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Le Monde de Dùralas


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 Ne meurs pas si tu peux

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Saigo
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Saigo

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MessageSujet: Ne meurs pas si tu peux   Ne meurs pas si tu peux EmptyJeu 7 Déc 2023 - 11:39
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Saigo n’était pas revenu à la Tour Noire depuis un long moment. Il n’était plus l’Exécuteur-en-Chef, il n’avait pas vraiment de responsabilité vis-à-vis des cachots, qu’il savait bien dirigés par Kova Nabsci, qui lui avait succédé sur le Trône de Cranes, et Katsuo Shibata, son mentor sur la Voie et fidèle second de la nouvelle maîtrise des souterrains. Les lois stryges imposaient aux Exécuteurs de revenir régulièrement au bercail, afin de faire un état des lieux de leurs missions et de leurs accomplissements. Toutefois, le cas de l’Élu demeurait épineux : il était mort. Tué par ceux qu’il était supposé commander. Une frange rebelle avait mis un terme prématuré à son règne d’Exécuteur-en-Chef, quelques semaines seulement après qu’il ait commencé. Il avait éliminé la quasi-totalité des traîtres ce jour-là. Quelques mois plus tôt, il avait, avec l’aide de Sobek, Shakti et Axe, terminé le travail, en prenant sa revanche sur Onyxia Ventress, la dernière représentante de la rébellion.

Entre temps, le Parricide était resté mort dix-huit longs mois. Enterré dans la grande crypte de la Tour, aux côtés des anciennes Matriarche, des anciens Exécuteur-en-Chef et autres légendes qui avaient contribué à la grandeur de son peuple. Puis il avait été ramené à la vie. Il s’était entraîné. Il s’était engagé sur la Voie de l’Exécuteur Parfait et était redevenu, à force de travail, aussi fort qu’auparavant, si ce n’était plus. Il était devenu l’Ombre de la Congrégation. Il avait abattu le serpent divin de Wystéria. Survécu au froid glacial de la Banquise. Contribué à repousser Anklög et ses créatures d’énergie bleue.

Saigo avait regagné sa place à la Tour Noire. Il était bien conscient que Zéphalya, la Matriarche, voyait d’un très mauvais œil son retour à la vie, elle qui avait commandité sa mise à mort. Son heure viendrait bientôt. Mais lorsqu’il déambulait dans les étages, l’Élu sentait les regards changer. Il y avait toujours la crainte, évidemment, c’était le propre des Exécuteurs que de générer la peur même chez les leurs. Mais il y avait aussi le respect, justement car il était bel et bien l’Élu, le réceptacle du pouvoir de Mahriser, le Dragon Blanc, capable de supporter le poids écrasant de la toute-puissance divine et d’en exploiter le potentiel. Puis, sur le torse de l’Ombre était apparue la plume millénaire d’Asmodea, la première Matriarche. Il n’avait pas juste trouvé la relique par chance, elle s’était révélée à lui, s’était incrusté en lui comme s’il en était le propriétaire légitime. Les murmures allaient bon train dans les hautes sphères : et si Saigo, l’Exécuteur, la création de Onze, le mort-vivant, était finalement le digne héritier du Trône ?

Le stryge noir, fidèle à lui-même, ne prêtait pas attention aux théories et rumeurs. Il se focalisait sur son éternelle quête de puissance. Sa discipline de fer lui avait permis de retrouver son aura, ses longs entraînements quotidiens lui avaient permis de triompher des adversaires les plus dangereux, sa force l’avait catapulté sur le trône de la Congrégation, lui avait rendu le respect de ses pairs et avait fait fructifier les affaires de ses alliés et amis. Notamment Sobek.

Justement, l’Empereur de Spelunca avait fait parvenir à son allié une missive, lui demandant d’entraîner une jeune disciple aux arts du combat. Une requête que Saigo avait accepté sans discuter, au nom de l’amitié non seulement entre Château-Rouge et la Congrégation, mais aussi entre les deux hommes. L’Exécuteur savait bien que son plus vieil allié disposait de nombreux précepteurs dans sa cour, et autant de scientifiques capable de transformer sa nouvelle « amie » en une version unique de Frelon Speluncien. Mais s’il demandait à lui, c’est qu’il ne voulait pas en faire un soldat classique. Il voulait en faire une vraie assassine, une vraie machine à tuer. Dans ce domaine, ceux qui pouvaient rivaliser avec Saigo se comptaient sur les doigts d’une seule main.

Afin d’éviter que quiconque puisse faire le lien entre Spelunca et Lédéhi, l’Ombre avait indiqué à son ami que l’entraînement se déroulerait dans les ruines de la Tour Grise, au bord du Lac Fresha. Il ne doutait pas un instant que des espions et autres guetteurs observent attentivement les allées et venues, ainsi que les échanges des politiciens les plus importants de Château-Rouge. Il était préférable de garder l’alliance entre les deux puissances secrète, au moins pour l’instant. L’entraînement sur terrain neutre était plus raisonnable, moins suspect. De plus, pour Saigo, il revêtait d’une symbolique profonde. C’était au cœur de ces ruines que lui-même avait commencé son entraînement. C’était le point de départ parfait pour sa nouvelle élève.

La seule contrainte imposée par Sobek était la nécessité de maintenir cette Nina-Lou en vie. Le stryge noir n’avait pu retenir un soupir à la lecture de la clause, marmonnant qu’il ne tiendrait qu’à sa pupille de ne pas mourir comme une merde contre le premier blango venu. L’entraînement des Exécuteurs n’avait pas ce genre de filet de sécurité (c’était peut-être pour cela qu’ils étaient si peu à survivre à la formation) et Saigo voyait cela comme une raison majeure de sa force. Face à la mort, ceux qui aspiraient à la vraie puissance se transcendaient, ceux qui n’était pas digne d’un tel pouvoir périssaient. Ce serait la première leçon… quand la jeune femme arriverait. Pour l’heure, l’Ombre patientait, dans les ruines, vêtu d’une combinaison d’entraînement noire, sans manches, laissant paraître ses bras musclés, couverts de runes et de cicatrices. Il répétait, inlassablement, les mêmes enchaînements et combinaisons de coups, et ce depuis le lever du soleil. La sueur perlait sur son front malgré le froid mordant qui régnait. Mais nul être vivant n’était venu troubler son entraînement. Rares étaient ceux qui s’aventuraient dans les ruines, seule zone neutre dans le conflit millénaire entre les deux peuples stryges. Ils ne seraient pas dérangés.






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Nina-Lou Knywett
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MessageSujet: Re: Ne meurs pas si tu peux   Ne meurs pas si tu peux EmptyVen 8 Déc 2023 - 5:10
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Elle avait alterné au courant des derniers jours convois de marchandise, passages à pied et passages à patte. Se greffant à la suite de plusieurs voyageurs, restant tapie dans l’ombre comme la Bête qu’elle devenait peu à peu, elle laissait ses jambes porter son corps amaigri sans compter les pas, sans compter les kilomètres parcourus. Transportant son baluchon d’infortune sur une épaule, il lui restait désormais que très peu de possessions. Il l’avait retrouvé mais tout cela demeurait prévisible pour la louve qui se mourrait peu à peu depuis les derniers jours. Par peur de répercussions sur sa famille vivant à Stellaraë, la seule et dernière que son coeur pouvait encore porter en son sein, elle s'était mise en tête de tenter le tout pour le tout car de toute façon, la Mort ne lui tendrait pas facilement les bras. Les jours s'étaient enchaînés et la louve créchait aléatoirement dans des tavernes désertes de monde ou dans des cavernes recluses alternant entre humanité et bestialité. Ne devenant plus que l'ombre d'elle même, pantin-inanimé se coupait d'Autrui, se détestant plus qu'à l'accoutumé, hésitant à s'arracher la vie à de nombreuses reprises sur son chemin, elle était enfin parvenue à destination sans réussir à s'émerveiller sur le paysage splendide qui entourait lac, montagnes et ruines désertées.


La dualité entre la vie et la mort restait constante. Nina restait sur le fil de la vie ne sachant pas véritablement quand ce fil se déroberait sous ses pieds... elle espérait, simplement, naïvement, qu'elle entrainerait qu'elle dans le sillage de sa mort et non pas sa famille humaine à Stellaraë cette fois-ci.

**

Perchée dans les hauteurs des ruines depuis de longues minutes, elle observe le beau diable s’agiter. Il bat de l’air à l'aide de ses mains, pourfend avec grâce et assurance le vide devant lui. Tout est orchestré, quasi chorégraphié. Nina ne pipe pas le moindre mot se contentant de le scruter de ses yeux vairons. De lourdes cernes violacées viennent souligner son beau regard et ses joues sont légèrement creusées. Sa peau est blême et aucun sourire ne vient illuminer son faciès. L’adjectif juste pour qualifier la jeune femme est vide. Vide de ses émotions, vide de réactions face à sa vie vide de sens. Pour l’occasion de ce qu'elle pense être un entretien avec la Mort en personne elle vêtue d’une chemise aux tons ocres, d’un pantalon à pinces et de lourdes bottines. La jeune femme se réfugie dans le col de son manteau, humant le parfum réconfortant du dernier loup qui l’a porté à son ancien campement. Partiellement camouflée dans la pénombre et dans les hauteurs des ruines face au vent, la jeune louve peut observer en toute quiétude son futur maître en la matière de combat.

Aux pieds de l'ancienne Mère-Veilleuse trône un baluchon. Elle y a rassemblé ses dernières maigres affaires. Un inventaire sommaire de ce qu’il lui reste indiquerait : un petit couteau à la lame émoussée, des feuilles des fleurs et des fruits séchés, quelques potions diverses, une outre remplie d’eau, de la viande séchée et ses derniers vêtements. En bref trois fois rien pour affronter la vie. La Caverne qu’ils occupaient à Seplunca ayant été ravagée par les flammes lui confirmant que Styx, elle ou les deux ensemble se sont chargés de réduire à néant toute trace de vie, toute trace de son histoire. Ce n'est que le début de sa lente déchéance.

La douce toise de bas en haut le colosse qui lui fait face, à quelques mètres tout au plus d'elle. Instinctivement, elle se dit que son interlocuteur des prochains jours va être lui. L’évidence naît en son sein sans qu’elle n’en comprenne véritablement la provenance. Une brindille face au géant, il suffirait à ce dernier de hausser la voix pour qu’elle se pisse dessus et lui offre son cou avec une lame apposée tout contre. Pourtant, la jeune louve ne vacille pas et ne porte pas ses jambes à son cou. Elle continue son inspection observant les ailes de l’homme avec une attention toute particulière. Elle observe les reflets du soleil qui viennent s’y perdre. Ses yeux se plissent légèrement, constatant une nouvelle fois que sa vision est devenue bien plus sensible au soleil et à ses reflets depuis sa rencontre avec Styx. Un souffle à peine audible s’échappe d’entre ses lèvres. Portant ses poings fermés contre ses yeux elle vient frotter ses iris douloureux. L’instant est bref avant qu’elle ne vienne planter son regard dans celui de l’inconnu. Silencieuse, elle ne brise pas l’instant et perd ses iris vairons dans les siens malgré la distance qui les sépare. Aucune once d’animosité ne vient ternir son faciès ou ses jolis yeux. Elle arbore désormais un iris couleur émeraude tandis que l’autre n’est plus mordoré mais bien orangé à la suite de sa rencontre avec Saint Sobek.

Courbant le dos, Nina extirpe du baluchon la missive qu’elle a reçu. Une belle écriture pour un message fort en émotions, quasi assassin et pourtant, rien ne semble l'atteindre désormais. Ses yeux se ferment l’espace d’un instant tandis qu’elle inspire une goulée d’air nouvelle persuadée de bénéficier d’un peu de calme avant la tempête. La douce profite de ce moment de répit pour se ressourcer malheureusement son repos est de courte durée. Il semblerait qu'elle n'ai pas le droit à un moment de quiétude. A ses côtés se poste un blango. Le singe hurle en portant ses petites mains sur le sac. Il tire dessus de toutes ses forces et seul pour l’instant, il ne tardera probablement pas à rameuter les siens s'il continue de s'égosiller ainsi. Nina rattrape le baluchon de justesse en rouvrant grand ses jolis yeux pour effrayer l'animal. Le singe parvient à extirper une poignée de fruits séchés du petit cartable et s’en va à toute allure, narguant Nina quelques mètres plus loin en grignotant les fruits séchés capturés au sein de son petit poing. Il ricane et la jeune louve lève ses yeux au ciel. Là, est toute l’essence même de sa vie, celle dont elle rêvait il y'a encore une semaine de cela : une vie simple, sans prétention, proche de la nature et des animaux. Mais le Destin en a décidé autrement. Elle ramasse d’une main hargneuse son baluchon, gardant la lettre dans l’autre pour la présenter comme un laisser-passer à son interlocuteur des prochains jours. Elle s'apprête à descendre à la rencontre de l'inconnu néanmoins lorsque elle relève le regard, l'homme est sorti de son champ de vision et a disparu.

Son regard scrute les environs à la hâte : où diable a t-il pu disparaître ?
S'agit-il d'un premier entrainement ?!

Un frisson vient parcourir son échine tandis que son menton se tend dans toutes les directions possibles. L'inconnu demeure introuvable. Le sentiment d'être traquée est bref et déplaisant. La jeune louve referme son manteau et à la hâte, tente d'accéder au bas des ruines. Sous ses pieds, la pierre se dérobe et manque de la faire chuter. La louve se rattrape instinctivement et de justesse de sa dextre portée contre les pierres tranchantes. Le contenu de son sac se réverse en contre-bas. Sa paume s'esquinte, un fin filet de sang vient ruisseler le long de sa main, embrassant son avant-bras. Fort heureusement son agilité lui a permis de ne pas s'écraser avec violence le museau cinq mètres en contre bas. Un grognement désapprobateur s’extirpe d’entre ses lèvres tandis qu'elle se redresse, cessant d'embrasser le plat des pierres. Elle se tient sur la défensive, le cul posé contre des roches, en équilibre dans le milieu des ruines, cherchant la créature couverte de runes et de cicatrices qui se dessinait tantôt sous son regard.

Un mot flotte dans son esprit disloqué. Même si elle est à bout de forces dû à son long trajet, l'ancienne Matriarche ne pense qu’à une seule chose. Le mot est à l'identique de ce qu'elle avait offert à Sobek quelques jours auparavant dans l'espoir d'en finir : jouons.

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Saigo
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MessageSujet: Re: Ne meurs pas si tu peux   Ne meurs pas si tu peux EmptySam 9 Déc 2023 - 9:46
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Les exercices se suivent et se ressemblent. Chaque posture doit être entraînée de manière précise, chirurgicale, afin que Saigo soit capable d’en tirer la quintessence. Plus les conditions sont difficiles, meilleurs seront les résultats. Depuis son plus jeune âge, tous ses mentors ont inculqué à l’Exécuteur que les vrais progrès, ceux qui durent dans le temps, ne sont obtenus que lorsqu’on regarde la Mort droit dans les yeux. Lors de sa première vie, l’Ombre avait atteint ses objectifs en appliquant ce précepte, littéralement. Jeune recrue de la Congrégation, il n’avait jamais hésité à provoquer des affrontements avec des monstres, tels que Rekhan ou Alrun. Les deux mercenaires l’avaient laissé pour mort, sans même avoir à s’employer. Le stryge noir avait été forcé de ravaler sa fierté, mais avait utilisé ces humiliations pour progresser, jusqu’à terrasser Onze, la Mort, l’Exécuteur-en-Chef, son propre père et prendre sa place au fin fond des cachots.

Perché sur les vestiges d’une colonne, les muscles abdominaux contractés afin de maintenir son équilibre sur la surface rocheuse irrégulière, l’Exécuteur répétait les enchaînements qu’il avait tant de fois utilisé en combat. Les yeux clos, il laissait son esprit habitué à la guerre se mettre en situation de combat. Un surnombre ennemi, des armes variées, une situation défavorable. Puis il ouvrait les yeux, avisait son environnement. Derrière quel rocher un mage se cacherait-il ? Dans quel couloir un lancier pourrait-il aisément lui bloquer le passage ? Quelle zone offrait à l’Élu les meilleures options de combat ? Enfin, il déployait ses ailes, agrippait les rares particules de magie résiduelle pour se propulser dans les airs, avec bien plus de vélocité qu’un battement d’aile le permettrait. Ses bras s’enveloppaient de la brume blanche du Tueur de Géant. Ses poings s’abattaient sur les blocs de granite, brisant ceux-ci, sans qu’aucune blessure n’apparaisse sur ses phalanges. L’Armure Vivante, le Zéphyr et le Tueur de Géant, fonctionnant en symbiose pour faire de Saigo l’Exécuteur Parfait qu’il aspirait à être depuis son retour à la vie.

Alors qu’il reprenait sa place initiale, surplombant la majeure partie des ruines depuis son perchoir de pierre, l’Ombre avisa, en contrebas, une silhouette étrangère. Celle-ci ne portait qu’un bête baluchon, en plus de ses vêtements chauds la protégeant du vent frais de l’Est. Il est loin de faire aussi froid qu’à BaldorHeim, ou toute autre zone au climat hostile du continent, mais à cette période de l’année, même un beau soleil ne suffit pas à totalement réchauffer les voyageurs.

