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 "Rencontre" [PW Axe]

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Thauthaudarmafur
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MessageSujet: "Rencontre" [PW Axe]   Sam 14 Avr - 18:49

« Satanée bestiole, r’viens par là ! »


Ramassant au passage la hache plantée dans le tronc, preuve de l'échec de son précédent lancer, Thauthaudarmafur poursuivit sa course. Dans un couinement aigu, la bête vira soudainement à droite. Rengainant sa hache, et saisissant son marteau-piolet de sa main droite, le nain sauta par dessus un arbre mort, poursuivant sa proie. Son équipement le ralentissait bien trop, et il regretta de ne pas être encore parvenu à se débarrasser de sa hache à deux mains ou de son bouclier, étant les plus lourds. Rejetant cette pensée pour plus tard, il accéléra sa course. Bientôt, il perdit sa cible des yeux, et se mit à grogner. Il n’avait pas trouvé un animal dans cette forêt depuis la veille. Il s’était rassasié de quelques baies récoltées dans la semaine, mais il n’était pas un de ces fourbes d’elfes : il lui fallait de la viande, de la vraie, de la saignante, de la viande, quoi. Il ne fallut que quelques instants pour qu'il perde la piste de l’animal. Il s’arrêta, rangeant lentement son marteau. Un couinement retentit dans son armure.

« J’sais bien mon beau… J’vais essayer d’te trouver un truc à béqu’ter. »


Le nain reprit calmement sa route dans la forêt. Cela faisait plus de deux mois qu’il était revenu à la surface. Évitant tout village et toute rencontre, il avait erré durant ces neuf semaines, survivant dans la montagne par la chasse et la découverte de ruisseaux. Il avait mis environ une semaine à adapter à nouveau son corps à cette vie dans la nature. Ayant passé quatre mois dans les profondeurs, ses yeux, notamment, s'étaient habitués à une certaine obscurité. L'intense luminosité des hauteurs les avaient violemment agressés. Perdu dans ses pensées, le nain se remémora sa descente dans les profondeurs. Il était assez ravi des découvertes qu'il y avait faites. L'origine du Mal frappant Ogh-Hen-Kìr n'était pas claire, mais l'explication de sa venue était désormais connue du nain. Néanmoins, la bâtisse du trésor trouvée par Whuurtad demeurait une énigme sans nom. Et pourtant, la marque que celle-ci arborait lui rappelait...

« Oh ! Si ça c'est pas ma veine ! »


Le nain avait sursauté, et avait parlé, comme il en avait pris l'habitude durant ses voyages, tout seul. Ses pas l'avaient amené à un noisetier, plié lourdement par le poids de ses nombreux fruits. Un reniflement retentit, puis un couinement, une plainte animale.

« J'y peux pas grand chose... Y'a pas d'phoque dans ce coin du monde. M'faudrait aller plus au nord. Mais j'te promets, dès que j'trouve un lac, j'te pêche un poiscaille. »


Un léger grognement répondit à sa dernière phrase. Thauthaudarmafur haussa les épaules et se dirigea en silence vers le noisetier. Encore des fruits. Il soupira longuement, et entreprit d'en cueillir soigneusement. La viande, la bière, et les bons repas bien lourds commençaient à lui manquer. Il devrait bientôt faire une escale dans une taverne. Il espérait s'être fait oublié dans le monde des nains, mais n'avait eu aucune nouvelle depuis son départ d'Ogh-Hen-Kìr. La gorge nouée, il se remémora ses derniers actes. Avait il bien fait de déclarer ainsi la guerre à sa forteresse natale ? À cet instant, il savait qu'une partie de la sphère gouvernant la cité naine était corrompue. Pour autant, aurait il mieux de fait de rester, et d'enquêter ? Il eut un léger rire. Il se serait fait assassiné dans une ruelle sombre, si ses ennemis étaient cléments. Les mots de Glardur le perturbaient cependant. Comment cet ancien guerrier, frère d'armes de Balfor, aurait-il pu réellement douter d'un rapport de guerrier ? La tradition était sacrée chez les nains, et les vétérans avaient grandi avec cet état d'esprit. Le témoignage d'un nain, unique survivant d'un carnage, était alors une source infinie de connaissances. Pourquoi dans son cas, cela n'avait il pas été le cas ? La gravité de son rapport, ou bien le fait que ce soit lui qui le rapporte ? Ou encore, était-ce le fait qu'il y ait quelqu'un pour conter cette histoire ? La mémoire de sa hache plantée dans la table du Conseil laissa un goût amer dans la gorge du nain, et fit voyager son esprit dans ses souvenirs.

Alors qu'il récoltait bon nombre de noisettes, un couinement aigu résonna dans son armure. Thauthaudarmafur s'arrêta et tourna vivement la tête vers la droite, scrutant les alentours avec méfiance. Le flair de son compagnon animal étant plus puissant que le sien, il attendit quelques instants, essayant de percevoir une quelconque anomalie. La forêt était paisible, le silence y régnant majestueusement, sinistrement, amenant une certaine beauté à la scène. Chaque entité naturelle était en mouvement, sous la puissance invisible d'une force apportant fraîcheur et renouveau : le vent de montagne. Revigorant, il faisait se plier les fougères, les arbustes, et les branchages. Toute feuille, qu'elle soit verte, orange, jaune, ou bien morte, tremblait dans un désordre rendu chaotique. Cette vaste scène de mouvements infinitésimaux était pourtant, lorsque l'on s'y attardait suffisamment, un merveilleux théâtre organisé par cette force suprême. Chacune des feuilles oscillait sous le vent autour de ce qu'il semblait être une position d'équilibre, singleton régulier et enivrant. Finalement, cet étrange décor était d'une beauté infinie. Les mouvements indétectables d'un simple coup d’œil faisait toute cette splendeur, tout ce calme, toute cette paix. Et pourtant, telle l'ombre indécise de la fatalité, un trouble demeurait, invisible, présent. Le nain pouvait sentir celle-ci. Il lui fallut de nombreuses secondes pour percevoir un léger son anormal dans cette quiétude. Il y avait effectivement une sonorité ne provenant pas de cette nature. Et pourtant, il s'y accordait presque parfaitement. Se redressant, et glissant les noisettes dans l'une de ses bourses, le nain fronça les sourcils. Un être, dans cette forêt ? Il hésita un instant. Était ce raisonnable d'y mener ses pas ? Il baissa la tête. Sa solitude avait fini par s'installer dans ses journées, jouant sur son esprit et sur ses habitudes. Allait il briser son nouveau quotidien à cet instant ? Il soupira profondément, sa barbe frémissant sous son souffle chaud. Sortant son deck favori de KvUnT, il le mélangea rapidement avec toute l'habilité de son peuple. Le posant, bien rangé, faces cachées, sur sa main gauche, il le contempla un instant. Jouer au KvUnT lui manquerait, assurément. Gradul avait été un excellent partenaire de jeu. Dans la forteresse qu'il comptait fonder, il instaurerait à nouveau cette pratique. Tirant vivement une carte, mettant en jeu sa décision dans ce tirage, il l'amena devant ses yeux. Il eut un léger rire. « La charge naine ». Quoi de plus explicite ? Rangeant son deck, il ajusta son équipement, et se mit en route vers la voix.

Il lui fallut une bonne dizaine de minutes avant de pouvoir discerner la voix. Une voix mélodieuse, chantant une sorte de conte de fées. Intrigué, le nain poursuivit sa progression. Quelques instants plus tard, il put finalement discerner clairement les mots du chant.

« Bel
Astre solitaire
Qui meurt
Quand revient le jour,
Entends
Monter vers toi
Le chant de la terre,
Entends le cri
D'un homme qui a mal
Pour qui
Un million d'étoiles
Ne valent
Pas les yeux de celle
Qu'il aime
D'un amour mortel. »


Le couplet sembla s'achever sur un mot tenu, dont le nain ne saisit la signification. À la tonalité de ce chant, il semblait s'agir d'une plainte mélodieuse. Glissant un œil derrière un dernier arbre, Thauthaudarmafur aperçut cinq elfes dans une clairière, dont quatre étaient assis dans l'herbe, alors que le dernier, les surplombant, posé sur une branche, chantait, le visage tourné vers le ciel rougeoyant au crépuscule. Le nain grommela. Invoquant Grungni, il maudit sa malchance d'être tombé sur des elfes pour son retour à la civilisation. Il hésita à tirer de nouveau une carte, mais s'y refusa. La carte avait été tirée. Foi et honneur de nain, il respecterait son destin. Quittant le couvert de la forêt, il apparut à la lisière de celle-ci, pénétrant dans la clairière. Ravalant une approche rude, il arbora un grand sourire, et salua les elfes, avec un dégoût bien masqué.

« Je vous salue, messires elfes, ou mesdames, pardonnez mon ignorance à ce sujet. Que viennent faire cinq elfes dans les Baldors? »


Les quatre au sol se retournèrent précipitamment, le nain approchant dans leurs dos, alors que celui qui était en train de chanter s'arrêta, penchant la tête sur la gauche. Ce fut celui-ci qui sauta gracieusement au sol, et s'approcha du nouvel arrivant, un léger sourire figé sur le visage. Celui là, blond, aux yeux bleus, et à la peau pâle, semblait être un homme, à en juger par ses courbes. Le nain doutait néanmoins, les elfes étant relativement ressemblant, qu'ils soient mâle ou femelle. L'elfe prit alors la parole.

« Avant d'être une montagne, c'est avant tout une forêt, maître nain. Je me prénomme Wuirys. Et vous ? Je vous en prie, venez, nous étions en train de vénérer Dame Lune. »


Thauthaudarmafur tiqua. Pourquoi diable ce bougre l'appelait t-il « maître » ? Faisant abstraction de ce détail, il eut un léger rire en entendant les mots de cet être. Voici un débat qui n'aurait jamais de fin entre nains et elfes : Qui de la montagne ou de la forêt était la plus ancestrale ?

« Dans le cas des Baldors, j'doute que cette forêt-ci soit plus vieille qu'la chaîne de montagnes, elfe. De plus, j'pense être passé par ici il y a quelques dizaines d'années, et, croyez moi, elle n'avait pas la même tronche. »

« Bah ! N'entrons pas dans un débat stérile, nous sommes plus nombreux, et un vote s'avérerait écrasant en notre faveur. Dites moi plutôt votre nom, et pourquoi un nain aussi équipé se balade dans un tel coin ! »

« J'm'appelle Thauthaudarmafur. J'passais par ici en recherche de viande. Et je suis un guerrier, donc je suis équipé. Vos questions sont un peu naïves, sans vouloir vous offenser. Par les temps qui courent, quel sot se promènerait sans armes ? »


À l'évocation de son nom, le nain put remarquer que deux des elfes derrière le dénommé Wuirys pouffèrent. Puis, lorsqu'il évoqua la nourriture recherchée, le silence s'empara de l'ensemble des elfes. Le nain haussa son sourcil droit broussailleux.

« Voyons, nain, vous vous doutez bien que nous n'offensons point Dame Nature ! »

« Ouais, ben Dame Nature, faudra qu'elle m'explique comment j'nourris mon ourson avec des noisettes alors. Vot' choix de pas béqu'ter d'viande, j'le respecte bien volontiers. Mais mon compagnon, là, il en a b'soin. Pas la peine d'me r'garder avec ces yeux ronds. Vot' Dame Nature, elle cautionne qu'vous laissiez un bébé ours crever pour vot' choix ? »


Alors qu'il argumentait contre l'horreur qu'il lisait dans les yeux des elfes, le nain avait sorti son ourson de son armure. Celui-ci s'était mis à gémir, réveillé dans son sommeil. Les elfes, perdus devant les propos et la démonstration du nain, s'étaient tus. Puis, soudainement et sans prévenir, Wuirys attrapa l'ourson, et le contempla. Il déclara ensuite, sous le rire des autres elfes, une phrase qui le fit sourire lui-même.

« Regardez moi ce petit bout de chou ! Le pauvre... Comment a t-il pu survivre à la grossièreté d'un nain ? Nous allons nous en occuper, Dame Nature saura le conserver en vie. Tu peux t'en séparer sereinement, Thauthaudarmafur. »


Un léger rire s'échappa, sec et grave, de la gorge du nain. Un rire qui se poursuivit. Un rire qui se durcit, alors qu'un sourire presque sadique apparaissait sur les lèvres du nain. Le regard noir, donnant à Thauthaudarmafur un air menaçant, il répondit, le sourire s'élargissant lentement.

