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 La découverte d'un nouveau monde [PW Jûken'Maw]

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Shokan
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MessageSujet: La découverte d'un nouveau monde [PW Jûken'Maw]   Lun 19 Juin 2017 - 22:58

Une belle journée de printemps arrivait à son terme. Le soleil couchant illuminait les rares nuages présent dans le ciel de ses ultimes rayons orangés. Le calme régnait dans ce petit village d'agriculteurs, enclavés entre deux montagnes. Un village composés de maison blanche, ronde. Des habitations simples, sur deux étages. Une pièce à vivre aux rez-de-chaussée, les chambres à coucher à l'étage. Chaque famille vivait dans des conditions équivalentes. Au centre du village, seul la famille dirigeante, les Endoresu, possédaient une maison plus grande.

En cette fin de journée, les hommes revenaient des champs non loin de là, où ils avaient passés la journée à travailler. Les récoltes étaient bonnes depuis des années, Kar'Magûl était bon envers eux. La divinité Djöllfullinn avait vu un temple être érigé à sa gloire près d'un siècle plus tôt, à la fondation du village. Situé plus haut dans la montagne, il représentait un court pèlerinage pour quiconque désirait se recueillir.

Soudain, le ciel vira au rouge sang. Le vent se leva, si puissant que de sombres nuages sortirent de nulle part pour apporter leur mauvaise augure sur le paisible village. Mais le rouge demeurait. Partout, des colonnes de sable rouge s'élevaient, des débris des habitations s'envolaient, les fondations même de ces chaumières collapsaient. Et plus les secondes s'égrenaient, plus le sable rougissait, se gorgeant du sang Djöllfullinn versé. Peu à peu, les colonnes fusionnèrent en un seul maelstrom de sables et de débris, plongeant le petit hameau dans une désolation qu'il n'avait jamais connu.

Puis tout s'arrêta, aussi vite que tout avait commencé.

Shokan marchait désormais dans les ruines de son village, indemne. Seul une mince trainée de sang venait maculer son visage, partant de sa pommette gauche et remontant jusqu'à son front, en passant par sa paupière. Ce sang n'était pas le sien, il n'était pas blessé. Tout autour de lui, il voyait les corps de ses concitoyens joncher le sol. Homme, femme, enfant, nouveau-né. Personne n'avait été épargné. La désolation venait de marquer de son empreinte ce vallon escarpé. Shokan marchait cependant, calmement, comme étranger à ce massacre. Il gagnait le centre du village. Il voyait Ayano. Il voyait sa femme, agenouillée. Derrière elle, les corps sans vie du père et du frère de Shokan étaient étendus, main dans la main. Aux pieds de sa femme, le Djöllfullinn distinguait, clair comme de l'eau de roche, le cadavre inanimé d'Airi, sa fille, leur fille. Pourtant il n'exprimait aucune émotion. Il fixait Ayano, son beau visage fin tâché de sang séché, sali par la poussière et les débris, ses vêtements déchirés par endroit. Ses yeux étaient rougis par les pleurs, et le sillon de ses larmes était bien visible.

Shokan... qu'as-tu fait ?

Qu'as-tu fait ?


Ses mots résonnèrent au plus profond des entrailles de Shokan. Mais il était comme une coquille vide. Incapable d'éprouver le moindre sentiment. Ses yeux entièrement jaunes semblaient éteints. Le sol commença à trembler sous Ayano. Avant même qu'elle n'ait eu le temps de s'étonner, une forte colonne de sable s'éleva sous elle, l'emportant vers le ciel, tandis que les corps du reste de la famille de Shokan était démembré par la puissance de la tornade. Le Djöllfullinn demeurait stoïque, alors même qu'il était la cause de ce drame, alors même que du sang s'abattait avec force sur son visage et ses vêtements. Il ne pensait à rien.

Tiens... il fait chaud, non ?