Leurs regards se croisent, brièvement. Il ne fait pas de doute que la nouvelle venue est la pupille envoyée par Sobek. Le stryge noir est encore trop loin pour la détailler précisément, mais il remarque, de sa position surélevée, un blango solitaire s’aventurer dans les ruines. Il serpente, maladroitement, sur ses quatre pattes à travers les vestiges d’éboulements et les gravats de la Tour Grise, jusqu’à atteindre la position de l’inconnue. Là, avec la vivacité caractéristique des macaques habitué au climat du Lac Fresha, il tente de subtiliser les maigres provisions de l’intruse, s’emparant de quelques fruits dans un cri de triomphe, avant de déguerpir quelques mètres plus loin pour se sustenter.

Saigo déploya ses ailes, profitant de la confusion pour s’élever plus haut encore dans les airs. Il lui aurait été facile de plonger sur le blango, de l’abattre, mais il voulait voir comment sa future élève réagirait. De plus, le vol stationnaire était encore une capacité en chantier pour l’Ombre. Les stryges ordinaires ne sont pas capables de voler, pas sur de longues distances en tout cas, mais peuvent s’élancer depuis les hauteurs et planer aisément. L’Élu, lui, avait mis un point d’honneur à être capable d’utiliser ses ailes en combat. Dans sa précédente vie, à force de travail acharné, un seul battement d’aile lui permettait de se propulser sur une petite dizaine de mètres en un clin d’œil. Un talent idéal pour les missions d’assassinat, mais une capacité terriblement fatigante, à tel point que même au pic de sa puissance, le Héraut était incapable d’enchaîner plus de trois battements d’aile successifs. Depuis son réveil, la technique du Zéphyr lui avait permis de « voler » plus facilement, mais la plume d’Asmodéa avait tout changé. Sans doute gorgée de magie, elle semblait rendre Saigo plus léger en vol, tant et si bien que le stryge noir pouvait désormais voler à sa guise. Rester immobile dans les airs, en revanche, était une posture peu commune qu’il apprenait encore à maîtriser.

L’Ombre patienta quelques instants de plus, intrigué par ce vol à la tire perpétré par un vulgaire blango. Plus les secondes s’égrenaient, plus une moue de déception se formait sur son visage dur. La silhouette en contrebas ne bougeait pas, observant le singe se repaître de ses victuailles sans chercher à les récupérer. Elle ne luttait pas, semblait accepter cette humiliation avec fatalisme. Alors, lentement, bras croisés et ailes grandes ouvertes, Saigo amorça sa descente, jusqu’à se poser sur la droite de la jeune femme, deux pas derrière elle. Il l’interpella d’une voix dure :

« Tu vas vraiment laisser une créature inférieure t’humilier ainsi ? N’importe quelle bête insignifiante peut venir jusqu’à toi, te prendre ce qui t’appartient et repartir sans que tu ne fasses rien ? Ou es-tu simplement si faible que même un vulgaire singe représente un danger à tes yeux ? »

Sans se départir de sa position autoritaire, l’Exécuteur toisa celle qu’il serait chargé d’entraîner. Il refusait d’imaginer qu’un simple blango serait un problème. Si c’était le cas… alors Sobek devait vraiment voir quelque chose de spécial en elle pour l’envoyer se former auprès de l’Ombre sans aucune compétence préalable en combat.

« Rappelle à ce blango quelle est sa place dans ce monde. Il t’a volé un repas, alors il sera ton repas. La chasse est ouverte. »

En prononçant cette dernière phrase, Saigo se revoyait, adolescent, frigorifié, maigre, sur les berges du lac, tandis que l’Exécuteur chargé de faire de lui un vrai guerrier le renvoyait, encore et encore, chasser et pêcher tout ce qu’il pourrait trouver malgré le froid mordant. Il avait survécu. Il avait été forgé par ces entraînements jusqu’à devenir un nom reconnu et craint, de la Banquise à Wystéria. Il en serait de même pour cette fille, ou elle mourrait en essayant.






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Nina-Lou Knywett
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MessageSujet: Re: Ne meurs pas si tu peux   Ne meurs pas si tu peux EmptySam 9 Déc 2023 - 19:53
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La louve en son sein l’a amené jusque ici. La louve s'est réveillée pour transporter Nina au travers des contrées avant de disparaître pour un temps. La louve a puisé dans ses derniers retranchements, dans ses dernières forces. Depuis son altercation avec Château-Rouge, la louve en son sein demeure marquée par les évènements. Elle se souvient de choses hideuses dont Nina ne se souvient plus. Son esprit traumatisé a fait barrage pour ne garder en mémoire que la réalité, la triste réalité : Nina œuvrant seule, désarmée, sans les siens pour la protéger. Le vide le plus pur pour seule compagnie, ses pensées chaotiques pour seule occupation...

Il se poste à ses côtés. La jeune louve l’observe des pieds à la tête, reculant sur les vieilles ruines jusque à retrouver un semblant d’équilibre. Sans un mot, elle l’écoute vociférer à son attention. Son regard reste perdu dans le sien sans jamais s’abaisser vers le bas. Une lueur d’agacement vient peindre ses jolis yeux tandis qu’elle s’imagine le déplumer plume par plume pour tout le dédain qu'il lui offre. Elle s'imagine porter une couronne arborant l’intégralité de ses plumes. Soudainement, Nina-Lou le trouve moche, dédaigneux, hautain et déplaisant. Le regard neutre qu’elle lui offrait vient de s’effacer pour un regard emplit de colère. L’évidence naît en son sein : pas de repos hormis pour les faibles ! Tandis qu'il continue de râler à son encontre elle s'imagine lui décrocher chacune de ses plumes pour les lui fourrer dans le cul. A l'idée un léger sourire sans vie vient border ses lèvres. Son sourire disparaît et plutôt que de se lancer dans une jouxte verbale, elle opine du chef. Sa main esquintée vient se presser tout contre sa chemise. Entre ses doigts elle vient froisser l'étoffe, épousant et écourtant le saignement en quelques instants. Un souffle franchit le seuil de ses lèvres tandis qu’elle se redresse et quitte son regard pour observer les environs à la recherche du macaque. Descendant les derniers mètres de ruines, elle jette un regard par-dessus son épaule pour s'assurer qu'il ne change pas d'avis et ne se décide pas à brandir soudainement une arme en sa direction. Nina ramasse quelques-uns des dernies fruits séchés tombés tantôt en contre-bas. D’un pied, elle balaie ses affaires, ramasse une fiole et relève le nez en agitant son poing fermé gorgé de fruits. Sa langue vient battre son palais en rythme, appelant à elle l’attention des macaques. Ils sont deux à foncer droit en sa direction.

La jeune louve observe les animaux tour à tour qui se pressent gaiement sous son regard. Ils se poussent, se chamaillent et commencent à hausser la voix l'un sur l'autre lui rappelant étrangement le comportement de son interlocuteur à son encontre tantôt. Si elle devait apprendre de lui, lui devrait apprendre d’elle notamment sur son silence qui semble être d’or. Cherchant du regard le museau marqué du macaque voleur, elle le distingue avec aisance de son compagnon de route. Avec prudence, ne quittant pas les deux petits énergumènes du regard, elle s'accroupit au sol. Entre ses dents, elle vient capturer la fiole esquintée mais contenant suffisamment de potion pour en arroser les fruits séchés. Elle divise son maigre butin en deux, recrachant le bouchon de la fiole et tend ses poings fermés aux deux animaux. L’un s’approche tandis que l’autre reste en retrait. Celui qui s’approche est son voleur de tantôt. Rapidement, Nina tend son second poing fermé en la direction de sa cible pour maximiser ses chances de l'appâter. La louve inspire une bonne goulée d’air et prend son mal en patience se doutant que l’animal va réitérer l’opération et chaparder une nouvelle fois ce qu’il estime être son dû.

Elle reste accroupie durant ce qui semble être de longues et interminables minutes avant que l’animal cède à sa gourmandise et à nouveau vienne se saisir des fruits. Il les porte à sa bouche sans réfléchir. Une grimace vient peindre son visage. Sa langue se tire à de nombreuses reprises mais Nina le sait lorsqu’elle se redresse et cesse de rester accroupie l'animal ne va pas tarder à mourir. Le singe esquisse quelques pas et s'écroule l'instant d'après sous le regard de son compagnon de route qui comprend ce qui se passe et détale loin d'ici. Avec calme, la jeune louve se défait des derniers fruits imbibés du poison. Elle laisse retomber la mixture au sol, passe ses mains contre son pantalon et avec flegme ramasse l'animal par une patte soufflant un unique mot à son encontre :

« Merci. »

Trainant le corps inanimé de l'animal derrière elle, son faciès se relève vers les ruines à la recherche de l'ombre. Avec mépris quasi-identique, elle jette la carcasse du singe en la direction du stryge et lui jette un regard entendu, noir, lourd de sens. Nina calque son comportement sur le sien se comportant exactement comme son interlocuteur le fait à son encontre.

A l'horizon le soleil se maintient, loin de décliner. Pourtant une pensée anxiogène vient tout de même effleurer l'esprit de la jeune louve qui avec calme tout trouvé vient ramasser quelques branchages au coeur même des ruines. Elle amasse prudemment de quoi préparer un feu pour cette nuit. La jeune femme n'attend pas l'accord de son maître d’apprentissage, elle n'attend pas les directives pour survivre à l'abri du vent, du froid et de la flotte angoissée à l’idée de passer une nuit dans le noir dans cet environnement qu’elle ne connaît pas avec cet inconnu.
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Saigo
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MessageSujet: Re: Ne meurs pas si tu peux   Ne meurs pas si tu peux EmptyLun 11 Déc 2023 - 11:18
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La jeune femme face à lui reste muette, mais son regard en dit long. Les bras toujours croisés sur son torse, Saigo affiche une totale neutralité, à la limite du désintérêt. Sa voix est dure, forte, ne laisse pas de place à la contestation. Mais sur le visage de l’Élu, aucune émotion ne transparaît. Il ne ressent ni empathie, ni animosité envers celle qui sera sa pupille. Elle est simplement une mission à remplir, un service à rendre à un ami. Rien de plus, l’Exécuteur reste dans son rôle de maître d’arme, stoïque, impassible, jaugeant sa nouvelle élève afin de déterminer de quoi elle était faite.

Un léger rictus, presque imperceptible, se forme sur le visage du stryge noir, alors qu’une petite flamme de colère crépite dans le regard de l’inconnue. Soudainement, l’Ombre se revoit, plusieurs années en arrière, dans une ruelle malfamée d’Ishtar. Face à lui, Axe, rebelle, impertinente, avec un don pour s’attirer des ennuis et un talent certain pour s’en extirper indemne. Alors que Saigo la tenait, prise au piège, il avait vu s’allumer dans les yeux de la jeune louve cette même lueur de colère. Une rage sourde, inconfortable, dirigée non pas contre le Parricide, mais contre elle-même, car elle était incapable de lui faire ravaler ses menaces ni son assurance, car elle savait que l’assassin la taillerait en pièce sans difficulté si elle cherchait à l’affronter. Par-delà leur première rencontre chaotique, Axe avait par la suite acceptée la main tendue par l’Exécuteur. Quels que furent les desseins de la louve, elle vit un moyen de les réaliser auprès du monstre qui raillait sa faiblesse. Saigo, lui, avait vu un peu de lui dans les actions de la jeune femme. Sa façon d’aller au-devant du danger, sans craindre les conséquences, sans avoir peur de se frotter à plus fort que soi, évoquait au Héraut son propre passé. Voilà pourquoi il avait offert à Axe de devenir sa pupille.

Ces mêmes pensées se bousculaient-elles dans l’esprit de l’inconnue ? Avait-elle peur de l’Exécuteur ? Voulait-elle lui faire ravaler ses remarques ? Au fond, Saigo s’en moquait. À cet instant, il ne voyait pas dans le regard de cette femme le même potentiel qu’il avait perçu chez Axe, et ça n’avait aucune importance. Sobek, lui, avait vu quelque chose en elle, sans quoi il n’aurait pas confié son entraînement à l’Ombre. Le stryge noir avait foi en son ami et en son jugement, voilà ce qui lui importait.

L’inconnue, toujours mutine, finit par acquiescer, puis par se détourner, en route pour accomplir sa mission. L’Ombre, sans décroiser les bras, resta à bonne distance de son élève, observant attentivement chacun de ses mouvements, jaugeant sa stratégie, son exécution. Il la voit enduire quelques fruits supplémentaire d’un liquide qu’il devine sans peine être du poison. Un rictus amusé vient barrer son visage. Etait-ce le mode opératoire privilégie de sa nouvelle élève, ou déjà une émulation des stratagèmes privilégiés de Styx ? En tout cas, c’était du gâchis de nourriture.

Il restait quelque peu dissimulé, afin de ne pas alerter les blangos qui s’approchaient. Le singe voleur avait ramené un copain, avide de lui montrer le bon filon qu’il avait dégoté. « Quelles créatures pathétique », pensait Saigo. Appâtés par les claquements de langue de la jeune femme, aveuglés par la perspective d’un repas facile à obtenir, fait rare en cette saison, les deux macaques se laissèrent berner par la poignée de fruits et en payèrent le prix. Le poison mit quelques minutes à faire effet, et la jeune femme amena au stryge noir le cadavre du blango, indemne.

« Tu as sacrifié des réserves de nourriture pour tuer deux pauvres macaques… mais tu as obtenu le résultat demandé. C’est ce qui compte. commenta Saigo, toujours sans décroiser les bras. Lentement, il enjamba la carcasse simiesque et, tel un prédateur, commença à tourner lentement autour de la jeune femme. Mais que se passe-t-il lorsque tu n’as plus de fruits à sacrifier ? Plus de fiole de poison ? Que ta proie est moins docile ou moins stupide qu’un simple blango ? » Il martelait chaque mot un peu plus durement que le précédent, avant d'asséner une dernière question.

« Est-ce que tu te bats, ou est-ce que tu fuis ? »

Avait-elle seulement déjà connu pareille situation ? Le Parricide n’en savait rien. Il ne connaissait rien du passé de la jeune femme. Il ne connaissait même pas son nom. Il l’observa se détourner à nouveau, rassemblant des branches, préparant un feu. Il se satisfait de voir cette inconnue faire preuve d’un instinct de survie un minimum développé.

« Pendant toute la durée de ton entraînement, tu auras accès à un abri, des vêtements et des soins si nécessaires. On te donnera une soupe et du pain si tu ne trouves pas toi-même de quoi manger. Tout le reste est un privilège. »

L’abri ne serait qu’une cellule vide dans les cachots des Exécuteurs, minuscule pièce avec une simple paillasse sur laquelle mille prisonniers avaient déjà péri. Les vêtements, des tenues d’entraînements fatiguées, probablement pas à la taille de son élève, certaines peut-être encore tâchée du sang d’un Exécuteur ayant failli à ses obligations. Les soins ne seront que des bandages sommaires sur ses plaies. La soupe serait froide, fade, le pain serait dur. Ce ne serait pas du luxe, mais c’était ainsi que tous les Exécuteurs avaient été traité. Saigo ne comptait pas déroger aux préceptes qui avaient fait de lui le guerrier qu’il était.

« Mange ce que tu as chassé, conseilla l’Ombre. Le soleil est encore haut, on aura le temps de s’entraîner après. D’un battement d’aile, il s’éleva dans les airs, retrouvant les hauteurs avant de trouver place sur un bloc de granite vaguement plat. Quel est ton nom ? »

Ce serait vachement plus simple pour la narration.






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Nina-Lou Knywett
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MessageSujet: Re: Ne meurs pas si tu peux   Ne meurs pas si tu peux EmptyMar 12 Déc 2023 - 16:42
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Crescendo.

Lorsqu’il lui énumère tous ses présumés privilèges Nina se contente d’opiner du chef une nouvelle fois se doutant bien qu’elle se pètera les dents sur le pain, qu’elle s’étouffera avec le bouillon et qu’au sein de la cellule elle tremblera de peur, de froid, à la moindre ombre passante sur les murs. Nina n'est pas un lapereau de quatre semaines et elle le sait, elle n'évolue pas au sein d'une colonie de vacances avec tous ses copains.

Quels copains ?

Elle repense à ces derniers jours, à la perte des siens, à la perte de son campement. L’idée occupe son esprit au point de ne presque plus entendre les questions de l’inconnu et pourtant une seule semble flotter au sein de sa caboche : qui est-elle véritablement ? La réponse ne naît pas comme une évidence au sein de sa petite tête. Elle a été cheffe de meute pendant plus de cinq ans, a défendu à crocs tirés les siens envers et contre tous et surtout contre ces connards de vampires. Bien sûr qu’elle se bat. Elle se bat depuis plusieurs jours contre elle même pour se maintenir en vie mais que diable cherche t-il précisément à lui faire ressentir ?! L’angoisse des derniers jours, le trajet, le fait de ne plus avoir un seul être vivant dans son entourage... Nina connaît le vide. Le néant, celui qui retourne l'estomac, fait pleurer dans les chaumières et récolter de l'argent aux associations caritatives. Nina connaît cette angoisse, celle de vivre seule, sans personne sur qui compter, sans personne pour l'aimer. Passer d'un tout à un rien en l'espace de quelques jours, y perdre une partie de ses souvenirs, un pan de vie… Soudainement, elle ne tient plus et les mots lui brûlent un peu trop rapidement la bouche :
« Qu’est-ce que ça peut te foutre si je fuis ou si je me bats ? » lui assène la jeune louve à mi-voix. Elle cesse de ramasser des branchages, cesse de faire dos rond et se redresse pour l’observer des pieds à la tête. Son menton se relève légèrement en sa direction tandis que son regard cherche le sien, se dévissant presque la tête tant le stryge l'a dépasse. Entre eux, Nina vient brandir sa dextre pleine de branchages comme si elle tentait de lui faire barrage. Elle reprend avant qu’il ne puisse corriger ses propos, ou pire corriger sa personne pour son affront :
« Je me bats… Mais surement pas contre toi et encore moins contre lui. Alors je t’en prie. Brise-les mes os si c’est ce que tu veux… Qu’on en finisse pour de bon. »

Nombre aléatoire (1,2) :
1
1 : les larmes lui montent aux yeux
2 : les larmes ne lui montent pas aux yeux

Nombre aléatoire (1,2) :
2
1 : elle lui tend les bras de façon théâtrale
2 : elle ne lui tend pas les bras de façon théâtrale

Un sourire amer vient border ses lèvres. Elle le revoit tourner autour d’elle, onduler au gré de ses émotions, laissant planer le doute. Elle l’imagine obéir qu’à ses propres loi. Un homme sans foi, ni loi, que personne ne peut atteindre. Une machine façonnée par l’homme, pour l'homme, au service de l'homme, prête à tuer pour l'homme. Même si elle n’a plus rien à perdre, sa méfiance naturelle se ravive et un frisson vient parcourir avec violence le haut de ses épaules : a t-elle seulement envie de vivre ? Ils ne sont qu’aux prémices de sa formation et de leur entrevue néanmoins Nina n’a qu’une seule hâte c’est d’en finir. Sa vie n’a plus aucun sens, sa vie n’a plus aucun but. Epuisée émotionnellement, dans ses derniers retranchements, reste pantoise face à lui l’espace de quelques instants avant de retourner à ses tâches. Lui jetant un coup d’œil effrayée à l’idée qu’il puisse lui pourfendre le crâne en deux ou lui briser la nuque elle s’affaire.