« Oh, vous... Mes mignons... »




L'habileté naine est passionnante. Que ce soit pour graver, sculpter, forger, jongler, et bien d'autres choses, il fallait être elfe ou stupide (les premiers étant souvent les seconds) pour ne pas apprécier une telle danse. Un nain, comme Thauthaudarmafur à cet instant, ne ratait jamais un coup qu'il portait. Une noisette entre l'index le pouce droit, le marteau dans la main gauche, il pouvait poser le fruit et ses doigts sur une surface plate, puis donner un violent coup de son arme. La noisette était ouverte, et ses doigts indemnes. Satisfait de sa manœuvre, il retira le morceau mangeable, et le jeta sur sa langue. La clairière était enfin silencieuse, l'ourson regardant avec tristesse les noisettes. Il avait faim. Assis sur la tête de Wuirys, le nain contempla les cinq corps inconscients gisant dans la clairière. Il regrettait presque de ne pas en avoir tuer un, son compagnon animal aurait ainsi été rassasié. Il haussa les épaules, et sortit une nouvelle fois son deck. Après l'avoir soigneusement mélangé, il accomplit une nouvelle fois son rituel personnel, mettant cette fois-ci en jeu la vie de l''une de ces insolentes créatures. « La Rencontre », une carte de sort, sans caractéristiques. Deux détails perturbèrent instantanément le nain. Premièrement, la pierre dans une poche interne de son armure se mit à vibrer. Mais il n'eut pas le temps de s'en préoccuper, car un second point le fit frémir. Il ne se souvenait ni d'avoir créé cette carte, ni de l'avoir ajouté à son deck fétiche. Il fronça les sourcils. Cette carte promettait un changement radical de la situation du champ de bataille par l'arrivée d'une entité inconnue. « La Rencontre » ? Il prit la carte, et la rangea dans une pochette vide. Légèrement perturbé, il convînt néanmoins que ce n'était pas une carte offensive. De ce fait, il ne tuerait personne dans cette clairière. Alors qu'il saisissait son marteau, un bruit le surprit. Avec une vivacité témoignant d'une expérience certaine, il se positionna en garde, se tournant vers le son. Il découvrit un elfe titubant, une gourde à la main, visiblement éméché. Un elfe ? Saoul ? Encore un de ces bouffeurs de plantes ?!

« Heuk ! Et beuh... Qu'est c'qui s'est passé ici ? Wuirys.. ? Heuk ! »

« Il ne s'est rien passé, ici, elfe, détournes le regard, et passe ton chemin. »

« Beuh...Hey... C'était mes copains... »

« Ils le sont. »

« Gueu ? »

« Je n'ai fait que les assommer. »

« Meuh... C'est pas gentil ça... »

« Ils l'avaient cherché. »


Thauthaudarmafur s'était approché durant le court dialogue. L'ourson polaire le suivant au pas, le nain toisa la loque en face de lui. Dans son état, il n'avait pas dû faire beaucoup de route, et venait vraisemblablement d'une taverne. Il puait la pisse. Comment un elfe, individu d'une race connue pour sa dignité et son arrogance, pouvait tomber si bas ? Foutue raclure. Avec un large sourire, il attrapa la longue chevelure du pochtron et, remontant sa main jusqu'à sa nuque, lui enfonça violemment le crâne dans un tronc proche. Se tapotant les mains, il siffla l'ourson et le positionna à sa place à l'intérieur de son armure. Six elfes inconscients. Le retour à la société commençait bien.

Ayant marché dans la direction opposée du chemin emprunté par le dernier elfe, le nain vérifia bien vite ses suppositions. À moins de cinq minutes de la clairière, une taverne, perdue dans la montagne, accueillait pourtant un bon nombre de personnes. Thauthaudarmafur se glissa aisément à l'intérieur. Un nain passait souvent inaperçu dans ce genre de lieu. Parvenant au comptoir, le nain grimpa sur un tabouret, et commanda bien vite une bière, et deux saucissons. Attendant la commande, il détailla l'intérieur de la taverne. Le derrière du comptoir était peu rempli. C'était une taverne dans la moyenne, avec une réserve raisonnable. À la droite du comptoir, un escalier de bois semblait ouvert au public, témoignant de la présence de chambres à l'étage. Tournant légèrement la tête, le nain nota dans son esprit tous les détails qu'il voyait. Une trentaine de personnes, réparties sur moins d'une quinzaine de tables. Un coin réservé pour les luttes, activité propice aux paris et aux rires, ainsi qu'aux dents cassées. Quelques combattants s'y défiaient déjà, entouré d'une dizaine de personnes. Les paris étaient organisés par un homme avec un tablier : certainement le tavernier lui-même. Un panneau d'affichage se trouvait près de la porte, portant les nouvelles en Dùralas. L'ambiance était somme toute celle d'une taverne classique. Il était néanmoins surprenant de trouver une taverne si fréquentée dans un coin si perdu. Mais après tout, le nain savait t-il seulement avec précision où il se trouvait ? Une charmante serveuse rousse vînt lui apporter sa commande. Thauthaudarmafur la remercia, lui laissant deux pièces de pourboire, qu'elle glissa promptement dans son décolleté, faisant soudainement les yeux doux au client. Celui-ci lui sourit chaleureusement, jouant le naïf. Et ensuite, on disait les nains cupides ? Riant intérieurement de cette ironie, il glissa un saucisson dans son armure, saisi immédiatement dans un grognement satisfait par son compagnon. Découpant son propre saucisson, il laissa alors ses oreilles traîner, envieux de connaître les sujets de discussion du moment.

« Z'avez entendu la nouvelle? Des pirates auraient attaqué la plage, au sud! »

« C'est qu'des conneries! Un journaliste débutant aurait rapporté de fausses infos pour l'on ne sait quelle raison. »

« Tu crois? Ça m'étonn'rait pas moi... On n'a plus entendu parler des pirates depuis Natsuhydr, ils prévoient un gros coup, j'pense. »

« Contre leurs anciens alliés de toujours? T'y crois vraiment? »

« Que des canailles, on ne sait pas ce dont ils sont capables par avidité. »

« Mouais... M'enfin on verra d'main, d'vrait y avoir des nouvelles. »

« T'façon c'est loin, l'Harena les asséchera avant qu'ils arrivent dans le coin! »

Plongeant son nez dans la mousse de sa bière, le nain n'avait pas manqué un mot de cette discussion. Les Pirates, restés sous silence depuis Natsuhydr, auraient déclenché une telle offensive ? Il était cohérent qu'ils puissent prévoir quelque chose d'énorme. Mais d'un point de vue stratégique, ce choix semblait idiot. Marins, ils étaient habiles en mer. Envahir un territoire dans ces conditions... C'était un choix peu judicieux, selon le guerrier. Attrapant une rondelle de saucisson, il se promit de suivre de près cette histoire. Comme pour marquer l'accent sur cette promesse, il leva sa pinte, la finissant d'une traite, acte qu'il n'avait pas accompli depuis bien longtemps.




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MessageSujet: Re: "Rencontre" [PW Axe]   Ven 20 Avr - 3:18

Le visage déformé par la douleur, lafeth boitait à travers le dédale sombre des profondeurs des mines de Khazar, une main appuyée contre la paroi de roche froide qu’il longeait et l’autre crispée autour du manche d’une torche vacillante. Un carreau d’arbalète dépassait de son mollet gauche. Le stryge s’arrêta quelques instants pour reprendre son souffle, gémit et reprit sa route après avoir jeté un regard nerveux vers l’arrière. Il ne savait pas d’où le projectile était sorti ni qui l’avait tiré, mais il se doutait en entamant sa fuite qu’on le traquerait, et s’était tenu en alerte. Il somnolait à moitié lorsqu’il avait été surpris par le bruit de l’arbalète ; sa demi torpeur qui lui avait coûté la validité de sa jambe gauche et la possibilité de rafler ses vivres dans sa fuite. À présent, il errait seul dans des cavernes qu’il ne connaissait pas, sans nourriture et sans eau – qui savait pour combien de temps ? S’il ne parvenait pas à retrouver le campement superficiel qu’il avait monté une fois suffisamment enfoncé dans le complexe souterrain à son goût, ou une des galeries qui l’y avait mené, il était un homme mort.

Il s’arrêta une seconde fois pour s’adosser à la pierre sombre et essuya la sueur qui trempait son front, le visage pâle. Sa jambe le lançait terriblement. Stryge noir déchu, il était pourtant accoutumé aux sévices corporels et aux tourments dont ils imprégnaient les chairs, et avait appris à dominer sa douleur dans la mesure du possible. Il grogna. Impossible de poser son pied au sol sans souffrir atrocement. Dirigeant la lumière de sa torche vers la plaie d’où dépassait encore le carreau en faute, il déchira le tissu de ses chausses sales et retint un juron lorsque les alentours de la blessure s’offrirent à son regard. Les chairs déchirées avaient noirci. Une ecchymose de la taille de son poing fleurissait autour de la plaie, bombée et violacée. Comment ? Il ne voyait que le poison, mais la perspective ne lui plaisait pas et il l’écarta immédiatement. Tant bien que mal, il reprit sa route en claudiquant misérablement, ignorant la brûlure intenable qui gagnait petit à petit son genou et ses alentours. Un embranchement se profila. Un ultime coup d’œil en arrière et il s’engouffra dans l’étroit passage qui s’ouvrait à sa gauche. Pour peu que son ennemi fût resté suffisamment en retrait pour le perdre de vue, c’était sa chance. Le stryge sourit. Oui, s’il négociait ce tournant et éteignait sa torche à temps, la traque prendrait fin et il pourrait se reposer, réfléchir et s’organiser.

Il y parvint.

Écrasant sa torche au sol et foulant de son pied valide les braises restantes, il s’aplatit contre la paroi, puis entreprit de la longer doucement jusqu’à trouver un renfoncement suffisamment grand pour lui permettre de s’y dissimuler entièrement. Il calma sa respiration et s’immobilisa. Dans la pénombre, il était invisible.

Le claquement régulier d’une paire de bottes contre le sol de pierre ne tarda pas à se faire entendre, ténu puis de plus en plus palpable alors que leur propriétaire se rapprochait. Lafeth retint son souffle. Au loin, une lumière chaude –sûrement celle d’une lanterne– balaya l’entrée de son tunnel, puis se dirigea vers l’autre passage, plus sûr, plus large. Les pas se figèrent et lafeth se détendit. Son poursuivant hésitait…selon toute vraisemblance, il suivrait le chemin qu’aurait emprunté un éclopé et perdrait sa chasse tandis que le stryge reviendrait sur ses pas en filant droit vers la sortie, débarrassé du problème pour un moment. Une fois dehors, il prendrait soin d’effacer ses traces et se dissimulerait aux alentours, là où on le chercherait le moins. Et il serait libre.
Un nouveau bruit retentit à l’entrée du tunnel, qui lui arracha une moue inquiète. Son poursuivant n’avançait pas…il humait. Les yeux de lafeth s’écarquillèrent. Par Mahriser, il humait ! Les pas reprirent dans sa direction et il jaillit hors du renfoncement, négligeant sa jambe blessée qui plia sous son poids à peine sollicitée. Le stryge s’effondra. Il jura, se redressa sur ses coudes et entreprit de se relever, s’agrippant à la paroi rocheuse riche en aspérités en haletant douloureusement ; au contraire de ceux qu’il quittait, le tunnel était brut, égalisé grossièrement par les nains qui l’avaient creusé. Ses mains s’écorchèrent sur un relief acéré mais il continua sa route, fuyant les pas qui résonnaient derrière lui et la lumière qui les accompagnait. Peine perdue. La mélodie grinçante d’un carreau qu’on armait derrière lui arracha un gémissement terrifié, qui se changea en hurlement de douleur quand son second mollet fut transpercé à son tour. Il tomba à nouveau et rentra la tête dans les épaules.

"Bonsoir, lafeth.

