Bonjour Invité, et bonne visite sur Dùralas !
Contribuez en aidant et en faisant part de vos idées pour le forum ici
Bienvenue à notre dernier membre : Mélopéas Mauson
Le Monde de Dùralas a précisément 1423 jours !
Dùralas, le Ven 22 Sep 2017 - 15:17
Pour être à l’affût des dernières nouveautés, c'est ici qu'il faut aller !
Pour toute réclamation, visitez le Bureau des réclamations.
Envie de sensations fortes, de gloire ? Tentez le Championnat de BaldorHeim

Partagez | 
 

 Bibliographie de la Maison Grey. [Solo]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Styx
Ombre de la C.O ♦ Baron de Spelunca ♦ Malice immémoriale

avatar

Messages : 1143
Expérience : 4730
Masculin Âge RP : ?

♦ Politique : 163
Métier : Chasseur - Maître (MAX)
Disponibilité : Disponible

Titres:
 

(Faustus Fortuna, Compagnon de Styx [Invendable] ; 50% des stats - bonus compris sauf artefacts - dé de race)

Stats & équipements
Vitalité:
2742/2742  (2742/2742)
Vitesse: 1142
Dégâts: 887

MessageSujet: Bibliographie de la Maison Grey. [Solo]   Sam 26 Aoû 2017 - 3:51

"Ruse et Pouvoir"

Un bruit épais de roues empli les airs nocturnes du massif de Spelunca, inaudible de toute civilisation en ces recoins oubliés des Hommes. Car si les sentiers où s'enfonçait la diligence à la destination audacieuse étaient étranges et tortueux, ils n'étaient pas aussi bizarres que les galeries caverneuses où ils menaient. Spelunca, ancienne terre des Vampires et Lycanthropes, recelait en ses dédales de pierre creusée ben des secrets.

Lorsque le convoi eut franchi le col qui séparait le dernier village de la dernière route vers toute ville digne de ce nom, il continua un peu, avant que ses conducteurs ne décident d'arrêter le véhicule. Il était grand, et d'excellente manufacture comme en attestait le blason de la Garde Royale, frappé sur les cotés du chariot. Les étalons quant à eux, deux beaux purs-sangs, étaient drapés de rouge et d'or.
Le premier gardien en armure chatoyante, même dans cette nuit noire, se saisit d'une torche du véhicule et descendit, avant de faire le tour de son transport trois fois. Le second eut tôt fait de rejoindre la ronde, en sens inverse, inspectant à son tour la cargaison.

Un épais rideau, brodé de glyphes et serti de pierres enchantées, dissimulait une cage en acier trempé, lui aussi magique, bâti par les nains forgerons eux-mêmes. Après un court instant qui pourrait passer pour une certaine hésitation, le garde à la torche avança sa main vers le tissu, qui s'envola un court instant, baigné dans un clair de lune presque menaçant.

Un visage aux trais fins et doux, presque féminins au niveau des pommettes rosées, leva des yeux rouges vers son geôlier. Il y avait un silence insidieux en ces lieux, presque féroce, seulement perturbé par les soufflements des chevaux et le vent qui agite le feu au bout du bâton du gardien.
En une fraction de secondes, il déglutit en apercevant la prétendue Ombre. Un jeune garçon, qui une fois privé de son habituel maquillage demeurait tout de même d'une pâleur inhumaine, maigre et grand. Ce n'était pas vraiment ce à quoi les yeux d'un combattant aguerri s'attendaient, ce qui décocha un rire nerveux au Stellarois, qui était toujours la cible des yeux curieux du magicien.

Lachlan "Styx" Grey n'avait rien de dangereux désormais. Solidement enchainé au niveau des mains et des pieds, il portait aussi en permanence un masque de fer sur la partie inférieure de la mâchoire, afin d'éviter toute tentative de morsure. En d'autres termes, un esprit avisé savait que le tuer en de telles circonstances n'était pas chose qui se présenterait deux fois.
La main du soldat effleura son épée, dans son fourreau, toujours suivi par les billes qui servaient d'yeux au pauvre vampire, mais l'autre lui fit signe de la tête et lui commanda d'ouvrir la porte de la cage.

Après tout les Stellarois n'ont qu'une parole et il fut décidé, nul ne saura sous quelles circonstances, que le criminel notoire serait pardonné pour ses crimes et même reconnu comme noblesse en échange d'une allégeance à la couronne. Et il n'y eut pas une seule bouche pour affirmer que l'arlequin se tiendrait tranquille jusqu'à son procès.
Tous avaient redouté un éclat de malice, comme en avaient témoigné ses semblables en s'évadant, mais il n'y eut rien dans la prison qui aurait indiqué la malfaisance du désormais Sir.