Aux pieds de la jeune louve, le second singe fait son entrée et s’écroule à son tour par terre. Les fruits qu’il a grignoté à la suite du premier singe auront eu raison de sa gourmandise. Les yeux de la jeune louve se détournent de la scène tandis qu’elle recommence à s’occuper de façon sommaire enjambant le macaque échoué. Nina ramasse quelques branchages supplémentaires. Du bout de sa botte elle vient pousser quelques grosses pierres pour préparer un foyer. Elle y jette les branchages au centre et murmure vraisemblablement concentrée :
« Nina et toi, comment t’appelles-tu l’Ombre ? »

La jolie distingue à chaque battement d’ailes de sa part une ombre menaçante qui vient planer au-dessus de sa tête. L’épée de Damoclès semble réelle et se nomme Saigo. Accroupie devant le tas de branchages qu’elle a amassé, elle se concentre dans l’espoir d’allumer le feu et voir la flamme grandir dans les yeux de Saigo. Nina s’acharne, persévère. La jeune louve vient adjoindre quelques brindilles qu’elle ramasse hasardeusement tout autour d’eux et s’active de plus belle, effectuant des allers et venues entre le début de feu et tout ce qu’elle peut ramasser aux alentours pour l’adjoindre à sa tentative. Dans l’espoir d’embraser le braisier et de faire naître une franche flamme, Nina ne pipe plus le moindre mot :
Nombre aléatoire (1,2) :
2
1 : allume le feu
2 : ne parvient pas à allumer le feu

Et passé de longues minutes elle se relève en soupirant. Retournant près des carcasses des singes, elle s’en saisit et cherche du regard sa lame émoussée tombée tantôt des hauteurs des ruines. A nouveau ses pieds poussent les affaires amassées au sol tandis qu’elle recherche le brillant de sa lame…
Nombre aléatoire (1,2) :
1
1 : trouve le couteau
2 : ne le trouve pas

Avec calme feint la jolie vient prendre place à même le sol non loin de son foyer. S’occupant d’un premier animal, elle laisse son regard courir sur la bête inanimée durant un très bref instant. Elle inspire une bonne goulée d’air et dépèce l’animal comme il lui en est possible. Rapidement, le sang vient se diffuser sur ses vêtements, éclabousser son faciès, lui donnant des airs de guerrière farouche. L’hémoglobine vient teinter ses mains, ses ongles et Nina plisse les yeux pour éviter de reprendre une giclée de sang en plein dans les yeux. Une fois le premier singe préparé, elle s’attaque au second et jette un regard par-dessus son épaule, justifiant à l’encontre de l’Ombre :
« Si nous ne les cuisons pas, nous allons mourir. Le poison qu’ils ont ingéré est mortel pour eux comme pour nous. Retirer les organes est primordial… »

Sans pudeur aucune, elle brandit une main qui contient vraisemblablement les boyaux de l’un des pauvres singes en la direction du stryge. Ses doigts s’ouvrent et laissent glisser, filer entre ses doigts les boyaux sans afficher la moindre once de dégoût s’amusant à les rattraper à chaque fois qu’ils manquent de tomber :
« …  Habituellement je donne ça aux charognes autour du campement. Ici, je n’en ai pas vu. »

Se nourrit-il telle une charogne des intestins et boyaux de ses adversaires ? Pourfend-il d’un doigt les chairs meurtries de ses adversaires pour s’abreuver de leur sang ou dévorer leurs entrailles ?
Le temps se suspend alors qu’elle s’imagine tout un tas d’atrocités au sein de son esprit disloqué à propos de son interlocuteur. La brunette jette finalement les trippes au centre du cercle fait de ruines. Le mot campement vient bourdonner à ses oreilles. Elle ferme les yeux et inspire une bonne goulée d’air. Un tremblement vient agiter légèrement ses mains et la douce reporte son attention sur la viande préparée. Retournant dans son mutisme, Nina vient pousser les branchages au centre du foyer du bout de sa botte et semble brièvement se perdre dans ses souvenirs. Souvenirs qu’elle garde pour elle, se retenant de transmettre la moindre faiblesse, la moindre arme à son encontre à l’attention du dénommé Saigo.

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Saigo
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MessageSujet: Re: Ne meurs pas si tu peux   Ne meurs pas si tu peux EmptyJeu 14 Déc 2023 - 12:03
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La jeune femme semble se complaire dans le silence, ce qui n’est pas pour déplaire à Saigo, lui-même loin d’être le plus bavard. Le moment viendra où il devra en dire plus, parler plus longuement afin d’expliquer les mouvements, les enchaînements et les attitudes nécessaires à devenir un combattant digne de ce nom. En attendant, l’inconnue encaisse les informations de l’Exécuteur sans broncher. Sans doute ne se fait-elle pas d’illusions sur les « privilèges » évoqués par l’Ombre. La Tour Noire est bien loin du faste de Château-Rouge, et le cachot des Exécuteurs n’usurpe pas sa réputation. Les lieux sont craints de tous, habitants de la Tour y compris. Quiconque ose ouvrir la lourde porte en bois menant vers les entrailles de la terre entendra, avant même d’avoir descendu la première marche, les hurlements de douleur d’un prisonnier. Ceux-ci se feront de plus en plus nombreux et de plus en plus glaçants au fur et à mesure que la descente se poursuit. Viendront ensuite les sanglots, les supplications et enfin, les voix des Exécuteurs et Exécutrices, à la fois glaciales, impitoyables, mais aussi extatiques devant le pouvoir qu’ils détiennent au creux de leurs mains.

Saigo l’avait compris en explorant le monde : les cachots étaient un lieu à part en Dùralas. Le repaire d’une élite rare, prête à s’entraîner seize heures par jour, à sacrifier son corps à Mahriser chaque matin et capable d’infliger des douleurs physique allant au-delà des pires cauchemars que l’on puisse imaginer. Un groupe de soldats d’élite, impitoyables en combat, rassemblés autour de leur amour de la guerre et de la douleur, infligée et subie. Qu’importe où ils allaient, les Exécuteurs exsudaient une aura telle qu’on pouvait les repérer au premier coup d’œil. Ils intimidaient leurs ennemis et forçaient le respect de leurs alliés, car ces derniers savaient que par leur force brute, ils finiraient par briser leurs proies. D’abord mentalement, ensuite physiquement.

Les questions du Héraut finirent par avoir raison du silence de la jeune femme. La voix reste timide, mais les mots suintent l’agacement, puis la résignation. Saigo cesse de lui tourner autour et plante son regard dans le sien, alors qu’elle lui tend les mains. Le met-elle au défi de la blesser, se sachant envoyée par l’Empereur de Spelunca en personne ? Ou a-t-elle déjà choisi la solution de facilité, la mort, plutôt que d’affronter un entraînement aussi difficile qu’il est efficace ? Les deux options vinrent dessiner un rictus agacé sur le visage du stryge noir, qui repoussa les bras tendus d’un revers de main ferme.

« Si tu te bats, alors je dois t’apprendre à mieux le faire. Si tu fuis… je dois aussi reconstruire ta mentalité, et ça prend beaucoup plus de temps, répond l’Élu avec pragmatisme. Tu as beau te tenir là devant moi et m’assurer que tu te bats… tes mots me disent que tu viens de fuir. »

Pour reprendre les préceptes de ses propres mentors, chaque « mais » prononcé annule tout ce qui a été dit auparavant. Il n’y a pas de « mais » qui tiennent chez les Exécuteurs. Chaque soldat des cachots, même dos au mur, dans des conditions défavorables, se battra toujours sans discuter. Peu importe l’adversaire, peu importe le surnombre, lorsque vient le moment de faire couler le sang, il n’y avait qu’une seule voie : vers l’avant, à travers les corps d’autant d’ennemis que nécessaire. La jeune femme avait peut-être la lucidité d’admettre qu’elle ne faisait pas le poids face à Sobek ou Saigo. C’était tout à son honneur, en plus d’être évidemment juste. Mais ce n’était pas la bonne mentalité.

« Les vrais guerriers ne craignent l’affrontement avec personne. Ils savent simplement choisir le moment et l’endroit où livrer bataille. Et lorsqu’ils se retrouvent dos au mur, comme tu l’es actuellement… ils n’abandonnent pas d’une manière aussi pathétique. »

Ici et maintenant, ils savaient tout deux que Saigo ressortirait vainqueur d’un duel. Mais il existait toujours un moyen, honorable ou non, de remporter la victoire. Gagner sa confiance et le poignarder dans le dos, l’égorger dans son sommeil, l’empoisonner, lui jeter un sort… la mort guettait tout le monde, tout le temps. Le propre des grands guerriers était de trouver une solution face à chaque ennemi, mais aussi d’avoir conscience de leurs points faibles, de leurs moments de vulnérabilité et de redoubler de vigilance dans ces instants. L’Ombre avait appris ce second point de la plus dure des manières. Parvenus sur le Trône de Cranes, il s’était cru intouchable et avait vite été ramené sur terre. Six pieds sous terre, même.

Alors que le Héraut prenait place sur son perchoir, la question de Nina, puisque tel était son nom, le fit redescendre immédiatement, dans un piqué assisté du Zéphyr. En un battement de cil, Saigo se trouvait de nouveau face-à-face avec sa pupille, une lueur de colère et d’inquiétude dans le regard. Elle ne faisait pas partie de la Congrégation, il en était absolument certain, alors pourquoi l’appelait-elle Ombre ? Sobek avait-il révélé son titre à sa jeune disciple plutôt que son nom ? Non, il ne pouvait le croire, le vampire ne commettrait pas une telle erreur, c’était bien trop risqué. Levant devant le visage de Nina un doigt accusateur, l’Exécuteur prit le temps de bien détacher chacune des syllabes qu’il prononçait :

« Ne m’appelle plus jamais ainsi, ou je te tue sur-le-champ. »

Il ne pouvait pas prendre un tel risque. Elle avait beau être envoyée par Sobek, Nina n’était pas de la Congrégation et rien ne l’empêchait de révéler l’identité de Saigo auprès de l’alliance des Quatre. Reculant lentement mais maintenant son regard rouge sang braqué sur les pupilles de son élève, le stryge noir baissa la main avant de finir.

« Mon nom est Saigo. »

Il se fichait bien qu’elle l’appelle Monsieur, Maître, Professeur, qu’elle le tutoie ou le vouvoie. Mais l’Ombre, c’était réservé aux mercenaires de Lédéhi et elle n’en faisait pas partie. Si un jour elle s’aventurait dans le désert, cela changerait. Mais même si sa réaction pouvait sembler extrême, l’Élu refusait de répéter les erreurs de son passé.

Enfin, il regagnait les hauteurs, retrouvant son calme et se permettant même un sourire amusé alors que Nina éprouvait toutes les difficultés du monde à faire du feu. Tant pis pour l’instinct de survie, songea le stryge noir. Le foyer fébrile ne suffirait probablement pas à cuire les blango empoisonnés, mais la jeune femme s’affairait tout de même à les dépecer. Elle ne semblait pas avoir l’habitude de faire ça, ou bien sa lame était simplement trop émoussée. De là où il se trouvait, Saigo avait en effet l’impression que le couteau de voyage n’était pas de première fraîcheur.

« J’ai chassé et campé une grande partie de ma vie. Des blangos, et tout un tas d’autres bêtes inférieures, j’en ai tué plus que tu n’en as vu, et de plus de manières que ce que tu peux imaginer, lança sèchement l’Exécuteur. Je sais qu’il faut retirer les organes et les faire cuire. »

C’était presque insultant qu’elle veuille lui apprendre comment s’occuper de ses trophées. Toutefois, Saigo choisit de laisser couler. Il restait préoccupé par la manière dont Nina l’avait appelé Ombre. Etait-elle une espionne, qui aurait miraculeusement pu berner Styx ? Avait-elle séduit ce dernier ? Avait-elle, par quelque sorcellerie, trouvé un moyen de le faire chanter ? Ou était-ce simplement le hasard qui lui avait fait choisir ces mots ? La remarque de son élève le tira de ses pensées.

« Les charognes viendront quand nous seront partis. Elles ont appris à ne pas trop s’approcher des stryges comme moi. Il marque une courte pause avant de reprendre. Que t’as dit Sobek à mon sujet ? T’a-t-il seulement dit à quel point l’entraînement des Exécuteurs était difficile ? Te pense-t-il prête à affronter ça ? »

Le temps des détails viendrait plus tard. Ils commenceraient les entraînements avant le lever du soleil, finiraient bien après que l’astre ait disparu derrière les montagnes. Les repas seront courts, maigres, les exercices difficiles, les conditions encore plus. Mais que Nina soit prête ou non, Saigo s’en moquait. Ce qui le taraudait, c’était de savoir ce que sa pupille savait sur lui.






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MessageSujet: Re: Ne meurs pas si tu peux   Ne meurs pas si tu peux EmptyVen 15 Déc 2023 - 12:46
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Le silence que récolte Saigo face à ses questions est lourd de sens. La menace qu’il vient de proférer à l’encontre de la jeune femme flotte encore dans les esprits. Nina le revoit pointer un index accusateur en sa direction, son regard brillant d’une lueur de peur. Elle qui se l’imaginait invincible vient de trouver par mégarde l’une de ses failles. L’évocation simple du surnom de l’Ombre semble terroriser Saigo. Il perd pied l’espace d'un instant, se décompose, avant de l’assaillir de questions. Sans voix, Nina retourne se murer dans le silence. Assise devant les branchages, elle termine la préparation de la viande et dépose les morceaux sur de la pierre. Essuyant ses mains tâchées par l’hémoglobine contre ses cuisses, elle se relève en laissant échapper un soupir qui en dit long sur ses ressentis à cet instant précis. Debout, du bout de sa botte elle vient pousser les feuillages et les branchages dans l’espoir d’allumer enfin le feu.
Spoiler:

Sentant le regard de l’Ombre se porter sur son dos, Nina fait volteface. En chien de faïence ils s’observent tandis qu’elle imagine mille vies toutes aussi tordues les unes que les autres à Saigo : sicaire, prostituée, danseuse étoile, tavernier, les contextes s’enchaînent dans son esprit et l’évidence naît en son sein : oui, elle a envie de fuir. Elle a envie de se barrer, de tracer sa route, de faire un retour en arrière sur les derniers mois, de ne pas accepter sa mission suicide et de ne pas se trouver ici, à cet instant précis, avec la bombe à retardement qu’il représente. Qui, qui aurait envie de rester en sa compagnie ? Qui serait assez fou pour se réjouir de traîner avec la Mort en personne ?! Probablement « Sobek » souffla t-elle en réponse à sa réflexion silencieuse mais aussi aux questions de l'Ombre.