Une salutation pour le moins inattendue retentit alors qu’il entreprenait de se traîner vers la paroi la plus proche, à laquelle il s’adossa avec un halètement. La voix était féminine. Jeune. Il leva les yeux et la silhouette d’une femme en habits sombres lui apparut, une arbalète à la main et un épais paquetage dans le dos. À ses hanches pendait un véritable panel de lames qui luisaient à la lumière de sa lanterne, plus menaçant encore que son visage dur et osseux. Il trembla. Pourquoi les jambes ? Elle avait eu tout le loisir de viser son dos durant sa misérable tentative de fuite, alors pourquoi diable les jambes ?

- Qui êtes-vous ? À quoi rime tout ceci ?

Sa voix était on ne pouvait moins assurée, affaiblie par la douleur et la fatigue. La jeune femme posa la lanterne à terre et lui répondit d’un ton neutre.

- Mon nom est Axe, Axe de Cälvenberg. Tu ne me connais pas.

C’était vrai. Son visage lui paraissait familier, mais il ne connaissait pas d’« Axe », comme elle disait – étrange nom au demeurant. Ni de famille Cälvenberg. Ébloui par la lumière de la lampe, il cligna plusieurs fois des yeux et détailla sa poursuivante, tentant en vain de déterminer son âge et son origine exacts. Ses habits étaient triviaux, cuir, laine grise, cape sombre et chemise anonyme. Elle ne portait pas de blason, pas d’armure lourde. Quel genre d’individu cela lui rappelait-il ? Une angoisse sourde s’insinua dans son bas-ventre et il sursauta lorsque la femme dégaina un long coutelas, tirant dans le même mouvement une petite fleur pâle de sa poche, qu’elle déposa près de la lanterne. Son cœur rata un battement.

- Le lotus…on a lancé la Congrégation après moi ? Les yeux de lafeth s’écarquillèrent. Kova ! Je savais qu’elle m’avait vu partir !

Pour la première fois, la réponse de la mercenaire fut vive.

- À quoi t’attendais-tu, garçon ? Tu as abandonné Saigo, ton maître, alors qu’une lourde menace pesait sur ses épaules. Tu l’as regardé mourir, puis tu as filé par une porte dérobée et tu as quitté la Tour par peur d’être réprimandé. Ta lâcheté…

Au fil de ces trois phrases, la retenue de la jeune femme s’était effilochée en un clin d’œil, si bien qu’elle fut forcée de s’interrompre pour réguler son intonation. Lorsqu’elle reprit, une terrible amertume se lisait sur son visage.

- Ta lâcheté t’avait assez coûté, j’imagine. Tu craignais d’arriver au bout de la patience des exécuteurs. N’est-ce pas ?

- Vous n’agissez…vous ne parlez pas comme une mercenaire.

Le fait était que la jeune femme prenait l’affaire trop personnellement. Lafeth n’y comprenait rien. Le ton et l’expression de son interlocutrice aidant, il se sentait terriblement en danger, et lorgnait d’un œil torve le coutelas qu’elle tenait toujours. Sa jambe gauche le lançait à présent de la cheville à la hanche, brûlante, et la droite semblait emprunter le même chemin lentement mais sûrement. Il était acculé.

- En effet.

Une lueur d’espoir s’alluma dans le regard de lafeth, qui prit pour une ultime chance de survie la réponse sèche de son interlocutrice. Elle signait en vérité son arrêt de mort.

- J’ai de l’argent, balbutia-t-il, très peu, mais j’en ai. Tout ce que j’ai sur moi est à vous. Vous m’avez vu errer dans les bois, c’est cela ? Vous nous avez repérés moi et ma bourse ? Les membres de la Congrégation font ça. Très bien ! Ma bourse, la voilà !

Lafeth tâta ses poches fébrilement à la recherche de la petite boursette de cuir qui renfermait ses maigres richesses et la lança à la mercenaire, qui la laissa retomber à sa gauche sans lui accorder un regard.

- Tu as fui, lafeth.

Elle avait presque sifflé ces mots.

- Sois raisonnable. Tu ne sortiras jamais de cet endroit. Et quand bien même tu le ferais, pressé par le manque de vivres, tes congénères t’attendraient à la sortie pour te dépecer et te faire payer en bonne et due forme ton manque de loyauté. Comme ils aimeraient ça ! Non, hors de question de leur laisser ce plaisir. Ta tête m’appartient, pauvre petit bout d’homme.

« Axe » s’avança, le visage déformé par l’affliction.

- Elle sera expédiée à cette chienne de Ventress, non pas en guise d’avertissement mais bien de préambule. Car d’autres suivront, lafeth. D’autres tomberont. Et lorsque la Matriache comprendra qu’elles lui étaient toutes adressées, de la première à la dernière, il sera déjà trop tard.

Il entrouvrit la bouche, désorienté. Le discours de son interlocutrice ne faisait plus aucun sens. Que voulait-elle à la Matriarche ? La tuer ? Impossible…

Lafeth voulut mettre la femme en garde contre la puissance de Zéphalia, mais un éclair glacé lui déchira la gorge et lui arracha un borborygme épouvanté. Elle l’avait fait ! Il plaqua ses mains contre le sourire rouge qui avait fleuri là où la lame avait transpercé son col et se recroquevilla sur lui-même, les yeux arrondis par la surprise. Le coup avait été vif et précis, implacable. Déjà, ses doigts étaient trempés et ses forces s’échappaient à travers le gouffre béant de la blessure, qui le lançait comme rarement une simple coupure l’avait fait auparavant. Il gémit. Il gémit car il souffrait, il gémit car il comprenait soudain. Le sifflement d’une lame qu’on rengainait résonna dans le couloir obscur et sa tête bourdonnante s’affaissa, suivie par ses épaules puis son corps tout entier.

C’en était fini de lui. C’en était fini de la Tour Noire.

C’en était fini de Zéphalia.

***

« Les pirates ne tenteront rien. »

Quelques discussions s’interrompirent autour d’Axe tandis qu’elle se levait, raflant ses trois chopes vides au passage et saisissant Charybde de sa main libre. L’arme, qu’elle balança en travers de son épaule, était enveloppée dans une épaisse toile de bure noircie par endroits et solidement ficelée. La mercenaire essuya le regard de ses voisins.

« Non, quoi qu’on en dise, ils savent qu’il y a tout à perdre dans un manque de respect à la Congrégation. Des esprits libres et pleins de bon sens…L’auteur de ce canard aurait été bien inspiré de les imiter, pauvre petit. »

Son regard glissa vers les deux gaillards qu’elle entendait mener le débat depuis un moment, des nordiques taillés comme des bœufs aux grandes mains abîmées. Des bûcherons, devina-t-elle. Assise au fond de la taverne depuis la fin de la matinée, elle les avait vu s'installer et commencer à parler piraterie et canulars autour d'une bière, prendre un repas et continuer leur manège, visiblement très intéressés par le sujet. Puis le problème s'était étendu à d'autre tables. Occupée alors à enduire ses lames et ses carreaux du venin de Fer-de-Lance dilué qu'on lui avait offert à Château-Rouge, la mercenaire n'avait pas résisté à la tentation d'intervenir. Elle repoussa sa chaise d’un pied et s’avança jusqu’à leur table alors que les échanges reprenaient derrière elle comme s’ils n’avaient jamais été perturbés.

« Assurez-vous de faire circuler les bonnes rumeurs autour de vous, leur souffla-t-elle. Certaines oreilles manquent drastiquement concession, et leurs propriétaires ont la punition facile. »

Puis elle s’éloigna, jouant des jambes et des épaules pour écarter quelques soûlards sur sa route. Des grommèlements inquiets retentirent dans son dos alors qu’elle gagnait tranquillement le comptoir.

« C’était une menace ça ? 
- J’sais pas.
- Moi ça m’plaît pas. On se tire. »

Leurs chaises raclèrent le parquet tâché et ils s’exécutèrent sous le regard désapprobateur du propriétaire des lieux, qui organisait les combats au fond de l'établissement et remplissait inlassablement les chopes que lui réclamait la jolie serveuse qui évoluait dans la salle. Axe tira un tabouret, déposa les siennes sur le comptoir et appuya Charybde contre le bar, puis s’assit et tira une pièce d’or de sa bourse en désignant du menton les récipients vides.

« T’en as pas assez eu, tu crois ?
- J’en reprends deux chopes et j’ai mon compte, mon bon. D’ici-là, je paye, tu verses.
Le tavernier grommela.
- Tu m’fais fuir des clients, j’aime pas trop ça. C’était quoi tes messes basses avec les frères bûcherons ?
- Conseils amicaux, ils ont la langue un peu acérée pour ce genre d’endroit. Qui sait quel genre d’individus passent ici sans qu’on s’en aperçoive ?
- Ouais, qui sait ?
Le commerçant se retourna, l’œil contrit, déboucha un petit tonneau et remplit à ras bord les deux chopes commandées, plus quelques autres en prévision d’un passage de la rouquine. Il les tendit à Axe et se désintéressa de la mercenaire, qui porta le récipient à ses lèvres. La bière bon marché paraissait bien fade après le champagne de Styx.

Styx.

Axe soupira, pianota quelques instants sur le comptoir et jeta un œil au cercle de combat au fond de la salle, où s’affrontaient deux jeunes garçons couverts de sang et de sueur. Qu’est-ce qu’ils pouvaient être lents. Bons dieux ce qu’ils pouvaient être lents. Elle secoua la tête et noya sa frustration dans une gorgée de bière, puis deux, puis dans la chope entière. Dans cette affaire, le temps jouait contre elle et contre son nouvel allié – détail qu’il ignorait et qu’il continuerait d’ignorer jusqu’à ce qu’elle règle définitivement le problème. Il y avait la poursuite de ce stryge, qui avait échappé à la vigilance de ses pairs et avait disparu dans la nature après l’assassinat de Saigo, dont Axe se faisait une affaire personnelle. Lafeth, l’ancien larbin de l’exécuteur. Il était le début d’une longue liste, dont l’apothéose serait ce vautour insipide de Zéphalia. Et puis il y avait sa grande heure de gloire, son incendie, sa vengeance planifiée avec une précision millimétrique pour une efficacité maximum. Les deux affaires cohabitaient. Elles le devaient.

Un grognement de satisfaction s’éleva à sa droite et elle posa un œil inquisiteur sur son voisin immédiat, un nain hirsute qui retirait prestement sa main de sous son plastron. Drôle de trogne couturée de cicatrices, solitaire. Il était anodin.

« Voilà que les ventres ont des bouches, fit-elle avec un demi-sourire. J’en connais beaucoup qui grognent quand ils ont faim, mais ça, jamais vu. »

« Hé, la belle !  
Axe se retourna. C’était un des gamins, qui revenait tout sourire de son combat.
- J’ai gagné, et r’garde un peu c’qu’on a récolté !
- Pas mal. T’étais pas un mauvais investissement, après tout.
Axe était arrivée tôt à la taverne. Au début de la journée, quand les combats avaient commencé, elle avait vite repéré un jeune bagarreur pas trop mauvais, qui avait l’air de connaître le coin. Le marché était le suivant : il se battait, elle faisait monter les paris, et si à la fin du petit tournoi il lui ramenait une piste pour le stryge –qu’on avait vu passer par là, elle le savait de source sûre–, il gardait tout. Chacun avait rempli sa part primaire du marché et la cagnotte du garçon s’élevait à présent à 500 pièces, montant dantesque pour ce coin des baldors. À présent, s’il revenait vers elle, c’était que…
- J’ai fini par savoir où il se cache, ton oiseau.
- Range vite ta fortune et dis-moi tout, lui intima-t-elle immédiatement. Une direction ?
- Mieux : un lieu ! Des bûcherons l’ont vu filer vers les vielles mines, celles qui sont pas bien sûres sauf pour des gars comme lui…et toi.
- Kazhar.
- On te reverra passer par ici, dis ?
- Peut-être, si j’ai envie d’une…
- AH NON !

Le jeune homme sursauta et Axe leva les yeux. C’était le gérant des lieux qui déboulait comme une furie, le visage rouge. Il avait visiblement terminé de clore le tournoi et dispersait les badauds quand il avait surpris leur échange.