Lachlan était plutôt sympathique, même si quelques fois mal luné, et parlait bien. Pour cela, tous s'intéressèrent à ses bavardages et bientôt il devint une figure installé dans le paysage carcéral. Jusqu'au jour de son jugement.

Il passa devant les foules, hué et même lapidé par certains, sans que jamais aucune magie -puisqu'il en était privé par les chaines des nains- ne viennent refermer ses blessures. Il fut battu et interrogé, affamé aussi, sans jamais rétorquer.
Même lors du jugement il montra une certaine surprise à ce que l'on le relâche.

Le garde posa ses doigts sur le fer enchanté, et soupira. Lorsque le verrou céderait sous la clé, une bête féroce, capable de manipuler des forces obscures et réputé pour ses complots serait relâché dans la nature.
Pire encore, après l'évocation d'une demande de serment, le prisonnier s'était de suite proposé. Et bien que le Garde à la torche, clair dans son raisonnement ne pouvait décemment refuser un ordre de la Couronne, il hésita.

Il était encore temps, pensa-t-il en ouvrant la porte de la cage, de mettre un terme à la vie de celui qui avait mené les troupes chaotiques de la Congrégation à Ishtar. Alors il contempla, en une expression voilée par son heaume de fer noble et de dorures, l'otage à son tour et leurs regards se croisèrent durant un moment qui lui sembla une éternité.
Il ne vit aucun mal en cet homme, finalement.

Alors les gardes montèrent, et entreprirent de le libérer à deux. Il était inutile de préciser que l'activité n'enchantait aucun des deux gardes, mais il fallait dénouer les liens, et il était impossible de le faire de l'extérieur, allez comprendre pourquoi. Lentement, sous une certaine pesanteur, ils libérèrent chaque membre séparément, jusqu'à ce que le captif ne sois maintenu prisonnier que par sa muselière solidement rattachée aux barreaux.
Lorsque celle-ci tomba, l'intéressé fit quelques mouvements de mâchoire et termina son exercice par un sourire avant de sauter hors du chariot. Il resta à l'entrée de sa cage quelques instants en regardant les gardes avec insistance.


- Il me semble qu'un véhicule m'était promis une fois à destination dans les négociations, messieurs. Où est-il ?

Les deux gardes, ébahis de ne pas avoir été attaqués, restaient muets face au pragmatisme de leur interlocuteur. Celui à la lanterne laissa échapper un rire avant de parler avec assurance.

- Les horaires n'ont pas été précisés par vos bienfaiteurs, Messire. C'est bien comme ça maintenant ? Messire !

De nouveau, le jeune homme aux joues roses et maigre constitution les regarda avec insistance.

- Vous haïssez celui que j'étais, et cela je conçois, mais veuillez accompagner vos paroles de mon nouveau caractère puisque vous ornez vos phrases de mon titre nouveau. Je suis Lachlan Grey, fier gentilhomme du royaume Dùralassien et dans mon allégeance à la couronne je vous présente mes plus honnêtes respects à vous qui êtes les épées du peuple.
Vous avez un jeu de cartes ? En attendant ?


Encore des regards déconcertés, suite auxquels le plus jeune des Gardiens ôta son heaume pour dévoiler un faciès plaisant et une barbe taillée. Il sauta à son tour hors de la cage, pour se tenir aux côtés du vampire.

- J'espère que vous dîtes vrai, Messire, Edgar de Langlois pour vous servir. Je respecte vos actions jusque là pacifiques, pardonnez ma surprise, mais vous avez un passé.

L'ombre salua l'homme par une poignée de main, et, alors que le deuxième gardien allait rejoindre l'échange amical, une voiture, comme apparue de nulle part, tirée par deux juments blanches de Spelunca se tînt face à eux.
La voiture était parée de peintures élégantes, représentant les roses d'or de la maison Grey. Le vampire, alors occupé à sortir un jeu de cartes interrompit son geste en une mine plutôt désolée.


- Une prochaine fois, Edgar et son ami ! La prochaine fois, notre partie sera plus longue !

La silhouette du jeune homme, seulement vêtu de pauvres chiffons de prisonnier, disparu dans l'immense carrosse plus vite qu'il n'avait bondit hors de sa cage.

Dans la voiture, tirée par un énigmatique personnage à capuchon, trônait Faustus, paré d'un costume noir de jais, impeccable. Il tandis des vêtements classieux à l'arlequin dévêtu et le laissa se changer tandis qu'il le prépara à ses nouvelles fonctions ;


- Monsieur, cela faisait longtemps. Je crois que nous officions sous de nouvelles couleurs désormais, j'ai donc trouvé préférable de... retoucher vos possessions afin qu'elles ne soient au goût de Sa Majesté. Heureux de vous retrouver.
- Excellente initiative, les roses rendent bien, je ne m'en plaindrais pas. Tu as bien agis, retournons à Château-Rouge désormais, j'ai une allégeance vis à vis de la Couronne à respecter.