Shokan se réveilla en sursaut, le corps inondé de sueur. Il avait froid, les gouttelettes de transpiration accumulée sur sa nuque n'aidant pas. Mais cette sensation contrastait avec la brûlure lancinante qui dévorait l'archer de l'intérieur. Eien Kokai... La malédiction de Kar'Magûl. Cette punition divine, ce fardeau que Shokan était destiné à porter pour l'éternité. Un moindre mal vis-à-vis des fautes qu'il avait commises. Cela ne s'était pas déroulé comme dans son cauchemar. Hormis son père et son frère, personne n'avait périt ce jour-là. Il n'avait pas rasé son village natal de la carte. Pourtant le même cauchemar, inlassablement, venait hanter son subconscient à chaque fois qu'il fermait les yeux. Rongé par la culpabilité, Shokan s'exposait aux sévices d'Eien Kokai, les marques sur son corps brillant légèrement d'une lueur incandescente. L'homme regarda autour de lui : les alentours étaient déserts. Au loin, un groupe d'oiseau semblait s'éloigner, sans doute le Djöllfullinn avait-il du crier à son réveil, éloignant par la même occasion quelque prédateurs. Cela, il l'ignorait. On n'y voyait pas à vingt mètres, une brume blanchâtre entravant son champ de vision, tandis que le soleil était caché par un imposant voile nuageux. Une fine bruine complétait ce tableau digne d'une fin d'automne, alors même que l'été serait bientôt là. Il semblait cependant que ce temps était commun dans ce qui s'apparentait au nord de ce monde inconnu nommé Dùralas. Lorsqu'il avait achevé sa traversée de la grande étendue neigeuse, située à l'extrême nord des terres de son peuple, Shokan avait gravi de bien sombres monts, avant de découvrir un bastion avancé de sa civilisation. Il avait catégoriquement refusé de se mêler aux siens, considérant qu'il en avait perdu le droit lors de ce jour maudit ou il avait causé du tort à sa famille. Depuis, s'il savait qu'une grande cité se dressait non loin de là, il avait à tout prix cherché à éviter le contact d'autrui. Il vagabondait seul, sans but autre que la volonté de ne faire de mal à personne. Le chemin de la rédemption était avant tout pacifique, telle était sa croyance.

Il inspecta les alentours à nouveau. Dans l'immédiat, il ne voyait rien de particulièrement dangereux, mais avec la brume, il pouvait bien se tromper. Il avait monté le camp un peu au milieu de nulle part. Les dernières braises de son feu de camp de la veille rougeoyaient faiblement, la pluie aurait tôt fait d'en finir avec elles. Shokan n'avait aucune idée de l'heure qu'il pouvait être. Ce n'était pas vraiment important de toutes façons.

Pour lui, c'était une journée supplémentaire sur ce long chemin de croix qu'était celui du pardon.




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Jûken'Maw
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MessageSujet: Re: La découverte d'un nouveau monde [PW Jûken'Maw]   Mer 28 Juin 2017 - 18:26


En cette matinée, un vent froid et sec soufflait sur les plaines d’Aràn. Tandis qu’un léger crachin venait accorder au sol son éternelle rosée du matin, un voile grisâtre, fait de brumes et de mystères recouvrait l’entièreté du paysage, transformant ce dernier en une lande mélancolique et désolée. Arbres et collines, rochers et buissons, tout élément baignant dans cet étrange brouillard se voyait transformé, altéré, laissant à l’imagination du voyageur crédule le soin de les apparenter à d’inquiétantes chimères.

C’est au beau milieu de cette atmosphère mystique, sous le regard intrigué de ces monstres brumeux que se jouait un bien étrange spectacle. Là… Au cœur d’un petit bosquet bordant l’immensité des plaines, des pas résonnaient. Une présence… Non... deux, cheminaient à travers les bois.
Celle qui était en tête semblait progresser difficilement. Elle marchait lentement, titubait, trébuchait pour se relever subitement et douloureusement. Chaque parcelle de terrain parcourue semblait être un effort surhumain tant l’action de mettre un pied devant l’autre était éprouvante pour cette dernière. Sa respiration était bruyante et douloureuse, sa voix plaintive... comme s’il était forcé d’avancer vers une destination inconnue.
Mais la seconde présence, elle, était tout autre. Son pas était sec et régulier, ses mouvements calculés et mesurés. Elle marchait avec une cadence et une rigueur militaire. Son souffle était froid, sec, mais surtout d’un effroyable calme. Rien ne semblait pouvoir casser le rythme que son aura impérieuse imposait à ce qui l’entourait… et à celui qu’il précédait.