- Toi ma jolie, ton argent, j’en veux pas autant dans ma maison ! Deux bières achetées sur le dos d’pauvres gars assassinés, passe encore, mais je laisserai pas c’gamin se construire une vie là-dessus !
Il saisit le bras du jeune homme, qui protesta avec véhémence.
- Touchez pas ! J’lai gagné à la force de mes bras, pas comme c’est que vous dîtes !
- Mais mon triple idiot, c’est elle qui se roule sur l’or à force de supprimer les ennemis des marchands d’la capitale ! Tu crois qu’elle le sort d’où l’argent qu’elle a mis sur toi ?
- Mais qu’ils crèvent, moi j’les ai gagnées ces pièces !

Un coup de poing partit soudain et le tavernier recula en se tenant le nez, un bout de la manche du gamin dans le bras. Ce dernier secouait sa main en grimaçant.

- Pardon, m’sieur. Vous savez quoi, j’m’en vais et on s’en tient là.

Puis il tourna les talons et passa la porte de la taverne, jouant à faire cliqueter les pièces dans sa bourse. Le tavernier se redressa et jeta un regard noir à Axe, qui vidait sa dernière chope à tout hasard. Elle faisait bien.

- Tu dégages, intima-t-il, et que je te revoie plus passer ici. T’auras beau dire ce que tu voudras, les enflures comme toi, on les tolère pas.

Axe reposa sa chope, docile, et récupéra Charybde après avoir sauté au sol. Elle avait eu ce qu’elle voulait, et il était inutile de jouer à faire de cet endroit un nouveau Canari Jaune. Elle le pouvait. Charybde le pouvait. Son regard balaya l’assemblée et elle ne trouva personne en mesure de faire face à ses talents martiaux ou à la puissance destructrice de son arme, qui sommeillait tranquillement, paisiblement. À quoi bon ? Elle roula des épaules et poussa la porte, quand la voix du gérant retentit une ultime fois.

- Et pis toi aussi tiens, j’vous ai vu parler et t’as pas exactement une gueule d’ange.

La mercenaire jeta un regard en arrière et ses soupçons se confirmèrent. Réprimant un sourire amusé, elle s’écarta d’un pas et fit mine de tenir la porte au nain que le tavernier avait apostrophé, désignant l’extérieur de la bâtisse avec un geste du bras élégant.

S'il obtempérait, elle lui devrait sans doute quelques excuses.




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Thauthaudarmafur
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MessageSujet: Re: "Rencontre" [PW Axe]   Dim 22 Avr - 2:27


Vide, la chope claqua contre le comptoir. L'avant bras gauche du nain vint frotter sa barbe emplie de mousse, alors qu'un long soupir de satisfaction s’échappait de ses lèvres. Jetant à nouveau une rondelle de saucisson sur sa langue, Thauthaudarmafur sourit. Il n'y avait décidément rien de mieux que la viande afin de requinquer un corps. Passant la langue sur l'une de ses molaires gauches supérieures afin de retirer un morceau coincé, il jeta un œil sous mon armure. L'ourson, percevant ce regard, s'interrompit, et fixa son maître. Celui-ci sourit, assuré du bien-être de son unique compagnon. Il redressa la tête, et fut surpris de voir la serveuse accoudée au comptoir, penchée à une dizaine de centimètres de son visage. Le nain, parvenant dans le même temps à nettoyer sa molaire, déglutit, et fixa les yeux verts de la demoiselle, ne pouvant ignorer sa poitrine volontairement mise en valeur par sa position. Elle devait avoir la vingtaine, sa peau lisse et ses tâches de rousseur démontrant une jeunesse humaine sans pour autant la laisser supposer enfantine. Le chignon roux qu'elle arborait avait été effectué avec efficacité, son but étant de libérer le visage de la serveuse. Les bras de celle-ci étaient musculeux, mais demeuraient sveltes, alors que ses paumes calleuses maintenaient son visage droit, pressées contre ses joues pâles. Tant de petits détails que nota le nain, l'informant que la dame en face de lui avait bien des années de service dans les jambes. Information confirmée par le fait qu'elle lui faisait les yeux doux depuis son pourboire. Souriante, elle lui adressa alors la parole avec une voix fluide, presque mélodieuse au sein du brouhaha de la taverne.

« Cela faisait de nombreuses semaines que nous n'avions plus vu un nain solitaire dans cette taverne ! Vous venez de BaldorHeim ? Qui êtes vous, maître nain ? »

Thauthaudarmafur tiqua. Pourquoi diable l'appelait t-elle « maître » ? Il arbora un grand sourire d'apparence, et laissa un rire grave s'extirper de sa gorge, engageant à son tour la discussion avec la serveuse.

« Gyar gyar ! C'est qu'votre taverne est assez reculée ! Non, j'suis originaire d'une autre forteresse, aucune chance qu'vous connaissiez l'nom. J'me nomme Thauthaudarmafur, et quel est donc vot' nom ? »

« C'est vrai que nous ne sommes pas sur la route principale, mais nous avons suffisamment de renommée dans les villages alentours pour être presque complet tous les soirs ! Dites moi donc le nom de votre cité, il est possible que j'en ai entendu parler. Je me prénomme Hélène, et je viens de la capitale humaine. »

Le nain esquiva bien rapidement le sujet de sa forteresse, désireux de garder ce détail sous silence. Pour ce faire, il sourit de plus belle, et décida de faire parler la dame. Toutes les dames aimaient parler, et en oubliaient leur propre questionnement, c'était ce que le nain avait appris lors de nombreux passages en taverne durant ses voyages.


« Une stellaroïse ici ? J'serai ravi d'vous entendre conter vot' histoire ! Et j'vais vous r’prendre deux nouvelles pintes, chère Hélène. »

« Je vous sers ça de suite ! Mon histoire n'est pas bien passionnante, mais je pourrais vous la conter plus tard dans la soirée, à la fin de mon service, par exemple... Comptez vous rester ici cette nuit ? »

« Ce n'était pas prévu dans mes plans initiaux, mais une telle proposition ne s'refuse pas. »

« Très bien ! Vous me rejoindrez dans la trois, dans ce cas... Oui, j'arrive, patron ! À tout à l'heure, cher nain... »


Dans un dernier sourire, la serveuse quitta le comptoir, après avoir déposé deux pintes fraîches devant le nain. Ce dernier s'en saisit d'une et sourit sincèrement, plongeant à nouveau son nez dans la choppe. Son retour à la société commençait décidément très bien.

Finalement, la question s'imposa à son esprit. Avait il réellement un plan initial ? Ses lèvres retrouvèrent leur frigide neutralité, alors que son regard se perdait dans la contemplation de l'alcool. Il ne savait en réalité pas ce qu'il faisait ici, ni ce qu'il devait faire à présent. Devenir plus fort, certes, mais les moyens n'étaient pas évidents, et encore moins simples à trouver. Trouver des alliés ? Il ricana intérieurement. Comment avait il pu penser un instant que cela serait trivial ? Il était bien loin d'avoir tout appris de la sagesse de Zartys. Préférant noyer ses questionnements dans sa bière, il prit une longue gorgée du breuvage alors que, dans son dos, il y avait une certaine agitation. Il supposa que les combats dans le fond de la taverne prenaient un tournant inattendu. Ne voyant pas d'intérêt à y jeter un œil, il ne prit pas la peine de se retourner. Soudainement, il fronça les sourcils, un terrible bourdonnement s'emparant de son crâne, alors que la pierre semblait éprise de fortes vibrations dans son armure. Sa main gauche vint soutenir son front, qui s'avéra chaud, tandis que le nain fermait les yeux. Le bourdonnement sembla se préciser, se clarifier, en un sifflement parasite. Bientôt, ce sifflement sembla avoir un sens. Un mot, répété, dont l'intensité semblait croître petit à petit.


Tion...

Gation...
Grégation...
Congrégation...
Congrégation...
Congrégation...
Congrégation...
CONGRÉGATION !



« […] Congrégation. Des esprits libres et pleins de bon sens…L’auteur de ce canard aurait été bien inspiré de les imiter, pauvre petit. »


Aussi soudainement qu'il était apparu, le bourdonnement disparut, ainsi que la vibration dans son armure. La voix féminine semblait les avoir chassés, et emplissait précisément les tympans du nain. Celui-ci fronça les sourcils, et tourna légèrement le cou, afin de contempler de son œil gauche la demoiselle. Vêtue de cuir, laine grise, cape sombre et chemise anonyme, portant un lourd équipement sur l'épaule, démontrant une certaine puissance physique, elle arborait une longue chevelure brune, et aucun signe d'appartenance à une quelconque communauté. C'était sans compter sur ses propos, défendant très clairement la Congrégation de l'Ombre. Thauthaudarmafur en avait déjà entendu parler -comment aurait il pu en être autrement ?- lors de ses voyages. Malgré ses courbes juvéniles, le nain dut admettre l’existence d’un certain charme chez cette personne. Celle-ci souffla quelques choses à deux clients, qui eurent tôt fait de s'en aller, sous le regard désapprobateur du patron, et l'incompréhension visible d'Hélène. Le nain replongea le regard dans sa bière. Les choses prenaient une allure qui ne l'intéressait pas. Il n'était en aucun cas mêlé à toutes ces histoires. Cependant, un détail le dérangeait quelque peu. S'il interprétait avec justesse les propos tenus, la jeune femme faisait partie de la Congrégation, une communauté de mercenaires et d'assassins, réputés pour leurs discrétions. Qu'elle vienne ici pour clamer, face à des rumeurs d'attaques pirates semble t-il, la puissance des meneurs dans l'obscurité ne pouvait alors que vouloir dire qu'elle était confiante de sa puissance, ou bien qu’elle était incroyablement stupide. Alors qu'il réfléchissait calmement à cette théâtralisation mise en place, il vit du coin de son œil l'intéressée s'asseoir, et commander deux nouvelles pintes. Le tavernier demanda, avec raison, si la gamine était sûre. Faisant preuve d'une répartie cinglante, et d'une confiance démesurée, elle lui répondit qu'elle avait soif, grossièrement.

Le tavernier retourna vaquer à ses occupations. Le nain soupira légèrement. L'ambiance dans la taverne avait été refroidie avec toutes ces interactions. Lui qui souhaitait passer une bonne soirée, avec de franches rigolades, peut être une partie de KvUnT si un connaisseur se trouvait dans le coin, puis une excellente nuit avec la serveuse, voilà qu’il se retrouvait dans une taverne tendue. Sous sa barbe, un grognement de satisfaction retentit. Il baissa la tête, jetant un œil à l’ourson repu, s’étirant puis s’enroulant contre son ventre. Souriant, le nain passa la main dans son armure, et vint gratter tendrement de son index la tête de son compagnon. Quelle chance avait il eu de le trouver, mourant, sur les berges d’un lac de la Banquise. Sursautant légèrement, le nain retira promptement la main de son armure, alors que la voix féminine s’élevait à nouveau.


« Voilà que les ventres ont des bouches. J’en connais beaucoup qui grognent quand ils ont faim, mais ça, jamais vu. »


La jeune femme le fixait. Le nain fronça les sourcils. Il n’aimait pas qu’on lui accorde trop d’attention lorsqu’il s’agissait d’une si étrange gamine. Il allait ouvrir la bouche afin de lancer une raillerie, optant pour une bonne rigolade plutôt qu’une réponse conflictuelle inutile, mais un combattant du fond de taverne héla la demoiselle. « Belle » ? Un léger charme de jeune femme, certes, mais de là à la qualifier ainsi… Le voyant alors agiter une bourse, dans laquelle s’entrechoquèrent de nombreuses pièces, Thauthaudarmafur comprit alors que l’adjectif employé n’avait rien d’élogieux. La demoiselle se faisait payer, semblait il, pour des services semblant, d’après la conversation qui suivit, peu honorables. La jeune femme serait donc une traînée ? Elle n’en avait clairement pas l’allure, et le nain en savait long à ce propos. Les prostituées de la Congrégation étaient peut être des dominantes. Comme on dit, à chacun ses us et coutumes. Le combattant semblait amener une information importante à la mercenaire, et mentionna les mines de Kazhar. Que diable pouvait vouloir faire un agent de la Congrégation -car vraisemblablement elle avait l’air d’en être un- dans les profondeurs ? Tendant l’oreille pour suivre la discussion, il n’eut cependant pas le loisir d’en apprendre plus, le tavernier hurlant afin de couper court à la conversation.