Cessant de triturer le feu, délaissant la viande à son sort, elle laisse le silence baigner l’atmosphère. L’inconnu terrorise Nina de sa simple présence. Elle, pourtant cheffe de meute, amenée à défendre les siens fait pâle figure à ses côtés. Leurs auras transpirent la mort. Mandatés par Sobek, ils subissent en silence la présence de l’un et de l’autre restant méfiants comme deux bêtes sauvages, peu sociabilisées. Se relevant avec lenteur, elle plante ses mains contre ses hanches. Le menton relevé en la direction de Saigo, elle prend le temps d’articuler :
« Penses-tu que je serais ici, à te faire face, si Sobek ne me pensait pas prête ? A t-il pour coutume étrange de t'envoyer des éléments défectueux plutôt que de les achever lui-même Saigo ? »
Le prénom de l’homme s’abat. La lassitude est déjà palpable dans le son de la voix de la jeune louve. Tout l'oppresse, tout l'étouffe. Les évènements des derniers jours ont réduit sa patience, son amour envers autrui mais également son amour propre à néant. Ses bras viennent se croiser sur sa poitrine, ses pieds légèrement ouverts jusque à présent se croisent. Elle se braque, ne souhaite plus dialoguer avec lui et pourtant poursuit s’immisçant dans des brèches d'un dialogue qu’elle ne maîtrise absolument pas :
« Pense ce que tu veux de moi. Je ne m’attendais guère à mieux venant de l’un des sbires du Saint. »

Reconstruisant grossièrement son baluchon, la jeune femme ramasse ses affaires. Elle délaisse celles qui sont trop éclatées pour être utilisées et une fois le baluchon fermé, le glisse sur l’une de ses épaules. Clôturant tout semblant de discussion, elle lance à l’encontre de l’oiseau de chasse, cherchant son regard pour appuyer ses propos :
« Je ne vivrais pas à ta botte. Quand tu auras de la considération pour moi, je te saurais gré d’en avertir ton Maître. »

Un jour, un grand sage venimeux dit : le propre des grands guerriers est de trouver une solution face à chaque ennemi mais aussi d’avoir conscience de leurs points faibles, de leurs moments de vulnérabilité et de redoubler de vigilance dans ces instants. Saigo faiblit face à son surnom et plutôt que d’envenimer encore davantage la situation, Nina le plante sur place. Nina sait qu’une seule et unique question brûle ses lèvres. Nina sait que son esprit se tord pour essayer de raisonner correctement sans céder à la peur qu'elle a pu lire dans son regard tantôt… la peur qu’elle en sache trop sur lui. Nina redouble donc de vigilance et ne souhaitant pas s'attirer les foudres de l'homme, elle tourne les talons tout en jetant un dernier regard vers les braises. Inconsciente, Nina ne prend même pas conscience que ses mots ont eu l'effet d'une gifle portée tout contre la joue de Saigo. En revanche elle sait que son propre estomac ne tardera pas à se tordre de douleur sous la faim mais l’atmosphère est intenable, étouffante, oppressante. Nina ne veut pas lui donner du grain à moudre et préfère tirer sa révérence quelques instants, le laisser murir sa réflexion et s’en écarter pour mener sa propre réflexion.

Prendre des distances pour mieux se retrouver.

Effectuant son premier tour de garde, Nina se familiarise avec les lieux. La jeune femme se rend sur les abords des ruines et occupe son esprit tourmenté en observant les alentours. Comptant que sur elle-même, elle s’autorise même à dissimuler son baluchon entre deux pans de la ruine. Son rythme de marche est tranquille tandis qu’elle chantonne d’une voix à peine audible cherchant à se changer les idées. Parfois, son faciès se relève vers le ciel tentant d’estimer quand est-ce que le soleil se couchera. Parfois, son faciès se tourne vers le bas observant les endroits où elle met les pieds pour éviter de trébucher. Se doutant que Saigo est non loin et perdu dans ses réflexions elle décide de mettre fin au supplice lui lançant : « Je ne sais rien de toi et toi, tu sais rien de moi… Et c’est très bien ainsi. » Observant ses propres bottes tâchées par le sang, elle ponctue d’une petite réflexion personnelle ses propos : « Quelle douce ironie. Deux inconnus en ces terres maudites présents juste parce-que Sobek l’a décidé. L’échiquier de ton ami est grand. Bien plus grand qu’il n’y paraît, n’est-ce pas ? »

Fait-elle référence aux membres de la congrégation ? Non mais ça Saigo ne le sait pas et le petit sourire en coin qu’affiche Nina pourrait être interprété comme une ultime provocation après l’évocation malencontreuse de son surnom. Terminant son tour de ronde, la jeune femme observe ses mains tâchées par l'hémoglobine. Elle délaisse les ruines pour se rendre auprès du lac, le pas léger, ne se doutant aucunement de la suite des évènements et de ce qui l’attend en ces lieux maudits.

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Saigo
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MessageSujet: Re: Ne meurs pas si tu peux   Ne meurs pas si tu peux EmptyLun 18 Déc 2023 - 12:03
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Saigo a beau retrouver son sang-froid, il garde la mâchoire crispée et l’esprit assaillit de questions. Perché sur les hauteurs des ruines, observant Nina continuer à s’acharner sur un feu qui ne semble pas vouloir coopérer, le stryge noir multiplie les profondes inspirations, fait ralentir son rythme cardiaque et reprend le contrôle de ses émotions. Intérieurement, il s’en veut déjà d’avoir réagi comme il l’a fait. L’Ombre n’est pas un adepte des masques politique, il n’est pas rompu à l’exercice délicat des faux-semblants. Pendant son court règne d’Exécuteur-en-Chef, cela n’avait eu aucune incidence, le rôle en lui-même exigeait simplement d’être le guerrier supérieur à tous les autres. Diriger la Congrégation était une toute autre paire de manche. Face à l’inattendu, le Parricide allait devoir apprendre rapidement à mieux se contrôler. Il venait bêtement de dévoiler ses cartes, de montrer à sa pupille qu’il avait été déstabilisé. Alors qu’elle se murait dans le silence, ignorant sciemment ses questions, le regard de Saigo se durcissait, et plutôt que de voir la jeune femme comme une menace à la sécurité de Lédéhi, il la voyait à nouveau telle qu’elle était réellement.

Faible. Affamée. Possiblement trop bien informée pour son propre bien… mais incroyablement facile à éliminer. Oui, si l’Ombre le décidait, il pouvait en finir avec Nina, ici et maintenant, et personne n’y trouverait rien à redire. Pas même celui dont le nom franchissait difficilement les lèvres de la jeune femme.

Saigo n’en doutait nullement : s’il décidait de tuer Nina, ou même si elle ne survivait pas à l’entraînement des Exécuteurs, son ami le comprendrait et l’accepterait. Alors qu’il regagnait à nouveau la terre ferme, laissant sa seule présence se faire sentir sur l’échine de l’intruse, le Héraut repérait, une à une, les failles dans la posture de son élève. Il pourrait la massacrer, si facilement, sur la simple suspicion qu’elle en sache trop. Mais alors que Nina se retournait vers lui, un sourire amusé s’afficha sur le visage du stryge noir. Sourire qui se transforma en un léger rire, inquiétant, glacial, au fur et à mesure des paroles lasses de la jeune femme.

« Tu serais surprise de la réponse. » laissa-t-il échapper avec un sourire carnassier.

L’alliance, encore secrète aux yeux du monde, entre Spelunca et la Congrégation de l’Ombre avait été indirectement bénéfique aux Exécuteurs. Bien entendu, Sobek disposait dans son domaine de moult tortionnaires et inspecteurs capables de délier les langues de ses ennemis les mieux préparés. Mais régulièrement, des caravanes sommaires se présentaient aussi à la Tour Noire, offrant aux Exécuteurs des corps à disséquer, des prisonniers de bas étage destinés à servir de cobaye pour les jeunes recrues, ou simplement des prisonniers politiques « offerts » pour distraire les plus sadiques résidents des cachots. Nina était différente, elle devait, dans la mesure du possible, être laissée en vie. Mais elle n’était pas prête, encore moins intouchable. Sans le dire de vive voix, Saigo pouvait laisser plane le doute dans l’esprit de la jeune femme : et si elle était en effet un élément défectueux envoyée vers une mort certaine, tel un simple présent tordu entre deux des monstres les plus terrifiants de Dùralas ?

Pour l’heure, la répartie de Nina a l’effet d’une gifle, puissante, qui plonge l’Ombre dans une colère sourde, bouillonnante. À nouveau, son regard assassin trahit bien trop ses émotions, hurlant à quel point la jeune femme a touché un point sensible. Longtemps, à travers leurs multiples vies et aventures communes, le monde avait vu Saigo comme un sous-fifre de Styx. Il y avait un fond de vérité, l’Exécuteur ayant servi comme le Bras Droit du vampire durant son règne en tant qu’Ombre. Plus généralement, les échos qu’on rapportait aux cachots de la Tour Noire décrivaient Sobek comme le marionnettiste, tirant les ficelles d’une intrigue dont lui seul connaissait tenants et aboutissants, et manipulant Saigo comme un pantin. Une pièce maîtresse, certes, capable de satisfaire parfaitement les projets et ambitions du Saint, mais un pantin malgré tout. Les choses avaient bien changé. Le stryge noir avait accédé au Trône de Cranes, puis était devenu l’Ombre et surtout, ses aventures avec Sobek avait achevé de positionner les deux amis sur un pied d’égalité. Le vampire était toujours le cerveau et lui les muscles, mais tous deux avaient été capables d’admettre qu’ils avaient besoin l’un de l’autre.

Comme pour enfoncer le clou, Nina mit un terme à la discussion, rassembla ses affaires dans son baluchon ridicule et planta là l’Exécuteur. Ce dernier ne se déroba pas au regard de la jeune femme, sans chercher à masquer sa haine. Les runes rougeâtres qui barraient son plexus brillaient d’une lueur inquiétante, et l’œil averti distinguerait les maigres volutes de brume blanchâtre qui émanaient de ses poings serrés. Alors que la jeune femme part explorer les ruines, Saigo ne bouge pas. Il baisse la tête alors qu’elle disparaît de son champ de vision. L’Ombre fait appel à ses autres sens, à ses connaissances du terrain. Il sait comme cette zone des ruines est agencée, il s’y est bien souvent entraîné, seul ou avec Katsuo. Il connaît déjà le chemin que va emprunter Nina et il a conscience qu’il n’a qu’à attendre que les pas de son élève la ramènent à son point de départ. Alors il patiente, il laisse mariner les mots de sa pupille, les laisse faire écho dans son esprit, comme un tambour de guerre. L’Elu attend son heure, et la certitude avec laquelle il prépare son prochain mouvement vient quelque peu atténuer la brûlure des mots de l’inconnue.

Alors qu’elle termine son tour de ronde, ponctuant une ultime pique d’un sourire évocateur, Nina semble déterminée à assumer ses propos. Quitter les ruines en attendant que le Héraut lui montre une once de considération. Toujours silencieux, toujours immobile, Saigo relève les yeux vers la jeune femme… et lui rend son sourire. Son visage est détendu, calme et serein. Mais à la seconde où l’intruse passe à sa hauteur, le rictus s’efface aussi vite que le coude s’abat à l’arrière du crâne de la jeune femme. Rapide, précis, létal : une seule attaque suffit au stryge noir pour faire passer son message. Mais il veut enfoncer le clou, mettre les choses au clair, alors il retient la chute de Nina en l’agrippant par le col. Il la ramène en arrière, à l’intérieur des ruines, là où personne ne l’entendra crier. Sans ménagement, il la lance sur le sol et la surplombe de toute sa hauteur. Ses ailes se déploient, masquant les faibles rayons du soleil tandis que ses deux yeux rouges se braquent sur sa proie d’un air qui n’augure rien de bon.

« Laisse-moi t’expliquer précisément dans quelle situation tu te trouves, commença Saigo avec un calme qui détonait de la violence que tout son être exsudait. Tu ne sais en effet rien de moi. Sinon tu saurais que je ne suis le sbire de personne. Je n’ai aucune considération pour toi et je n’en aurais jamais aucune. Tu n’es ni un élément défectueux, ni un projet à développer. Tu n’es pas ici car tu es prête, crois-moi tu es tout sauf prête à quoi que ce soit. Tu es ici car peut-être, il y a un mince espoir que tu deviennes plus que la victime que tu es actuellement. Il n’y a nul échiquier qui tienne ici, tu es simplement une enfant qu’on a jeté à la mer, dans l’attente de voir si elle est capable de nager. Ancre cela au fer rouge dans ton esprit : tu. N’es. Rien. »

Saigo, sans refermer ses ailes, s’était accroupi, au fil de sa tirade, jusqu’à se retrouver nez à nez avec Nina, plantant son regard glacial dans le sien, imprimant sur sa rétine ce que ses mots transmettaient. Elle était sur son territoire, elle jouerait selon ses règles. Après une seconde de silence, l’Exécuteur se redressa et s’écarta du chemin de son élève.

« Va. Si tu cherches de la considération et que tu refuses de te plier à mes règles, je ne te retiens pas. Pars vagabonder où tu veux, avec la certitude que tôt ou tard, lui ou moi te retrouvera et te taillera en pièces. »

Si elle refusait son entraînement, Saigo ne la retiendrait pas. Si Nina refusait, sans doute ne pourrait-elle pas retourner à Château-Rouge. Sans doute devrait-elle abandonner ce que Sobek lui avait promis, si tant est qu’il lui ait promis quoi que ce soit. Sans doute que Château-Rouge la considérerait comme une fugitive. L’Ombre lui-même ne manquerait pas de mettre sa tête à prix à la Congrégation, par simple mesure de sécurité. Alors qu’il lui montrait la sortie, bras tendu vers sa liberté, l’Exécuteur ajouta.

« En revanche, si tu aspires à survivre plus de quelques semaines, alors tu ne trouveras aucun entraînement plus efficace que celui des Exécuteurs de la Tour Noire. »

C’était à elle de choisir désormais. Une fois de plus, la question se posait, identique à celle qu’il lui avait adressé quelques minutes plus tôt : Nina était dos au mur. Allait-elle fuir vers une mort certaine, ou allait-elle se battre encore un peu ?






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MessageSujet: Re: Ne meurs pas si tu peux   Ne meurs pas si tu peux EmptyMer 20 Déc 2023 - 14:36
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La jeune femme vient embrasser le sol propulsée telle une poupée de chiffes sur plusieurs mètres. Elle a le malheur de tenter de se raccrocher, de s’agripper, de se rattacher, venant pourfendre ses mains sur la pierre angulaire. Un gémissement de douleur s’extirpe d’entre ses lèvres tandis que l’arrière de son crâne vient rencontrer la pierre en un bruit sourd. Son souffle se coupe, se raréfie lorsqu’un pan de la ruine vient s’abattre sur son plexus.
Avec difficulté, elle déplace la pierre qui lui coupe la respiration la laissant retomber au sol.
Son faciès se relève, le temps pour elle d’apercevoir de ses grands yeux vairons le colosse approcher en sa direction. Le surnom de l’Ombre prend tout son sens à cet instant précis au sein de l’esprit disloqué de Nina. Le déclic se fait et la menace plane au-dessus d'elle dangereusement. Au fur et à mesure qu’il se rapproche, ses propos gagnent en intensité, en ampleur. La jeune louve reste assise au sol, acculée au pied des ruines. Sa gorge se noue dangereusement, son estomac se tord et l’angoisse gagne peu à peu sa personne. Les ailes de Saigo enveloppent et masquent la scène pour quiconque oserait perdre son regard sur les deux protagonistes. Un cocon d’amour, sans l’amour, se forme. En bref un cocon tout court tandis que les yeux rouges menaçants de Saigo croisent ceux de la louve.

Assaillie par les propos elle détourne le regard la première apeurée, effrayée quasi-offusquée comme le serait une gamine prise sur le fait la main dans le sac. Les menaces planent au-dessus de sa tête tandis qu’elle ramène doucement ses jambes repliées contre son buste. Nina se fait toute, toute petite, enserrant de ses bras ses jambettes. La jolie dépose au sommet de ses genoux son menton observant Saigo sans oser piper le moindre mot. Elle laisse la colère déborder, dégouliner, accueillant ses propos sans chercher à se battre. Son regard scrute la main de l'homme tendue vers la sortie, désignant la chimère d'une liberté non acquise. Un leurre. Un piège à gueule ouverte. Un mensonge. Nina se doute qu’elle ne retrouvera jamais sa liberté telle qu’elle a pu la connaître jusque alors. Condamnée à être la marionnette de ces deux grands, elle déglutit, blottie dans son coin, attendant la suite des évènements n’osant plus s’attirer les foudres de l’Ombre.
Elle sait qui ils sont véritablement. Elle sait ce qui se trame derrière les grands sourires, les accolades, les poignées de mains et la sympathie d’une communication lourdement et rudement bien menée. Des hommes, des femmes, des enfants qui bien traités vouent un culte à des monstres sanguinaires. Nina les voit ainsi depuis les coulisses de la scène de théâtre et ne leur accorde pas un soupçon de confiance.

Dans le ciel, le soleil décline peu à peu. Les nuages viennent se déchirer dans les tons grisâtres, annonciateurs d’une pluie quasi-imminente. Se relevant avec prudence, Nina garde ses distances avec Saigo et agit comme le ferait un petit animal battu : s’il avance d’un pas en sa direction, Nina se recule de deux pas. S’il tousse, elle sursaute. S’il parle, elle se braque. Instinctivement, tout fout l’camp, tout s’en va et Nina se pose une unique question : pourquoi ? Pourquoi malgré tous les évènements de ces derniers jours elle se rattache encore et encore à la vie ? Existe-t-il un ailleurs surpassant sa triste réalité ? Pourquoi s’acharne t-elle à vivre alors que Sobek ou Saigo pourraient à tout moment, à tout instant, lui ôter la vie en un simple claquement de doigt ? Son regard se porte sur les ailes de l’oiseau tandis que la pluie vient s’abattre sur eux deux. Relevant son faciès vers le ciel, la jeune femme accueille la pluie qui vient s’écouler sur eux comme une bénédiction des cieux. La pluie ruisselle le long de son faciès, de ses bras, nettoyant les stigmates de leur petit affront. Les larmes se mélangent à la pluie tandis que ses yeux se ferment, accueillant avec ferveur l’eau fraîche mais probablement pas aussi froide que le stryge noir à son encontre. Son faciès se rejette vers l’avant et lançant en la direction de Saigo, elle lui demande en un souffle :
« Quelles sont tes règles ? »

Le froid commence à ronger ses muscles et seules ses lèvres virant dans les teintes bleutées témoignent du froid qui ronge ses entrailles. Du plat de ses mains elle vient frictionner l’arrière de ses bras attendant que son maître d’apprentissage lui explique la suite. Néanmoins son regard bifurque et Saigo ne semble plus avoir l’exclusivité de l’attention de la jeune femme qui relève légèrement et doucement l’une de ses paumes ensanglantées. D’un index tendu Nina désigne les éclairs qui viennent pourfendre le ciel juste derrière l’Ombre. La colère gronde, le temps change, vacille et se fait dangereusement menaçant. Le soleil s’efface et le ciel se teinte de gris. Dans pas longtemps le déluge va s’abattre de plus belle sur eux deux. Il faut probablement agir bien et agir vite. Laissant retomber son index, elle semble réfléchir durant un bref instant : où aller ? Où se rendre au sein des ruines ? Elle a patrouillé mais aucun endroit lui semble paisible, de confiance, pour crécher sous l'orage. S’allier temporairement pour espérer ne pas mourir foudroyée sur place… Une première concession pour Nina. Tel est l’objectif de la jeune louve qui se voit dans l'obligation de vivre désormais au jour le jour.
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Saigo
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MessageSujet: Re: Ne meurs pas si tu peux   Ne meurs pas si tu peux EmptyMer 3 Jan 2024 - 13:46
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Saigo avait été piqué au vif par les paroles de Nina, provocantes, presque arrogantes, rabaissant sans le savoir le stryge noir a une condition qu’on lui avait souvent attribué sans qu’elle ne soit jamais une réalité. La réponse du Parricide, telle une lame aiguisée, avait prestement remis les choses au clair, rappelant à la jeune femme la manière dont s’organisait la chaîne alimentaire au sein des ruines. Violence physique et verbale s’étaient entremêlées et alors que quelques pans de roche s’abattaient durement sur le corps chétif de sa pupille, l’Exécuteur achevait sa tirade en réprimant un sourire satisfait. L’air penaud, apeuré qui se peint sur le visage de son élève témoigne de tout l’effet qu’ont les menaces du Héraut. Le message est passé.