Faustus s'inclina poliment, et la voiture démarra instantanément.

Le trajet était assez court, mais se comptait néanmoins en heures. Désormais il s'agissait de ne plus perturber les paysans avec quelque déplacement magique, cela n'allait pas avec le statut du maître.
Le démon, alors que Styx s'habillait, ne put contenir un regard soupçonneux. Le vampire avait été laissé aux cachots durant des semaines, traité comme le haut traître qu'il était et probablement affamé, et son corps en avait pâti. Son torse, autrefois imberbe et lisse, présentait d'atroces mutilations, alors que la partie basse de son dos semblait calcinée. Faustus avait lu bon nombre de traités sur la torture, de partout dans le monde, mais toujours les vampires étaient des fantasmes du genre. Théoriquement immortels, ils faisaient la joie des tortionnaires, dénota le majordome sans toutefois plaindre son maître.

Il était sortit. D'ailleurs Faustus ignorait totalement le pourquoi de cette absolution royale. Il avait déjà tout préparé pour que Styx soit remplacé lorsqu'un corbeau l'avait informé du retour du clown. Curieusement, le serviteur attendait la mort de son maître dernièrement, il l'avait trouvé plutôt inactif. Objectivement.
Et le revoilà, désormais Baron et au service de Sa Majesté. Il attendit que Styx eut terminé d'enfiler un costume adapté, entièrement noir, avec un col relevé et des gravures rouges. Ainsi drapé le vampire ressemblait fortement à l'image du noble réussi que tous avaient inconsciemment.


- Monsieur, je suis à votre service, j'ai veillé à ce que tout sois prêt à Château-Rouge, mais... et je suis honteux de l'avouer, je ne sais pas sur quel pied danser. Êtes-vous réellement à la solde de la royauté Dùralassienne ? Vous êtes conscients que le service de la Dame n'est pas...

Styx leva une main doucement, puis planta des yeux indéchiffrables sur son majordome avant de parler à voix basse.

- Je suis le Baron de Spelunca, Faustus, et j'agirai comme mon serment me l'ordonne. Je garderai ce territoire de mon nom, et serai loyal envers le Roi. Je lèverai mon épée contre le danger, et protégerai ceux qui me prêtent allégeance. Jamais je ne trahirai des termes qui engagent ma survie en ce territoire, j'ai perdu une fois et cela me suffit.

Tout aussi naturellement qu'il avait accueilli Styx à bord, il posa un regard compréhensif sur Lachlan.

- Bien, Baron. La cérémonie officielle aura lieu demain, j'ai commandé du pain des fermes d'Ishtar, du vin de la région, des vignes de la famille Vermillon -le meilleur on me l'a certifié- et enfin du millésime Stellarois, sang royal. Pour la décoration j'ai opté pour...
- Avez-vous invité la famille Vassi ? J'ai ouï dire qu'ils étaient en visite à Dùralas... le charme de la Ghermanie doit s'estomper j'imagine...
- Très bien, j'enverrai le corbeau de suite. Mais, donc, pour la décoration j'ai pensé à des chandeliers de style baroques, en pierre blanche et noire, bordés de dorures...

Le restant du temps de voyage fut accordé aux fruits et fromages, argenterie et diversions, ainsi que beaucoup d'autres détails inhérents à l'acquisition du titre du vampire qui prêta pour une fois une oreille attentive aux dires de son homme de main. Il était clair pour Faustus que le maître avait changé, mais il n'était pas totalement convaincu de son alignement et savait que les devoirs envers sa Déesse poseraient problème à l'arlequin.
Il décida de se contenter d'obéir, le destin dicterait le reste.


Alors qu'ils étaient presque parvenus à destination, le Majordome terminant quelques détails a propos des desserts fit une aparté à son maître.

- Votre comportement exemplaire à  la prison de Stellarae, ainsi que votre allégeance vous ont valu une remonté incroyable dans la considération locale, certains nobles voudraient même se mobiliser demain pour votre cérémonie. Je n'ai décliné aucune demande, j'imaginais que monsieur aurait besoin de quelques alliés...
- Je suis très satisfait de toi, je ne pouvais espérer mieux. Les Seigneurs fidèles à la Dame seront là ? Et les nobles Spelunciens à qui la Congrégation a fourni des mercenaires ?
- Certainement monsieur.

La diligence arrêta alors sa course, et ils furent arrivés à destination.

Château-Rouge est une cité en expansion bâtie de toute pièce par Styx. Il n'a voulu aucune aide extérieure lors des plans, et le résultat est étonnamment cohérent. La ville compte quelques centaines de villageois, et déjà deux familles, les Carthes et les Ashah, des vampires alpha dont les chefs semblent connaître Lachlan comme personne, se sont déjà installés dans les enceintes, au plus près des appartements du Baron. Il va de soi, pour deux clans qui ont servi la Dame depuis presque aussi longtemps que n'existe l'entité.