« AH NON ! Toi ma jolie, ton argent, j’en veux pas autant dans ma maison ! Deux bières achetées sur le dos d’pauvres gars assassinés, passe encore, mais je laisserai pas c’gamin se construire une vie là-dessus ! »


« Ma jolie » ? Le nain cligna des yeux. Le tavernier semblait connaître le combattant, et ne voulait visiblement pas qu’il fricote avec ce qu’il considérait être comme de la vermine. Pensée cohérente, selon le nain, dont la première pinte était désormais vide. Se saisissant de la seconde, il suivit l’échange, dont la véhémence croissait rapidement. Bien trop rapidement. Soudain, le nez du tavernier explosa sous l’impact d’un direct du droit du jeune homme. Thauthaudarmafur haussa le sourcil droit, ne s’attendant clairement pas à un tel acte. Un bruit de craquement avait retenti, et le nain ne put s’empêcher de se demander si c’était le cartilage triangulaire du tavernier ou bien les phalanges du combattant qui était la source de celui-ci. Sur un dernier adieu, le guerrier sortit de la taverne, embarquant sa bourse d’or. Le nain le fixa un instant, avant de laisser ses yeux regarder les battants de la porte osciller. Comment tout cela avait il pu aussi mal tourner ? C’était inconcevable. À peine cinq minutes précédant cet instant, la taverne était paisible, et une excellente ambiance y régnait. Et puis…


« Tu dégages et que je te revoie plus passer ici. T’auras beau dire ce que tu voudras, les enflures comme toi, on les tolère pas. »


Tournant de nouveau la tête, Thauthaudarmafur regarda le tavernier demander à la jeune femme de quitter son établissement. Derrière le tavernier, à une dizaine de mètres, se tenait Hélène. Leurs regards se croisèrent, et le nain mima un air d’incompréhension la plus totale. La mercenaire se leva sans un mot, embarquant son équipement avec elle. Le nain se concentra à nouveau sur sa dernière choppe, la saisissant dans ses mains. Une fois les fauteurs de trouble sortis, peut être que l’ambiance allait s’améliorer. Souriant à cette perspective, il allait lever sa pinte, mais la voix du tavernier retentit à nouveau, retirant tout sourire au nain, et laissant le récipient descendre les quelques millimètres parcourus.


« Et pis toi aussi tiens, j’vous ai vu parler et t’as pas exactement une gueule d’ange. »


Le nain marqua une seconde d’attente. Il cligna plusieurs fois des yeux, avant d’arborer un grand sourire. Tournant le visage vers son interlocuteur, le fixant avec un regard étonnamment dur, Thauthaudarmafur répondit au tavernier.


« Ma-ma gueule ? Ma… Ma gueule. Ma gueule. MA... »


Ayant prononcé les deux derniers « ma gueule » en ricanant doucement, son énervement grimpant perceptiblement, il se tourna vivement, agrippant sa choppe, et la descendit d’un seul trait. La claquant contre le comptoir une fois vide, il se craqua le cou docilement. Il ne lui fallut qu’une seconde avant d’exploser de rire, d’une façon grasse et bruyante.


« GYARH GYARH GYARH ARGH ! Gyarh gyarh… Ma gueule… Argh argh… T’en as d’belles toi. D’puis quand un tavernier dégage t-il un nain d’son bâtiment ? J’la connais pas, c’te gamine, pas la peine de t’mettre à m’insulter parc’qu’elle t’a mis en rogne, mon grand. »

« Peu m’importe. Je t’ai vu parler avec elle, et j’apprécie pas ses magouilles dans ma noble taverne. De plus, tu ressembles plus à un de ces nains ayant vendu leur honneur, un de ces Tueurs, qu’à un nain honorable. Dégage de mon bâtiment, ordure. »

« Un Tueur ! Gyarh gyarh gyaarh ! Une noble taverne… GYAAAARH GYARH GYAAARH !… Bon bon bon… »


Le nain s’était arrêté de rire en moins de deux secondes. Il sortit son deck de cartes fétiches, arborant un visage presque sadique sur le visage. Mélangeant rapidement celui-ci, il le posa sur sa paume gauche, regardant avec en haussant les sourcils le tavernier. Théâtralement, il piocha la première carte, et la fixa un instant. « La Vagabonde ».

La Vagabonde:
 

Le sourire du nain s’estompa, visiblement contrarié. Une carte d’invocation. « La Vagabonde » invoquait une voyageuse sur le terrain, qui soignait les unités d’infanterie proches. Une carte de soutien. Il rangea la carte dans le deck, et glissa ce dernier dans la pochette habituelle. Reprenant un large sourire forcé, le nain fixa à nouveau le tavernier.



« Tu t’en sors bien. »


Sortant sa bourse, il régla promptement sa consommation, jetant un dernier regard à cette Hélène qui s’était avérée prometteuse. Celle-ci semblait ne plus saisir quoi que ce soit de la situation, mais tenait visiblement à rester à l’écart de tout ceci. Le nain, rangeant rapidement sa bourse, quitta son tabouret, et se dirigea, le dos droit comme à son habitude, vers la sortie. Il vit alors que la mercenaire coupable de toute cette affaire lui tenait la porte. Les lèvres neutres, il la fixa de ses yeux sombres. Il n’aimait pas que l’on dérange des plans si plaisants. C’est alors qu’il aperçut une autre silhouette se faufiler par l’entrée ouverte. Une chevelure blonde, un être grand et svelte, aux yeux bleus, qui se mit bien vite à hurler. Wuirys.


« Toi ! Le nain avec son ours ! Tu vas payer pour ce que tu as fait ! Je vais... »

« OH TOI ! Parfait parfait, mais tu tombes à merveille ! »


Le nain s’était exclamé, retrouvant un large sourire, presque effrayant, alors qu’une étincelle de joie brillait dans ses yeux. Vivement, coupant court la parole à l’elfe, il sortit à nouveau son deck. Le mélangeant très rapidement, il reprit son rituel, et sortit une carte. « La charge naine ».

La charge naine:
 

Son visage s’égaya grandement. Il semblait heureux. Rangeant lentement la carte, puis son deck, il fixa avec un air satisfait l’elfe. Dans sa main gauche apparut vivement son piolet, alors que ses oreilles se bouchaient à nouveau d’un curieux bourdonnement. Avec une habilité surprenante, la partie élongée du piolet se retrouva à caresser la nuque de l’elfe. Pressant sur celle-ci, elle força l’elfe à incliner son dos. Une fois à portée, la main droite du nain s’appuya sur l’arrière du crâne du nouvel arrivant, l’agrippant sans douceur par ses cheveux chatoyants. Un terrible fracas retentit dans toute la taverne, et une gerbe de sang éclaboussa le sol alors qu’un gémissement s’échappait de la gorge d’un individu surpris. Son nez venant s’exploser sur la table la plus proche, qui vola par ailleurs en éclats, l’elfe ne tomba cependant pas au sol, néanmoins inconscient. Retenu par la prise de ses cheveux dans un gantelet nain, son visage se balançait, défiguré, le nez et la mâchoire en sang, au dessus des débris de la table, de longs filets de sang goûtant de son menton et ses lèvres. Thauthaudarmafur, ayant perdu son sourire, remercia d’un mouvement de tête la mercenaire tenant toujours la porte, et passa par celle-ci, traînant l’elfe assommé par les cheveux derrière lui, laissant une légère traînée de sang sur son passage.



Il y avait peu de monde dehors, mais les quelques personnes présentes, pour la plupart ayant déjà pris une biture, et ayant entendu le vacarme, eurent tôt fait de céder le passage au nain tirant un elfe ensanglanté. Plutôt que de prendre la direction de la route principale, le nain se dirigea vers la forêt qu’il avait quitté plus tôt. Son esprit revînt sur le joli minois de la serveuse, Hélène. Une légère amertume dans l’âme, il déglutit. Son retour à la société aurait pu merveilleusement bien débuté. Mais il avait fallu que des éléments perturbateurs viennent déranger sa tranquille soirée. Il grommela, alors que le brouhaha autour de la taverne reprenait petit à petit. Son retour à la société attendrait encore un peu, semblait t-il.




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Axe
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MessageSujet: Re: "Rencontre" [PW Axe]   Lun 23 Avr - 14:04

Les bras croisés derrière la nuque et les deux jambes confortablement étendues devant elle, Axe regardait le ciel de nuit qui s’assombrissait loin au-dessus d’elle, piqué d’étoiles à l’éclat encore ténu. Elle réfléchissait. Lafeth se terrait pour l’instant dans les mines de Khazar et, à en juger par le comportement qu’il avait adopté depuis le début de sa cavale, il y resterait un moment. Il ne valait pas le coup de manquer une nuit de sommeil. Malgré tout, elle préférait voir cette affaire se terminer le plus rapidement possible et la tentation d’aller le cueillir immédiatement était forte. Les mines n’étaient pas loin et n’étaient pas plus sûre de jour que de nuit dans leur obscurité permanente, aussi l’heure n’importait-elle que très peu. Une fois le complexe pénétré, cependant, Axe aurait peut-être à le traquer longtemps, selon l’ingéniosité avec laquelle il avait dissimulé ses traces –s’il l’avait fait– et le chemin qu’il avait parcouru dans le dédale de ses couloirs. Regretterait-elle alors le repos qu’elle avait l’opportunité de prendre immédiatement ? Sans doute. Rapidement, la mercenaire décida que le risque de voir le fugitif lever le camp était moindre que celui de perdre en efficacité au moment crucial. Et la nuit de sommeil l’emporta.

Sa petite aventure dans la taverne la contraindrait pour cette fois à dormir à la belle étoile, mais c’était loin d’être un mal. De cette façon, elle économiserait quelques piécettes – était-ce bien nécessaire ? Oui, pensa-t-elle. Toujours. Depuis quelques temps, elle ne prenait même plus la peine de gérer ses fonds, c’était une mauvaise habitude à laquelle il allait falloir remédier. Axe ne s’inquiétait pas. Elle était bonne pour les comptes et le plus souvent ingénieuse dans ses dépenses, malgré quelques dérives occasionnelles. Elle soupira en baissant les yeux vers le nombre effarant de lames qui pendaient à ses hanches. Malgré tous ses efforts, elle ne parvenait toujours pas à le trouver excessif.

Elle s’étira. Bâti en pierre et en chaux rugueuse, le mur extérieur de la taverne n’était pas particulièrement agréable, contrairement à la petite brise qui l’avait poussée à s’y adosser après avoir trouvé un banc de bois sur lequel s’asseoir, faute d’autre objectif. Le tavernier la voulait en dehors de son établissement, ce qui était chose faite, mais n’avait rien dit à propos de la suite des évènements. Oh, elle se doutait qu’il la préférait le plus loin possible, mais rien n’avait été dit, et trop nombreux étaient ceux qui sous-estimaient le pouvoir des mots et des nombreuses applications qu’on pouvait en faire. Trop nombreux étaient ceux qui ne croyaient qu’aux actes. Le tavernier faisait partie de ceux-là. Quoi de plus tentant que de jouer avec son injonction maladroite ?
Le nain qu’il avait également chassé ne s’était pas essayé à l’exercice, lui, filant droit vers la forêt en traînant derrière lui un elfe qui l’avait agressé. Une histoire de rancunes et de griefs communs qui ne la concernaient pas, quoi qu’elle l’eût assez amusée. Les elfes et les nains…ce vieux conflit la consternait autant qu’il était capable de lui arracher quelques sourires sur un malentendu, malgré son mépris pour les conflits inter-raciaux. Les elfes et les nains, les lycans et les vampires, autant de peuples bornés dont les préjugés frisaient l’obscurantisme à force d’application et d’imprégnation dans leurs cultures respectives.

- T’as pas honte, toi.

Axe leva les yeux. Penchée à la fenêtre, la serveuse qu’elle avait aperçue plus tôt dans la salle venait de l’interpeller, interrompant son geste alors qu’elle entreprenait de fermer les volets.

- C’était une jolie soirée. T’es gonflée de rester après avoir foutu une merde pareille.
- Moi ? Je me suis assise et j’ai bu quelques bières, voilà tout, s’amusa Axe. Le chaos s’est invité tout seul dans mon sillage…pauvre de moi.