Alors, l’Élu offre à nouveau un choix factice à Nina. Partir et vivre comme une proie, ou bien rester et peut-être se tailler l’étoffe d’un prédateur. Un faux dilemme, tant dans l’énoncé même de ce dernier, Saigo ne cherche pas à dissimuler le sort réservé aux fuyards. Derrière lui, le soleil commence à se cacher, non seulement derrière les montagnes des Baldors, mais aussi derrière d’épais et menaçants nuages. L’orage gronde, la pluie ne tarde pas à s’abattre, sans que cela n’affecte l’Exécuteur. Sans se presser, mais sans le moindre mouvement superflu, il attache ses cheveux déjà trempés en une queue de cheval sommaire. Contrairement à Nina, son corps ne trahit pas le froid. L’Ombre est habitué aux conditions difficiles, voire extrêmes. Adolescent, il s’immergeait entièrement dans le lac Fresha, au cœur de l’hiver, dans l’espoir d’attraper un poisson à dévorer. Ce n’était pas une averse qui allait le déstabiliser.

« Mes règles… répéta-t-il en hochant la tête, comme s’il acceptait la question de Nina comme sa réponse à sa propre demande. Il n’y en a qu’une seule, qui englobe toutes les autres : survis. Tout le reste suivra tant que tu vivras. »

Beaucoup, dans leur quête de puissance, limitaient leurs propres progressions avec tout un tas de règles superflues. Des horaires fixes pour chaque étape de la journée, des plages de repos obligatoire, des exercices spécifiques, un code moral… des foutaises selon les Exécuteurs. Tous, au sein des cachots, croyaient que la discipline la plus extrême garantissait les meilleurs résultats. Leur discipline n’incluait pas de programme ni d’heure pour souper. Leur discipline, c’était de s’entraîner inlassablement jusqu’à être parfaitement maître de leur corps, de leur arme, de leur esprit. De répéter leurs enchaînements jusqu’à l’épuisement et de repousser leurs limites physiques un peu plus chaque jour. Leur discipline, c’était de croire en leur entraînement, de faire confiance à leurs précepteurs et de tout faire pour survivre un jour de plus, afin de livrer une bataille de plus, contre l’ennemi ou contre eux-mêmes. Il n’y avait pas de routine, c’était déjà une forme de confort. Il n’y avait que la sueur et le sang versé chaque jour et qui honorait Mahriser et chaque Exécuteur passé avant eux.

Au-dessus d’eux, l’orage s’intensifiait, se rapprochait. Les éclairs qui zébraient le ciel illuminaient le visage de Nina. Cela ne durait qu’une fraction de seconde, mais c’était suffisant pour que l’Exécuteur constate la crainte qui se frayait un chemin dans le corps de sa pupille. Il la toise durement, tandis qu’elle pointe d’un doigt tremblant les nuages menaçants qui couvrent rapidement le ciel. La pluie se fait battante, tandis que l’Exécuteur, lui, reste stoïque.

« La pluie passera. Nous, nous n’allons nulle part », déclare-t-il calmement.

Il fait un pas vers Nina, lui bloquant la seule issue à sa disposition. Pour l’heure, leurs destins sont liés, elle ne passera pas tant que Saigo ne l’aura pas autorisé. L’Ombre ne se montre pas agressif, ses mains se lient derrière son dos. Son regard reste braqué sur son élève, vide de toute émotion. Il ressent le froid, mais il l’ignore, le repousse, focalisé sur la tâche à accomplir.

« Frappe-moi. Aussi fort que tu peux. »

Il se plante là, sous la pluie, face à elle, les bras dans le dos, complètement à découvert. Ses deux pupilles rouges cherchent le regard de la jeune femme avec un sérieux désarmant. Il ne plaisante pas. Il veut savoir ce qu’elle a dans le ventre. Quelle force il lui reste. Comment elle va réfléchir. Est-ce qu’elle va le frapper au visage ? Au plexus, pour lui couper le souffle ? Va-t-elle viser les yeux, ou sa virilité, pour tenter de s’enfuir ? Utilisera-t-elle son poing ou préférera-t-elle user de ses jambes ? A moins qu’elle sorte une arme encore dissimulée ?

En tant que précepteur, Saigo se posait toutes ces questions pour savoir quel genre d’élève il aurait face à lui. Le guerrier qu’il était se moquait des réponses. Il allait utiliser l’Armure Vivante, quelle que soit la décision de Nina. Dès lors qu’il verrait le coup partir, il concentrerait ses forces sur le point d’attaque. Ce serait comme frapper un mur. Aussi, le stryge noir harangua son élève d’un air mauvais.

« Je sais que tu en meurs d’envie. Il n’y aura pas de représailles, je t’ai frappé le premier. Je t’ai dit que tu n’étais rien. Je le pense. Il s’approche d’un pas de plus. Tu ne veux pas me montrer que j’ai tort ? Tu m’as dit que dos au mur, tu te battais, alors prouve-le. Frappe-moi. »

En serait-elle seulement capable ? Ou Nina, le corps glacé et l’esprit bloqué par la peur, allait-elle se défiler ? Avec une intensité retrouvée dans le regard, Saigo défiait son élève de lui obéir. Il la mettait au défi de lui montrer, ne serait-ce qu’une fraction du potentiel que Sobek avait pu déceler en elle. Le Parricide peinait encore à comprendre pourquoi son vieil ami avait laissé la vie sauve à l’inconnue. Qu’avait-elle accompli pour attiser la curiosité de l’Empereur ?






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Nina-Lou Knywett
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MessageSujet: Re: Ne meurs pas si tu peux   Ne meurs pas si tu peux EmptyMar 9 Jan 2024 - 15:58
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Ses poings se ferment tandis que son menton se relève légèrement pour lui faire face. Elle a faibli mais désormais ne s’autorise plus à baisser sa garde et à se laisser surprendre par Saigo. La leçon d’humilité semble lui avoir remis les idées en place. Le froid ronge ses entrailles. Le froid fait divaguer légèrement son esprit tandis qu’elle tente encore et encore de reporter son attention sur Saigo malgré l'angoisse qui ne cesse de croître en son sein face à ce ciel grisonnant et face aux éclairs qui se dessinent à l’horizon. La fatigue s'adjoint sournoisement à la danse laissant Nina en pleine dépossession de ses maigres capacités. Difficile en l'état pour elle de faire ses épreuves.

Nina-Lou tente vainement de ne pas laisser transparaître la moindre émotion sur son faciès tandis que les questions viennent ravager son esprit : et si tout ça était un piège ? Et si l’objectif ici bas était de reculer pour mieux sauter par la suite ? Elle s'y refuse et en réponse à sa dualité intérieure, le stryge lui indique de son air mauvais qu’il n’y aura pas de représailles si elle le frappe. Elle le détaille, le dévisage, l’envisage. Cherche une faille dans sa tenue, un endroit où frapper juste et pas forcément fort. Suffisamment juste pour le faire légèrement faillir, le surprendre car de toute façon Nina se rend à l’évidence : jamais elle ne le fera tomber. Elle active le mode survie, puise dans les ressources qu’elle a su acquérir au fur et à mesure des différentes années. La jolie commence premièrement par cesser de se laisser surplomber par l’oiseau d’malheur. Nina se met légèrement en mouvement pour deuxièmement tenter de se réchauffer par la même occasion. La brunette effectue quelques pas, évite les flaques pour éviter que ses chausses s’imbibent de pluie. Puis troisièmement, elle tente de le surprendre en lui marchant autour.

Il y’a suffisamment d’espace entre lui et les ruines pour qu’elle puisse s’y faufiler sans la moindre once de difficulté, sans jamais lui tourner le dos. Elle désactive l'esprit, se contente d'exécuter sa demande sans réfléchir davantage.

Comme le ferait une louve boiteuse face à un lapereau de trois semaines, elle scrute, envisage, dévisage prête à bondir pour le croquer tout cru oubliant qu’elle fait face à un lapin dopé, menaçant et hargneux. Un lapin atteint d’une fièvre rouge, né pour tuer, prêt à tout dégommer sur son passage. Elle l’observe encore et encore tandis que la pluie ruisselle sur leurs deux personnes. La louve décide de meubler, parler pour rien dire. Elle tente d’amener son attention sur autre chose que sa petite personne :
« Il pleut, il mouille, c’est la fête à la grenouille. Elle te colle à la peau cette combinaison. Elle te moule vachement les fesses. C’est une deuxième peau ? Tu l’as obtenu chez qui ? Et puis pourquoi ce coloris en particulier ? C'est pour mieux te cacher dans l'ombre ? Mais tu sais, le noir attire le soleil. Lorsque il fait chaud, tu dois mourir de chaud là-dessous. Et comment ont-ils prévu l’emplacement de l’empiècement pour tes ailes ? Tu perds parfois des plumes ? Et si tu perds une plume, des personnes malintentionnées peuvent-elles faire quelque chose avec l'une de ces plumes ? Incroyable ! Elles sont imperméables ? Rétractables ? Tu prends la flotte avec ? Tu sais, tu es le premier stygre que je croise de toute ma vie et franchement, je suis impressionnée par la taille de tes ailes et l’aisance avec laquelle tu te meus ! Elles sont belles tes ailes. »

Son bras se relève, sa dextre s’enfonce en un poing haineux contre la mâchoire de Saigo sans prévenir. Un couinement hargneux s’extirpe d’entre ses lèvres face à la douleur qui vient marteler sa petite main. Elle vient entrelacer ses doigts durant un très bref instant, cherchant à calmer le feu douloureux qui se diffuse le long de sa peau. Mais la colère reprend le pas sur tout et à nouveau elle laisse partir un second coup sans prévenir. L'humiliation des dernières heures l'amène à réagir, à surréagir vainement. La colère implose en son sein. Le surplus émotionnel des derniers jours et son esprit ravagé par toute la miséricorde de sa triste vie l’amènent à enchaîner les coups. De plus en plus nombreux de moins en moins précis. Elle lève tantôt les mains, tantôt les pieds. Nina frappe encore et encore jusque à ce que son souffle s’emporte à son tour et devienne qu’une respiration bruyante et saccadée.

Un grognement de frustration s’extirpe d’entre ses lèvres tandis qu’elle lui concède à bout de souffle, hargneusement, d'un timbre de voix étrangement sincère :
« Bien sûr que j’en mourrais d’envie ! »

La jeune femme recule d’un pas pour scruter de ses yeux vairons son nouveau sac de frappe. Pas l’ombre d’un hématome, pas l’ombre d’une trace sur son visage, pas l’ombre d’une rougeur ne vient tenir sa peau d'albâtre tandis qu'elle reprend bruyamment sa respiration. La pression retombe peu à peu au sein de la jeune louve qui ne cesse d'observer Saigo, prête à esquiver les coups s'il n'a pas tenu parole.

A t-elle bien fait de s'exécuter face à sa demande ? A t-elle bien fait de lui avouer tout haut son envie de le frapper pour toutes ces humiliations à répétition ?


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MessageSujet: Re: Ne meurs pas si tu peux   Ne meurs pas si tu peux EmptyMer 10 Jan 2024 - 12:50
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La pluie battante vient accentuer le charme de la scène. Saigo, le prédateur, le guerrier, le maître des lieux, en total contrôle. Nina, jeune femme affamée, effrayée, transie de froid, affaibli, sans doute très malchanceuse pour que ses pas l’aient menées à cet endroit. Le stryge noir tente d’allumer en son élève une nouvelle flamme de hargne, de haine, n’importe quelle étincelle qu’elle pourrait exploiter pour se dresser contre lui. Il lui promet une attaque gratuite, sans représailles. Il s’offre à elle, bras dans le dos, tout le corps découvert pour un seul coup, avec pour seule consigne que celui-ci soit aussi dévastateur que possible.

Mais l’intruse ne donne pas immédiatement l’assaut. Elle hésite, retrouve une contenance, alors qu’elle relève le visage pour confronter son regard à celui de l’Exécuteur. Ses poings serrés trahissent sa volonté belliqueuse, mais elle ne saute pas encore le pas. Elle esquisse quelques pas, tente de contourner le Héraut qui se contente de suivre les mouvements de son élève. D’abord du regard, puis au fur et à mesure qu’elle sort de son champ de vision, il décale ses propres appuis pour toujours rester face à elle.

Nina parle aussi. Beaucoup. Trop, pour quelqu’un qui doit amorcer une attaque. La marque des combattants inexpérimentés. Ils sont seuls, l’attention de Saigo sera toujours sur elle, peu importe ses mots. Elle ne tente même pas d’attirer son attention sur un événement incongru derrière lui, comme l’arrivée soudaine d’un ours albinos ou d’un canard à trois pattes. Elle se contente de parler, accumulant les questions banales, à la recherche d’un angle de frappe dont le stryge noir ne cherche pas à la priver.

« Non. Aucune Importance. Aucune raison. Pas spécialement. Tous les vêtements de la Tour sont prévus pour ça. Non. Non. Non. Non. Oui. » répond Saigo d’un ton las à chaque nouvelle question.

Enfin, le coup part. Elle vise le visage, la mâchoire. Pas le meilleur choix, mais au moins elle a fini par se taire. Sans bouger ni chercher à esquiver, Saigo contracte ses muscles, et s’efforce de diriger toute la force générée vers le point d’impact du poing de Nina. Ce dernier s’écrase contre son visage avec force, mais des deux personnes présentes dans les ruines, c’est bien l’assaillante qui grimace de douleur.

Mais plutôt que de s’effondrer, de crier ou de sangloter, sa pupille repart à l’attaque. Cette fois, les coups pleuvent, de poing comme de pieds. Ils s’enchaînent, de moins en moins précis, de moins en moins puissant, de moins en moins rapide. Clairement, le cardio de son élève laisse à désirer. Ils travailleront ça en temps voulu. Pour l’heure, c’est avec un soufflement de nez presque amusé que Saigo accueille la remarque de Nina. Puis, sans prévenir, il lève le poing vers son élève, le regard soudainement braqué sur la jeune femme d’un air mauvais. Ses appuis se décalent et s’orientent vers une posture plus offensive. Son mouvement est rapide, précis, létal.

Mais le coup ne part pas.

Une simple feinte, pour jauger de la réaction de son élève et de comment elle se défendrait dans sa position de fatigue avancée. Baissant son bras droit, qui vient retrouver son symétrique compère derrière son dos, Saigo se détourne de son élève et d’une voix neutre, énonce ses observations.

« Tu frappes avec la peur et la colère. Or, en combat, les émotions, c’est pour les faibles. Avec agilité, le Héraut se penche et ramasse le morceau de roche tombé sur Nina quelques minutes plus tôt, le levant en direction de son élève. En combat, il n’y a pas d’émotion qui tienne. Seulement un résultat à obtenir et une réflexion à mener : quelle est la manière la plus efficace de tuer mon adversaire ? »

Comme pour appuyer son propos, le Parricide lance la roche dans les airs, avant d’armer sa jambe droite. Celle-ci s’enveloppe d’une fine brume blanche, dont les volutes s’évaporent rapidement sous la pluie. Quelques instant plus tard, le genou de Saigo vient pulvériser le bête caillou, réduit à l’état de gravillon filant dans toutes les directions.

« Tu m’as frappé juste pour me frapper. Parce que tu en avais envie, parce que je t’ai humilié et que tu as voulu évacuer la colère que tu ressens contre moi à travers ton coup. Tout ce que ça t’apportera, c’est un aller simple six pieds sous terre, expliqua froidement le stryge noir. Tu dois approcher chaque coup avec la volonté de tuer. Pas par haine ou par colère, mais simplement car chaque combat à mort auquel tu prendras part sera un obstacle entre toi et la seule chose qui importe : survivre un jour de plus. »

Plus jeune, Saigo avait plusieurs fois commis la même erreur. Chercher le conflit par pur esprit de vengeance, par pure haine contre un rival, par pure arrogance. Il avait remporté quelques victoires et essuyé bien plus de défaites, certaines l’emmenant aux portes de la mort ou au-delà. Il en avait tiré les leçons qui s’imposaient : vouloir terrasser autrui, haïr autrui, tout cela était un moteur puissant en combat. Mais il ne fallait jamais perdre de vue l’objectif : survivre. Survivre pour livrer le combat suivant. Car dans le monde du Parricide, dans le monde des Exécuteurs, la vie ne se résumait qu’à atteindre l’affrontement suivant, encore et encore, jusqu’à parvenir à la bataille finale qui verrait les forces de la Tour Noire faire brûler la vermine blanche et leur Tour, insulte à leur race.