Marchant en tête de cortège, un homme barbu d’une quarantaine d’années, uniquement vêtu d’un pagne, peinait à tenir debout tandis qu’il traversait le sous-bois, un cadavre de femme sur l’épaule. Son corps, jadis musculeux, était dorénavant famélique par manque de nutrition. Sa peau, auparavant d’albâtre, était dorénavant rougie par la morsure du froid. Ses pieds, préalablement au chaud dans des bottes de cuir, étaient à présent nus et traînant dans la boue. Depuis combien de temps marchait-il ? Depuis combien de jours n’avait-il pas mangé ? Il n’en savait rien...
Alors qu’épuisé, ce dernier se stoppa un instant pour reprendre son souffle, un nouveau coup de crosse vint s’abattre sèchement sur son dos, déjà couvert de larges hématomes. L’homme poussa un cri de douleur tout en chancelant, réajusta le corps sans vie sur son épaule à l’aide de sa seule main valide, puis reprit inexorablement son chemin de croix, sous la menace du fusil pointé dans son dos.

Alors qu’ils pénétraient dans une petite clairière au centre duquel trônait un vieux chêne, le vent redoubla d’intensité. D’innombrables sifflements aigus, produit des rafales serpentant entre les arbres, s’élevèrent alors de part et d’autre de cette mystérieuse procession traversant le bosquet embrumé. Des sifflements s’apparentant à autant de chuchotements réprobateurs vis-à-vis de l’homme en tête de cortège. Tous avaient les yeux rivés sur celui qui avait commis l’irréparable. Tous conspuaient celui qui s’était oublié en s’adonnant aux plus basses exactions qu’une personne puisse accomplir : le viol et le meurtre.

Arrivé au pied de l’arbre centenaire, le geôlier, un djöllfulin affublé d’un masque cornu, d’exotiques tissus et de quelques plaques d’armure, ordonna à son prisonnier de déposer au sol le corps meurtri de la jeune femme. S’en suivit alors de longues minutes d’attente durant lesquelles le vent glacial acheva de lacérer la peau du criminel transi et épuisé, avant qu’un violent coup à l’arrière de ses jambes ne le fasse chuter.

Et maintenant… Creuse. Lança sèchement le djöllfulin tandis qu’il pointait le canon de son arme entre ses omoplates.
Creuser ? Mais… creuser quoi ? Questionna l’homme en gémissant.
Sa tombe. Celle de cette orpheline de treize ans que tu as mutilée, puis abusée sexuellement avant de l’étrangler jusqu’à ce que mort s’ensuive.
Cette petite garce ? Elle… Elle était consentan… Crac ! Un coup de genou vint fissurer la mâchoire du prisonnier avant qu’il n’ait eu le temps de terminer sa phrase, brisant trois de ses dents au passage.
Creuse...
Mais… Mais avec quoi ?! Interrogea l’homme, tandis qu’une abondante gerbe de sang s’écoulait de sa bouche.
Avec la main que je ne t’ai pas encore coupée…

Péniblement, l’homme rampa jusqu’à pied de l’arbre, puis tourna la tête vers le djöllfulin qui le mettait en joue avec son arme, avant de commencer à creuser. Si les premiers centimètres du sol semblaient aisés à dégager, la boue fit bien vite place à de la terre sèches, des gravas et des racines.  
Et n’essaye pas de t’enfuir, sinon je me verrais obligé de te tirer une balle dans chaque rotule.
Avec pour seuls outils une unique main valide ainsi qu’un moignon infecté, le criminel, au prix d’un effort monstrueux et d’une bonne heure de travail, acheva la tombe. Ses mains usées étaient recouvertes de sang, d’entailles et de terres tandis que certains de ses ongles avaient commencé à s’arracher de ses doigts meurtris.
Sans lui laisser le temps de respirer, son geôlier lui ordonna alors de déposer délicatement le cadavre de sa victime, bras croisés, au fond de son ultime repos avant de l’enfouir définitivement.

Voilà… J'ai… J'ai terminé. Fit-il, à bout de forces.
Bien. Maintenant lève toi.
Tu… Tu vas me libérer n'est-ce pas ? Questionna l'homme inquiet. Mais aucune réponse ne lui fut accordé. Le djöllfulin était en train de psalmodier quelques mystérieux cantiques.
J'ai fait tout ce que tu m'as demandé de faire... J'ai exécuté docilement tes ordres ! J'ai été obligé de marcher pendant des jours ! Sans boire ni manger ! Laisse-moi me reposer… Tandis qu'il bégayait en tentant d'amadouer le diable en armure, une nuée de corbeaux vint se poser sur les branches des arbres cernant la clairière.