Les rues, en pavés et dalles nettoyées par un système de récupération d'eaux novateur, sont agréables bien qu'escarpées -Château-Rouge ayant été bâti dans la roche il a fallut adapter les travaux et le résultat se présentait verticalement- et des canaux artificiels, irrigués des eaux montagnardes, bercent constamment l'arrière-plan du centre ville. Aqueducs et ponts ne sont pas les seuls atouts de la cité de la Rose, puisque le baron Grey, amateur d'arts, a exigé la construction d'une salle de spectacles, ainsi que l'ouverture d'une Bibliothèque impressionnante dans les entrailles du château, gardée par Mestre Fortuna.  
La bâtisse du Baron est luxueuse et avenante, propre à une architecture vampire classique. Ses tours s'enfoncent dans les cieux de leurs pointes acérées, et les toitures, en pierre de basalte, confère à l'immense château une aura mystérieuse. Comme si le bâtiment allait à tout moment disparaître dans les brumes des hauteurs, quelquefois aperçues par les temps de pleine lune, un phénomène plus courant à Château-Rouge qu'ailleurs en Spelunca. Alors tombait sur la cité une incroyable atmosphère de pesanteur et tous voyaient parfois d'étranges spectacles dans ces vapeurs lunaires, incandescentes et si froides à la fois... Mestre Fortuna expliqua une fois qu'il s'agissait là d'un banal événement météorologique -en ces mots savants- et qu'il n'y avait rien à redouter ces soirs là plus que les autres.

Une jolie ville, à l'agréable château, devant lequel s'avançait un Sir de bonne allure, fin et élancé, en un costume noir et rouge de toute élégance. Les gardes, des Amants à l'entraînement militaire exemplaire, se mirent au garde-à-vous à la vue de leur Baron, le Valet Grey. La garde de Château-Rouge, à l'équipement en basalte et or, s'était vue attribuée le sobriquet de "Frelons Spelunciens" et Lachlan en apprenant la nouvelle avait ri longuement.

Le Seigneur passa devant eux en leur adressant un salut poli, toujours droit, avant de s'enfoncer dans l'immense porte peinte de rouge, gravée d'une immense rose, que l'on lui ouvrait.
La vie dans le château était partout. Les cuisiniers couraient, commandaient, criaient, les servantes accouraient, portant à bout de bras tissus et rideaux, et enfin, le reste chargé d'effectuer les tâches qui ne manquaient jamais, s'attelaient même tardivement à leurs occupations.

Lachlan esquissa un sourire satisfait, et gravi les marches avec fierté. En haut l'attendait sa plus jeune fille; Victoria. Elle regarda son père monter, une mine réjouie, puis se posa à la cime de la rambarde. La Lionne d'Ishtar, une simple humaine qui avait mené à bien la difficile tâche d'organiser un marché noir (chose plus facile à dire qu'à faire, étant donné la fréquente manie des roublards à tenter de voler) et une Arène illégale de duels mortels.


- Père. Joli Jacques est... occupé depuis l'arrivée de la famille Vassi. Leur fille semble lui plaire, et le sentiment semble partagé. Vous devriez voir le regard qu'a cette petite Marie Vassi, une vraie chienne.
- Surveille ton langage, la famille Vassi est une haute lignée vampire au même titre que nous.
- Voyez-vous ça... Père vous auriez réellement changé ? Je peine à croire que je parle au même homme qui a jadis tué mes trente meilleurs gladiateurs...
- Et pourtant, l'avenir change pour tous, Victoria. Veux-tu bien assurer la garde de demain soir ? Veille à ce que rien ne nous perturbe.
- Je placerais mes meilleurs hommes. Et si Sa Majesté s'annonce, je lui dis d'aller sucer un Pitiponk ?
- Sa Majesté est à Stellarae. Le Roi sera néanmoins ici, dans les yeux de chaque noble qui s'invitera à notre table... alors moins de vilains mots, et plus de décolleté. Oh, et agis décemment je te prie, nous sommes de la noblesse.

Sur ces mots qui provoquèrent un léger rire chez les deux vampires, Lachlan quitta les couloirs somptueux, en gravures d'or et en pierre volcanique, pour s'installer dans ses appartements.

La chambre de l'arlequin se situait à l'arrière d'une pièce immense, peut-être l'une des plus grandes du château en comptant ses sous-terrains cyclopéens, où se trouvait également le laboratoire du Mestre.