« Pour l’heure, tu ne battrais même pas un des rabclaws de l’arène de BaldorHeim en combat singulier. Tu n’as pas le souffle nécessaire, tes forces s’épuisent trop vite. Ce sera la première étape de ton entraînement. »

Le Parricide revint se poster devant son élève. Cette fois, ses bras se dirigèrent vers Nina, à moitié dépliés, les paumes ouvertes vers la jeune femme.

« Recommence, frappe dans mes mains, avec tes poings seulement, jusqu’à ce que tu n’aies plus la force de lever les bras. »

Il comptait lui faire répéter l’exercice jusqu’à ce qu’elle tombe d’épuisement. Alors seulement elle aurait mérité de manger sa soupe froide. Ou un de ses blangos de merde qui pourrissait derrière eux, sous la flotte.






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Nina-Lou Knywett
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MessageSujet: Re: Ne meurs pas si tu peux   Ne meurs pas si tu peux EmptyVen 19 Jan 2024 - 12:21
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La brunette le voit lever le poing en sa direction et ferme aussitôt les yeux en rentrant sa tête entre ses épaules. Comme le ferait une tortue apeurée face à un chaton, Nina retient son souffle et ose brandir ses avant-bras croisés juste devant son faciès. Prête à encaisser le potentiel coup, elle serre les dents et se tient ainsi durant quelques secondes. Le poing ne venant pas cueillir sa petite personne, elle ose relever un regard en la direction de son maître d’apprentissage et dénoue ses bras, laisse retomber ses bras le long de son corps. Son regard brille d’une étincelle de colère pourtant elle s’abstient bien de lui en faire part.

« Bien sûr que j’en mourrais d’envie ! » l’affirmation offerte à Saigo tantôt lui brûle encore la bouche tandis qu’elle se mord l’intérieur des joues, prenant conscience de son toupet à l’encontre du stryge noir. Il pourrait lui briser la nuque pour son audace, lui tordre le cou pour ses propos ou encore la jeter du haut des ruines pour son tempérament de pauvre petite cloche ! Mais la fidélité de Saigo à l’encontre de Sobek dépasse tous ces petits désagréments que Nina lui cause. La fidélité de Saigo à l’encontre de Sobek dépasse l’entendement. De surcroît, le Stryge est intangible, immuable, fidèle à lui-même et surtout dans son élément tandis que Nina ne cesse d’aboyer comme une chienne : ses dents claquent, mordent le vide, brassent de l’air sans jamais planter ses crocs dans la chair.

Elle se tient en équilibre, un pied devant l’autre, prête à décamper à la moindre occasion. Au sein de sa poitrine, son cœur bat à tout rompre et menace de s’extirper dangereusement par sa bouche. Elle reprend son souffle, tente de se calmer tandis que la colère vient embrasser son âme. En véritable feu de joie, la haine embrase chacune des parcelles de son corps. La fougue de la jeunesse, d’un tempérament mal géré. L'ancienne cheffe de meute s’entête pourtant à s’abreuver des propos de Saigo. Il est son fard au milieu de la tempête, le roc auquel elle s’attache alors que tout tangue au sens propre comme au sens figuré du terme.

Faire preuve d’humilité n’est pas chose aisée pour l’ancienne cheffe de meute et gérer ses émotions après autant de fatigue ne lui est pas facile. Elle emmagasine les conseils qui lui sont offerts sur un plateau d’argent et l’observe pulvériser un morceau de roche avec une aisance rare, jamais vue jusque à présent. Instinctivement Nina se dit que ce morceau de roche aurait très bien pu être son crâne et décide humblement de se taire. L'ancienne cheffe de meute opine du chef lorsque il affirme qu’elle l’a frappé juste pour le frapper : bien entendu qu’elle l’a frappé pour déverser son trop plein de colère, son surplus d’émotions face à l’humiliation qu’il lui a fait subir ! C'est entièrement mérité ! Elle valide vraisemblablement ses autres propos, opinant du chef une nouvelle fois, ne le contredisant pas inutilement.

Nina l’observe se mouvoir, observe ses mains ouvertes en sa direction. Comprenant la suite des évènements, elle consolide enfin ses appuis. Le pouce glissé à l’intérieur de ses poings fermés, le menton légèrement relevé, les pieds fermement appuyés au sol, elle relève le poing de sa dextre montant la garde de sa senestre et attaque. Son poing vient rencontrer l’une des paumes de Saigo. Les ossements s’entrechoquent, les phalanges se fatiguent, le rythme est donné, le souffle peu à peu coupé. La fatigue se niche sournoisement au sein de son esprit mais Nina décide d’en faire fit, continuant de frapper. Encore et encore. L’arrière de ses bras se fatigue, il lui est difficile peu à peu de monter la garde ou encore synchroniser ses mouvements mais la jeune louve se bat. Elle s’acharne à lui prouver que sa misérable existence à un prix, qu’elle n’est pas de ceux qui sont faibles mentalement. Elle continue de décrocher des coups, alternant entre la droite et la gauche, bougeant légèrement sur ses pieds comme le ferait une boxeuse de haut niveau. Sans le haut niveau. Sans niveau tout court finalement.

Le froid fait naître sur ses phalanges les premières engelures : rougeâtres, ses poings peinent à rester fermer. Sa peau craquèle par endroit et la plaie guère guérie au sein de sa paume tantôt recommence à suinter le sang. Elle se concentre sur le bruit de ses poings qui tapent. Uniquement sur ce bruit, en oubliant tout état d'âme et surtout tout ce qui se déroule tout autour d'eux. C’est uniquement quand ses bras lui tombent et qu’elle ne parvient plus à frapper les larges paumes de Saigo qu’elle marque un temps de pause. Nina se recule d’un pas, laissant la fatigue accaparer et prendre d’assaut chacun de ses muscles. Exténuée, rincée, ses états d’âmes semblent s’être apaisés pour quelques temps et elle troque poings contre coups de pieds s’assurant de la stabilité du sol avant d’agir. La pluie vient ruisseler sur leurs personnes, ne cessant de battre les ruines aux alentours. Le torrent est émotionnel mais le torrent est aussi présent tout autour d’eux tandis que les chausses de Nina épousent les grandes flaques d’eau et manquent, à chaque coup de pied de sa part de la faire tomber pour de bon. La jeune femme ne cesse pas un seul instant durant de se battre, de projeter ses jambes en sa direction jusqu’au moment fatidique où elle s'écrase pour de bon.

Ses jambes se dérobent sans prévenir, sans signe avant-coureur de sa fatigue si ce n'est les cernes qui marquent le pourtour de ses yeux et les légers tremblements, qu’on pourrait prendre pour de la frustration qui viennent agiter ses poings fermés. Ses genoux embrassent le sol et elle baisse le visage laissant ses cheveux trempés retomber en cascade juste devant son faciès. Elle lui masque ainsi ses émotions tandis que l’orage gronde davantage, tapant non loin du duo. Les mains de la jeune louve se portent contre le plat de ses propres cuisses tandis que son dos, légèrement vouté, bat au rythme de sa respiration saccadée. L'élève a puisé dans ses dernières forces dans l'espoir, peut-être vain, de le rendre un peu fier d'elle.


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Saigo
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MessageSujet: Re: Ne meurs pas si tu peux   Ne meurs pas si tu peux EmptyVen 26 Jan 2024 - 11:38
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Elle ne se met pas en garde, pas correctement en tout cas. Ces bras croisés maladroitement devant son visage ne protègent pas grand-chose, et sa manière de rentrer sa tête entre ses épaules témoigne de la peur qu’elle ressent à cet instant. Son poing brandi avec véhémence, prêt à s’abattre sur Nina, Saigo le maintient ainsi quelques secondes. Mais il ne porte pas le coup, fidèle à la promesse qu’il a fait à son élève quelques instants plus tôt. Pas de représailles, quand bien même la jeune femme a largement dépassé le quota de un coup gratuit qu’il lui avait octroyé.

L’Exécuteur, malgré tout, décèle en sa pupille les flammes de la colère. Il voit facilement à quel point il l’a touché, non seulement par ses menaces physiques, mais aussi au niveau psychologique, bien plus important. L’ascendant mental était tout aussi important que la force pure. Il s’agissait non seulement de croire, au plus profond de soi, qu’on était capable de terrasser n’importe quel adversaire, mais aussi de manifester cette confiance de telle sorte que l’adversaire lui-même se mettait à douter de ses chances de succès. Dès lors qu’il était entré dans la tête de son ennemi, dès lors qu’il avait instillé le moindre doute dans la stratégie d’un rival, Saigo avait déjà gagné. À cet instant, Nina, sans doute, se rendait compte d’à quel point elle n’avait jamais eu la moindre chance.

Le stryge noir ne savait pas ce qu’elle avait fait pour se retrouver là. Quelles étaient les circonstances de sa rencontre avec Sobek, la nature de sa relation avec l’Empereur, les raisons qui avaient mené ce dernier à solliciter l’Ombre pour entraîner la jeune femme au combat. Sans nul doute, un guerrier ambitieux aspirant aux plus hauts sommets de la gloire n’aurait pas pu trouver deux meilleurs mentors. Mais Nina n’apparaissait pas aux yeux de Saigo comme une carriériste. Elle n’avait pas démontré le moindre instinct du tueur face aux blangos, préférant la facilité et le pragmatisme froid du poison. Elle avait une condition physique déplorable, qu’on pouvait attribuer au froid, la fatigue du voyage, l’évidente faim qui la tiraillait et sans doute mille autres facteurs qui ne concordaient pas avec une éventuelle ascension sociale à Château-Rouge. Alors qui était cette Nina qui se présentait face à lui, si ce n’est une gamine seulement avide de survivre un jour de plus, malgré la fatigue, la faim et la malchance ?

Alors qu’il lui présentait ses paumes et l’exercice à accomplir, le Parricide jaugeait son élève d’un œil neutre. Lentement, la jeune femme se met en garde. Immédiatement, avant même que le premier coup soit porté, l’Ombre baisse les bras et corrige sa posture.

« Les pouces en dehors du poing. Plus tu gagneras en force, plus tu risqueras de te briser l’os à chaque coup. Et ta main faible plus proche de ton visage, plus haute aussi. Tu protèges ta tempe et ta jugulaire, pas ta joue. Une flèche en travers de la bouche ne te tuera pas. »

Ensuite, il se replace, stoïque, et laisse Nina se déchaîner. Ses coups sont emprunt de fatigue, de faiblesse, mais ils atteignent inlassablement les mains de l’Exécuteur. Sa posture s’affaiblit, sa garde se délite, tandis que le stryge noir demeure parfaitement droit, son corps forgé par la discipline militaire ne bougeant pas d’un centimètre, même lorsque les poings laissent leurs places aux pieds, jusqu’à la chute finale de Nina, à bout de souffle. Pas à bout de souffle, corrigea mentalement Saigo. Son souffle était court depuis bien longtemps, bien avant qu’elle ne porte le premier coup. A cet instant, Nina n’avait simplement plus de force. Serait-elle seulement capable de se relever ? Peut-être pas immédiatement. Mais pour la première fois, Saigo voyait en Nina ce que Sobek avait peut-être lui aussi décelé. Même acculée, même affaiblie, même morte de faim, même épuisée, Nina refusait viscéralement de mourir. Elle était peut-être consumée par la peur, d’une faiblesse affligeante, mais même lorsqu’abandonner peut paraître comme une solution confortable, même lorsque le Destin lui-même semble susurrer qu’il est peut-être préférable de jeter l’éponge et d’accepter la mort comme une délivrance, Nina refuse.

« Tu n’as pas menti. Lança Saigo en baissant les bras. Dos au mur, tu te bats. Mal. Horriblement mal et de telle manière que c’est presque miraculeux que tu aies survécu jusqu’ici. Mais tu te bats. »

Alors que la pluie redoublait encore d’intensité, que les éclairs menaçaient de s’abattre directement sur eux et que la nuit était définitivement tombée, l’Exécuteur se détourna, tout en lançant à la jeune femme.

« On reprend ici, demain à l’aube. Les cachots de la Tour Noire te sont ouverts. Abri, vêtements, nourriture et soins t’y seront accessibles, comme je l’ai promis. »

Tout le reste était un privilège, auquel même les Exécuteurs se refusaient souvent. Saigo en faisait partie. Il mangeait ce qu’on lui donnait sans se plaindre, dormait dans un lit de qualité au mieux médiocre, s’habillait simplement et se contentait de simples bandages. Mais les cachots, c’était chez lui. C’était sa maison.

Il n’y avait qu’une seule porte qui permettait d’accéder au repère des Exécuteurs. Lorsqu’on l’ouvrait, on pouvait déjà percevoir les cris de douleurs des prisonniers, au loin, étouffés. Les escaliers étaient froids, en colimaçon, ne semblaient jamais s’arrêter et pourtant, chaque marche donnait l’impression de vous rapprocher un peu plus de l’enfer. Parvenu en bas, une seconde porte, marquée de l’emblème des Exécuteurs : la marque de Onze, simple cercle de cinq centimètres de diamètre, marqué au fer rouge sur chaque Exécuteur parvenant à la fin de sa formation.

Même les stryges noirs craignaient les cachots. Pour cause : une fois qu’on franchissait cette seconde porte, il n’y avait pas de retour en arrière possible. Soit on venait s’engager dans les forces d’élite de la Tour, soit on venait contre son gré avec la certitude de mourir ici, tôt ou tard. Les visiteurs n’étaient ni les bienvenus, ni bien accueillis. Tout au plus, certains représentants de la Congrégation de l’Ombre ou des grandes familles avec lesquelles les Exécuteurs entretenaient des rapports commerciaux étaient tolérés.

Faute d’ouvertures extérieures, ça sentait le renfermé, le moisi, la sueur et le sang. Il faisait chaud et humide dans la salle principale, la taverne des Exécuteurs. De grandes rangées de tables en bois fatigués étaient aligné. Un comptoir dans le même état trônait au fond de la pièce, et au loin, on pouvait déceler l’odeur du repas du jour, qui serait distribué le midi et le soir. Au centre, un espace important était dégagé, avec un cercle tracé au sol. Les Exécuteurs se livraient régulièrement à des combats à mains nues, sur lesquels leurs collègues aimaient à parier tout ou parti de leur solde. Comme la caste la plus crainte de la Tour ne faisait pas les choses à moitié, on s’y battait torse et pieds nus, et le combat ne pouvait commencer que lorsque quelqu’un brisait une bouteille vide au milieu du cercle. Derrière le comptoir, une ardoise rendait compte des résultats et des meilleurs combattants. Tout en haut, le nom de Saigo demeurait, avec une seule défaite au compteur.

L’Ombre avait laissé les ruines, et Nina, derrière lui, sans prendre la peine de savoir si elle le suivrait, ou si elle préférerait dormir dehors sous la flotte avec ses cadavres de blango. Il avait serré la main de quelques Exécuteurs qu’il connaissait bien, s’était présenté au bar, avait récupéré une assiette de soupe, du pain et de la volaille, puis il s’était attablé. Tout en mangeant, il se demandait si la jeune femme serait présente pour s’entraîner le lendemain, où si elle finirait par craquer et fuir…






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MessageSujet: Re: Ne meurs pas si tu peux   Ne meurs pas si tu peux EmptyVen 26 Jan 2024 - 14:41
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Une promesse tenue : peut-être la première d'une longue série ?... La jeune femme s’y rattache difficilement, perturbée par les évènements des derniers jours et son manque de confiance en elle. Attenter à la vie d’un haut dirigeant, sacrifier sa meute, tuer celui qui l’a endoctriné… Les évènements se sont enchaînés sans vraiment se ressembler laissant Nina épuisée, à côté de ses pompes. Agenouillée au sol, la pluie venant frapper ses frusques, elle courbe l’échine à bout de forces. Elle rend les armes et opine du chef face aux propos de Saigo. Il n’attente rien à son encontre et cette idée, aussi simple et saine puisse-t-elle paraître, semble rassurer légèrement l’ancienne cheffe de meute. Nina observe les chausses d'entrainement de Saigo clapoter dans l’eau s’en allant calmement hors de son champ de vision.

Son souffle tend à se calmer. Les tremblements tendent à s'amoindrir. Petit à petit, Nina regagne de son calme bien qu’un profond sentiment de solitude vienne l’envahir. Sentiment humain mais sournois, la solitude vient s'immiscer au sein de son esprit disloqué. Seule, sans les siens, abandonnée et livrée à elle-même au bon milieu des ruines elle se relève. L’orage vient pourfendre le ciel déchargeant un trop plein électrique juste à côté d'elle. Ses jambes parviennent à supporter son enveloppe charnelle. Pas à pas, elle progresse au milieu des flaques de pluie. Vidée de toutes ses émotions, la jeune louve parvient à traîner sa carcasse jusque à l’entrée de la tour, manquant de glisser sous la pluie qui stagne sur les rares pavés au sol.