À leur vue, le criminel ravala sa salive, puis se tourna fébrilement vers Jûken'Maw. Ce dernier l’observa alors d’un regard dédaigneux et insensible.
Les gens comme toi... sont la gangrène de ce monde. Vos actions sont certes insignifiantes à l’échelles d’un continent, mais elles sont devenus son quotidien nauséabond. Des travers d’enfant gâté que la société a trop longtemps ignoré. Le fameux « mal nécessaire »... Rétorqua le djöllfulin d’une voix sèche tandis qu’il faisait craquer les os de ses mains. Mais je vais arranger ça. Je vais me charger de la vermine que vous représentez. Et ensuite… Ce sera le tour du « gros gibier ».
Je regrette ! Je regrette ce que j’ai fait ! C’était un accident. Laisse-moi partir, je t'en supplie !!! S'égosillait l'homme en tenant son moignon ensanglanté.

Jûken’Maw, sans tenir compte des propos de son prisonnier, arma son fusil avant de le pointer contre le front de ce dernier. Un adage de mon peuple dit que celui qui tue pour le plaisir doit toujours se préparer à creuser deux tombes… Celle de sa malheureuse victime… et la sienne. Mais d’après moi, ta misérable existence ne mérite même pas le droit à une sépulture.
Non… Non non non ! Pitié ! PIT… Un coup de feu retentit, faisant s’envoler la nuée de corbeaux s’étend massé autour de la scène.

Tout en rechargeant son arme, Jûken’Maw observa le corps de l’homme au crâne perforé, dont la cervelle se rependait sur le sol. Les charognards ne tarderaient pas à revenir pour se repaître de sa chair, bien qu’il n’y ait plus grand-chose à manger sur son cadavre famélique. Se rapprochant de la tombe de la défunte orpheline, il apposa sa main sur le monticule de terre puis lui adressa quelques prières. Son jugement rendu et l'honneur de l'enfant restauré, il ramassa alors son arme, la ramassa dans son dos, puis leva le regard vers les cieux.

Que Lagmarù ait pitié de mes ennemis, car moi… Je n’en aurais aucune...


Dernière édition par Jûken'Maw le Lun 7 Aoû 2017 - 16:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La découverte d'un nouveau monde [PW Jûken'Maw]   Ven 7 Juil 2017 - 17:42

La douleur l'habitait encore fortement, elle ne se calmerait pas avant quelques heures. En l'état, Shokan serait capable de marcher, mais bien plus lentement que si Eien Kokai ne se manifestait pas. C'est pourquoi il restait assis, pour l'heure, tentant de raviver les flammes de son campement sans grande conviction. Il n'était pas pressé de repartir. Malgré le mauvais temps, la température des plaines était agréable, et puis, il n'avait nulle part où aller de toute manière. Personne aux alentours, pas de village à l'horizon, le Djöllfullinn aurait presque pu s'installer ici définitivement, si il se trouvait un abri pour les futures intempéries. Les lieux présentaient peu de risques, au cas où ses foutus pouvoirs se réveillent.

Perdus dans ses pensées, ses souvenirs douloureux et ses minces perspectives pour le futur, l'exilé n'entendit pas tout de suite. Ce ne fut que lorsque les éclats de voix devinrent des cris, des suppliques désespérées, qu'il tendit une oreille plus attentive. C'était un homme, mal en point à en juger par le timbre variable de sa voix. Shokan ne comprenait pas ce qu'il disait, mais il percevait l'urgence de ses propos. Un paysan pris en otage par des braconniers ? Un pèlerin prit en chasse par un quelconque prédateur ? Le Djöllfullinn n'était pas sûr que ça vaille la peine de se déplacer. Pourtant, il se saisit de son arbalète, et s'orienta au fil des paroles terrorisées de cet inconnu.

Son pas prudent c'était peu à peu accéléré, au fur et à mesure qu'il sentait l'urgence de la situation grandir. Les suppliques se faisaient plus pressante... et puis plus rien. Une détonation assourdissante avait retentit, éliminant dans son sillage l'inconnu, ainsi que l'hypothèse d'une quelconque bête sauvage. Une créature intelligente venait d'en abattre une autre.