Jouer avec les mots, encore. Tout ce qu’elle disait était vrai. Pour autant, disait-elle tout ? La serveuse rit jaune.

- « Le chaos »…On t’a tous vu le semer, le chaos, avec tes p’tites remarques et ta bourse trop pleine.
- Je me rends. Mais sur la fin, je n’étais plus à blâmer, laisse-moi au moins ça.
- Pas pour ça que t’étais pas bonne spectatrice. Une grimace cynique tordit sa jolie bouche. Quelque part, je trouve ça injuste que la nature laisse voir le jour à des gens comme toi. Ton genre de fauteurs de trouble, j’entends, qui s’acharnent sur les gens tranquilles.
- Ah, vraiment ?
- Tu ne trouves pas ?
- Je pense que la nature sait parfaitement ce qu’elle fait et qu’il est bien prétentieux de s’essayer à la comprendre, ma jolie. Le bien et le mal y cohabitent à part égale et il en est de même chez nous. La mercenaire s’installa confortablement. Tiens, sais-tu ce qu’est l’hybris ?
- L’orgueil des hommes et des femmes. Un sacré orgueil, du genre qu’on écrit dans les histoires. Celui de ceux qui ne respectent pas leur nature.
- Tiens donc, cultivée, remarqua Axe.
- Curieuse.
- Tu vois où je veux en venir ?
- T’aurais fait plus en finesse avec une charrue, mercenaire. Mais tu ne me feras pas gober que les humains sont condamnés à subir la folie des plus mauvais d’entre eux.
- Et pourquoi pas ?
- Parce qu’on a la morale, et ça, c’est pas du ressort de la nature. C’est pas dans ses bêtes ni dans ses plantes, et c’est sûrement pas chez nous par hasard. C’est parce qu’on est des êtres sociaux ; pas de lois sans morales, pas de société sans lois, pas de meurtriers dans une société.

Axe leva un sourcil, amusée. La discussion avait pris un tournant inattendu.

- Tu as raison, la morale a un côté pratique, mais c’est une erreur de penser qu’elle est absolument uniforme. Et si je te disais que la morale est une création de l’individu, auquel elle est relative, et que ma propre morale me dicte d’accomplir tout ce que la tienne juge abjecte et interdit ?
- J’te demanderais pourquoi et comment, sans doute.
- Prends les stryges noirs et les stryges blancs et dis-moi lesquels sont les plus fous, alors.
- Pardon ?
- Mais oui, grinça Axe, ils sont bel et bien tous fous à lier. Chacun à leur manière.
- Alors les stryges noirs, j’imagine.
- C’est parce qu’ils s’opposent à ta morale. Moi, ce sont les stryges blancs qui m’effraient. La mercenaire saisit un éclat dans le regard de la serveuse. Oh…tu commences à comprendre, toi.
- C’est une drôle de philosophie que tu me sers là, esquiva la fille. Pas banale, en tout cas.
- En supposant que tu sois assez curieuse pour essayer de la comprendre un peu plus, aimerais-tu que je te dise comment faire ?
- Supposons que oui…comment l’expliquerais-tu ?

La mercenaire laissa passer une seconde, impressionnée par le joli minois qui la surplombait et ce qui se cachait derrière. De l’esprit…C’est rare. Mais bons dieux, c’est agréable.

- Inverse les rôles. Sens-toi mauvaise l’espace d’un instant, et imagine-toi poser un mauvais œil sur le monde qui t’entoure. Que verrais-tu ? Un sourire fugace passa sur le visage d’Axe. Aimerais-tu ?
- Parfois j’me demande, soupira la rouquine. J’me demande vraiment.
- Oui, demande-toi, souffla Axe.

La serveuse resta silencieuse et sa jeune interlocutrice en profita pour enchaîner.

- Tu aimes philosopher, c’est pas courant pour une fille de taverne. Pars t’éduquer. Détache ton jugement des enseignements primaires qu’on t’a inculqués et choisis ta voie. Ou bien n’en choisis pas, conclut-elle, car l’objectivité est une science qui permet à l’intellect d’atteindre des sommets inaccessibles à ceux qui enferment leur raisonnement dans une vision absolue des choses.

Ce fut à la serveuse de répliquer immédiatement.

- Tu défends l’objectivité, mais t’as l’air d’avoir fait ton choix.
- Parce que j’ai laissé ma subjectivité me porter là où je savais que mes tripes me tiraient, fit Axe en souriant.  Et parce qu’aucun objectif ne sera jamais en mesure de comprendre une voie dans ses derniers retranchements, car la compréhension profonde d’une valeur dépasse parfois le maigre quota de pensées intelligentes que nous autres hommes et femmes sommes capables de connecter entre elles. Elles dépassent notre analyse, en d’autres termes. C’est qui me pousse à assassiner les braves qui tentent de m’arrêter, et les paladins à sauver leurs veuves et leurs orphelins au péril de leur vie. Oui, je suis une subjective, ce qui implique de laisser mes passions me dominer là où un objectif n’aurait jamais le courage de se laisser aller à ce qui dépasse sa compréhension. Pour autant, ma lucidité te semble-t-elle troublée ?
- Elle en est accrue, fit la rouquine qui suivait étonnement bien. Étonnamment ? Axe n’en était plus si sûre. Tu sais où tu te situes et ce que chaque regard implique, mais seulement parce que t’es assez maligne pour avoir appris à connaître les autres voies. Que fais-tu des gens simples ?
- Ils naissent, vivent et meurent, voilà tout. Le destin s’occupe de tout pour ces bienheureux.
- Voilà qui sonne élitiste, grinça la rouquine.
Axe gloussa.
- Je suis élitiste et les dieux me gardent d’arrêter de l’être un jour. Pour ma défense, je juge au moins un homme à sa vraie valeur, ce dont vos bons rois, vos beaux princes et vos princesses virginales semblent tout à fait incapables.
- Ma foi…Un point pour le camp des meurtriers anarchistes épanouis.

Un ange passa et les deux femmes éclatèrent de rire presque simultanément, l’une adossée au mur, l’autre pliée contre la rambarde de sa fenêtre.

- Honnêtement…
- Hélène.
- Honnêtement, Hélène, éduque-toi.

Nouveau silence. Axe devina que la jolie serveuse reprenait son souffle.

- Tu me pardonneras de pas prendre de conseils d’une fille comme toi, finit-elle par lancer, mais j’y penserai peut-être. Je viens de Stellaraë, tu sais. Il est p’têtre arrivé une ou deux fois que les gardes de la bibliothèque me fassent de l’œil…j’ai mes entrées là-bas.
- À la bonne heure, à la bonne heure.

Axe laissa son regard se perdre au loin alors qu’un nouveau sourire s’épanouissait sur ses lèvres. Elle aimait bien cette fille. Elle aimait bien l’entraîner vers des méandres de son esprit moins sages que ce que la morale humaine classique imposait, bien plus étranges et envoûtants que les libertés que la jeune femme semblait s’autoriser pour son plaisir personnel. Ses tentatives de sauver les apparences étaient tout autant sinon plus délicieuses que son beau minois. La curiosité, la curiosité…quel genre de défaut est-ce là qui conduit les âmes à aborder de si beaux horizons ?
Lentement, elle sentit une présence s’éveiller à ses côtés, une présence noire et malsaine à laquelle elle avait fini par s’accoutumer à force de la transporter. Charybde avait été dérangée par ses émois, semblait-il. La mercenaire accueillit tranquillement le fragment de conscience qui émergeait doucement dans son esprit, tirant même une certaine satisfaction du naturel avec lequel la connexion se faisait et savourant l’étrange sensation qui en découlait. Elle sentit la torpeur qui embrumait l’esprit du démon et l’injonction qu’il essayait de lui faire passer, et obtempéra docilement. Charybde voulait attirer son attention sur un détail au sol. Elle baissa les yeux et son regard rencontra immédiatement une trainée rougeâtre dont elle devina rapidement l’origine, interloquée. L’elfe ? Non, les raisons que le pauvre bougre avait d’attirer l’attention de l’entité destructrice étaient trop peu nombreuses. C’était le nain. Inévitablement…Quoi que de son côté aussi, elle avait du mal à déterminer ce que Charybde lui trouvait de bien intéressant. L’ordre était clair, cependant, et se précisa au fur et à mesure que l’injonction du démon se faisait de plus en plus intelligible.

Axe…Suis-le.

- Crois bien que ça me tue, mais je vais te laisser, Hélène, fit-elle d’une voix distante.
- Et moi je vais redescendre vider la salle, qu’on me soupçonne pas de m’acoquiner avec un beau passant. Un appel retentit depuis l’étage inférieur. C’était la voix du maître des lieux. Ben tiens…
- Il est imbuvable, ce pauvre vieux.
- C’est pas une raison pour revenir le descendre. Ne reviens pas du tout, d’ailleurs. Là où tu passes, la mort passe aussi, et cet endroit est un joli petit coin qui n’en a vraiment pas besoin.

Axe renversa la tête en arrière et croisa le regard d’Hélène.

- C’est mon métier, la belle. Mais soit. Adieu, donc !
- Drôle de métier pour sûr, et drôle de fille. Adieu !

La silhouette de la jolie serveuse s’effaça prestement et Axe entendit le claquement de ses bottines s’éloigner alors qu’elle s’enfonçait dans le bâtiment, répondant d’une pique agacée à un nouvel appel du tavernier. Les paupières de la lycanthrope s’abaissèrent paisiblement. La belle Hélène…elle rattrapait à elle seule tous les griefs qu’elle avait accumulés à l’égard de ses rencontres du jour. Rencontre. Ses yeux se rouvrirent immédiatement. Si la jolie serveuse et son esprit aiguisé avaient laissé Charybde indifférente, il n’en avait pas été de même pour toutes les âmes qu’elle avait croisées. Lentement, la mercenaire se redressa et entreprit de se lever pour se rapprocher de la traînée sombre qu’elle avait remarquée plus tôt. Elle renifla. Le sang d’elfe sentait fort et la lune était presque pleine ; à ce compte-là, c’était plus une avenue qu’une piste qui se dessinait tout droit jusqu’au nain pour celle qui avait consacré les cinq dernières années de sa vie à aiguiser ses sens et ses talents de traqueuse. Un nouveau genre de sourire fleurit sur ses lèvres. Depuis combien de temps n’avait-elle pas effectué une chasse en bonne et due forme ? Avec du gibier, des pistes, des fumets aux évocations délicieuses de chaque côté et des courses effrénées dans les bois ? Depuis combien de temps n’avait-elle pas laissé la pleine lune la posséder et la ravir une nuit entière au lieu de noyer son appel dans l’alcool, la violence ou la drogue ? Elle haïssait de tout son cœur le simulacre de traque que lui offrait lafeth, une perte de temps insipide qui se solderait par un combat non moins insipide et une mise à mort tout aussi…Oh, les mises à mort. L’œil dilaté d’une proie qui se figeait, un dernier sursaut nerveux alors que sa nuque craquait sous la pression de ses crocs. Pour le stryge déchu, rien que du fer, une larme ou deux peut-être. Axe détestait cette idée. Mais elle détestait Zéphalia plus encore.

La piste la guida à travers la masse épaisse et sombre de la forêt qui poussait autour de la taverne, aussi claire qu’un sentier balisé. Le nain avait bien avancé mais ses petites jambes peinaient sans doute plus que celles d’Axe dans les sous-bois, la mercenaire ne s’inquiétait pas. Et puis il trainait un elfe adulte. Un beau spécimen svelte qui n’était sans doute pas bien plus lourd que ses repas, mais demeurait sans doute encombrant, surtout tracté par les cheveux. Était-il toujours en état de se débattre après le coup du nain qui lui avait coûté son nez ? Axe ne se souvenait plus. Elle ne décelait en tout cas pas spécialement de traces de lutte, pas plus qu’elle n’entendait crier dans un périmètre proche. Plus elle avançait, plus elle sentait cependant un détail s’imposer. Le nain connaissait son affaire. Elle approuvait le gros de ses choix dans son orientation, se faisait la remarque que sa réaction eût pu être la même devant tel ou tel obstacle, tel ou tel relief. La direction était précise, là où elle s’attendait à le voir tourner en rond ou adopter un parcours hésitant. Un nain sylvestre ? Comme c’est pittoresque. Se souvenant de son allure particulière malgré ses proportions classiques et passe-partout, elle sentit soudain une certaine envie de presser le pas s’imposer. Avec un temps de retard, le nain avait fini par éveiller sa curiosité.