Ses dernières forces sont mises à profit pour descendre les hautes marches étroites de la tour. Nina s'imagine glisser, s'imagine côtes fêlées au bas des marches ou encore nuque brisée pour simple conflit d'intérêt. L’ambiance est pesante, menaçante. Pas l’ombre d’une seconde de répit s'offre à elle tandis que la noirceur des lieux vient picoter la surface de sa peau. L’humidité ambiante s'infiltre au sein de ses poumons rendant sa respiration sifflotante. L’humidité ambiante se diffuse sur sa longue chevelure et couplée à la pluie de tantôt amène sa tignasse à boucler. Arrivée en bas, Bouclettes reprend son souffle avec discrétion, tournant le dos à une partie de l’assemblée. Elle blêmit, soupire avant de s’avancer au milieu de la pièce. Elle chancèle, titube comme une alcoolique.

Au milieu des bancs, le regard tourné vers le sol, Nina franchit en quelques enjambées hésitantes la distance qui sépare sa petite personne du comptoir. Ses mains se glissent sur l’ébène et sans qu’elle eu à parler, un bol se pousse en sa direction accompagné d'un morceau de pain. Le type au visage fermé qui tient le semblant de comptoir précaire jette avec négligence des morceaux d'étoffes en la direction de la jeune louve. Son faciès se relève et elle opine du chef sans oser prononcer le moindre mot. Elle saisit l'ensemble et tourne le dos à l'inconnu. Sa gorge se noue par l’appréhension et les milliers de sentiments confus qui s'affrontent en son sein : qui sont-ils ? Que font-ils ici ? Quelle est cette foutue ambiance ? Quels sont ces cris d'effrois qui résonnent au loin ? La brunette vient d'achever une première journée en la compagnie de Saigo. Combien de journées lui reste t-il à passer ici ? Les journées se chiffrent-elles en semaines ? En mois ? Le visage toujours relevé, elle observe les alentours et se décide à prendre place face à Saigo sur l’un des nombreux bancs à l'équilibre précaire. Assise au bout de la table, bol chaud en mains, elle inspire une bonne goulée d’air laissant planer son visage juste au dessus de la mélasse. Profitant de la chaleur, ses doigts entrelacés avec fermeté autour du contenant, la jeune femme ferme un instant les yeux. Le froid continue de mordre la surface de sa peau mais elle en fait fit, se concentrant sur la chaleur de sa soupe, puisant dans ses toutes dernières réserves : ses bras se soulèvent avec peine, portant le contenant à ses lèvres. Elle déglutit et soupire de contentement en sentant le liquide bouillant emplir ses joues avant de glisser au sein de gosier.

Un cri d’effroi résonne au loin. Un cri un peu plus fort, un peu plus franc que les autres et la jeune femme sursaute, manquant de s'étouffer. Son regard effrayé se porte par dessus sa propre épaule. Elle tend l'oreille mais le cri cesse aussi rapidement qu'il est venu déchirer l'atmosphère. Nina jette un regard en coin à Saigo qui ne semble guère perturbé ou préoccupé par la situation. Elle décide donc de retourner à sa soupe, arrachant un morceau de pain à la hâte avec ses dents, mâchant sans la moindre once de pudeur. Visiblement affamée, l’ancienne cheffe de meute n’en impose plus vraiment et ne fait aucunement la fine bouche terminant son repas passé de longues minutes à se remplir la panse.

Elle se penche au travers de la table pour se saisir d’une carafe d’eau et jetant un nouveau regard tout autour d’elle, ne trouvant pas de godet et se refusant à retourner auprès du comptoir vu l’amabilité du type qui le tient, elle glisse l’eau au sein de son assiette. A grandes goulées assoiffées, elle boit le contenant de l’assiette et essuie d’un revers de la main sa bouche. A nouveau Nina jette un regard vers Saigo et prudemment ramasse leurs assiettes pour les amener au comptoir. Serviable, elle débarrasse la table sans un mot. Résonne alors le bruit d’une bouteille fracassée au sol. A nouveau Nina (pleine de courage et d'assurance) sursaute et se glisse contre le mur le plus proche. Ses mains viennent se plaquer contre le mur tandis qu’au centre du cercle, deux hommes se jaugent du regard. La jeune louve contourne discrètement le cercle pour retourner s’asseoir aux côtés du grand stryge noir cette fois-ci. Sans un mot, elle observe de ses grands yeux vairons la scène qui se joue devant eux.

Pièce de théâtre à ciel fermé, elle dévisage les deux protagonistes: un premier stryge s’avance. Ses ailes se déploient majestueusement dans son dos et se meuvent avec élégance. Assurance, fierté, émanent de son enveloppe charnelle tandis qu’il se tient torse nu sur l’un des abords du cercle. Un second stryge s’avance, culot de la bouteille encore en main tandis qu’il a frappé précédemment le sol avec le contenant. Il jette le culot dans un coin de la pièce et affiche un sourire provoquant, hautain. Nina tressaillit d’appréhension aux côtés de Saigo. La peur, le froid se mêlent à la danse tandis qu’elle se réajuste sur le vieux banc et ramène doucement ses jambes repliées contre elle. Comme le ferait une gamine, la trentenaire vient enserrer ses jambes repliées de ses bras et se tient ainsi en équilibre. Au sommet de ses genoux elle vient déposer son menton et observe le combat juste sous son nez. Elle retient son souffle lorsque le premier coup tombe. Les effluves sanguins ne tardent pas à jouir de toutes parts se répandant tout autour des deux combattants-fous. L’adrénaline s’adjoint à la danse, les esprits s’échauffent et la scène vacille, tangue dangereusement vers l’horreur. Les souffles hargneux se répercutent entre les quatre murs de la tour. Personne ne semble leur prêter attention en dehors de Nina qui observe chaque coup, chaque souffle, chaque mouvement. La violence croît et un coup de poing fuse vers le visage du premier attaquant. Le second vient balayer les jambes de son adversaire d’un coup de pied bien placé. L’un s’affale au sol, l’autre attend sagement qu’il se relève pour repartir à l’attaque.

Un semblant d’honneur semble se dégager de ces combats où, dès lors que l’adversaire embrasse le sol, les coups cessent de tomber.

Détachant, non sans peine, son regard du combat, Nina observe Saigo et dépliant ses jambes, se repositionne correctement sur le banc. Dehors l’orage gronde et la jeune femme ose une question, jaugeant par la même occasion l’envie ou non de Saigo de partager son histoire, sa culture, ses us et coutumes :
« Quelles sont les règles ? Je vois ton nom sur le tableau: tu es premier ? »

Son menton se tend légèrement en la direction du cercle. Elle s’abstient de lui demander si les joueurs perdent dès lors qu’ils quittent le cercle, elle s’abstient de lui demander quelles sont les conséquences pour ceux qui cumulent les défaites, elle s'abstient de lui demander quel est son rôle en tant que premier ou si les personnes peuvent être défiées contre leur gré. Elle se contente de formuler sa question de façon succincte étant intimement persuadée que Saigo ne s’aventurera pas dans de longs laïus.

Reportant son attention sur les lanières d’étoffes qu’on lui a tendu tantôt, Nina pose le dos de sa main sur la table et observe sa paume ouverte. Nina passe l’étoffe sous sa main et tente de nouer un bandage sommaire... En vain.  Elle hésite quelques instants avant de doucement glisser sa main abimée sous le regard de Saigo. Paume tendue en sa direction, dos de la main contre la table, elle lui demande en un souffle à peine audible :
« Saigo, accepterais-tu de m'aider ? »

De son autre main elle vient se saisir des étoffes et attend prudemment son accord pour les lui tendre.

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Saigo
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Saigo

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MessageSujet: Re: Ne meurs pas si tu peux   Ne meurs pas si tu peux EmptyMer 31 Jan 2024 - 13:35
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Saigo avait pris place à la dernière table. La plus éloignée de l’entrée de la taverne, mais la plus proche des dédales qui mènent un peu plus profond dans les cachots. Derrière lui, les chambres individuelles des Exécuteurs se mélangent aux cellules dédiées aux prisonniers, et les baraquements communs des jeunes recrues sont disséminés au milieu de pièces plus utilitaires. L’agencement du domaine est archaïque, presque aléatoire. Le résultat de mauvaises habitudes prises depuis des siècles. Les tout premiers Exécuteurs avaient occupé les premières chambres, trouvables au bout du tout premier couloir. Au fur et à mesure que les effectifs avaient augmenté, que les besoins avaient évolué, on avait creusé toujours plus profond sous la terre, chaque nouvelle pièce venant occuper la fonction nécessaire au moment de sa conception. Au sein des cachots, il n’y avait qu’une seule constante, depuis la nuit des temps : la taverne des Exécuteurs était la première pièce par laquelle on devait passer, et la salle du Trône de Cranes demeurait perpétuellement le point le plus profond de la Tour. Comme s’il s’agissait du dernier arrête avant les Enfers. Pour y avoir accédé, siégé même, Saigo savait très bien que le lieu n’usurpait pas sa funeste réputation.

Les minutes s’égrenaient, sans que Nina ne se montre dans la taverne. Indifférent, le Héraut mangeait tranquillement son repas, en silence. Pour lui, ça ne changeait rien si son élève dormait dans une cellule ou dehors sous la pluie. Tout comme ça ne changeait rien si elle se montrait à l’aube le lendemain. Lui serait là, lui s’entraînerait, jusqu’à l’épuisement, jusqu’au coucher du soleil et au-delà encore. La présence de la jeune femme avec lui était totalement secondaire. Mais après un long moment, le stryge noir vit à nouveau la porte de la taverne s’ouvrir, et la carcasse épuisée de sa pupille se présenter timidement dans un domaine qui n’était pas le sien. Elle est accueillie par les hurlements d’un quelconque péon en pleine séance de torture. Lorsqu’on était habitué à fréquenter les cachots depuis l’enfance, on ne faisait plus vraiment attention aux cris.

Incertaine, chancelante, Nina récupéra sa ration et vint prendre place en face de l’Élu. Ce dernier garda le silence, occupé à finir sa volaille et de toutes manières peu disposé à faire la conversation. Toutefois, il remarquait du coin de l’œil les regards mauvais de certains camarades de tablée. Les Exécuteurs n’avaient pas pour habitude de partager leurs repas avec des représentants d’une autre race. Les étrangers n’étaient pas les bienvenus dans les cachots, et les rares à s’y aventurer par choix, provocation ou pure stupidité, finissaient généralement enchaînés au fond d’une cellule pour se faire arracher la peau à l’épluche-légumes. Toutefois, hormis dévisager l’intruse d’un air belliqueux, personne n’éleva la voix, car Saigo lui-même ne disait rien. Son statut d’ancien Exécuteur-en-Chef, revenu d’entre les morts, élu de Mahriser et porteur de la plume de la Première Matriarche forçait un certain respect.

Le maître et l’élève mangèrent face à face, sans un mot, laissant aux cris des prisonniers et aux conversations adjacentes le soin de faire l’animation. Sans que personne ne lui demande, Nina s’attèle à débarrasser la table, sous les regards circonspects des Exécuteurs présents. D’ordinaire, chacun s’occupe de ses propres affaires, aussi certains grognent un peu lorsque la jeune femme se saisit de leurs plateaux vides pour les ramener au comptoir. Mais à nouveau, avisant l’absence de réaction de Saigo, personne ne se rebelle face à l’initiative de Nina.

Finalement, c’est le bruit familier d’un éclat de verre sur le sol qui force le Parricide à relever la tête. Rapidement, il avise les deux gladiateurs prêts à en découdre. Cadavre de bouteille brisée à la main, Ivar s’avance dans le cercle ou l’attend Gunther. Un choc de génération donc, entre un vieux de la vieille et un jeune premier. Deux habitués du cercle aussi. Ivar était un barbare, aux longs cheveux gras et à la barbe tout aussi fournie, au torse large et aux bras épais comme des troncs d’arbres. En face, Gunther était très propre sur lui, avec des cheveux coupés courts, des joues rasées de près et pas un poil de graisse sur son torse qu’il entraînait minutieusement. Les deux Exécuteurs, en revanche, partageaient les mêmes cicatrices, sur tous leurs corps. Le résultat du rituel de scarification matinale auquel chaque digne représentant des cachots s’astreignait quotidiennement. On n’était pas un vrai Exécuteur si l’on n’offrait pas son sang au Dragon Blanc chaque matin au réveil.

Le combat commença par un test de force, domaine dans lequel les deux gladiateurs rivalisaient. Vinrent ensuite les premiers coups et cette fois, ce fut le jeune Gunther qui pris le dessus. Malgré un déficit d’expérience, sans doute aussi de force brute, le guerrier compensait avec une maîtrise absolue des fondamentaux de l’art martial des Exécuteurs. Il ne faisait jamais rien de compliqué, il n’utilisait aucune feinte, aucune fausse piste pour préparer une attaque. Mais chaque coup qu’il portait faisait mouche, et faisait mal. Vitesse, précision, létalité, il cochait toutes les cases du combattant d’exception.

« Ils se battent jusqu’à ce que l’un abandonne, ou ne se relève pas. » Grogna simplement Saigo en réponse à Nina.

Se désintéressant un instant du duel sous ses yeux, le stryge noir se tourna vers l’ardoise accrochée derrière le bar. En combat singulier, à l’intérieur du cercle, jamais aucun Exécuteur n’avait triomphé de Saigo. Mais la tradition voulait qu’à la mort d’un des leurs, les représentants des cachots ajoutent une défaite au compteur de leur allié tombé au combat. Comme une manière de rappeler que nul ne pouvait triompher face à la volonté de Mahriser. Seule la fronde d’une dizaine d’Exécuteurs fidèles à Onze, l’ancien chef des cachots, avait permis d’infliger au Parricide une défaite définitive dans la taverne. Lorsqu’il était revenu d’entre les morts, on avait proposé à l’Élu de retirer cette « défaite » de l’ardoise. Il avait refusé, préférant utiliser ce bête « 1 » sur le tableau comme une leçon d’humilité. Depuis, le Héraut avait disputé moult autres joutes au cœur de la taverne des Exécuteurs. Il n’y avait toujours pas le moindre guerrier pour lui faire mordre la poussière. Cela ne signifiait pas qu’il était le « premier ». Sur la large ardoise, d’autres noms affichaient plus de victoire. De rares noms, dont Gunther, affichaient un score vierge de défaite. Ce n’était qu’un outil pour décider des cotes à appliquer sur les paris. A l’extérieur de la Tour, en combat singulier, Saigo savait qu’il parierait sans hésiter sur n’importe lequel des Exécuteurs présents dans la salle, sans tenir compte de ses résultats dans le cercle.

Le résultat du combat lui-même ne tarda pas à se faire connaître. Gunther, lentement, méthodiquement, avait pris le dessus sur Ivar et multipliait les coups sur le torse de son adversaire, qui saignait de plus en plus abondamment. Finalement, le barbare barbu ploya le genou, sans parvenir à retrouver une position de garde convenable, signifiant son abandon. Les cris des Exécuteurs aux esprits échauffés par le combat vinrent se mêler à ceux des prisonniers, tandis qu’au centre du cercle, Gunther aidait Ivar à se remettre debout et lui serrait la main. Alors que le vaincu était amené à l’infirmerie, le regard de Saigo croisa celui du vainqueur. Ce dernier pointa le doigt vers le Parricide sourire aux lèvres. L’Élu quitta son siège et s’avança au centre de la taverne, quasiment nez à nez avec Gunther. Ils se toisèrent ainsi quelques instants. Puis, avec une pointe d’arrogance, Saigo donna une petite tape sur le torse du jeune Exécuteur, avant de se détourner.

« Profite de ton succès. Je ne veux pas t’affronter alors que tu as déjà combattu. »

Regagnant sa place à table, le stryge noir avisa la main blessée de Nina et sa demande d’aide. D’un geste sec, il repoussa les bandages.

« Si t’es pas foutue de te faire un bandage toute seule, c’est pas mon problème. Il y a une infirmerie à l’étage en-dessous. Ils te diront la même chose mais ils te feront ton pansement. Regarde bien comment ils procèdent parce que si tu reviens demain avec le même genre d’égratignures ils te couperont la main. »

Il n’y avait aucun doute qu’elle reviendrait le lendemain avec le même genre d’égratignures, peut-être plus encore. L’entraînement des Exécuteurs n’était pas tendre. Il poussait les novices dans leurs derniers retranchements, chaque jour. Les foulures, les os cassés, les esprits brisés étaient communs et nombreux étaient les aspirants Exécuteurs qui n’avaient simplement pas l’étoffe de représenter le peuple des cachots. Au centre de la taverne, un second combat débutait, alors que le sang des précédents gladiateurs maculait encore le verre brisé de l’arène improvisée. Saigo l’observait d’un œil distrait, laissant à Nina tout le loisir de rester ou d’explorer les cachots à sa guise. A défaut de trouver l’infirmerie du premier coup, peut-être tomberait-elle sur une cellule vide. Ou occupée, par un prisonnier en piteux état. Dans les cachots, tout était possible.






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Nina-Lou Knywett
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MessageSujet: Re: Ne meurs pas si tu peux   Ne meurs pas si tu peux EmptyVen 9 Fév 2024 - 8:17
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Sa main se referme sur la table en un poing hargneux. Elle fait glisser ce dernier contre l’ébène, quittant le plateau et les tréteaux, ramassant sa senestre griffée contre son buste. De sa dextre elle se saisit des étoffes les froissant au cœur même de sa paume.
Soit pense t-elle sans qu'un seul mot ne vienne franchir pour autant le seuil de ses lèvres meurtries par le froid. Définitivement muette, la Matriarche fronce les sourcils par contrariété mais ne lui fait pas part de ses sentiments. Elle se renferme, ne s'attendant pas à pareil détachement. Pourtant, elle apprend. Elle apprend de son silence, de son manque de tact car à ses côtés, Nina tourne cinq fois sa langue dans sa bouche. Elle pèse le pour et le contre avant de l'ouvrir et fait enfin ses premiers choix avec raison, décidant de la fermer plutôt que de lui témoigner son incompréhension. Elle se dit juste que si demain quelqu'un en viendrait à lui couper la main, elle retrouverait Saigo pour lui flanquer son moignon dans la pupille.