Il ne fallut qu'une minute de plus à Shokan pour parvenir sur les lieux du crime. Dissimulé par la végétation ambiante, il remarqua immédiatement le défunt, dont le visage lui faisait face. Corps presque nu, tâché de sang, d'hématomes, l'épiderme mordu par le froid et les côtes saillantes à cause des privations qu'il avait indéniablement subit. Un projectile suffisamment puissant pour laisser un trou béant dans son crâne était la cause indéniable du décès. Légèrement derrière lui, le Djöllufullin put également observer le tueur. Masqué, il portait un appareil sophistiqué dans ses bras, sans doute l'arme du crime. Quelques plaques d'armures venaient recouvrir une tenue faites d'étoffes que l'exilé ne reconnaissait que trop bien. Il s'agissait de tissu Djöllfullinn, il en aura mit sa main à couper ! Ainsi donc, il n'était pas le seul à vagabonder sur ces terres inconnues ? Les autres exilés de sa race ne se trouvaient pas tous au camp des Sombres Montagnes de Kanaan ? Mais le plus important, la question centrale dans l'esprit de Shokan à l'instant était : pourquoi son congénère avait-il prit la vie de cet homme ?

Il rangea son arbalète dans son dos. Vu l'accoutrement et l'équipement de l'autre Djöllfullin, un carreau n'aurait sans doute pas fait grand-choses. Puis, afin de se signaler, il s'éclaircit la gorge et se redressa complètement, mains bien en évidence afin de montrer qu'il n'était pas agressif. D'un pas calme, il s'approcha de la scène de crime. Tant de scénarios étaient plausibles, Shokan se refusa à porter un jugement sur ce qu'il venait de se passer. Cependant, alors qu'il était désormais debout et plus près, il remarqua un nouveau détail important : aux côtés du corps mort de l'homme, se trouvait un trou, une tombe. Et celle-ci n'était pas vide. Le corps d'une jeune fille, visiblement morte depuis quelques jours, y avait été déposé. Le regard entièrement jaune de Shokan alla d'un corps mort à l'autre, puis revint sur le visage masqué du tueur. Seuls quelques mots quittèrent ses lèvres. Désignant le cadavre de l'homme du menton, Shokan demanda :


L'avait-il mérité ?




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MessageSujet: Re: La découverte d'un nouveau monde [PW Jûken'Maw]   Lun 7 Aoû 2017 - 20:02

Un bruissement de feuilles, dans son dos. Instinctivement, Jûken’Maw dégaina son arme avant de mettre en joue la présence venant de pénétrer dans l’espace dorénavant consacré par les soins du djöllfulin. Mais alors qu’il s’apprêtait à ouvrir le feu, l’individu montra patte blanche en levant immédiatement ses mains, signe qu’il ne souhaitait pas lancer d’hostilités. L’étranger sortie alors de la pénombre puis s’avança lentement, pour finalement révéler sa véritable nature : un autre djöllfulin.

Il fallait le reconnaître, croiser l’un de ses frères n’était pas chose courante. Mais hasard ou destinée, si ce dernier tentait quoi que ce soit de louche, l’adepte de Lagmarù n’hésiterait pas une seconde à tirer. Tandis que le nouvel arrivant s’approchait doucement, Jûken’Maw ne le quittait pas des yeux, décryptant son équipement ainsi que ses capacités potentielles. Une arbalète dans le dos, une petite dague à la ceinture et un étrange tatouage parcourant l’entièreté de son torse.
Il n’était pas exclu que ce dernier puisse également utiliser de la magie. Aussi, bien que rangeant son arme à feu, Jûken’Maw demeurait sur ses gardes, prêt à dégainer à la moindre menace.

Alors que le technophile, immobile et silencieux, scrutait l’inconnu, ce dernier s’affairait à inspecter la scène, puis, au bout de quelques secondes, fit volte-face avant de prendre la parole.
L'avait-il mérité ? Questionna t-il simplement.
Suffisamment pour que cela justifie le châtiment exemplaire que je lui ai infligé… Rétorqua Jûken’Maw d‘une voix rauque et sèche. Le djöllfulin en armure se rapprocha alors de la tombe puis recouvrit les derniers vestiges encore apparents du corps de la victime d’une large couche de terre.

