tard », se dit-elle. Elle glissa alors sa main du pommeau jusqu’à la poignée et dégaina doucement sa dague de novice qu’elle avait acquis après sa sortie de prison pour une bouché de pain.

« Je n’ai rien contre le tutoiement, mais je ne vous... euh pardon... "te" promet pas d’arriver à le maintenir avec fluidité. Ce n’est pas dans mes habitudes. » Elle lança un sourire furtif à son étrange allié pour le mettre en confiance.

L’activité des perturbateurs stagnait à un niveau plutôt acceptable. Il était impensable de fendre sur eux actuellement, au risque d'abîmer le véhicule de ce mystérieux voyageur. Athanasia resta figée, attendant un mouvement, une ouverture, pour porter un premier coup. C’était une configuration pas très agréable pour les défenseurs, ils ne pouvaient que siéger, là, et attendre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kānshǒu
Néophyte

avatar

Messages : 19
Expérience : 303
Masculin Âge RP : ?

♦ Politique : 01
Métier : Bûcheron - Apprenti
Disponibilité : Disponible

Titres:
 

(Chat commun +50, v+25)

Stats & équipements
Vitalité:
194/194  (194/194)
Vitesse: 125
Dégâts: 33

MessageSujet: Re: Bambou qui plie ne rond-point (PW Kānshǒu)   Mer 30 Aoû 2017 - 0:37

Théria était plutôt sympathique. Elle avait eut la politesse de ne rien dire quant à la fascination troublante qu'il avait dû avoir pour sa cargaison. Une Nocturne. De là où ils venaient, il y avait une clairière emplie d'elles, avant la grande Catastrophe, c'était l'une des merveilles des Djölfulins. Seulement, il survenait souvent des disparitions par les terres où pullulaient les floraisons funestes, et les nuits de pleine Lune, leur activité s'accentuait jusqu'à invoquer de disloquées figures. Il en avait admiré les effets, une nuit, en passant un village ravagé par les tristes pétales de ces choses.
Encore enfant, il avait vu les guerriers du Cocon affronter les horribles engeances. Il avait eut peur, mais pas aujourd'hui.

Visiblement Dùralas en était parsemé, à espaces distants selon les Guetteurs. Spelunca était la plus infestée, venait ensuite Ishtar, Hukutav et les environs de BaldorHeim. En trouver dans la forêt elfique était mauvais présage, il le savait.
Mais en même temps ils se rapprochaient de leur source, et pourraient arrêter la pollution qu'elles déversaient en le monde spirituel.

Alors le Marchand, écoutant avec attention les dires de ladite Theria, lui sourit et retira son couvre-chef, dévoilant ses cornes courbées et noires :


"Enchanté, Theria, je suis Kānshǒu mais je crains de n'avoir aucun surnom en ces régions. J'y connais trop peu de monde, mais en voilà un de plus ! Que dirais-tu de renvoyer chez eux les assaillants qui guettent dans les buissons, avec prudence toutefois, ne blessons aucun être sans raison. Faisons-les sortir, veux-tu, on pourra discuter après. Je dois avoir... ah, là !"

Alors qu'il s'était mis à fouiller son havresac dissimulé à l'intérieur de son kimono, il termina par en sortir une feuille étrange, violacée et luisante, pliée en deux. Il porta l'objet à sa bouche et siffla.

Les esprits sylvestres de l'espèce des fées et korrigans sont bien souvent de malins petits diablotins, prêts à jouer des tours aux marcheurs un peu trop curieux, dont ceux qui ramassent un objet aussi hypnotique qu'une Nocturne. La fleur devait résonner dans l'esprit des êtres vivant à proximité, hurlant de ne pas laisser faire cet homme qui voulait tuer la plante. Il devrait ajouter ce détail au rapport pour la Tribu.

Le sifflement de l'herbe, aigüe, dura quelques instants. Toujours sur la même note, mais nuancé au fil de son évolution par des froissements dans l'herbe environnante. Des insectes, scarabées et abeilles surtout, bourdonnaient en même temps que Kānshǒu n'usait de son instrument, et bientôt des lucioles annoncèrent leur furtive présence dans la pénombre.

Après un court concert, les petites bêtes s'engouffrèrent dans la végétation, et l'on put entendre un petit cri humanoïde.


Saloperie d'humains.

Déclara le Farfadet Bill.




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Bambou qui plie ne rond-point (PW Kānshǒu)   

Revenir en haut Aller en bas
 

Bambou qui plie ne rond-point (PW Kānshǒu)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Une étrange symphonie [pv Elizabeth]
» Le roseau plie, mais ne se rompt pas
» Autre point de vue de John Maxwell pour la defense d'Haiti
» BAMBOU mâle bichon maltais 6 ans SPA DOUAI 59
» Les broderies au point compté de la souris

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Ouest de Dùralas :: Forêt Sylfaën-