Ayant changé de titre en même temps que son maître, Faustus trouva qu'il était préférable de ne plus compter sur la Congrégation comme office et décida de déplacer les instruments, décoctions, grimoires et outils en ces lieux. Château-Rouge connaissait cette pièce, principalement recouverte de gargantuesques étagères de livres, comme la Bibliothèque. Cela était en partie vrai, tant les ouvrages recueillis par Styx au long des siècles valaient leur pesant en or et certains même écrits en langues oubliées, narrant aux yeux instruits par une éducation aujourd'hui disparue des histoires chimériques d'âges de Dragons, de Rois Magiciens, et autres fables que le monde ne connaîtrait jamais.
Mais l'endroit était également, et principalement, la zone de confort du magicien et de son ami démon qui collaboraient à moult projets et exerçaient quotidiennement leurs talents. Dans une petite serre ronde en verre, de quelques mètres de diamètre, disposées sur un parterre au niveau de la chambre de l'arlequin s'épanouissaient même quelques Nocturnes. Elles étaient mourantes, toutes celles crées, car l'absence du Magicien, privé de ses pouvoirs lors de son séjour en prison avait affecté ses créations au delà de l'imaginable.

Mais le Baron ne parut pas se soucier des fleurs, et continua jusqu'à sa porte, non sans se saisir d'une pile d'ouvrages. Pour la plus grande déception de Faustus, il n'y avait ni Empoisonnement ni Sciences Occultes, mais des pages a propos des familles locales intitulées "Histoire Ancienne et Nouvelle de Spelunca volume I" jusqu'au volume VI.
Une fois à l'entrée de sa chambre, l'arlequin invita Faustus à entrer, chose qu'il ne faisait habituellement. Le vampire installa et servit à son bras-droit un verre de rhum fourni par les Pirates, l'un des meilleurs assura-t-il, et s'installa confortablement sur une chaise face à lui. Faustus, n'ayant pas habitude de pareils coutumes, leva un sourcil sans que Lachlan ne réagisse.


- Sais-tu quels sont les effets engendrés par une proximité constante à l'Immatériel sur le corps ? Aucun. Aucun symptôme, aucun changement physique ou mental suite aux grands rêves, aux marches spirituelles, rien.

Le Majordome porta le verre de rhum à ses lèvres, sentant un arôme enivrant lui envahir les narines, et apprécia la boisson en observant le vampire. Il avait une mine étonnamment éteinte, presque maladive.
Faustus savait quels étaient les effets. Et il n'eut pas besoin de plus de la part du Valet pour comprendre ce qui c'était passé. Si Styx ne préparait pas déjà sa revanche, ce n'était pas par ruse mais par prudence. Il était privé de ses pouvoirs, et personne ne savait jamais quand le monde des Esprits allait de nouveau s'ouvrir à ceux qui le désertent.
Après tout si ses fleurs se mourraient déjà, qu'en serait-il du reste ?


- Avez-vous peur ?
- Non. Nullement. La peur pousse les gens à commettre des actes insensés au nom de la survie, et les nobles Stellarois se délecteraient d'une erreur de ma part.
- Qu'arriverait-il si la nouvelle s'ébruitait, mon Seigneur ?
- L'arlequin vaincu et défait de ses pouvoirs... vas savoir.

Ce fut en laissant Styx seul dans sa chambre, un verre de sang en cristal à la main, que Faustus réalisa à quel point son maître était une cible facile. Il suffisait que quelqu'un se soit caché dans son armoire, ou empoisonné son verre, il suffisait même qu'il fasse une mauvaise chute.
Le majordome fronça les sourcils et décida de travailler à une solution, en s'emparant d'un ouvrage bien spécifique ; Niebgaarden ou les savoirs interdits des premiers démonistes. En prenant soin de fermer tous les rideaux soigneusement brodés d'or dans leur toison rouge, Mestre Fortuna fit venir au château des forces si sinistre, et même sans les rayons lunaires les brumes des cimes brillèrent de milles feux.


-----------------------------

Les murs de la demeure du Baron regorgeaient d'une activité folle. Partout on continuait les préparatifs pour la fête avec autant d'entrain que la veille si ce n'était plus. Pour sûr, la date de l'événement était précipitée, mais il fallait veiller à ce que Styx puisse assurer ses nouvelles fonctions au plus vite, puisque celles-ci le protégeraient d'éventuelles représailles en plus de lui accorder une influence suffisante pour remplir sa nouvelle vie de péripéties.

Faustus de son côté veilla à habiller le gentilhomme pour l'occasion, et il fit venir le meilleur couturier qu'il connaissait pour l'occasion. Malgré les conseils avisés du majordome et de l'habilleur, Lachlan préféra le rouge et le doré à la sobriété d'un blanc doré. Des détails, mais il semblait que la volonté du Seigneur était réellement de porter haut ses couleurs. La Maison Grey avait après tout disparu depuis bientôt cinq cent ans, il était donc bien normal de vouloir remettre ses traits au goût du jour.