Seul, balafré, porteur d’un étrange paquet assez semblable à celui de la mercenaire, une petite chose carnivore –un ours, paraissait-il– dissimulé dans son plastron imposant, sa manie de tirer ses choix aux cartes qu’elle avait nonchalamment attribué à une simple extravagance. Oui, il y avait bien une aura de mystère autour du personnage, dont la manière qu’il avait eu de traiter l’elfe qui lui avait sauté dessus était peut-être le comportement le moins inattendu. Assez de mystère pour ne pas finir par représenter une simple perte de temps, une de plus ? L’avenir le lui dirait. Elle n’eut pas trop à attendre, d’ailleurs ; sans prévenir, la végétation s’effaça bientôt pour laisser place à une clairière de taille raisonnable et de forme quasi circulaire, à l’herbe basse et tendre. Un grand rocher se dressait en son centre. C’était là que se trouvait son centre d’intérêt du moment ainsi que son chargement, qui ne se débattait définitivement plus. Elle sourit. Les réprimandes efficaces et ceux qui étaient en mesure de les infliger avaient toute sa sympathie. Néanmoins, voyant que l’elfe était loin d’être en bonne posture face à un nain aux intentions assez tangiblement mauvaise, elle décida de couper court au malheureux processus qui s’était engagé là.

« Allons, l’ami, tu donnerais raison aux préjugés de l’autre vieux crétin ? »

Arborant la même lippe narquoise que lorsqu’elle l’avait interpelé au bar, Axe s’avança, comptant sur la surprise de l’étrange nain pour calmer sa véhémence si de véhémence il faisait preuve. L’odeur du sang de l’elfe était partout, puissante pour un nez particulièrement réceptif comme le sien. Pauvre gars, tiens. Ceci dit, face à un stryge noir, j’aurais fait la même.

« Axe, mercenaire. Nous voyageons dans la même direction, je me permets de m’inviter. »

C’était suspect, le nain n’allait pas aimer. Mais ils auraient bien le temps de se faire confiance plus tard si cela s’avérait nécessaire. Axe, de son côté, préférait éviter de s’étaler en civilités tant que l’origine de la curiosité de Charybde n’était pas confirmée ; elle sentait bien sa satisfaction croître au fur et à mesure qu’elle se rapprochait du nain, mais l’arme demeurerait pour le moment tout à fait silencieuse. Tout comme sa jeune propriétaire, elle attendait de voir.




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Thauthaudarmafur
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MessageSujet: Re: "Rencontre" [PW Axe]   Ven 27 Avr - 22:33

Thauthaudarmafur, reposant en tailleur au milieu d’une clairière qu’il avait trouvé en suivant des traces animales, cligna doucement des yeux. L’elfe, le visage en sang, reposait, inconscient, devant lui. Les paumes posées sur ses genoux, le nain méditait calmement. Cette journée était pour le moins déplaisante au plus haut point. Tout d’abord, son ourson l’avait averti d’une présence non loin d’eux, puis les cartes avaient décidé pour lui. Il avait fallu que ce soit des elfes, dans les Baldors, qui soient sa première rencontre. Fidèles à eux-mêmes, ils avaient provoqué le nain. Les insultes et les railleries ne le dérangeaient pas, ça avait été monnaie courante à Ogh-Hen-Kìr. Néanmoins, il ne pardonnait pas l’affront de lui spolier son compagnon. Ce dernier acte leur avait valu une sévère correction. Un second tirage, décidant de la vie d’un des leurs, avait alors pris le nain de court. Fronçant les sourcils, il sortit à nouveau cette carte. « La Rencontre ». Thauthaudarmafur confirma à nouveau à lui-même qu’il n’avait jamais inventé cette carte de sort. Le dessin était notamment d’un style trop parfait pour avoir été conçu par sa main. Ceux du nain étaient plus abrupts, plus approximatifs, bien que demeurant un excellent travail. Mais ici, aucun faux trait, aucune rature n’était visible. L’image présentait une femme, visiblement une voyante aux cheveux verts, semblant tenir le monde entre ses mains. De nombreux engrenages semblaient voler à ses côtés, analogues aux rouages du temps, analysa le nain. Ce dernier racla les fonds de sa mémoire, se mordant l’intérieur de la joue. Gradul avait une multitude de decks, et il été souvent arrivé qu’ils s’échangent des idées et des cartes. Aurait il pu créer celle-ci ? Son frère lui aurait alors offert, et, lors d’un malheureux mélange de cartes, elle serait tombée dans son deck fétiche ? Les chances d’une telle coïncidence étaient faibles, très faibles.


Posant « La Rencontre » au sol, entre ses pieds, il tira son deck fétiche et en fit rapidement l’inventaire. Son deck était complet, aucune carte ne manquait. Il déposa celui-ci sur le sol, et reprit son centre d’intérêt dans sa main droite. Étonnamment, la description ressemblait à ces cartes tordues que Thauthaudarmafur aimait créer. « Une fois joué, ce sortilège invoque un personnage de classe légendaire aléatoire, destiné à modifier entièrement le champ de bataille de sa présence ». Les cartes de classe légendaire étaient des cartes uniques dans tout le KvUnT. Ces cartes étaient plus fortes, de très loin, que toutes les autres, mais seul un unique exemplaire n’était créé dans tout le jeu. En Ogh-Hen-Kìr, il n’y avait jamais eu besoin de réglementation, les nains respectant les règles sans rechigner. De souvenir, Thauthaudarmafur se remémora trois personnes à avoir des cartes de classe légendaire : Zartys, Whuurtad, et Gradul, qui en avait remporté une durant la finale du grand tournoi de KvUnT. Ainsi, cette carte semblait inutile pour le nain à cet instant, n’ayant pas de carte légendaire. Cependant, en relisant avec attention les mots employés, il comprit que la force de cette carte résidait en deux éléments : Premièrement, c’était une invocation d’un personnage, donc d’une créature qui allait demeurer sur le terrain durant les tours suivants. Deuxièmement, c’était une invocation aléatoire, ce qui impliquait, d’après le règlement, que la carte invoquée n’était pas forcément dans le deck. En résumé, cette carte invoquait une créature légendaire, dont la carte n’était pas nécessairement en possession du joueur. Thauthaudarmafur eut un léger sourire. Cette carte lui plaisait. Il pensa à changer son deck fétiche, ou en faire un second, basé sur cette carte. Notant dans son esprit d’y réfléchir une fois sa méditation achevée, il retrouva néanmoins sa mine neutre. Trois questions demeuraient. D’où venait cette carte ? Pourquoi la pierre avait elle réagi lorsqu’elle était apparue ? Que signifiait le fait de l’avoir tirée pour lui ? Les deux premières étaient vraisemblablement liées. En réalité, le nain ne voyait qu’une seule possibilité à toute cette énigme. La pierre avait créé cette carte.


Qu’était le plus étrange entre une coïncidence et la magie ? Finalement, qu’est ce que « étrange » voulait dire ? Il semblait évident que l’étrange était non pas quelque chose d’effrayant nécessairement, mais bien une notion rare et surprenante qui, bien souvent, venait différer de nos pratiques courantes. Finalement, l’étrange et le nouveau étaient liés, voire semblables. La coïncidence impliquant le thème de l’aléatoire et de l’inconnu, pouvait-on alors réellement parler d’étrange ? L’aléatoire n’avait rien de nouveau, et la seule dimension dérangeant était celle qui présentant une impossibilité de contrôle. On ne peut maîtriser l’aléatoire. Néanmoins, l’aléatoire peut être limité, et ses frontières délimitent alors l’inconnu qualifiable d’étrange. Par exemple, « La Rencontre » est aléatoire, mais elle ne peut invoquer qu’une carte existante. L’inconnu est alors bien connu, dans le sens où l’on sait quelles cartes peuvent tomber. Un bon joueur saura alors prévoir chacun des cas équiprobables, et créera un deck adaptable au nombre fini de compositions possibles. C’est à cela qu’un grand joueur est reconnu, par ailleurs. Finalement, si l’aléatoire n’était pas un minimum contrôlé, les coïncidences perdraient leur sens le plus primaire. Si Nadsûhydr venait à se balader dans les Baldors, pourrait-on parler de coïncidence ? L’improbable ne rentre pas en compte dans la notion de coïncidence. On parlerait alors d’événements impossibles, cela relèverait du surnaturel, du magique. La magie prendrait alors le pas sur les coïncidences. La magie. Cette notion incompréhensible, que certaines élites ou dégénérés mentaux parviennent à concrétiser. Thauthaudarmafur sourit. La magie était au final bien l’une des notions les plus étranges de ce monde. Avec cette définition de l’étrange, les coïncidences n’avaient rien d’étranges, car l’aléatoire demeurait finalement contrôlé, tandis que la magie effrayait de par sa sur-puissance et son mystère.  Quel est le fou qui aurait la prétention de déclarer tout savoir de la magie ? Les mots de Zartys retentirent dans son esprit, alors que le jeune nain fermait les yeux, une certaine paix l’envahissant lentement.


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« La magie est un flux. Un flux continu de magie élémentaire, qui se croise, interfère, et cohabite en certaines situations. Fou que celui qui osera les déterminer. Nous sommes pour l’heure incapable de découvrir l’origine de ces flux, et peut être est-ce en cela la toute beauté de ce qu’on appelle communément la Magie. »

« Mais alors si nous ne savons d’où elle vient, comment pouvons nous différencier les flux ? Je veux dire… Maître, vous êtes capables de forger tantôt une rune de feu, tantôt une rune de foudre. Les flux de l’un ne sont pas identiques aux flux de l’autre. Comment... »

Le Thane arrêta promptement son apprenti, levant simplement la main, baissant légèrement le menton et fermant les yeux. Thauthaudarmafur, désormais accoutumé à la tradition d’enseignement arcanique, se tut, fixant avec intérêt le vieux nain.


« La confection des runes est un art que tu verras un temps voulu. Ta question, pertinente, n’admet cependant aucune réponse. Il n’est pas question de différencier les flux, mais simplement d’appeler ceux qui te sont nécessaires. Ne fais pas cette mine, il n’y a pas meilleure comparaison. Lorsque je forge une rune de foudre, j’appelle directement le pouvoir de la foudre sur l’enclume magique, et l’impact de mes martèlements achève de compresser les vents magiques dans la rune en y gravant un symbole unique. »

« Je vois… Mais dans ce cas, comment fonctionne l’enclume magique ? Vous m’aviez dit qu’elle appelait les vents, j’en conviens, mais comment elle-même est elle créée ? »

« Tu le découvriras bien assez tôt. Mais tu ne dois pas chercher réponse à tout, jeune apprenti. Dans l’étude de la magie, nombreuses seront les énigmes que tu ne pourras résoudre. Il en va de ta stabilité mentale de ne pas chercher à en trouver une solution. Aussi, pour revenir à l’une de tes précédentes questions, la pierre magique que tu possèdes est peut être elle-même une énigme sans réponse. »

« Je comprends. Il est en ce monde des cultures et des rites qui nous demeurent inconnus, et peut être l’évolution de toutes nos recherches et coutumes nous mèneront un jour à la Vérité, et à la connaissance. Ma pierre provient, comme je vous l’ai avoué, d’une autre civilisation. Il me fut complexe de la décrocher, et n’en sait pour autant rien de plus depuis lors... »

« Mais cela t’a pratiquement coûté un œil. »



Thauthaudarmafur avait alors pris une mine grave, et son index et majeur gauche collés avait retracé la cicatrice marquant sa paupière gauche du haut du sourcil à la pommette.