Ses grands yeux vairons viennent fixer les nouveaux combattants qui s’avancent dans le cercle. Son attention est redirigée vers autre chose et son animosité semble s'atténuer. L’hémoglobine de l’affront précédent vient encore ternir le sol tandis que deux nouveaux Exécuteurs prennent place au sein du cercle. Nina décrispe légèrement ses poings et observe les attaquants de bas en haut et de haut en bas. Un franc frisson vient pourlécher ses épaules sous le froid qui groggy toujours autant ses muscles. Détachant brièvement son regard de la scène, la jeune femme presse entre ses mains glacées un pan de sa chemise pour en retirer toute l’eau qui baigne le tissu. Elle réitère l'opération à plusieurs reprises avant d’essuyer le plat de ses mains sur son pantalon. Tandis que l'atmosphère bat son plein et que les combats réchauffent les coeurs, la Brunette se relève avec prudence. Elle jette un regard en coin à Saigo et se contente de lui souffler : « Merci ». Elle s'abstient de lui offrir un long laïus et se persuade qu'un jour, elle en apprendra plus sur cet étrange personnage. En attendant, l'ex-cheffe de meute quitte la tablée sans se faire remarquer, n'obligeant pas Saigo à converser.

Le pas de la jeune femme est lent en totale inadéquation avec les personnages qui s'affairent autour d'elle. Pourtant, elle progresse doucement et se met en quête des cachots. Pour se faire, il lui suffit de tendre l'oreille et de s'orienter au rythme des cris qui viennent pourfendre l'atmosphère. La peur vient ronger ses entrailles tandis que les cris redoublent d'ardeur et de terreur. Nina marque une petite pause dans sa progression, cessant d'avancer au bon milieu d'un long couloir. Elle qui se pensait seule sursaute lorsque dans son dos résonne un ordre avec froideur lui intimant d'avancer.

Nina jette rapidement un regard par-dessus son épaule. Son regard croise celui de l'inconnu et y lisant toute l'impatience qui y danse, elle continue sa progression. Entrainée à la suite de ces gens qui vont et viennent au sein des cachots, Nina se fait violence pour ne pas dévisager les corps inanimés qui jonchent le sol. Les corps ont-ils été disposés à l'orée des cellules pour dissuader quiconque de s'y engouffrer ? Ou bien les corps ont-ils perdu toute vitalité au point de ne plus pouvoir avancer ? Ses yeux vairons n'ont de cesse de scruter et d'analyser dans la pénombre environnante. Son coeur s'agite lourdement au sein de sa poitrine se sentant plus proie qu'invitée en ces lieux. L'atmosphère des cellules est lourde, pesante mais l'odeur des corps en putréfaction s'adjoint à l'humidité tenace des lieux rendant l'air peu à peu irrespirable.

La jeune femme déglutit à de nombreuses reprises réprimant des hauts le coeur tenaces. L’ex-cheffe de meute sait qu’elle a été affublée d’une unique mission pour les prochains jours et elle s'entête à y penser, se rattachant à tout et rien pour se donner une raison de survivre ici-bas. Passant auprès d'une cellule entrouverte elle relève son regard du sol maculé par le sang et jette un regard à l'intérieur du cachot. Bien évidemment ce n’est pas le grand luxe : une simple paillasse ternie par la crasse se dessine dans un coin de la pièce. Un tas d’étoffes trop grandes viennent joncher le sol sur lequel s’écrase de multiples petites gouttelettes d’eau. Si la moisissure ne vient pas ternir les murs, l’humidité, elle, est partout. Elle s’immisce au sein des poumons de l’ex-cheffe de meute l’amenant à tousser douloureusement.

Troquer toiles tirées contre paillasse de fortune impressionne aucunement la jeune louve. Ce qui l’intrigue et ce qui lui fait peur ce sont uniquement ces personnages aux alentours qui gravitent au sein des couloirs et passent leur gueule au travers de l’entrebâillement de la porte. Qu’elle dorme au sol ou en hauteur, cela ne l’effraie pas. Depuis qu’elle a quitté Stellaraë, sa vie d’humaine, au profit d’une vie très sommaire aux abords des cavernes de Spelunca, Nina ne redoute plus le manque de confort.

Réaménageant sa cellule pour la nuit, elle tire et déplace la paillasse. Home staging oblige elle se réapproprie la pièce et dépose son lit d'infortune contre le mur face à la porte d'entrée. Prête à voir le danger arriver ainsi, elle tire à elle quelques étoffes délaissées dans un coin du cachot. Elle observe son confort, sommaire et se surprend à esquisser un léger sourire satisfaite d'elle-même. Elle prend place sur la paillasse, utilisant le mur glacé comme dossier. Dans son dos le mur vibre des évènements qui accablent la Tour.

Nina ferme les yeux et sent son visage dodeliner vers l’avant. Elle se reprend, tente de rester éveillée. Elle est épuisée, à bout de force. De surcroît, chaque cri, chaque souffle rauque, l'amène à sursauter. Sur le qui-vive Nina peine à s'accorder un moment de quiétude. La privation de sommeil est une douloureuse torture pour la jeune femme qui, crispée, peine à se détendre. Les heures défilent, s'allongent comme des semaines... elle se retrouve seule assise par terre, à bondir à chaque bruit de vestiaire et ça continue encore et encore, c'est que le début d'accord, d'accord. Le froid mordant s’adjoint à la danse et doucement l’ancienne Matriarche ramène ses jambes repliées contre elle. Elle glisse ses bras autour et dépose en leur sommet son menton. Les cris et les pleurs continuent de se faire entendre durant toute la nuit mais peu à peu, Nina les oublie et parvient brièvement à s’endormir.

Au bon milieu de la nuit un souffle chaud et putride vient caresser les traits de son faciès. Un doigt s'enfonce au sein de l'une de ses joues et Nina rouvre les yeux. Elle étouffe un cri contre une main aux ongles noircis par la crasse et glisse ses deux paumes contre celle qui l'étouffe. La jeune femme tente de se défaire de cette horripilante prise sur son bec. Elle s'agite, panique. L'angoisse de cette terreur nocturne vient happer ses pensées.

« Chut » lui mime de son autre main l’homme aux yeux qui transpirent la folie. La jeune femme cligne des yeux à de nombreuses reprises et se fait violence pour ne pas lui mordre la main. Définitivement dans de sales draps, elle observe l’inconnu qui esquisse un petit sourire satisfait lorsque elle cesse de se débattre, essoufflée, paniquée. Une dent sur deux est manquante et vient bousiller son sourire, ternir sa joie de vivre tandis qu’il souffle allant crescendo dans l'excitation qui l'accable : « Tu vas offrir ton sang toi aussi au Dragon Blanc à l’aube ? Jeune femme, répond moi ? Sang, Dragon Blanc ? »

Nina parcourt son regard du sien. Il retire avec lenteur sa main de la bouche de la jeune louve qui opine du chef. Elle pourrait crier ou bien hurler, appeler à l'aide mais qui serait assez fou pour s'engouffrer ici pour secourir un personnage aussi secondaire qu'elle ? Un instinct de survive quelconque fait surface chez Nina qui se contente d'aller dans son sens, soufflant :
« Oui, oui, bien sûr ! »

Ne pas le contrarier. Ne pas lui faire peur. Ne pas s’attirer les foudres de cet inconnu-fou. A sa ceinture Nina observe les dagues qu’il porte et avant qu’elle ne puisse piper le moindre mot, il se saisit de l’une de ses paumes et vient y adjoindre la dague tout contre. La blessure est minime et Nina retire sa main à temps avant qu'il puisse blesser davantage sa petite personne. Elle se redresse rapidement et il lui est difficile de distinguer quoi que ce soit dans la pénombre la plus totale si ce n’est le sang qui vient couler de la plaie fraîchement créée. Longeant les murs, ne quittant pas le déséquilibré du regard, Nina s'extirpe de la cellule. La souffrance et la confusion s’affrontent en son sein : dans quel putain de monde est-elle encore tombée ?!

Elle s'engage avec empressement en dehors de sa cellule. Son souffle s’amoindri tandis que la panique gagne doucement sa personne : comment va-t-elle pouvoir s’extirper de ces lieux maudits ? Sa mémoire se fait la malle, la terreur nocturne vient frapper d’assaut son esprit fatigué, disloqué par les évènements des derniers jours. Fatiguée, l’âme en peine erre sans savoir où ses pas vont véritablement porter son corps affaibli. Tout ce qu'elle sait c'est que les premiers rayonnements du jour ne vont pas tarder à faire leur apparition.
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Saigo
Ombre de la C.O ♦ Élu de Marihser

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MessageSujet: Re: Ne meurs pas si tu peux   Ne meurs pas si tu peux EmptyJeu 15 Fév 2024 - 12:25
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Pour Saigo comme pour Nina, la soirée ne s’éternise pas. Alors qu’une longue nuit de combats à mains nues semble se dessiner sous leurs yeux, la jeune femme décide de s’éclipser sans demander son reste, balbutiant un vague remerciement à l’intention de son instructeur. Le stryge noir n’y répond, ne tourne même pas la tête, laissant seulement un regard circonspect se poser, du coin de l’œil, sur l’intruse des cachots. Il hausse les épaules, incertain quant à la raison qui pousse sa pupille à le remercier, et reporte son attention sur le combat en cours. A l’issue de ce dernier, le Parricide se lève à son tour, saluant d’un hochement de tête ses congénères, avant de se retirer vers les profondeurs des cachots.

Privilège d’ancienneté et de statut, Saigo disposait d’une cellule attitrée. Celle-ci n’était aucunement différente des autres, sinon qu’elle possédait un petit écriteau sur sa porte, avec le nom du Parricide gravé dans le bois fatigué. La même paillasse, la même commode, le même valet de chambre, la même bassine pour se laver. La plupart des cellules disposaient également d’un râtelier d’armes ou d’une quelconque accroche sur les murs pour les manieurs de lames plus lourdes. Le Héraut se battant désormais exclusivement avec ses points, il avait rendu son propre râtelier aux intendants des cachots afin qu’il ne prenne pas la poussière pour rien. Une fois la porte refermée derrière lui, le stryge noir se déshabilla entièrement, quittant enfin sa combinaison d’entraînement gorgée d’eau. Entièrement nu, il se sentait vulnérable, quand bien même il se savait capable, grâce à la technique de l’armure vivante, d’arrêter n’importe quelle lame ou projectile par la seule force de ses muscles et de sa foi. Mais alors qu’il passait sur sa peau une éponge humide pour un brin de toilette, l’Exécuteur restait constamment face à la porte de sa cellule, prêt à bondir si jamais quelqu’un venait à l’ouvrir. Saigo ne verrouillait jamais la pièce. S’il était présent, l’Exécuteur mettait un point d’honneur à être disponible immédiatement quand le devoir l’appelait. Lorsqu’il était absent, le Héraut savait pertinemment que personne n’oserait entrer.

Sa nuit se déroula sans que rien de notable ne vienne trouver son repos. L’Ombre était habitué aux cris des cachots, c’est à peine s’il les entendait. Sa conscience était claire, quand bien même beaucoup en avait douté. Occasionnellement, de passage dans des tavernes, des villages d’agriculteurs, ou même agenouillé devant une victime, Saigo entendait la même question : « était-il capable de dormir la nuit, avec tout ce qu’il avait fait ? » Malgré la guerre, les combats, les centaines d’hommes, femmes et enfants qu’il avait tué de ses propres mains, le souvenir encore vivace de sa propre mort, l’épée de Damoclès au-dessus de sa tête car il était probablement recherché mort ou vif par toutes les factions du continent… pouvait-il encore dormir ? La réponse était pour lui d’une simplicité enfantine : oui. Il avait appris à avoir le sommeil léger et à réagir rapidement au moindre imprévu. Mais il n’avait aucun mal à s’endormir. Chaque cadavre qu’il avait laissé sur sa route était une preuve de sa supériorité à un instant donné. Il n’avait pas de honte, pas de regret, seulement de la fierté d’avoir triomphé et survécu un jour de plus et d’avoir accédé au défi suivant sur le chemin que Mahriser traçait pour lui.

L’aube n’allait pas tarder à poindre lorsque Saigo ouvrit les yeux. Une autre habitude glanée au fil d’une vie de vagabond et de moults nuits passées à la belle étoile. Parfaitement réglé, le corps de l’Exécuteur s’éveillait en même temps que le soleil, peu importe combien d’heures il avait pu s’assoupir. Sa morning routine, lorsqu’il était à la Tour, ne variait jamais. Toujours étendu sur sa paillasse, le stryge noir s’étirait, sollicitait chaque muscle de son corps, un à un, s’assurant que chaque centimètre de son anatomie répondait correctement aux ordres de son esprit. Qu’aucune gêne, aucune douleur ne venait entraver ses mouvements. Puis il se mettait debout, s’aspergeait le visage d’eau glacée, s’habillait et ralliait immédiatement la chapelle des cachots pour la prière matinale.

La chapelle des Exécuteurs était sans nul doute la pièce la plus décorée des cachots. La seule aussi. Il s’agissait d’une grande pièce circulaire, dont l’entièreté des murs étaient recouverts de fresques à la gloire du dragon blanc, seulement entrecoupée de torches. Au centre, un grand feu de joie était perpétuellement alimenté, en bois ou en cadavres, éclairant largement la pièce. En face de l’entée, un autel était érigé, sur lequel trônait une dague cérémonielle. Chaque matin, à l’aube, tous les Exécuteurs étaient tenus de se présenter dans la chapelle pour prier le Dragon Blanc. Puis, à l’aide de la dague, ils s’entaillaient le corps à tour de rôle, recueillant le sang versé dans un réceptacle qui, une fois plein, serait vidé dans les flammes. Là se dissimulait le secret des innombrables cicatrices des Exécuteurs. Nombreuses étaient celles acquises à l’entraînement ou en combat. Plus nombreuses encore étaient celles auto-infligées.

Au cœur de la chapelle, Saigo, torse nu, exhibait muscles et runes sans honte. Tous au sein des cachots savait qu’il avait été ressuscité, absout de ses péchés par Mahriser et était devenu le réceptacle du Dragon Blanc, mais nul ne le dévisageait. Seul le murmure continu des prières de chaque Exécuteur présent venait troubler la quiétude des lieux. Derrière la lourde porte de la chapelle, les hurlements des prisonniers n’existaient plus que par le biais d’échos saccadés, audible uniquement lorsqu’ils coïncidaient avec l’entrée d’un nouveau stryge noir dans la pièce. Indifférent, le Héraut s’avança jusqu’au cœur de la chapelle, posant un genou à terre, au coin du feu. A voix basse, il murmura quelques psaumes à la gloire de Mahriser, avant de se redresser. Ensuite, il se dirigea vers l’autel, saisissant la dague aiguisée, qu’il nettoya soigneusement, avant de laisser la lame brillante glisser dans sa chair, entaillant sa peau le long de sa clavicule sur une dizaine de centimètres. Le sang béni par le Dragon Blanc ne tarda pas à perler sur son torse, recueilli immédiatement par l’Adepte du Dragon Blanc dépêché dans les cachots. Sans prendre la peine de panser sa blessure, Saigo tourna les talons et rejoignit la taverne des Exécuteurs pour un petit déjeuner.

Cette fois, il ne s’isola pas du reste de ses collègues. Comparé à la veille au soir, le réfectoire sonnait creux. Mais à l’une des tables, l’Ombre reconnut la silhouette de Katsuo Shibata, Main de la Mort et premier mentor du Héraut à son réveil. Ce dernier avait déjà terminé son déjeuner et surveillait d’un œil protecteur sa fille Azumi, qui buvait du lait. Cette dernière, les cheveux emmêlés et l’œil terne, était encore en train d’émerger. Pourtant, alors qu’elle apercevait Saigo s’installer à côté d’elle, un large sourire se forma sur son visage. Alors qu’il prenait place, l’Élu vint ébouriffer les cheveux de la gamine. La petite était la seule personne sur terre pour laquelle il était capable de se montrer vaguement affectueux. Le résultat d’une longue tradition entre eux : chaque fois qu’il partait en voyage, Saigo laissait Azumi tresser une mèche de ses cheveux. Du haut de ses dix ans, la fille de Katsuo était déjà rompue au quotidien des cachots et serait bientôt une Exécutrice de renom. De cela, absolument personne chez les Exécuteurs ne doutait.

« Tu as surpris beaucoup de monde en ramenant une étrangère ici, hier soir… commença Katsuo sans préambule. Les deux hommes étaient devenus amis au fil de leurs entraînements communs. Ils partageaient le même caractère direct.

- Un simple service rendu à l’Empereur de Spelunca. J’entraîne l’humaine à se battre.

- Je peux veniiiiir ? demanda soudainement Azumi d’une voix cristalline.

Saigo interrogea silencieusement Katsuo du regard. Ce dernier offrit à sa progéniture un sourire bienveillant.

- Si tu veux ma petite tueuse. Mais seulement pour regarder.

- Chouette ! »

Azumi fonça hors du réfectoire, engloutissant la fin de son lait pour aller se préparer, laissant Saigo et Katsuo attablés, silencieux, autour du petit déjeuner de l’ancien Exécuteur-en-Chef.






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