Alors qu'un peintre s'était installé et que la couture touchait à sa fin, un garde annonça l'arrivée de Cécile-Anne et Bwor Vassi, du clan Vassi à la Lance, Hauts-Vampires des Plaines d'Ïssha, et cousins directs de sa Majesté.
Lachlan, dont les coutures du vêtements avec son col sage et ses plis délicats reflétaient une accalmie du personnage, leva des yeux tranquilles sur les invités.


- Ah ! Mes chers invités, je vous attendais plus tardivement. Pardonnez mes airs, je ne suis pas tout à fait prêt. Mais j'imagine que de plus urgentes affaires vous amènent ? D'ordre privée surement.

Le Baron les salua de la tête, puisque le couturier et le peintre travaillant, il ne pouvait briser leurs efforts. Cécile-Anne, une vampire âgée mais qui conservait une étonnante vigueur, lui parla sur le même ton, posément.

- Baron Grey. Pardonnez l'irruption, mais nous n'avons pu vous contacter auparavant. En effet, nous nous en venons parler d'affaires privées, qu'un banquet aurait tôt fait d'avoir étouffé dans son vacarme festif. Parlons ici, en comité restreint, voulez-vous ?

Les artistes regardèrent leur seigneur, qui secoua la tête.

- Je n'ai rien à cacher. Parlez.
- Nous trouvons l'union entre nos familles intéressante. Nous pourrions vous aider à retrouver votre influence en Ghermanie, grâce au poids de nos maisons combinées, et vous semblez bien connaître ce territoire... Dùralas. Une bien étrange contrée, si.. primitive. Votre Jacques et ma Marie s'entendent bien, et elle est très heureuse, c'est tout ce qui m'importe. Je me fiche de votre réputation, vous êtes un foutu Haut-Vampire et c'est rare de nos jours.

Bwor était un militaire farouche et vétéran, dont le physique reflétait bien la pensée. Il parlait toujours franchement, et les conséquences il les gérait toujours plus tard. Face à ses dires, Lachlan eut une mine attentive, puis réfléchit longuement, laps de temps durant lequel se retira le couturier.
En s'admirant dans la glace, faisant un léger demi-tour, le Baron parla.


- Célébrons les noces ici, à mes frais, je vous en prie. J'ai entendu dire que vos récoltes n'avaient pas suffit à Sa Majesté, je ne voudrais pas vider un peu plus vos coffres déjà fragiles. Mais si le Joli Jacques est heureux, alors je suis également fortuné. Ne pensez-vous pas la décision hâtive toutefois ?
- Sans vouloir vous offenser, votre absence ici a été parfaitement palliée par vos enfants. Nous connaissons déjà bien Victoria et Jacques, de charmantes personnes, et nous ne prêtons que peu d'attention à ce que les Dùralassiens disent, les humains sont si idiots. Nous aurons le temps de nous connaître, Lachlan.
- Alors soyez mes invités durant les préparatifs au mariage, Faustus vous mènera à vos appartements ce soir, ils seront meilleurs que les auberges locales.

Sur une courbette polie, les Vassi disparurent aussi vite qu'ils n'étaient arrivés, mais déjà Faustus s'attelait à préparer le maître pour le début des festivités. Le sacre se déroulerait dans quelques heures à peine, et il faudrait être irréprochable.

Lachlan semblait toutefois être détendu, si bien que lors de l'habillage il parla à Faustus de comment ils devraient créer des jardins dans Château-Rouge afin de rendre plus accueillant le tout.
Le Majordome, comme le voulait la tradition, resta jusqu'à ce que retentissent les cloches qui inauguraient l'ouverture de la cérémonie en compagnie de son Seigneur. Il était Mestre après tout, et ce serait lui qui sous le choix de Lachlan, le nommerait. Baron Lachlan Grey, premier du nom, Porteur de la Rose et Repentit. Des titres plutôt à l'opposé de ce qu'il avait penser proférer un jour, mais des titres tout de même.

Lachlan, avant de quitter la pièce retint néanmoins la porte d'un pied ferme. Son costume noir et or, duquel pendait une chaine reliée au niveau des deux épaules par des roses en or sculpté, lui allait comme un gant. Il avait l'air prêt à conquérir le monde. Posant une main délicate, ornée de la bague du Valet, simple bague luxueuse au regard candide, sur l'avant-bras du Majordome. Il feignit une accolade, et le majordome décela deux gardes aux coins du Grand-Hall du château, qu'il avait oublié avec les préparatifs.
Au creux de son oreille, Styx chuchota.


- Ruse et Pouvoir.