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Thauthaudarmafur, souriant, toujours assis en tailleur, cligna des yeux, son ourson s’évadant de son plastron pour aller sur le rocher. Alors qu’’il se remémorait ces instants, sa main droite avait tiré la pierre de sa cachette. La regardant presque avec tendresse, remuant paisiblement ses souvenirs, il parcourait de sa main gauche sa cicatrice. Un œil, pour une pierre magique. Ce marché était clair. Mais un autre prix avait été payé. Un prix autrement plus précieux. Le prix du sang. La scène fut un véritable massacre, la neige fondant sous le liquide vital, créant un léger ruisseau rougeâtre, progressant vers le bas de la pente de la montagne. Le nain n’avait pas brûlé les corps. Sans doute aurait t-il du. Plongeant les yeux dans sa pierre, dont la neutralité demeurait sombre, il prit à nouveau conscience de son ignorance quant à son sujet. Il n’osait même plus se demander comment la pierre aurait elle créé cette carte, mais la raison de cette création l’intriguait. Posant doucement la pierre sur « La Rencontre », il ne fut pas étonné de la voir s’illuminer d’une aura mauve. La retirant prestement, et la rangeant dans son plastron, il saisit à nouveau la carte. Il l’avait tiré, et la carte souhaitait l’avertir par ce tirage. L’avertir de quoi ? Thauthaudarmafur fronça les sourcils. Une rencontre.


L’elfe, dans son inconscience, eut un léger spasme. L’ourson, au sommet du rocher, grogna légèrement, s’étirant au clair de lune. Le nain, concentré, fouilla à nouveau sa mémoire. Après avoir tiré la carte, il y avait eu cet elfe saoul. Aucune importance. La taverne, en revanche, avait présenté bon nombres d’intéressants personnages. Hélène, le tavernier, cette prostituée, et à nouveau Wuirys. Une rencontre. Cela aurait pu être Hélène, mais ses plans de nuit plaisante furent ravagés. Le tavernier ? Son troisième tirage l’avait empêché de lui sauter dessus, malgré sa colère grandissante. L’injustice de cet homme l’avait outré, bien qu’il la comprenait. Les cartes avaient parlé : il n’était pas destiné à entrer en conflit physique avec cet homme. De nouveau, ce n’était pas lui. La prostituée de la Congrégation avait agité la pierre, semblait t-il. Cette gamine avec son gros paquet était arrogante, hautaine, et dégageait une confiance en elle bien trop grande. Thauthaudarmafur avait eu affaire à bon nombre de beaux parleurs. Néanmoins, il ne parvenait pas à imaginer cette enfant théâtraliser une fausse puissance. De par son attitude, elle avait foutu en l’air la soirée paisible du nain. Mais il ne la reverrait sans doute jamais. Ce ne devait pas être elle. Puis, Wuirys, a nouveau, était apparu. Le tirage avait été clair, et le visage de celui-ci, bien vite explosé. Ne se voyant pas laisser un être blessé et inconscient dans la taverne, il l’avait traîné jusqu’à cette clairière. Par élimination, serait-ce cet imbécile, la rencontre ? Il grommela, rangeant « La Rencontre » dans une pochette solitaire. Pitié, pas ce type.


Soudainement, l’ourson se redressa sur le rocher, et grogna doucement. Le nain lui jeta un coup d’œil. Il avait repéré quelqu’un. Lui intimant doucement de se calmer, le nain ferma les yeux, écoutant les alentours. Il ne lui fallut qu’une poignée de secondes pour clairement distinguer le rythme clair d’un pas approchant dans la forêt. Plus les pas approchaient, plus le nain pouvait confirmer ses doutes. Un pas léger, mais alourdi, empruntant le même chemin que lui. Cela ne faisait aucun doute. Il ne voyait qu’une seule personne répondant à ces critères capable de l’avoir suivi. La prostituée.


« Allons, l’ami, tu donnerais raison aux préjugés de l’autre vieux crétin ? »


Thauthaudarmafur ouvrit les yeux. Cette voix narquoise, ce ton légèrement hautain. C’était elle. Le nain sourit légèrement. En un sens, la possibilité que Wuirys ne soit pas la rencontre attendue le rassurait. Mais était-ce mieux d’imaginer cette gamine au centre de l’intérêt de la pierre ? Il regarda son deck, toujours posé faces cachées entre ses pieds, la pierre vibrant doucement, presque sereinement, contre son torse. Sa main droite vint tirer une carte lentement, et déposa la carte face dévoilée à côté du deck. Il sourit davantage. « La Force Suprême ». Une carte sortilège qui accentue le courage des unités sur le terrain du joueur, symbolisé par une augmentation de la vitalité, de la défense, ainsi que des dégâts.

La Force Suprême:
 


Le nain sourit, rassembla le deck, et entreprit de le mélanger calmement, son habileté naine jouant de nouveau, alors que la demoiselle se présentait.

« Axe, mercenaire. Nous voyageons dans la même direction, je me permets de m’inviter. »

« Mercenaire... »


Le nain avait souri davantage, la répétition étant clairement ironique. Cependant, ce n’était pas un rire moqueur. Il demeura assis en tailleur, laissant la gamine s’approcher et s’adosser contre le rocher, se positionnant à quelques centimètres du corps. Elle attendait visiblement de voir la réaction du nain. L’ourson grogna à nouveau, visiblement prêt à se jeter du haut du rocher pour lacérer la tête de l’humanoïde. Thauthaudarmafur le calma d’une légère expiration bruyante, comme s’il demandait à un humain de se taire. L’ourson remua et s’allongea tranquillement à nouveau, fixant de ses grands yeux noirs la demoiselle. Le nain déposa à son tour les siens sur le regard enfantin, et prit le temps de la détailler. Un visage fier, des traits sérieux, bien que tirés en une sorte d’expression narquoise, de longs cheveux noirs, rabattus de telle sorte à ne jamais déranger ses mouvements, une légère armure de cuir… Mais ce qui intéressa davantage le nain fut ses mains. Des gants de cuir masquaient la peau, mais ce détail s’avérait précis, pour qui savait regarder. Ce qui était le cas de Thauthaudarmafur. Le cuir était usé, mais ménagé par une connaissance et une expertise masquées. Néanmoins, le gant était parfaitement adapté à la gamine. Le cuir moulait parfaitement les doigts, leur permettant souplesse et confort dans chacun de leurs mouvements. Ce détail en tête, le nain repassa en revue très rapidement l’armure en entier, incluant les bottes et la cape. Tout l’équipement de la demoiselle était adapté à sa corpulence. Il fronça imperceptiblement les sourcils. Ne jamais plus prendre cette gamine à la légère. Malgré sa jeunesse apparente, elle avait de l’expérience, c’était indéniable. Le seul détail n’allant pas dans l’harmonie ambiante était ce paquetage sur son épaule. Et sa présence n’allait que dans le sens du danger potentiel que pouvait représenter cette personne. Reposant ses yeux dans ceux, sombres, de la jeune femme, le nain sourit à nouveau, et lui rétorqua, en riant, comme à son habitude.

« Gyar gyar gyar gygyargh ! Une mercenaire… Assassin aurait sans doute été un meilleur qualificatif, chère Axe. J’suis Thauthaudarmafur, nain des Monts Glacés. Les préjugés d’l’aut’ vieux crétin, tu dis… Je n’donne raison à personne si c’n’est qu’à ma propre conscience. Cet elfe m’a fait deux affronts. L’premier fut d’essayer d’me voler mon compagnon. T’en fais pas, t’as rien à craindre de lui. De toute façon, j’doute que t’aies que’que chose à craindre de bien du monde, gamine. Son deuxième affront fut de m’insulter au mauvais endroit, au mauvais moment. D’ailleurs, j’te r’tiens. J’avais prévu une foutue bonne soirée, dans c’te taverne. M’enfin... Les cartes ont parlé. Il a perdu son nez. Qu’il soit un elfe n’y change rien, et pour tout t’dire, j’en n’ai rien à carrer de donner raison aux préjugés. La vie n’est pas prédéfinie. Sa vie ne tient qu’aux aléas d’not’ quotidien. Moi, je joue avec. Sa vie ? Les cartes parleront. »


Théâtralement, Thauthaudarmafur déposa le deck mélangé, faces cachées, entre ses pieds, de façon à ce qu’Axe puisse voir le résultat. Sa main droite prit la première carte du deck, et la déposa, face dévoilée, à côté du deck. « La Sentence du Roi ». Une carte personnage invoquant le roi nain, ayant des dégâts considérables, et dont l’apparition provoque un déferlement de dégâts sur les ennemis. Le nain releva la tête, fixant la demoiselle.



La Sentence du Roi:
 


Sans un mot, et sans la quitter des yeux, le nain, les traits sérieux, tira son marteau-piolet de sa main droite, l’éleva lentement et abaissa violemment la face plate de celui-ci. Les os craquèrent, la colonne vertébrale se brisa. Le cou de l’elfe fut broyé. Le corps eut un soubresaut. Le nain rangea son marteau, propre, à sa ceinture, alors que le cadavre était pris de convulsions post-mortem. Pas une goutte de sang n’avait été versé, le cou broyé n’avait pas été ouvert. Le nain, après quelques secondes, quitta les yeux de la mercenaire, et fixa un instant le cadavre. Sa main droite vînt chercher la pierre magique, l’extirpant de sa cachette. Il la déposa doucement sur le front du cadavre, puis baissa le menton, fermant les yeux. Il murmura quelques mots nains dans sa barbe, alors que la pierre noire s’illuminait d’une lueur violâtre. Lorsque celle-ci retrouva sa neutralité, le nain ouvrit les yeux, et récupéra son bien, le rangeant prestement. Ne présentant plus aucun intérêt, le nain siffla l’ourson, lui indiquant qu’il pouvait satisfaire sa faim, si faim il y avait. Rangeant prestement son deck, en prenant soin de le mélanger à nouveau, le nain se leva avec souplesse. Tournant le dos à Axe, le nain fixa la lisière de la forêt. Un pressentiment venait de s’éveiller. Un frisson parcourut sa nuque. La pierre, et le nain, avaient un pressentiment. Quelque chose de mauvais sévissait non loin. Repoussant ses doutes, le nain prit la parole, lentement.

« Je ne suis pas ton ami, du moins pas encore, gamine. La prochaine fois, appelle moi Thauthau, si jamais tu souhaites m’appeler. Le terme « ami » viendra plus tard, si occasion il y a. Mais avant cela, « mercenaire », laisse moi émettre mes hypothèses. Membre de la Congrégation, tu es l’une de leur dirigeante. Non, pas exactement. Tu es trop jeune pour cela. Tu es, dirons nous, dans la seconde sphère dirigeante. Commandante, entraîneuse, ou gérante d’une zone importante de la faction, je suppose. Je ne connais pas votre système. Tu te diriges vers les mines de Kazhar, exactement dans la même direction que nous avons emprunté jusque là. Ton objectif est de tuer quelqu’un, ou quelque chose. Un contrat, sans doute. Ou bien un traître. Quoi qu’il en soit, c’est quelqu’un d’important, ou bien représentant quelque chose d’important, puisque toi, personne influente de la faction, t’en occupe toi-même. Cependant, tu trouves le temps de t’arrêter pour t’intéresser à une petite querelle raciale entre deux inconnus. J’en déduis deux choses. Tu as le temps et tu es confiante. Ta proie est donc soit devant toi, soit trop faible, par nature, ou par blessure. Étant encore en vie, je doute que la première proposition soit la bonne. Donc ta proie est bien dans les mines de Kazhar. Et toi, Axe, la puissante membre de la Congrégation, va l’abattre avec une facilité des plus écrasantes. Je t’ai dit ne pas être ton ami. Le fait est que notre relation va dépendre d’une unique chose, en l’état actuel des choses. Des nains vivent non loin de ta direction. Mon peuple est-il visé par ton présent contrat, gamine ? »


Le nain se retourna, notant son ourson mâchonnant une partie du coup de l’elfe, et fixa la mercenaire. La présence l’ayant dérangé plus tôt était sur elle. Il n’avait plus aucun doute à ce sujet, la pierre le savait. Le vent frais de la montagne se leva dans la clairière, donnant un aspect très sinistre à la scène. Les chevelures brunes des deux protagonistes pliaient sous cet effort, et la longue barbe du nain également. Celui-ci attendait patiemment, prêt à identifier toutes les réactions de la demoiselle.




~ Puisse Grungni veiller sur votre honneur ~




État des slots d'arène : Mercenaire Rabclaw | Disponible | Disponible




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"Rencontre" [PW Axe]

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