Cette jeune fille qui gît au fond de cette tombe... Je l’ai retrouvé il y a trois jours, dans une cahute en ruine aux abords d’un petit village, entre les mains du type que je viens d’abattre. Tandis qu’il fixait le corps sans vie de l’homme qu’il avait tué, d’ardentes fumerolles commençaient à s’échapper des interstices de son armure et de ses yeux. J’ai entendu des cris de détresse. J’ai enfoncé la porte de la maison et j’ai vu… cette ordure en train de violer une enfant, probablement une orpheline. Malheureusement, je suis arrivé dix secondes trop tard. La gamine avait des marques d’étranglement sur le cou et la vie venait de quitter son corps recouvert d’hématomes et de plaies à vif… Ses poings se crispèrent, faisant craquer ses phalanges. Alors j’ai fait ce qui était nécessaire, ce que nous ont appris nos ancêtres : rendre justice aux innocents et châtier ceux qui ont péché… Au vu des actes de cette pourriture, c’était la seule rédemption possible.

Si de telles actions pouvaient se produire, c’est que le système le permettait. Les clans, factions et grandes familles de Dùralas se complaisaient dans le luxe, s’enfermant dans leur routine quotidienne en fermant les yeux sur la dure réalité de ce monde. Ils laissaient faire et à cause de cette négligence, des milliers d’individus souffraient tandis que d’autres de jouait de la Loi s’affranchissant de l’autorité en permanence, qui avait dorénavant perdu toute crédibilité.
Une des seules exceptions notables se situait à Stellaraë, en la personne de Dougal Keane. Jûken’Maw avait eu vent de son tempérament d’acier et des récentes opérations qu’il avait mené contre des membres de la congrégation des ombres. Une homme droit, doué de vertus et d’une rigueur irréprochable. Un véritable soldat comme on en faisait plus de nos jours...

Mais j’imagine que je t’apprends rien quand je te parle de rédemption… N’est-ce pas ? Fit-il en fixant le large tatouage de Shokan.

Eien Kokai...
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MessageSujet: Re: La découverte d'un nouveau monde [PW Jûken'Maw]   Ven 11 Aoû 2017 - 14:58


Shokan frissonna en entendant les explications froides du soldat. Un violeur, un tueur, un pédophile, une orpheline. Ce monde qu'il ne connaissait pas abritait donc des individus de cette espèce ? Une bouffée de chaleur envahit le Djöllfullinn, qui attribua cela aux volutes de fumée brûlante qui s'échappaient des interstices de l'armure du soldat. Oui, il avait bien agit. Sans doute les autorités de la cité n'aurait pas vu cela du même œil. Sans doute les "garants" de la justice préférerait voir ce genre d'individus leur être présenté, afin de rendre un jugement. Mais quel autre sentence que la mort convenait à ce genre de crime ? Pour Shokan, la réponse était simple : aucune.

Puissent les Dieux veiller sur son âme... Déclara l'arbalétrier en fixant la tombe de la fillette.

Voir cela le faisait se questionner. Le meurtre et le viol d'une orpheline était à n'en pas douter au-delà de toutes rédemptions. Mais lui, lorsque sa sabulokinésie s'était déclenchée sous le coup de la colère... il avait fait de lourds dégâts matériels. Il avait tués son père et son frère. Pourtant, lorsqu'il avait demandé la juste punition à Kar'Magûl, ce n'est pas la mort qui l'avait accueillie. Eien Kokai, la malédiction divine de la rédemption. Un fardeau éternel, avec lequel il devait vivre sur le chemin du pardon.

L'autre l'avait remarqué. En même temps, tous les Djöllfullinn connaissaient les légendes. Et puis, au vu de son équipement, son interlocuteur avait indubitablement eu accès à une éducation plus que solide. Guère la peine de faire des mystères, Shokan laissa échapper un soupir mélancolique et parla :


Tel fût le châtiment de Kar'Magûl à mes péchés. Eien Kokai sera sur moi jusqu'à ce que la mort vienne cueillir mon âme. Toutefois... je crains que les portes du Kashbaruk me demeurent closes. Tu viens de m'en donner un nouvel exemple : la rédemption n'existe pas pour les meurtriers.