L'entrée dans la salle fut glorieuse. Une troupe de virtuoses avait répété depuis plusieurs semaines pour l'inauguration du château et l'ascension de Lachlan Grey au titre de Baron et jouais là un morceau des "Jardins d'Adam".
Grey entra aussi sobrement que possible, peut-être fut-ce là un effet de tout cet ensemble de basalte volcanique et d'or, ce facteur qui avait valu le surnom de "Frelons" aux gardes rapprochés. L'essaim parait toujours plus petit avant de délivrer ses morsures, disait un dicton ancien.

Mais si le cortège composé des gardes et du Mestre de maison qui suivait son Seigneur, fier et droit comme jamais, pouvait impressionner ce n'était rien en comparaison du trône de l'arlequin. Un travail d'orfèvre représentant un dragon d'ébène aux canines en défenses d'ivoire, serti d'ailes d'or. Le Baron trônerait au milieu de sa gueule ouverte, au-dessus de la foule, séparé par un escalier en habituel basalte, sur lequel un tapis en soie rouge venait se déployer.

Tout commençait, pensa Faustus lorsque Lachlan gravit la première marche, entouré des regards de presque toute la noblesse Speluncienne. (Certains attendaient la confirmation du caractère pacifique du jeune Baron, effrayés par ces histoires de meurtres) Le magicien, même privé de ses pouvoirs, était farouchement séduisant et élégant, des traits qui une fois épurés de sa folie habituelle devenaient charmants.
Et le regard de la foule le lui rendit bien l'effort de sa tenue, d'yeux brillants et pour certaines demoiselles, timides.

Avant de s'assoir, théâtralement debout sur le milieu de la gueule du Dragon noir, Lachlan regarda son Mestre, qui tenait en ses mains un coussin où trônait l'épée familiale des Grey. Une rapière, fine et légère, dont la coquille était couverte de pétales d'or.
Lachlan s'agenouilla et le majordome porta la lame à hauteur de sa tête.


"Par les pouvoirs investis en le Baron Lachlan Grey par Sa Majesté, la Couronne déclare  le noble Seigneur de Château-Rouge et lui accorde le titre de Baron. Jurez fidélité, et obéissez loyalement à vos suzerains, et soyez bons à vos vassaux."

- Je le jure.

La rapière élégante rompit l'air à deux fois, une pour chaque épaule avant que Faustus ne déclare Lachlan officiellement Baron.

- Gloire au Baron.
- Gloire au Baron.

Continua la foule. Il y avait là les familles fidèles aux Amants, dissimulées de leurs blasons royaux, les familles Spelunciennes ayant collaboré avec l'Ombre et voulant jurer fidélité, et des petites maisons locales variées, ainsi que certains individus plus exotiques. Une bonne populace à n'en point s'en étonner, même si le passé du Baron était ouvertement trouble, son histoire avait suscité un intérêt non négligeable à une maison pratiquement oubliée. Ceci, combiné au puissant réseau des Amants, avait suffit au Baron à amasser bonnes alliances.

Une fois les derniers applaudissements donnés, il fut attendu du Seigneur qu'il accorde un discours. Ce que fit l'intéressé, assis parfaitement dans sa gueule de Dragon, en se levant calmement pour se diriger vers la foule, répartie en deux rectangle définis par les tables de banquet où pullulait nourriture et spiritueux.


- J'ai par le passé perpétré des actes terribles. Sauvages, même. Mais j'ai choisi de reconnaître mes torts, devant le Grand Tribunal de Stellarae, et ait reçu des Dieux la bénédiction du pardon. J'userai de cette seconde chance avec discernement et sagesse, soyez-en assurés Messires. La demeure de la Rose, Château-Rouge, sera une terre de prospérité pour tous, et Spelunca sera sûr en ma présence. J'ai durant mes parcours rencontré moult obstacles, et pour eux, des alliés sont toujours apparus ; les maisons Carthe et Ashah, par exemple. Je les remercie, et leur lève mon verre.
Mais toute histoire n'est pas sans antagonistes, et je reconnais aujourd'hui certains torts. Je prierai aux maisons Evan, Hautmurs et Sielse d'en faire de même.


Les familles concernées, assises au milieu des convives, furent assaillies de sueurs froides. Le ton puissant et froid de Lachlan ne leur plaisait pas. Il était l'Ombre, repentie mon cul ! Ce sale vampire n'a su qu'apporter soldats à des maisons assez folles pour engager la Congrégation ! Et le voilà qui les accuse, eux !

- Vous n'êtes pas sa...
- Silence, Messire Sielse, votre sagesse est une qualité narrée par vos proches, soyez dignes de ces vantardises et restez muet. Aux familles et personnes ayant collaboré avec la Congrégation et nuit à la Couronne Dùralassienne, le choix de l'exil à effet immédiat ou de l'emprisonnement sera proposé ce soir. Vous êtes tous ici, à ne pas en douter, alors choisissez vite. Seigneur Evan ?

L'homme, jadis un grand guerrier avait été blessé et la chose grasse qui s'adressa au Baron n'était en aucun cas aussi féroce qu'auparavant. Mais il savait ce que les mots du Seigneur voulaient dire ; quoiqu'ils choisissent ils abdiquaient de leurs titres, et prétentions aux biens, au profit de Lachlan. Evan soupira, et parla.

- L'exil, nous partons sur le cha...
- Nul besoin, une escorte de la Garde vous attend, vous aurez à expliquer certaines choses à la Couronne directement. Je vous bannis de mes terres, mais le Roi commande tout le royaume. Soyez sûrs de votre choix, de nouveau. Un séjour dans mes cachots ne doit pas être si douloureux que ça, regardez, la Garde m'a capturé et je suis tout à fait à l'aise.

Les protestations des maisons concernées ne tardèrent pas, mais les autres convives, quelque peu amusés, les dévisageaient déjà comme s'ils étaient des animaux. La cour ne pardonne jamais, et aujourd'hui se terminaient trois dynasties de quatre-vingts âmes exactement. Et Château-Rouge grandirait un peu plus.

- Qu'on emmène les traitres en prison, gardes ! Bien. Un dernier point, la religion officielle de Château-Rouge serait désormais celle de la Dame Fortune, mais nos prêtresses vous montreront leurs merveilles messires. J'aimerais également annoncer l'union de la maison Grey aux Vassi de Ghermanie, Hauts-Vampires de leurs noms et Seigneurs des Prairies d'orient, les célébrations entre Marie Vassi et Jacques Grey, mon fils ainé, auront lieu dans les mois à venir. Nous attendons beaucoup de cette union, puisse-t-elle unir nos deux nations, mes frères. Désormais trinquons, à tout ceci et à bien plus.

De nouveau, la noblesse présente passa d'une émotion à une autre. De la stupéfaction de l'arrestation qui ferait la joie des rumeurs et intrigues -imaginez les dames décrivant ce délicieux garçon pourfendant le mal de son visage d'ange- ils bondirent à un état d'incrédulité générale. Des Hauts-Vampires, les Spelunciens n'avaient entendu que des légendes. Pour les vampires d'ici, ce terme ne signifiait rien tant ils en ignoraient le sens, mais les voilà qui agitaient leurs bras en direction de la foule. De vrais nobles vampires.

La cérémonie de couronnement se termina et tous se rappelleraient de cet événement, car la maison Grey, demeure de la Rose, avait offert un divertissement incroyable.

Faustus, rejoignit quant à lui son maître dans les cachots tandis que les convives étaient raccompagnés à leurs voitures.
Les cachots de Château-Rouge, bâtis au milieu des intersections de galeries souterraines qui animaient Spelunca et son massif -Styx semblait s'y connaître mieux qu'il n'y paraissait en spéléologie- étaient des lieux sinistres. Un air froid mais humide balayait constamment l'endroit éclairé par des torches fraîchement allumées, dont le bois semblait étrangement humide. Contre toute attente il n'y avait aucune cellule, si bien que les prisonniers étaient tout simplement enchaînés au milieu d'une cavité gigantesque, un boulet au pied. Les cachots étaient eux aussi inaugurés en cette nuit.

Lachlan ne descendit pas, il resta pour faire bonne figure et abandonna son majordome à l'entrée de l'escalier qui menait à la grotte. Il parla néanmoins au vide qui résonna sa voix de façon surprenante.


- J'en attendais un peu plus de la part des maisons loyales à la Congrégation. Vous vous êtes montrés inutiles à bien des égards, et aujourd'hui, vous ne me servirez pas plus qu'hier. Mais je ne suis pas un mauvais hôte et vous pouvez admirer Spelunca du meilleur endroit possible, ici bas, Messires. Les cavernes et grottes du massif ont plus d'années que certaines légendes, et ont découvre chaque jour des trésors en ces lieux. Je crois que je pourrai laisser vos mouvements libres après tout, mais vous avez été mes alliés d'un temps, alors je vous concède six heures pour faire vos adieux aux proches qui ont été enfermés avec vous. Six heures, le temps aux marées reliées à ces galeries de monter.

Faustus eut un sourire en direction des ombres, afin que son Maître ne le perçoive pas. Il était heureux de ce changement chez le Baron. Château-Rouge naissait dans les règles de l'art.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Bibliographie de la Maison Grey. [Solo]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» La maison hantée [Rang C, Solo]
» Maison de combat XY
» Chauvigny(86) les 4 et 5 octobre, 1500 pts solo
» Maison de Nara
» Maison de Riiko

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Centre de Dùralas :: Cavernes de Spelunca :: Centre du massif [Zone communautaire]-