Il ne l'avait pas voulu. Il n'y avait pas pensé. Il voulait simplement protéger sa famille, c'était arrivé alors qu'il perdait son calme. Tout ça à cause de ces foutues rumeur. Et si son père avait raison ? Et si tout n'était que quolibets, histoires inventées pour faire dormir les enfants dissidents ? Non... sinon le camp des Montagnes Noires n'existerait pas. Mais c'était peut-être autre chose ? Un autre djöllfullinn, probablement mieux informé était face à lui. Autant lui demander :


Il y avait une rumeur, dans mon village. Un monstre ardent, venu du nord, qui répandrait la destruction et ne laissait que la mort dans son sillage. L'as-tu entendue également ? Est-ce réel ? Ceux qui ne traversent pas les grandes plaines blanches sont-ils condamnés ?

Plus il parlait, plus ses pensées allaient à sa famille. Après la mort du père de Shokan, le village semblait déterminé à ne pas immigrer. Sa femme, sa fille, le reste des villageois... si la rumeur de l'être de flammes s'avérait vraie... alors le maudit perdrait tout espoir de revoir leurs visages un jour...




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MessageSujet: Re: La découverte d'un nouveau monde [PW Jûken'Maw]   Dim 13 Aoû 2017 - 17:24

Une fraîche brise soufflait dans les arbres, faisant danser et chanter leurs ramages écarlate de feuilles d’automne. En contrebas, Jûken’Maw écoutait les propos du djöllfulin attentivement. Puis, lorsqu’il eut fini, fronça les sourcils avant de rengainer son arme.

Tu fais erreur sur mes propos. Rétorqua sèchement Jûken’Maw. Je n’ai pas dit que la rédemption d’un meurtrier se résolvait seulement par sa mise à mort... Tout dépend de la nature et de l’état d’esprit du fautif. En effet, même si le servant de Lagmarù était partisan d’une justice impitoyable et implacable, il ne tuait jamais sans raison, pas plus qu’il ne prenait de plaisir à enlever la vie d’une personne. S’il pouvait se passer de se salir les mains, il le ferait sans hésiter, mais alors… Qui accepterait de faire cette sale besogne ? Qui accepterait à son tour de faire des choix draconiens afin d’offrir paix et sécurité pour tous ? Trop peu malheureusement.

L’homme que je viens d’abattre n’avait plus aucune parcelle de bon en lui. Rien qui ne pouvait ou devait être sauvé ; mais pour toi… C’est peut-être différent.
Même s’il se méfiait de son interlocuteur, la brève analyse de ses paroles et ses actions révélaient certains traits de caractère enclins aux remords, à la compassion et au sens de la justice. Le fait que Shokan s’interroge sur les raison de la mort de la personne abattue et sur la nécessité d’une telle sentence pouvait laisser à penser qu’il avait une certaine inclination à la sauvegarde du genre humain plutôt qu’à sa destruction. Toutefois… Le technophile ne pouvait se l’assurer avec certitude.

Je n’ai pas connaissance de ton passé et ne peu par conséquent juger de tes actes. Toutefois, je sais une chose : Eien Kokaï est la fois un fardeau et un honneur. Fardeau, car c’est une malédiction douloureuse que tu porteras très longtemps, si ce n’est toute ta vie. Mais également un honneur, car Kar’Magûl, par cet acte, te donne la possibilité de te racheter pour tes péchés...
Eien Kokaï n’était pas une marque accordée à n’importe quel cloporte sans états d’âme. Non. Elle était octroyée par Kar’Magûl sur ceux qu’il jugeait digne de bénéficier d’une seconde chance. Ceux à qui il apposait cette malédiction vivaient alors dans le but de racheter leur âme. La marque, par ses douloureuses manifestations physique et mentale devenait une piqûre de rappel permanente afin de guider les pécheurs repêchés par leur dieu vers une vie vertueuse, pour eux comme pour ceux qui les entouraient. Une vie de rédemption…

Pour ce qui est de la rumeur… Il prit une profonde inspiration. En fait, je pense que les gens sont inconscients de qualifier simplement ces événements de « rumeur ». La prophétie nous avait bien prédit la destruction de nos terres non ? Mais la plupart ont refusé d’y croire… Ont refusé d’écouter les paroles de nos dieux. Et maintenant regarde le résultat ! Sa voix devint dure et sèche. Nos terres deviennent stériles et nos villes réduites à l’état de poussière. Les nôtres se font massacrer par milliers et sont forcés à l’exil... Nous étions un si grand peuple avant cela.

Il leva les yeux en direction de la canopée, où, au travers de son épais feuillage, filtrait quelques maigres et pâles rayons de soleil, puis poussa un léger soupir.

Quel manque de foi consternant...
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